‹ Nouveau traité de médicine (volume 4)Chapitre 9 sur 197 · I. — Influence de la dose de bacilles intectants · texte numérisé non relu

I. — Influence de la dose de bacilles intectants

Comme on a pu le voir ailleurs, la culture du bacille tuberculeux sur milieux artificiels, possible sous certaines conditions (présence de glycérine), est toujours lente. Sur bouillon glycériné, comme sur pomme de terre glycérinée ou gélose à l’œuf, il est toujours nécessaire de compter plus de quinze jours pour obtenir une culture importante de bacilles, ce qui diffère entièrement de ce qui se passe avec les autres germes qui poussent en vingt-quatre ou quarante-huit heures. Cette lente reproduction de bacille de Koch existe aussi in vivo chez l'animal inoculé ou l'homme infecté. Pendant plusieurs jours le bacille ne végète au lieu d’inoculation qu'à l’état d'unités isolées, se reproduisant lentement et l’on conçoit aussi l'importance que prend la question de la dose de bacilles infectants.

Chez le cobaye, il est possible, en variant la dose inoculée, d’avoir des formes très variables de tuberculose expérimentale, depuis les grosses doses de ! milligramme et plus, qui donnent lieu à des tuberculoses très extensives et très évolutives, tuant le cobaye en 1 à 3 mois avec tubercules

disséminés dans tous les viscères, jusqu'aux faibles doses de de mil- » JUS

{ 100.000 ligramme, et moins, produisant des tuberculoses très discrètes du poumon, du foie et de la rate : celles-ci permettent une survie très prolongée, dépassant

souvent 1 an, parfois 18 mois, avec guérison fréquente de la lésion au point

d'inoculation ; on trouve à l’autopsie des lésions fibro-caséeuses discrètes, en particulier des cavernes fibro-caséeuses du poumon (Straus (1), Rômer et Jo- ee seph (2), Calmette et Bruyant (3), R. Debré et J. Paraf (4).

Quand on n’injécte que quelques éléments microbiens, comme l'ont fait Thoeni et Thayssen, Calmette et Bruyant (moins de 60 bacilles\, les animaux ne sont pas luberculisés.

Les phénomènes se passent de façon identique au cours de l'infection de l’homme, qui est beaucoup plus résistant au bacille de Koch que le cobaye. L’inhalation ou l'ingestion de faibles doses bacillaires à des intervalles éloionés les uns des autres ne déterminent que des lésions discrètes, non évolutives, ne produisant ni troubles locaux, ni manifestations générales, mais suffisantes cependant pour provoquer une immunité de l’organisme révélée par la réaction positive à la tuberculine (Von Pirquet, Hamburger, Calmette, Léon Bernard).

Au contraire l’inhalation ou. l'ingestion de grosses doses bacillaires,. répétée à peu de jours d'intervalle, est suivie de l’évolution d'une tuberculose grave, évolutive et extensive avec lésions locales et troubles généraux accentués.

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