II. — Influence de la virulence du baciïlle tuberculeux
La virulence du bacille de Koch agit Vraisemblablement d'une façon identique. Malheureusement les tentatives pour apprécier l'importance de ce. facteur n'ont fourni jusqu'à présent que des résultats absolument négatifs. C'est ainsi que Krompecher et Zimmermann (5) ont vainement cherché des différences dans les souches de bacilles provenant des tuberculoses chirurgicales ; que Fraenkel et Baumann (6) étudiant les bacillés isolés de cavernes pulmonaires ou de tumeurs blanches n'ont jamais pu découvrir une race de bacilles humains privée de virulence pour le cobaye ; Moeller (7), dans ses expériences rapportées par la Commission anglaise, n’a pas eu des résultats plus heureux. Et. Burnet (8) a repris en 1912 d’une façon très complète. l'étude de cette question en opérant avec une téchnique impeccable, en inoculant pour chaque souche à des cobayes de même poids, des doses de 1/10, 1/100, 1/1000 de milligramme de bacilles, et en mesurant la virulence par | l'état des lésions pulmonaires. Les poumons sont en effet les derniers atteints dans la tuberculose expérimentale du cobaye après inoculation soUScutanée ; l'intensité de leurs lésions est en rapport net avec celle de l’infec-.
tion. Sur près de 66 souches étudiées ainsi, il n’a trouvé que 4 fois des (1) Srracs, la Tuberculose et son bacille. Paris, 1895. (2) Rômer et Joser, Série de mémoires in Beiträge zur Klinik der Tuberkulose, 1910-1911, 1912-1914. | 3) CazmeTrE et BrüyanT, C. R. Soc. biologie, 15 juillet 1911. 4) R. DEBré et J. Parar, C. R. biologie, 18 décembre 1920. 5) KROMPEGHER et ZIMMERMANN, Centralblatt Bakt. Origin, t. XXXIII, 1403, p. 380. 6) FRazwkez et BAumaNx, Centralbl. f. Hygien, t. LIV, sept. 1906. 7) Mogzzer, Centralbl. f. Hygien, vol. LV, 1906, p. 506. (8) Er. Burxer, Études sur la virulence du bacille tuberculeux. Annales Institut Pasteur, nov. 1912 et mai 1915.
LE BACILLE DE KOCH. Fasc. XII. — 11
bacilles atténués, tous d'origine cutanée. D'une façon générale la virulence des bacilles isolés des tuberculoses externes est plus grande que celle des bacilles des crachats pris comme témoins. D'ailleurs, comme l'avait montré Burnet, comme l’a confirmé la Commission anglaise, après différents passages successifs sur le cobaye, les bacilles atténués retrouvent leur virulence normale. On n'a donc pas démontré actuellement que la virulence du bacille agisse d’une façon importante dans l’étiologie de la tuberculose pulmonaire.