AÉRATION
La vie au grand air, l’aération continue est absolument nécessaire au tuberculeux. Les anciens recommandaient déjà les voyages aux tuberculeux el surtout les voyages en mer. Cette notion semblait oubliée et, peu à peu,
si on envoyait les tuberculeux dans les climats chauds pour leur épargner les. froids de l'hiver, on se souciait peu de les aérer. On confinait volontiers les
tuberculeux dans leurs chambres calfeutrées et Peter s'élevait contre ces coutumes : « Je ne sais rien de plus hideusement fétide que la chambre à coucher d'un phtisique. C'est un endroit soigneusement clos, où il est interdit à l'air d'entrer, comme à l'espérance ; bourrelets aux portes, bourrelets aux fenêtres, épais rideaux enveloppant le lit où le malheureux phtisique mijote à l'étuvée
dans sa vapeur et dans son air vingt fois respiré, vingt fois souillé déjà par le
contact de ses poumons altérés. »
Cependant, Bennett, médecin anglais, guéri lui-même de graves lésions tuberculeuses par un traitement hygiénique à Menton, se fit, dès 1866, l'apôtre du traitement de la tuberculose par l’aération. Plus tard, Brehmer, Dettweiller généralisaient ces pratiques en Allemagne. En France, Jaccoud, Daremberg enseignèrent l'utilité de la cure d’air.
La cure d'air est donc un des éléments seniele du traitement. Elle s’ap-
plique à toutes les formes et à tous les stades de la maladie; mais elle com-.
porte des modalités différentes ; nous verrons surtout qu’à la cure d'air proprement dite s'associe plus ou moins l’action du climat. La climatothérapie de la tuberculose pulmonaire doit compléter la simple aération.
La cure d'air, employée de tout temps empiriquement, mise en honneur par Bennett, puis vulgarisée par la suite, a été étudiée de très près par Küss, auquel nous ferons de fréquents emprunts.