‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 129 sur 224 · ÉTUDE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE

L'extrême contagiosité du typhus ne laissait point de doute sur sa nature infectieuse ; néanmoins, les premières notions exactes que nous possédons à ce sujet sont d'acquisition toute récente.

En 1909, Charles Nicolle transmet pour la première fois la maladie au chimpanzé par inoculation du sang d’un malade et, avec le sang du chimpanzé, il réalise l'infection des macaques.

Dès lors, l’étude expérimentale de la maladie devenue possible est poussée avec une rapidité extrême par Charles Nicolle, E. Conseil, Ch. Comte et A. Conor en Tunisie, Ricketts et Wilder, Gaviño et Girard au Mexique, Anderson et Goldberger dans le même État d’abord, puis à New-York.

Déjà, quelques tentatives d’inoculation à l’homme avaient donné des résultats intéressants. Marzutkowski, s'étant injecté du sang de typhique, avait ressenti les premiers symptômes de la maladie 18 jours plus tard. Otero au Mexique, Yersin et Vassal en Indo-Chine avaient obtenu des résultats positifs après une incubation de 15 à 21 jours. Mais un doute demeurait sur ces expériences; Marzutkowshi, avant de réussir sa tentative périlleuse, avait échoué déjà plusieurs fois sur lui-même; Yersin et Vassal n'étaient pas sûrs que la maladie étudiée par eux fût bien le typhus. D'autre part, une expérimentation systématique sur l’homme, dans le cas d’une maladie aussi grave, ne pouvait être suivie, ni encouragée.

La reproduction du typhus exanthématique chez le singe permit au contraire à Ch. Nicolle et à ses collaborateurs d’élucider rapidement la plupart des problèmes relatifs à ce mal.

Les chimpanzés et bonnets chinois (Macacus sinicus) sont sensibles à l’inoculation du sang des typhiques, pourvu que la voie d'introduction soit la cavité péritonéale et la dose injectée suffisante (4 à 5 c. c.).

Le Macacus rhesus, employé par Anderson et Goldberger, offre une résistance fréquente, d’où les erreurs commises par ces savants dans la comparaison des résultats négatifs de certaines de leurs expériences avec les

‘résultats positifs d’autres auteurs, qui opéraient sur des espèces plus sensibles.

Après une incubation d’une semaine environ de durée, la température du singe s'élève brusquement pour retomber dans les cas typiques le lendemain el remonter progressivement les jours suivants, dessinant ainsi une légère flèche suivie d’un angle ouvert en haut, puis d’une ligne courbe d’ascension. Suit un plateau de 7 à 10 jours, que termine une baisse ordinairement rapide. Une hypothermie de durée souvent courte s’observe après la défervescence; enfin, en quelques jours, la température revient à la normale. En dehors de la fièvre, les symptômes sont modérés. L’incubation est généralement silencieuse : ce n’est que vers le troisième ou quatrième jour qu'on remarque quelques signes anormaux : perte de l’appétit, tristesse, poil hérissé, injection des yeux, éruption parfois. Cette éruption a toujours

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE. Fasc. II. — 41d

pour siège la face. Un amaigrissement manifeste suit la chute de la tempéralure. | Dans les cas très graves, la mort survient, soit dans la période fébrile, soit dans la période d’hypothermie par laquelle débute la convalescence. Dans les formes légères ou abortives, il y a d'ordinaire allongement de la période d’incubation, la fièvre ne dure que quelques jours, lhypothermie

S SAS NUS AS [LS [RS [PLUS PPS 12 c, S ES OS PR AN RC ER PNA 2 AU OR D RE AR DO DE AE PE ES EN 2 EN ES A RE ES EC CE RSR RSR SR RSR RRR RSR SRRRRRRnRR RE RSR RRRR RSR RRRRRenE æ eæ SLR Teeparr() LT EMA ECO EN 2 0 SD GS DE ER AG A SN A LEO ES EN ENTREE SES ENNAEFENNOEEÉ ERA SIN SSSR AMENE EME RSR RS RSS BBRRRRRnEn CONTEST LESESSRNOMATERMES MERDE |] td) EEE A EE 22 LUE NEIGE A A AE OA VE EE 2 ES A D EN GR A EE EN 1222 Le ER PE UN OR PE CN ES EE 2 NN 2 AS DE EP D RDC A A HG D D EX CA RG GAL EEE EACACAE RE = SEMMES VAR STREAM MAEIM + PE BEM ES PME 2 ES LM IR SP RPM si FROIDE RNENLME AA + PSE TRE OR OS OR ES PE D PO A NE QE PR OR NU EL EEE EEE EEE || PR Cora) :

Pr Letele ie TROT PT EN AEE EI 7 SR ES DA VA D PR A A A ES 1 (1 LE TI 1 RSENRHE 0 VON CODEN 8 MO 40 SO OS 2 PR EX EN OR RES 16 Re ER NOR OS RNA 1 AR Ru 7 FREE ER PACTER CORRE EEE ER EEE PET PMRTAUER EST EXNE CAE RE a + HET RIM ES D EEE EE NOR OC EEE EEE ODA DRE

AE A IAB —

LT CNP NE EE DEA ON 2 A À Ve OO AE GP ON EN SN ES ON: VE 9 à D NN CAES EE SCORE TES UE AR FRS 22 M A AS OS NE 6 PR GS AE ES ES EN PR RD RRRME A RSR REN le EC anr Ke) HOIRENIARERE | [| it AU bel ie Le 0. RE, À ER 08 0 DS LUI ANA Ie SITE ER LE IE BAM pp A Lee

EE RE E 41 RO EE PRRRRRRRRRE EE EEE TE AOC 1 PE PA EE 2 1 CG A D D A EN DE ON AA LOS PA SE D EN À GER NE A5 PO D 8 PE A EE ER D PE EE D NO 2 VGA DE ES A ES AR ES VO ER A ER Le NO DE

Le NUTINNTeNTEM ES RANARNE RAS LRRDTRRAERAMS EE EEE EEE RE EEE ET PA | OR nee ne RRRR ARR ere LEUR BA ES 0 OS O0 EN D PS EE EE EN ON EE BE EN A LE sn Li — DENSRENRSRENSRSENSNREB EUROS MERERM PLLCENPE F1 DUR ER PRO ES EDS RAP TES APN A PS ECS OS ES SE A AP OT PS PA ES ES AN AN GE EP EI EI EEE EEE ER EE EEE ERRREE FER EEE MR RE LI TI II OT iber RL PA 1681 7 PL CE PA ETS

Courbe 5.

Typhus expérimental du singe (bonnet chinois) transmis par la piqüre de poux.

est éphémère, les symptômes objectifs inconstants, sauf un certain degré d’amaigrissement qui ne paraît point manquer.

Enfin, il est des cas tout à fait frustes dans lesquels aucun signe n'indique une réaction de l’organisme et cependant l’immunité est acquise parfois à la suite de cette infection silencieuse.

En dehors du singe, le cobaye peut être infecté avec succès, mais il ne présente qu'une maladie tout à fait fruste, uniquement décelable par le thermomètre. Cette sensibilité du cobaye est cependant des plus précieuses ; elle permet la conservation du virus dans les laboratoires.

Ch. Nicolle a pu entretenir ainsi pendant 5 années déjà le virus exanthématique par passages sur cette espèce.

Le lapin offre une sensibilité moindre encore; le rat ne réagit nullement

Cu. Nicoize et E. ConsEIr.

416 TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.

à l’inoculation, même au thermomètre: cependant le virus évolue en lui, car son sang se môntre virulent en même temps que celui des cobayes témoins.

Le sang, dans le typhus exanthématique, est virulent pour le singe dès les premières heures de la fièvre; il l’est encore au début de la convalescence (deuxième jour); il semble l'être dans les deux Jours qui précèdent l'élévation thermique.

Une première atteinte de typhus expérimental donne au singe une immunité solide, toutes les fois que la maladie a été grave et quel qu'’ait été le mode d'infection. Une atteinte lègère ou abortive n’est pas suivie à coup sûr d'immunité. Celle-ci cependant peut s’observer exceptionnellement dans les cas même où l’inoculation de virus n’a déterminé aucune réaction fébrile apparente.

Dans les cas positifs, l’immunité semble s'établir très vite. Nous lavons

constatée au quatrième jour de la défervescence. Le sang des malades convalescents ou des singes guéris présente des propriétés préventives et curatives très nettes vis-à-vis dr linfection expé-

rimentale du singe. Ces propriétés, manifestes dans les 10-12 jours qui

suivent la défervescence, disparaissent rapidement plus tard, et le sérum, après 15 à 20 Jours, te avoir perdu toute activité.

Ni le microscope, n1 l’ultramicroscope ne montrent dans Île sang des malades ou des animaux infectés la présence de formes microbiennes. Les diverses bactéries et protozoaires décrits par certains auteurs anciens ne doivent pas être tirés de l'oubli. Les corps singuliers découverts dans le sang des exanthématiques par Ricketts et Wilder y sont trop rares pour qu'on puisse les considérer comme les agents spécifiques de cette maladie.

La nature de cet agent invisible est encore discutée. Ch. Nicolle et ses collaborateurs, se basant sur les résultats positifs de quelques expériences, considèrent qu'il s’agit d’un microbe filtrant. Cette conclusion n’est pas admise universellement (!).

De nombreuses expériences pratiquées par Ch. Nicolle, A. Conor et E. Conseil leur ont montré l’inégale virulence des divers éléments du sang infectieux. Les globules rouges sont complètement inactifs, le plasma peu virulent, les globules blancs au contraire le sont à un degré considérable.

Ces faits et les altérations des leucocytes polynucléaires ont suggéré à

Ch. Nicolle et ses collaborateurs que le microbe du typhus exanthématique :

avait pour siège unique ou principal les globules blancs.

L'étude des épidémies qui ont sévi en Tunisie de 1906 à 1909 avait conduit Charles Nicolle, Ch. Comte et E. Conseil à reconnaître que l'agent de dissémination et de transmission de la maladie ne pouvait être qu’un parasite du corps ou du vêtement, accompagnant l’homme dans ses déplace-

ments, campant aux relais où il couche, ne s’arrêtant qu’au seuil de l’hôpital

et là où le malade rencontre de l’eau, du savon et du linge propre. D’autres données, en particulier saisonnières, permettaient d’écarter le rôle des

1. Au cours de l'impression de cet article, de nouvelles recherches, conduites en Pologne par Wolbach et Todd, ont montré, chez le pou et dans les organes de l’homme malade ou du cobaye infecté, la.présence d’un très petit coccobacille, généralement intracellulaire, qui pourrait exceptionnellement filtrer et qui est très probablement l’agent pathogène du typhus. Ce microorganisme n’a point été toutefois cultivé; la preuve de son pouvoir pathogène manque donc.

DIAGNOSTIC EXPÉRIMENTAL. Fasc. II. — 417

moustiques, stomoxes, punaises et puces. Quelques observations recueilliés par eux montraient de la façon la plus nette léclosion du typhus chez l'homme à la suite de piqûres de poux.

Des expériences indiscutables leur ont permis d'affirmer le rôle de ces insectes dans la transmission du typhus. Ils ont en effet reproduit la maladie chez quatre singes par la piqûre de’ poux du corps, nourris préalablement sur des malades ou singes infectés.

Ïl a été possible à Ch. Nicolle et G. Blanc d'établir dans quelles conditions les poux, nourris sur des malades ou des singes atteints de Eyphus se montraient infectieux. Leur piqûre, dépourvue constamment de virulence du 1er au Te jour qui suit le repas infectant. est au contraire toujours virulente les 9% et 10° jour. Il en est de même de leurs crottes; par conséquent, le grattage de la peau avec l’ongle souillé des déjections des poux est aussi capable d’inoculer la maladie que la piqûre de l'insecte.

Les expériences de Ch. Nicolle, Ch. Comte et E. Conseil sur le rôle des poux dans la transmission du typhus exanthématique ont été entièrement confirmées par les travaux ultérieurs de Ricketts el Wilder et ceux d’Anderson et Goldberger. Ces auteurs ont en outre apporté la preuve que le pou de tête (Pediculus capitis) peut, aussi bien que celui du corps (Pediculus vestimenti), transmettre l'infection et qu'aucune autre piqûre d’insecte (punaises, puces, tiques, etc.) n’en est capable. Ils ont également démontré la non virulence des excreta et des sécrétions pharyngiennes et bronchiques des malades.

La guerre mondiale a offert une confirmation malheureusement éclatante des travaux de Ch. Nicolle et de ses collaborateurs.

Page 1