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TRAITEMENT HYGIÉNO-DIÉTÉTIQUE. Fasc. XII. — 963
Le malade doit respirer constamment un air aussi pur que possible, soit quil soit au dehors, soit que l'air circule largement dans les pièces où il dort et où il vit.
L'aération nocturne doit être imposée au tuberculeux. Jamais autant que la nuit, dans une chambre close, il n’absorbe un air souillé. Le tuberculeux doit dormir, la fenétre ouverte. Ce précepte s'applique à tous les climats et à toutes les saisons, avec des tempéraments et des précautions néanmoins. On peut autoriser une période d’accoutumance progressive, mais rapide, pendant laquelle la fenêtre sera ouverte de plus en plus; mais, en dehors des grands froids, la fenêtre doit être ouverte largement. Küss, Sabourin condamnent les systèmes d'aération indirecte, d'imposte, de vasistas, d'aération par une chambre voisine, ou au travers des rideaux, et même au travers des persiennes.
Pour y arriver, il faudra, souvent, combattre les préventions du malade. Il faudra lui faire comprendre que, même avec les fenêtres ouvertes, la température de la chambre est plus élevée que celle du dehors, que le vent est intercepté et que même l’état hygrométrique diffère.
Dans le climat parisien, pendant la plus grande partie de l’année, tous les malades peuvent supporter la fenêtre largement ouverte, quelque temps qu'il fasse, et sans chauffage. Le vent violent peut cependant amener à diminuer l'ouverture de la fenêtre ; par grande humidité, Küss tolère la fermeture des persiennes, qu'il interdit en temps normal; contrairement à d’autres auteurs, il déconseille la pose d’un paravent au-devant du lit, à moins que le lit ne soit placé trop près de la fenêtre.
En hiver,silatempérature reste au-dessous de —5°, on peut continuer l’aération en limitant à 25 centimètres l’ouverture de la fenêtre et sans chauffer la chambre, dès que le malade est aguerri. Par les très grands froids, on peut diminuer encore l'ouverture de la fenêtre, mais il vaut mieux chauffer la chambre, de manière à ce que latempérature n’y descende pas au-dessous de 0°.
Il va sans dire que le malade, dans son lit sera protégé contre le froid par une ou deux couvertures de laine, un édredon, une boule d’eau chaude. Il portera une chemise de flanelle, et au besoin un maillot de laine; le bonnet de coton sera exceptionnel. Le malade ne devra pas se découvrir la nuit, ni sortir ses bras de dessous ses couvertures,
Avec ces précautions, les malades s'adaptent rapidement à ces conditions de sommeil: ils dorment mieux, toussent moins, transpirent moins et la toux est moins fréquente. Les tuberculeux fébriles, avancés, arrivent à fort bien supporter la fenêtre ouverte; on devra maintenir F'aération, même s’il se produit des complications pulmonaires, à condition de chauffer la chambre pour que la température nocturne ne s’abaisse pas au-dessous de 8 à 10°.
Certaines conditions d'installation peuvent rendre impossible la cure nocturne, telle que chambre trop petite, humide, ne recevant pas de soleil, ou encore humidité excessive. Il ne faut pas oublier, non plus, que certains sujets supportent mal l’aération par les temps froids; certains dorment mal, ne peuvent se réchauffer, d’autres voient augmenter les. phénomènes bronchitiques ou les phénomènes articulaires. Enfin, il faudra prendre des précautions particulières avec les tuberculeux séniles ou cachectiques. Ce sont là des exceptions et nous répétons que l'aération nocturne doit être de règle.
M. LeTuLLE et P. HALBRON.
La cure diurne s'impose également; mais son étude est beaucoup plus complexe ;: elle diffère profondément, suivant que le tuberculeux mène encore, ou à nouveau, une vie active, suivant qu'il associe la cure d'air à une cure de repos plus ou moins complète, ou enfin s’il est alité. :
C’est la nécessité de l’aération qui fait défendre au tuberculeux les ateliers et les magasins poussiéreux et sans air, c’est elle qui leur fait interdire les lieux confinés, les théâtres, les cafés, les réunions mondaines. Ildevra, de même, chercher les quartiers aérés d’une ville et, encore mieux, vivre à la campagne.
La cure d'air de jour est représentée surtout par la cure de chaise-longue, qui associe, pour une partie plus ou moins longue de la journée, la cure d'aération et la cure de repos. | :
La cure de chaise-longue demande certaines conditions d'installation; elle doit être faite à l’abri du vent, dans un endroit éclairé et en même temps à. l'abri des rayons du soleil. Cette dernière condition est très importante, pour éviter les accidents congestifs et Sabourin insiste particulièrement sur cette précaution. Dans les sanatoriums, les galeries de cure sont, par leur disposition ct leur orientation, organisées de façon à ce que les malades puissent faire la cure d'air pendant de très longues heures, même en hiver et par les plus mauvais temps, et la nuit tombée. La chaise-longue doit être assez confortable pour que le malade y puisse demeurer sans fatigue, muni de couvertures, au besoin enfoncé dans un sac de fourrures, réchauffé par une boule d'eau chaude et protégé par des vêtements chauds, un manteau et des gants.
En dehors des sanatoriums, la chaise-longue peut être installée sous un hangar, sous un abri de planches, ou sous une tente. A la ville, lorsqu'une. installation en plein air est impossible, la cure de chaise- -longue sera, au besoin, organisée sur un balcon, ou même à la fenêtre d’une chambre.
Dettweiller a montré que la cure de chaise-longue bien organisée pouvait se faire sous n'importe quel climat, quelle que soit la température et d’après lui, les intempéries sont sans influence défavorable sur l’évolution de la phtisie. Nous verrons, en étudiant les conditions climatiques, ce que ces affirmations ont de trop absolu, disons même de partial.
Il faut savoir que chez les sujets peu entraînés, sensibles, par les températures trop froides et surtout les journées humides et brumeuses de nos climats, la cure de chaise-longue au grand air peut être np 52 : on peut être amené à garder le tuberculeux dans sa chambre où même au lit. \
La cure d'air diurne, au lit est nécessaire pour les tuberculeux fébriles … arrivés à une phase avancée de la maladie, ou au cours d’une poussée évolutive. L'expérience a montré l’action sur la fièvre tuberculeuse de l'association. du repos au lit et de l'aération continue. Il faut avoir soin, en pareil cas, que la température de la chambre ne soit pas trop basse. Dans ces conditions, le séjour au lit peut être maintenu des mois entiers sans inconvénient et une amélioration peut permettre, à la longue, la cure de chaise-longue. Sabourin conseille, d’ailleurs, de ne pas maintenir au lit les tuberculeux fébriles ; à Ja galerie de cure, leur température arrive à s’abaisser.
La nécessité de la cure d'air pour les tuberculeux est actuellement reconnue ; on peut dire qu'avec plus ou moins de rigueur elle convient à tous les
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malades, mais il est nécessaire de définir où elle doit se faire et il y a tout une étude des climats qui est de la plus haute importance.