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PATHOGÉNIE

S1 nous résumons maintenant les notions acquises sur la genèse de la maladie dans son ensemble, nous voyons le candidat coquelucheux contaminé par les gouttelettes imperceptibles de mucus laryngo-trachéal, que le porteur de bacilles projette en toussant, en parlant ou simplement en respirant (Flügge). Ces cocco-bacilles vont se multiplier à la surface de la muqueuse respiratoire sur laquelle il est vraisemblable qu’ils arrivent direc-

tement. C’est à ce moment que la culture bronchique est la plus virulente, avant d’avoir manifesté bruyamment sa présence. Il faut admettre qu’à un

moment donné, la mise en liberté de l’eudotoxine (au moment de la destruction du microbe) agit de telle façon sur les terminaisons pneumogastriques (peut-être du laryngé supérieur surtout), par ses propriétés 1irritantes nécrotiques, qu’elle produit, en même temps qu’une hypersécrétion, un réflexe lussigène particulièrement intense et paroxystique. Le jeu du paroxysme s'explique par une excilation pénétrante et prolongée qui met en

1. C. FRANKEL. Untersuchungen zur Entstehung der Keuchhustens. Munch. med. Wochenschrift, 1908, 11 août.

2. KLIMENKO. Arch. des sc. biolog. de Saint-Pétersbourg, 1912, et Semaine médicale, 23 oct. 1912, n° 45, p. 506. Sur le sérum anticoquelucheux et son emploi; ou Bull. de l’Institut Pasteur, 1912, p. 145. — St Bucner et MENSCHIKOFF. Sem. méd., 1912, p. 233. — Il n’y a pas de thérapeutique spécifique chimique, bien qu’on ait présenté comme tel le fluoroforme qui doit plutôt agir sur les fermentations digestives.

P. ÉONDE.

branle le bulbe, que la diffusion de l’endotoxine (si elle se diffuse) coquelucheuse a peut-être préparé à réagir.

On s’explique ainsi fort bien qu'il n’y ait pas superposition entre la période de spasme et la période de virulence, puisque le poison ne commence, à agir qu'après la mort du microbe; c’est au moment de la riécrose du revêtement épithélial de la trachée et des bronches que la quinte apparait.

Plus tard il s’est créé une habitude de tousser d’une certaine façon qui tend à se perpétuer sous cette forme tant que persistera la moindre cause de toux; l'infection secondaire récidivante réveillera une toux qui n’est plus spécifique que par souvenir. D'autre part, la congestion périodique de l’encéphale entretient sans doute la susceptibilité bulbaire et la tendance à l'angoisse favorables au Spasme.

Il en est ainsi de l’épilepsie, au moins dans certains cas; l'apiitude convulsivante tend à s’entretenir elle-même et à se prolonger longtemps après que la cause première a disparu. Il en est ainsi de l'asthme. Il y aurait un parallèle curieux à établir entre le laryngisme tabétique et la coqueluche.

Wilhelm Wernstedt a tendance à rattacher le spasme de la coqueluche à la diathèse spasmophile qu'il a étudiée au point de vue électrique. Les enfants atteints de toux coqueluchoïde au cours d’une infection banale réagissent aux courants les plus faibles, soit à l'ouverture du courant à l’anode, soit à l'ouverture à la cathode.

PRONOSTIC

Le pronostic immédiat de la coqueluche dépend, d’une part, de l'inten-

sité de la réaction quinteuse; d'autre part, de l’imminence de l'infection »

secondaire (1). Dans les deux cas, la fièvre donne la mesuïe de l’aggrava-

tion, non pas seulement par son degré, mais aussi par sa persistance et sa |

durée. \

La gravité de la coqueluche dépend donc de linfection secondaire, qui :

dépend elle-même de deux facteurs : la contagion dans les agglomérations (vieux milieu hospitalier), et surtout la prédisposition, prédisposition préalablement acquise, pourrait-on dire. L'état antérieur du sujet, beaucoup plus que la constitution épidémique, domine le pronostic immédiat, comme

le pronostic éloigné. Le candidat à la broncho-pneumonie est souvent un | bronchitique de longue date, parfois méconnu; le candidat aux convulsions

paraît être un dyspeptique en état de surnutrition.

La mortalité (?) varie de 0 pour 100 à l’adolescence et dans l’âge adulte, à 45 pour 100 dans les épidémies hospitalières (H. Roger), compliquées de rougeole, chez l'enfant. |

4. Consulter les statistiques des thèses de Paris de Boulade (1902), de Rouchy (1907),

de Monraisse (1990-1901), de G. Deschamps (1903-1904), la thèse de Léger (1910). 2. Voir les thèses de Sarpa : La mort dans la coqueluche, 1907-1908 (Lyon) et de MARCEL REGNAULT. Paris, 1911.

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DIAGNOSTIC. Fasc. II. — 4159

DIAGNOSTIC

Le problème se présente dans deux conditions très différentes, suivant que l'attention est attirée ou non, d’abord, sur l’idée de coqueluche possible. En temps d’épidémie, dès qu’un enfant tousse, on soupçonnera la coqueluche qui deviendra probable, si la toux persiste de plus en plus paroxystique, malgré un traitement révulsif et diététique, — qui deviendra quasi certaine si la toux prend le caractère su/focant avec raideur de tout le corps pendant la quinte, et expiration terminale, — qui deviendra certaine si la quinte se complète par la reprise. Dans le cas où l’on aurait à prendre des mesures d'isolement, avant que le tableau ne s'achève, la recherche de la /eucocytose pourrait rendre service.

Si l'entourage du malade est peu averti, le sujet douteux peut avoir des quintes Lypiques sans que le médecin y assiste et même sans qu'il soit aucunement renseigné. L'ulcération sublinquale fixe alors le diagnostic. Il nous est arrivé plusieurs fois de reconnaître ainsi la maladie qu'une nourrice avait intérêt à dissimuler. L’ecchymose sous-conjonctivale à une valeur séméiologique bien moindre.

En présence d’un enfant quelconque qui tousse, on n’aura aucune raison de soupçonner la coqueluche avant l'apparition des signes révélateurs : la bouffissure du visage avec larmoiement sera un indice utile, si l’on s'assure qu’elle ne résulte pas simplement d’une crise de larmes et de sanglots.

Le médecin est autorisé à provoquer une quinte en cas de doute (Labric) en tourmentant le larynx ou en examinant et chatouillant la gorge.

La quinte spontanée elle-même avec reprise n’est pas absolument pathognomonique : elle peut être provoquée par un corps étranger laryngé chez l'enfant, par une crise laryngée tabétique chez l'adulte.

Elle se rencontre aussi dans certaines névroses laryngées avec où sans lésion locale mycosique (lephtothrix) ou autre, soit chez des hystériques, soit chez de simples névropathes dyspeptiques et hypocondriaques. Nous avons vu un cas de ce genre chez une femme de 62 ans, dont la quinte typique, avec 2 à 5 reprises, élait provoquée par une douleur de gorge extrémement vive, survenant quelquefois pendant le repas ou le matin, jamais la nuit, pour ainsi dire. Cette douleur, véritable crise névralgique, semble distinguer cette pseudo-coqueluche qui ne parut se relier à aucun autre par la contagion. Il n’y avait pas de bronchite, ni rejet de mucosité, ni vomissements. La malade qui était calmée par l'héroïne (1/2 centigr.) guérit au bout de 2? mois, après avoir eu au plus deux ou trois quintes par jour.

Il nous paraît inutile d’insister sur le diagnostic des petites quintes sans reprise de la bronchite grippale et de la bronchite tuberculeuse, sinon pour dire que le diagnostic de la coqueluche, quand la quinte n’est pas complète, ne peut se faire que sur la notion de contagion, aidée ou non de l’examen du sang.

En présence d’une simple toux coqueluchoïde, chez l'enfant, on pensera à

éliminer, avant de craindre la coqueluche, l’adénopathie trachéo-bronchique.

P. LonNbE.

Celle-ci devra être toujours recherchée dans la convalescence sans attendre la toux rauque, le tirage, le cornage, la dyspnée, la dilatation des jugulaires ; on palpera la région axillaire et cervicale, on percutera la région présternale et interscapulaire, on comparera à l’auscultation l'intensité et le timbre de la respiration des deux côtés, on pourra recourir enfin à l'examen radioscopique.

Chez l'adulte, la toux coqueluchoïde fera penser à une tumeur du médiastin, en particulier à l’anévrisme de l'aorte, au tabes commençant où confirmé et à toutes les causes locales, telles que tumeurs des cordes vocales, ulcérations laryngées, etc. Chez un homme ayant dépassé la quarantaine, non tabétique, il ne faut pas se hâter de rapporter à la coqueluche un ictus laryngé qui pourrait être la manifestation d’un état humoral, d’une lésion nerveuse centrale, où d’un réflexe d’inhibition laryngée.

Diagnostic bactériologique. — Outre la recherche de la leucocytose el du syndrome urinaire, le laboratoire-offre encore au diagnostic la ressource de l'examen des crachats. Comme l'a montré tout récemment Mathieu. Pierre Weil () le médecin doit, à l'heure actuelle, chercher la solution du problème de deux façons très différentes suivant la date de début du cas examiné. À la période préquinteuse, il n’y a que l’examen direct des frottis de crachats (que l’on choisira grisâtres, puriformes, venant de la profondeur des bronches) ou la culture qui puissent être utiles, car, à cette période, la réaction de la déviation du complément sera le plus souvent négative.

À une période plus ou moins tardive, de la coqueluche, pratiquement à la fin du 2° septénaire et surtout à partir du 15° jour, ce n’est plus l'examen direct qu'il faut pratiquer, c’est la déviation du complément sur laquelle on peut compter pour établir le diagnostic, notamment dans les cas frustes. On devra n’employer comme antigène que des cultures, sur milieu fortement ensanglanté, d’un cocco-bacille récemment isolé. « Le pouvoir anti-complé-

mentaire de ce microbe sera toujours titré avec grand soin au début de

l'expérience À): > Nous avons vu que Pietro Porcelli attribue à l’examen des colduies isolées une valeur diagnostique importante puisque le résultat est obtenu en 2 jours.

PROPHYLAXIE

La prophylaxie de la coqueluche repose actuellement sur les mesures d'hygiène suivante : 1° isolement de tout suspect pendant 15 jours, délai maximum de l'incubation: 2° isolement de tout malade pendant toute la maladie (6 semaines), ou même jusqu'après la disparition complète des

1. MaTHIEU-Pierre WELL. Le diagnostic bactériologique de la coqueluche, Semaine médicale, 1913, p. 181, 16 avril.

2., 4 La couche microbienne, qui se détache facilement avec une fine baguette de verre, du tube où elle s’est développée, sera émulsionnée dans 2 €. c. de solution

physiologique; puis son pouvoir anticomplémentaire sera titré. Il conviendra d’em-

ployer, en général, pour l'expérience 0 c. c. 3 de l’émulsion ainsi préparée, que l’on mettra en contact avec 0 c. c. 2 ou 0 €. c. 3 du sérum chauffé du malade. L’alexine ainsi que lambocepteur hémolytique auront été titrés avec soin au début de chaque expérience. On multipliera les témoins. » (M.-P. Weil.)

TRAITEMENT. Fasc. II. — 461

quintes (30 jours après, dit-on); 3% éviction des nouveaux d’une salle commune où la coqueluche à passé, pendant une période variable, se prolongeant 15 jours après le dernier cas de coqueluche:; 4° désinfection des locaux contaminés, des vêtements et de la literie. Il faut bien dire que ces mesures .ne sont pas partout appliquées: d’où la recrudescence singulière pendant l’année qui vient de s’écouler (1912). Nous avons vu qu'aujourd'hui on évalue à deux à trois semaines au plus la prolongation de la période contagieuse après l'apparition des quintes. |

Dans les familles, il faut recommander l'isolement dans la mesure du possible : 1l n’est jamais trop tard pour en tenter le profit. Une mère enceinte devra se séparer de son enfant coquelucheux plus de 15 jours avant l’époque présumée de l'accouchement pour éviter la contagion de l'enfant à naitre. Une mère coquelucheuse devra confier son nouveau-né à une nourrice

(H. Roger).

TRAITEMENT

Traitement fondamental. — Le traitement fondamental de la coqueluche consiste à éviler dès le début l’infection secondaire, principale cause des complications. Les deux moyens les plus simples d’atténuer la durée et l'intensité de la maladie sont l'hygiène alimentaire et la révulsion.

1° Diététique. — La coqueluche sera moins grave de toute façon si l’on évite à l'enfant la moindre surcharge digestive. Les repas seront allégés; aux nourrissons on donnera une ration de lait inférieure à la ration antérieure de bonne santé en augmentant le coupage, la quantité de liquide restant à peu près la même. Les nuils seront meilleures si l’on supprime le dérnier biberon. On veillera à la régularité des repas, tout en tenant compte des vomissements après les quintes, et à l’abstinence de bonbons et de vâteaux dans l'intervalle. Pour calmer les pleurs, la tisane (tilleul, orangeade, décoction d'orge, etc.) suffira en petite quantité. En cas de fièvre, de quintes violentes et fréquentes, de menace de broncho-pneumonie, de convulsions, etc., il faudra instituer la diète hydrique préventive un ou plusieurs Jours.

20 Révulsion. — Dès l'apparition de la toux la meilleure révulsion chez l'enfant, à partir de trois à quatre mois, et même plus tôt, est l'application de petites ventouses sèches, trois à six de chaque côté de la colonne vertébrale. On évitera ainsi bien des ennuis à un âge où la trachéo-bronchite est si souvent méconnue. Si les signes physiques sont discrets ou nuls, la conduite à tenir est la même : la bronchite inexistante ou insaisissable aujourd'hui sera réalisée demain et la révulsion est alors préventive. Les ventouses sèches doivent être continuées une à trois fois par semaine durant toute la durée de la coqueluche:; elles seront appliquées au besoin deux fois par jour au moindre indice de congestion pulmonaire. Dans ce dernier cas la compresse humide échauffante, appliquée fraîche, est d’un bon usage en même temps que les ventouses.

Chez les tout petits la compresse chaude ou la sinapisation thoracique

P, Lonpe.

(surtout dans le dos) est le moyen le plus commode, les ventouses ordinaires élant trop larges pour prendre sur le plan courbe du dos du bébé.

Si l'on appliquait de petites ventouses à bord suffisamment épais, il faudrait les laisser peu de temps à cause de la fragilité de la peau de l'enfant.

Ces moyens, même redoublés, peuvent être insuffisants en cas de broncho-pneumonie; on pourra faire usage suivant les indications du ip mouillé et de la sinapisation générale (bain sinapisé). |

5° Hygiène. — Le grand coquelucheux apyrétique peut aller et venir avec précaution. Le petit coquelucheux apyrétique est plus susceptible : les sorties dépendront de la saison. En général, pendant l’acmé l'enfant gardera la chambre qu'il faudra éviter de surchauffer. Il est bon, si possible, d’avoir deux chambres de température égale : 16° suffisent. Tôut fébricitant gardera le lit, ainsi que le coquelucheux bronchitique, en imminence de fièvre, ou simplement déprimé. La chaleur du lit est avec l’allégement du régime la base de l'hygiène thérapeutique. Le changement d'air, sauf quand il s’agit de fuir un malade contaminé, n’est indiqué qu’à la fin.

Pour l’alimentation nous rappelons que c’est un tort de vouloir suralimenter ou alimenter trop souvent les malades ; l'estomac intolérant doit être ménagé |

L’'anorexie doit être au besoin respectée, quitte à y remédier doucement par les amers (petite centaurée, sirop d’écorces d’oranges amères). C’est surtout au déclin et dans là convalescence que l’on peut augmenter quelque peu l'alimentation pour compenser les pertes subies pendant la maladie, mais loujours dans la mesure où le tube digestif la tolère. C’est aussi à ce moment que la cure d'air et de sapin (ou thermale) doit être instituée. Tout cela est affaire de bon sens et demande seulement à être rappelé.

Il est bon de bander fortement le ventre avec une bande de flanelle large et longue, qui soutiendra l'effort de la quinte. Pendant celle-ci on maintient la tête de l’enfant en le penchant en avant; 1l faut le secourir moralement et physiquement pendant ce moment de grande anxiété. On peut aussi faciliter à la fin l'expulsion des glaires. :

Le nombre des quintes est noté chaque jour, une par une.

Enfin l'hygiène thérapeutique comporte l'isolement des broncho-pneumoniques ; il faut éviter d’ailleurs l’agglomération des coquelucheux dans une même salle, à l'hôpital, où la mortalité est plus grande. A défaut du traitement dans la famille, la maladie doit être soignée en box.

Traitement spécifique.— 1° Vaccinothérapie: — Déjà plusieurs auteurs, Arrie Bamberger('), Charles Nicolle et A. Conor(?), ont tenté la vaccinothé:-

rapie de la coqueluche. Ch. Nicolle et A. Conor, à Tunis, ont préparé

À. ARRIE BAMBERGER. The vaccine therapy of whooping-cough. American Journal of Diseases of Children, janvier 1915 et Arch. de méd. des enfants, 1915, p. 461.

2, Cu. NicoLLe et A. Conxor. Vaccinothérapie dans la coqueluche. C. R. Académie des Sciences, 1913, juin, et Semaine médicale, 1913, p. 308. — MATH. DE BIEHLER, avec le vaccin de Serkowski aurait obtenu sur 29 cas 19 guérisons et 9 améliorations ; d'autre part, E. GRAuAM a eu 17 améliorations sur 54 cas.

Fr RAY Se

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une culture de microbes de Bordet (fournis par lui-même) sur gélose-pomme de terre-sang ; au bout de 48 heures, la culture est émulsionnée dans l’eau physiologique et portée à 46° pendant 30 minutes, puis lavée et centrifugée à plusieurs reprises. « Le liquide vaccinal est dosé à une goutte de cette émulsion pour 2 c. c. d’eau physiologique (une goutte représente 400 millions environ de microbes). L'’inoculation pratiquée sous la peau du flanc était répétée tous les deux ou trois jours. » La guérison aurait été obtenue rapidement en trois à douze jours, après deux à cinq inoculations, dans 29 cas sur 104 observés; la guérison fut plus lente dans un deuxième tiers des cas; 1l y eut échec dans un dernier tiers. Ces résultats ne peuvent être considérés dès maintenant comme probants(!), la guérison n'ayant guère été obtenue qu'après la deuxième semaine. En Amérique, la vaccination n’a aussi donné que des résultats inconstants.

La vaccinothérapie a été également tentée à titre préventif, mais jusqu'ici sur un très petit nombre de sujets.

2 Sérothérapie. — R. Duthoilta communiqué à deux reprises les résultats qu'il a obtenus avec un sérum anticoquelucheux préparé par Bordet et Gengou et présenté en tubes de 10 c. ce. Il faisait l'injection à la peau du flanc. La première série(?) de cas traités par une seule injection de 10 c. c. (chez des enfants de trois mois à cinq ans) a été très heureuse : les quintes ont diminué d'intensité et de fréquence, l’expecloration a müûri rapidement et a été facilitée, la durée de la maladie a été abrégée.

Dans une seconde communication, portant sur 72 observations(5), R: Duthoit recommande d'injecter d'emblée des doses fortes (50 c. po même à de tout de Jeunes enfants, et de renouveler ces doses régulièrement jusqu’à sédation, tous les 4 ou 5 jours au maximum. Malgré quelques accidents sériques, qui n'avaient pas été observés avec l'injection unique, l'impression resté favorable. Mais de l'avis de Bordet lui-même le sérum est peu actif vis-à-vis du poison très irritant du microbe de la coqueluche. Enfin dans une troisième série (Acad. de Méd. de Belgique, juillet 1913), Duthoit compte 51 cas favorables sur 71 avec une seule injection de 10 à 30 c. c. avec diminution du nombre et de l’intensité des quintes et de la durée de la maladie, avec modification de l’expectoration.

Dans ses essais de sérothérapie, Klimenko (‘) ne vit les quintes disparaitre que de la 5° à la 9° semaine.

Somme toute, l'utilité du traitement spécifique ne s'impose pas encore en pratique.

1. L. LaGanxE. La vaccinothérapie anticoquelucheuse. Presse médicale, 1913, p. 606. — E. GRAHAM. Amer. Journ. Diseas. Childr., 1912. — SaAuUNDERS, JoNasoN, WuiTE, ZoriIoORSKkY. Pédiatrie, 1912. -— Rigapeau-Dumas. Les notions récemment acquises sur l’étiologie et le traitement de la coqueluche, Paris médical, 1918.

2. R. Duruotr. Sur le traitement sérothérapique de la coqueluche. Soc. roy. des sc. médicales et naturelles de Bruxelles, 1911, 5 juillet, et Presse médicale, 1919, p. 20, 6 janvier.

3. R. Durnoir. Soixante-douze cas de coqueluche traités par le sérum de Bordet- Gengou. Soc. roy. des sc. méd. et nat. de Bruxelles, 1912, 1* juillet, et Presse médicale, 1912, p. 690, 17 août.

4. W. N. KziMENKo. Le sérum anticoquelucheux et les résultats de son application. Centralbl. für Bakteriologie, 1910.

P. LonNpe.

Traitement accessoire ou SYMPIOMANQUE — Le traitement médicamenteux n’est qu’accessoire et l’on peut s’en passer.

La conduite la plus simple est la suivante. User au début, et à certains moments opportuns, de lipéca comme expectorant, de préférence au kermès, à la dose de 3 à 10 centigr. par jour en pastilles du Codex, à jeun. Donner 1 fois ou 2 par Jour une infusion balsamique (bourgeons de sapin ou eucalyptus), surtout au moment de la résolution. On prescrira au besom dans la journée la potion suivante :

Bénzoate de soude... "5 "uen RD SES AN PR OR RS PE — Eau distilée: 1. Dia PAC tai OU

2 cuillerées à café par joue à 1 an, 4 à 2 one les suivies d’une infusion de serpolet ou d'hysope.

Une atmosphère saturée de vapeurs d’eucalyptus est recommandable.:

Contre la violence des quintes, la belladone qui est restée le médicament classique ne sera donnée qu'avec précaution à l’aide du sirop suivant de Cadet de Gassicourt.

Sirop de: beHadone sis "st is et SES RER ' —", dé tolu.%, 7. ; AR me — Une cuillerée à café de ce Sirop (soit 1 95 de sirop de belladone) à 2 ans, en deux fois, en commençant par une demi- cuillerée,

Enfin, au déclin, la terpine en potion et le le soufre sublimé et lavé dans du miel peuvent être utilisés à la dose de 2 à 5 ou 10 centigr. dans le premier âge.

Traitement des complications. — Aussitôt que la température s'élève, la diète, puis la demi-diète est instituée: et, s’il y a lieu de craindre la broncho-pneumonte, on pratiquera le drap mouillé (sauf chez les tout petits) en cas d’invasion brusque et intense. Dans beaucoup de cas la sinapisation ou mieux les ventouses et la compresse thoracique suffiront. D’autres préfèrent les bains de 34° à 55° de 5 à 15 minutes. Les injections d'huile camphrée stérilisée, plutôt que les injections d’éther, rendent service dans les cas graves.

En cas de convulsion, la diète rigoureuse est nécessaire plusieurs jours.

On donnera un lavement légèrement glycériné ou on mettra un supposi-

toire glycériné. L’évacuation intestinale assurée, 1l faut laisser reposer l'enfant le plus longtemps possible et ne recourir au chloral (0,05 à 0,25 à un an) et au bromure de potassium (0,05 à 0,25 à un an) qu'en cas de récidive.. Le tilleul fort, infusé une 1/2 heure avec des fleurs ou des feuilles d'oranger, vaut mieux. La valériane est également utilisable. Les bains tièdes, prolongés 1/2 heure, sont indiqués parfois.

Le spasme de la FRNT a nécessité l'application du marteau de Mayor, les tractions rythmées de la langue et même la trachéotomie.

Dans tous les cas 1l faut veiller à ce que l’estomac ne soit pas distendu, tout en évitant le vomitif qui pourrait être dangereux (Labric). Au cours d’une coqueluche compliquée, le salicylate de soude comme anlithermique (0,10 à 0,50 à un an), le bichlorhydrate de quinine (0,05 à

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0,10 à un àn) comme tonique, le café comme stimulant peuvent trouver leur indication.

Pendant la convalescence, le sirop d’iodure de fer, les sirops 1odo-tanniques et de feuilles de noyer et surtout l’huile de foie de morue ou quelquefois l’arsenic (1/4 de milligramme d’arséniate de soude par année) seront presque toujours employés avec profit.

Les cures thermales pourront parachever la guérison après la cure d'air. : Les eaux sulfureuses des Pyrénées (Cauterets, Eaux-Bonnes, etc.), celles de Challes, d’Allevard sont indiquées contre les reliquats du catarrhe); à domicile on utilisera l’eau d'Enghien. La Bourboule de préférence au Mont- Dore s'adresse surtout à l’état général, par sa cure arsenicale, mais aussi à l’état local. Enfin les eaux salées de Salies-de-Béarn, Salins-du-Jura, etc., sont également bonnes pour les scrofuleux.

Médications diverses. — On a proposé de remplacer la belladone par le bromure de potassium (Variot), le chloral, l’antipyrine ou le bromoforme. Mais il s'agit de médicaments dépresseurs et le bromoforme est même dangereux. Néanmoins l’antipyrine, préconisée par Sonnenberg, par Legroux, peut se donner à la dose de 0,25 (à 1 an) dans de l’eau de Vichy ou de Vals additionnée de sirop de framboises. Le bromoforme, conseillé par Stepp, Fischer, Schippers et par Marfan, se prescrit à la dose de I à IV gouttes par année ou bien sous forme d’eau bromoformée ; interrompre en cas de somnolence, de troubles digestifs ou de bromides. Des empoisonnements ont été signalés [Brown-Darling, Oberdorfer|.

Barth, Damaschino, J. Simon usaient fréquemment de la teinture de drosera ([ goutte par mois) et même à fortes doses. Le teinture de grindelia robusta est utilisée, associée ou non à la teinture de lobelia inflata, l’une et l’autre à la dose de X gouttes par année.

L'opium et la morphine, la codéime ont été conseillés, même en injeclions sous-cutaänées [Triboulet}. Aujourd’hui, Triboulet n’utilisé guère la morphine qu'au déclin, et surtout quand il pense n'avoir plus à faire qu’au tic coqueluchoïde. |

Un grand nombre de médicaments ont été également préconisés contre le catarrhe ou l'infection. Nous citerons l’oxymel scillitique (Comby, Netter de Nancy) : 1 c. c. par année ; — le gui, le seigle ergoté; la cochenille; l’alun ; l’iodure d'argent; l’ammoniaque liquide; l'acide chlorhydrique; l'acide nitrique; la bryone; la myrrhe; la teinture d’iode; — l’ichtyol; le gaïacol; le goménol; et. dernièrement le fluoroforme (Tissier et Mathilde de Biehler), sous forme d’eau fluoroformée, saturée, insipide et inodore (contenant 2,80 pour 100), à la dose moyenne de X gouttes 3 fois par jour,

à 1 an, XX gouttes à 2 ans, etc. ('); le chlorhydrate de phénocolle (Mar-

Uinez Vargas et Cazal), à la dose de 0,50 à 2 grammes.

Enfin Forster, Labric et Barbillion ont conseillé les badigeonnages de la

: on à vanté la résorcine et des insuf-

AR gorge et du nez à la cocaïne (5 à

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