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HUILE DE FOIE DE MORUE

L'huile de foie de morue est un remède classique, depuis que Perceval, en préconisa l'emploi en 1790. Jaccoud, Grancher, Daremberg en ont fait un très large usage. Elle agit comme corps gras, par l’oléine et la margarine qu'elle renferme. En outre les composés phosphorés (phosphates, acide phospho-glycérique, lécithines) auraient leur activité propre. Enfin A. Gauthier et Mourgues ont étudiédesalcaloïdes (butylamine,amylamine, morrhuine et acide morrhuique), qui auraientune actionspéciale propresur le système nerveux trophique. On admet moins, aujourd'hui, le rôle bienfaisant, particulier et presque spécifique de l'huile de foie de morue, on tend à la considérer comme un aliment gras, utile en raison de son assimilation particulièrement facile, quand elle est bien tolérée. On emploie l'huile de foie de morue fauve ou blonde, à l'exclusion des huiles brunes, qui contiennent des produits de putréfaction, ou des huiles blanches, décolorées artificiellement. On peut em-

(1) H. Durour, Traitement de la tuberculose pulmonaire. Présentation de trois malades. Bull. et Mém. Soc. méd. des hôpilaux de Paris, 1920, n° 18, p. 695.

M. LETULLE et P. HALBRON.

| ployer des émulsions préparées avec des jaunes d'œufs et qui contiennent 40 p. 100 d'huile. On ne prescrit habituellement que 2 cuillerées à soupe d'huile par jour ; on est loin des doses préconisées par Jaccoud et Grancher,

qui étaient d’au moins 4 cuillerées et conseillaient jusqu’à 10 et 12 cuillerées par jour. L'huile sera prise à jeun, ou aux repas, ou le soir. Ordinairement, il

faut en cesser l'emploi pendant l'été. Certains malades ont une extrême tolérance pour ce corps, qui peutêtre unexcellentagent desuralimentation. L'huile de foie de morue produit, souvent, une augmentation rapide du poids et même une stimulation générale de l’économie, Elle n’est guère supportée que dans les formes apytériques. Il faut la supprimer, s'il apparaît des signes d’intolé-

rance gastrique, intestinale (diarrhée, présence d'huile dans les selles)

ou hépatique (douleurs, colique hépatique et même ictère). P. Carnot conseille de donner simultanément la pancréatine. Elle est surtout bien tolérée et efficace chez les enfants menacés de tuberculose présentant des manifestations scrofuleuses.

Dans la « cure de récalcification», l'huile de foie de morue est écartée et nous avons déjà vu, à propos de l'alimentation, combien cette suppression des corps gras cadrait peu avec les observations habituelles de la clinique.

De l'huile de foie de morue, on peut rapprocher l'emploi de la cholestérine et de la lécithine.

La lécithine a été particulièrement utilisée. C’est une graisse phosphorée, qu'on trouve surtout dans la substance blanche cérébrale centrale, les surrénales, les spermatozoïdes. Elle constitue 6,80 p. 100 du jaune d'œuf. Elle a une action stimulante assez nette. On l’administre en pilules, à la dose de 0 gr. 30 par jour, ou en injections huileuses.

La phytine est une lécithine végétale riche en phosphore, qui se donne à la dose de 0 gr. 50 à un gramme par jour. :

La glycérine, à la dose de 40 grammes par jour, a été conseillée par Jac-

coud, pour remplacer l'huile de foie de morue, chez les malades intolérants.

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