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II. — MÉDICATIONS CHIMIQUES ET PHYSIQUES

CURE DE RÉCALCIFICATION

L'emploi de sels de chaux, en particulier du phosphate de chaux, est très ancien, mais ce sont les travaux de Paul Ferrier (4), mis en lumière par Letulle (5), repris par Sergent (6), qui en ont généralisé l'emploi, en faisant, par l'association à un régime spécial, une véritable méthode thérapeutique. Les études chimiques sur la nutrition des tuberculeux montrant l'intensité

. (1) Sxica, Traitement précoce et vaccination de la tuberculose. Revue internat. Hygiène publique, janvier-février 1921.

2) Rappin, Congrès de médecine de. Strasbourg, octobre 1921. 3) CALMETTE, Études sur le bacille bilié. Annales Institut Pasteur, septembre 1921. 4) P, Ferrier, Guérison de la tuberculose, Paris, 1906.

} M. Lérucce, Le tuberculeux et la méthode « recalcifiante » de P. Ferrier. La Presse icale, 1909, n 24, p. 212.

(6) E. Sercewr, Études cliniques sur la Tuberculose, pp. 459-518.

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tensité de la déminéralisation, la décalcification dentaire évoluant parallèlement à la tuberculose, la guérison de la tuberculose dans les régions riches en calcaire ont été des arguments invoqués pour installer cette « cure ».

Elle comprend une partie diététique, que nous avons déjà signalée, destinée à supprimer les spoliations calcaires dues aux fermentations digestives et à l'alimentation acide : les bases en sont la diminution du pain absorbé, la diminution de la ration de graisse, la suppression des boissons alcooliques ; il faut y ajouter la prohibition de toute suralimentation et l’espacement des repas. Ferrier recommande également de faire travailler le malade.

Certaines médications sont proscrites : l'acide lactique et les ferments lactiques, qui augmentent les spoliations calcaires, et l'huile de foie de morue.

L'apport de chaux est assuré par l'usage, comme boissons, d'eaux minérales riches en chaux (Pougues, Saint-Galmier), dont on laissera échapper l’acide carbonique libre, et par l’ingestion de sels de chaux.

Sergent préconise la prise, à chacun des trois repas, d'un des cachets suivants :

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Signalons qu’à ces sels, A. Robin recommande d’ajouter de la poudre de prêle, en raison de son contenu en silice.

Sergent a cependant noté que certains malades avaient de l'intolérance à la médication calcique, se manifestant par des troubles digestifs, des troubles cutanés (prurit, prurigo, érythèmes), des troubles pulmonaires (toux férine, coqueluchoïde), dus probablement à l'élimination calcaire. Il préconise un traitement intermittent, par séries de 10 à 15 jours, avec des interruptions équivalentes. Sergent associe au traitement calcique l'ingestion d'adrénaline.

Avec des variantes, l’ingestion de chaux a été très largement préconisée et actuellement adoptée par presque tous les médecins ; elle semble avoir une réelle efficacité.

La méthode de Ferrier, dans son ensemble, est considérée par Sergent comme ayant une grande valeur ; « elle est un agent préventif de tout premier ordre chez les prédisposés et un moyen curatif merveilleux au début de la maladie. Dans les phases avancées, elle ne peut donner qu’une amélioration relative et non une guérison ; mais cette amélioration, elle la produit presque toujours ». Sergent a constaté, à la radioscopie, la transformation calcaire de lésions tuberculeuses des poumons.

I1 semble que certaines prescriptions soient discutables, telles que l’interdiction des aliments gras. Cependant, les améliorations constatées semblent avant tout, dépendre de l'amélioration des fonctions digestives, due à un régime rationnel et à l'absence de la « suralimentation ».

On peut rapprocher de la cure de recalcification les essais encourageants de Brühl et Buc (1) qui ont pratiqué des injections intra-veineuses d'une solu-

(1) BrüuL et E. Buc, Note sur le traitement de la tuberculose pulmonaire par les injections intra-veineuses de chlorure de calcium. GC. R. Soc. biologie, 1913, t. I, p. 880.

M. LETULLE et P. HALBRON,

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tion de chlorure de calcium à 30 p. 1.000 (une injection rot dents de 20 à 30 centimètres cubes). Ils ont constaté une amélioration nette des signes fonctionnels et locaux.

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