ET
1. TissiER. J. de méd..et de chir. prat., 1908. Doses maxima : 5 grammes, soit C gouttes, à 1 an, 10 grammes à 2 ans, etc. (V. Bull. gén. de Chir. Traité de la coq. par les dérivés halogénés du formène).
P.' Lonpe.
flations nasales (Moizard et Cartaz) de poudres diverses; on a essayé/la cau- Lérisation laryngée au nitrate d'argent. EL que de procédés divers nous passons sous silence, depuis le massage de l'estomac (Hæœnck) jusqu'à la ponction lombaire, depuis le sérum antidiphtérique (Crioli, Gilbert de Genève), jusqu'à la vaccination, l’opothérapie surrénale (G. Zanoni), jusqu’au traitement par le lait d'animaux Imjectés avec du sérum antitétanique ! :
De toutes ces médications il faut, jusqu’à plus ample informé, retenir le moins possible. Leur multiplicité est la preuve même de leur inutilité. La médication antipasmodique elle-même, inutile dans les cas bénins, est souvent contre-indiquée dans les cas graves. Hygiène, Diététique et Révulsion : telle est la triade RATS RUE qu'il faut invoquer à chaque instant el qui ne trompe pas la foi qui s’y confie.
Par P.-J. TEISSIER et Ch. ESMEIN
Professeur de Clinique des maladies contagieuses Médecin des Hôpitaux de Paris. à la Faculté de Paris.
Membre de {’Acaïémie de Médecine.
On donne le nom d’Oreillons ou encore de fièvre ourlienne à une maladie énérale, contagieuse et épidémique, remarquable par son affinité toute péciale à l'égard de certains parenchymes glandulaires, au premier rang desquels se placent les glandes salivaires et la glande testiculaire.
Bien que la nature du germe des Oreillons soit encore contestée, en
dépit des recherches dont il fut l'objet, 1l s'agit d’une maladie microbienne ayant un caractère spécifique.
œ le) S
Historique. — La déformation de la face, signe le plus apparent des Oreillons, a attiré l'attention des observateurs dès les premiers âges de la médecine et bien avant que fussent connues les fièvres éruptives.
La maladie de l'Ile de Thasos, décrite par Hippocrate qui précisa, avec une concision remarquable, les symptômes caractéristiques de cette maladie, correspond aux Oreillons. Cette épidémie fut assez légère pour qu'Hippocrate ait ainsi expliqué « que les Thasiens ne vinrent pas chercher secours dans l’officine du médecin ». Hippocrate a soin de distinguer cette tuméfaction de la région latérale du cou qui ne suppure pas, des autres tuméfactions. C'est là d’ailleurs un caractère distinctif sur lequel Celse insistera avec la plupart des médecins de l'antiquité grecque et romaine.
Puis, c’est une période de long silence qui va jusqu'en 1567 où Forestus reprend l'étude d'une maladie qui rappelle les Oreillons, que Borsieri rapproche des fièvres éruptives et dont sans doute, parce qu'elle est le plus souvent bénigne, l'étude reste négligée.
Après les descriptions d'A. Paré et quelques observations clairsemées il faudra arriver aux études épidémiologiques plus complètes du xvin® et du xixe siècle pour que la localisation des oreillons se précise. Jusque-là on na pas déterminé si le gonflement de la face répond à une localisation parolidienne; il n’est pas rare même en l’année 1800 de trouver quelques auteurs qui confondent les Oreillons avec certaines otites ou des adénopathies cervicales.
De 1714 à 1859 toutes les épidémies qui eurent lieu ont été étudiées par
[. Pays de langue française : Ourles, Parotidite épidémique; pays de langue anglaise : Mumps: pays de langue italienne : Orecchioni; pays de langue allemande : Bauerwetzel ou Ziegenpeter.
P.-J. Terssier et G. EsMEix.
Hirsch; leur histoire très complète s’est augmentée de l'étude des épidémies
apparues de’1859 à 1880. C'est grâce aux travaux concernant l'épidémie d'Écosse (Hamilton), de Lyon (Ozanam), de Genève (Rülliet), de lle d'Oléron (Bussart), du duché de Holstein (Luhé, 1876) que s’édifiera peu à peu
l'histoire clinique et étiologique de la fièvre ourlienne; puis ce seront les
recherches intéressantes de Resseguier, de Sauvages, de Trousseau, de Murat, de Franck, de Grisolle, etc. qui la compléteront en même temps que se feront jour les premiers aperçus sur la nature de cette maladie.
Dans cette bibliographie qui s'enrichit ainsi rapidement, tiennent la pre-
mière place les travaux des médecins militaires français qui, notamment
dans la période contemporaine ou troisième période, vont s’efforcerde pénétrer la nature exacte des Oreillons et d’en isoler le germe.
Longtemps, les Oreillons furent considérés comme le type de l'affection locale, de la maladie a frigore (Niemeyer). Les recherches de Laveran et Catrin, de d’Heilly, de Comby et Richardière, de Legroux et d'Hudelo, d’autres que nous rappellerons à mesure, ont contribué à déterminer l'étio-
logie des Oreillons et à mieux connaître certaines de ses mamifestations ou
de ses complications.
DESCRIPTION CLINIQUE
Période d’incubation. — L'incubation des Oreillons est remarquable par sa longueur, tout en variant dans des limites qui témoignent à quel point la précision de sa durée est, comme toujours, difficile à obtenir. Des études de
Lombart et Rilliet concernant l'épidémie de Genève, de Kelsch, de Merklen,
il semble résulter que les conclusions d'Anthony, d’après lesquelles la durée
moyenne d'incubation serait de 18 à 22 jours, soient les plus voisines de 18:
vérité. Toutefois, cette durée peut se réduire à 8 jours ou dépasser 25 jours,
la virulence variable du germe comme les conditions différentes de réceptivilé organique pouvant expliquer ces écarts. Cette période d’incubation est silencieuse, tout au plus peut-on admettre que vers la fin de cette période apparaissent quelques malaises, symptômes prodromiques de la période
d'invasion.
Nous venons de dire, en définissant les Oreillons, que leur caractéristique était de se localiser électivement sur les glandes salivaires et aussi sur le
testicule. Mais de nombreux parenchymes glandulaires, plus ou moins rapprochés des glandes salivaires (ovaires, glande mammaire, glandes lacrymales, pancréas, corps thyroïde), peuvent être le siège d'une détermination ourlienne; dans les formes sévères de la maladie, l'engorgement du tissu conjonctif, des amygdales, de la rate ont E être observés , qui semblent relever également du virus ourlien. |
Noubre de tissus ou d'organes (séreuses viscérales ou articulaires, appa-
reil respiratoire, système nerveux central ou périphérique, méninges, organes des sens) peuvent être également intéressés sans qu'il soit possible de éerinee si la cause est le virus ourlien ou un agent d'infection secon-
Et
DESCRIPTION CLINIQUE. Fasc. II. — 469
daire. Quoi qu'il en soit, la possibilité de ces déterminations si multiples et $i différentes permet de comprendre qué le tableau clinique des oreillons puisse répondre à des types fort dissemblables et qu’en dehors des formes anormales ou compliquées, les formes simplement sévères puissent différer cliniquement dans des limites importantes des formes communes dont le caractère est habituellement bénin.
- Forme commune simple. — La forme simple à localisation exclusive sur les glandes salivaires est celle qui s’observe le plus souvent, notamment chez l'enfant, pour qui elle est la règle, aussi chez l'adulte où elle est également fréquente. C’est la forme la plus habituelle, celle qu'il est logique de décrire avant toutes les autres.
Le début est plus généralement progressif que brusque. Pendant quelques heures (de 12 à 56 heures) apparaissent quelques légers prodromes : fièvre modérée, troubles digestifs, sensation de fatigue avec douleurs musculaires et articulaires.
Parfois une épistaxis ouvre la scène, ou bien une syncope, ou encore des troubles auriculaires, des vomissements; plus rarement un frisson unique.
L'examen de la bouche à ce moment permet de constater une rougeur diffuse de la muqueuse pharyngée, véritable état angineux. Fièvre et angine sont en effet les signes les plus précoces et les plus nets.
Tous les symptômes peuvent être à ce point légers qu’ils passent inapercus, el le premier phénomène en date, plus exactement les premiers phénomènes sont la douleur el la fluxion de la région parotidienne.
C'est la fluxion de l’une ou des deux glandes parotides qui va être le symptôme dominant de la période d'état; c’est de cette localisation que procèdent la plupart des signes physiques ou fOAGLONNEIS dont l'analyse doit être minutieusement pours uivie.
La douleur, au niveau de la glande enflammée, est constante; elle peut se manifester spontanément dans toute la région, avec des points particuliers d'élection, et à des degrés très différents selon les individus.
Réduite à son minimum, elle s'affirme par une sensation de raideur ou de tension plus ou moins marquées, qui provoque une gêne supportable ou désagréable. Violente, elle s’irradie dans le cou; elle peut mettre obstacle au sommeil, rendre la parole indistincte, l’ouverture de la bouche difficile ou même impossible (Lout effort en vue de provoquer cette ouverture pouvant être inefficace el même s'accompagner de trismus) et la mastication particulièrement pénible.
Chaque mouvement de la région parotidienne, en rapport avec l’un de ces actes, provoque l’exagération de -cette douleur. H en est de même de la pression exercée au niveau de l'articulation temporo-maxillaire, au niveau ou en avant de la glande parotide, de l’apophyse mastoïde. On a signalé des douleurs cervicales ou scapulaires.
Conséquence directe de la tuméfaction parotidienne, la douleur débute avec elle, anticipe quelquefois, et s’exagère avec les progrès de la tuméfaction, diminuant le plus généralement avec sa régression.
Il est cependant des cas, où, même avec une tuméfaction marquée, la pa-
P.-J. Trissier et G. Esmeix.
rotide est peu douloureuse spontanément et à peine {sensible à la pression.
La fluxion de la glande débute dans le sillon rétro-maxillaire, qu'elle comble plus ou moins complètement. Tout peut se borner là dans la forme la plus légère, et il est des circonstances où il est difficile d'affirmer lexistence d’une tuméfaction. Le plus habituellement l’augmentation de volume est plus prononcée et s'étend autour du sillon; d’autres fois cette extension ; se fait en tous sens, tous les tissus autour de la parotide paraissant intéressés, et les dimensions de la région se prononçant au point d'élargir ridiculement la joue (!).
Il s'agit en pareil cas d’une véritable tumeur pouvant s'étendre de Particulation temporo-maxillaire jusqu’à l’angle inférieur de la branche montante du maxillaire, soulevant le pavillon de l'oreille, gagnant la région massétérine, la région temporale et les paupières qui s'œdématient, parfois aussi les faces latérales du cou: ce qui‘rend la physionomie méconnaissable et monstrueuse lorsque la fluxion intéresse les deux parotides.
Rilliet a établi des distinctions dans les divers degrés de cette tuméfaction, considérant que la forme est fruste quand celle-ci est à peine visible. Exception faite des tuméfactions énormes, on ne saurait établir de corrélation entre la gravité de la maladie et le degré de déformation de la région.
La peau qui recouvre la tumeur parotidienne est lisse, tendue, luisante. Elle garde, dans la majorité des cas, une teinte voisine de la normale: parfois elle prend, même en dehors de toute intervention médicamenteuse locale, une teinte rouge qui pourrait faire croire au premier abord au développement d’un abcès ou d’un érysipèle.
La palpation de la région parotidienne donne la sensation d’une résistance élastique, en général uniforme, mais où se peuvent sentir la série des bosselures qui marquent la surface’de la glande. As
La fluxion atteint son acuité en deux à six Jours; puis la régression se produit, souvent rapide (une semaine environ), quand la tuméfaction à été modérée, parfois très rapide (3 ou # jours), ou au contraire très lente (5 ou 4 semaines) et avec des alternatives possibles de reprise et de régression. Les deux parotides sont généralement prises successivement. Si lopinion exprimée par Bouchut « que les Ourles n'ont pas de singuber » est quelque peu excessive, elle reste sensiblement vraïe. Il est rare que simultanément, ou comme il est de règle peu après la fluxion de la première parotide, l’autre ne se prenne pas. Celte seconde fluxion peut être aussi volumineuse que la première. |
D'autres manifestations peuvent apparaître en même temps que se déve: loppe la tuméfaction parotidienne : tout d’abord la participation des ganglions sous-maxillaires, sterno-mastoïdiens, pré-auriculaires qui augmentent de volume et deviennent douloureux: :
La fluxion des glandes sous-maxillaires qu'il convient de différencier des adénopathies sous-maxillaires, celle plus rare et plus dificile à reconnaître de la glande sub-linguale peuvent s'associer à la fluxion parotidienne et pro-
1. L'un de nous a signalé le volume réellement extraordinaire que peut prendre la parotidite ourlienne chez les soldats noirs du Soudan, lors d’une épidémie qu'il fut à même de suivre durant la guerre.
Le
DESCRIPTION CLINIQUE. Fasc. II. — 471
longer el accentuer la déformation de la face. L'une et l’autre existent parfois 1solément (Oreillons sous-mazxillaires, Oreillons de la sub-linguale). Les glandes lacrymales peuvent participer à la fluxion ourlienne (d'Heïlly).
L'examen de la cavité buccale permet de relever un certain nombre de signes. Guéneau de Mussy à insisté sur la stomatite; mais c'est l’angine qui apparaît tout d’abord, puis la turgescence et la rougeur plus vive signalées par Trousseau de l’orifice du canal de Sténon. |
Le canal de Sténon lui-même paraît plus saillant et comme légèrement induré. Le cathétérisme de ce canal, qui à permis à Lombart de constater
Premier Stade. Second Stade.
Fig./1.
Premier Stade : Nombreux polynucléaires, cellules fusiformes en petite quantité. Trois cellules épithéliales pavimenteuses de la muqueuse buccale. — Second Stade: Rares éléments polynucléaires et lymphocytiques. Cellules fusiformes en grande abondance, isolées ou par groupe. Un peu au dessous du centre de la préparation un autre groupe de cellules glandulaires propres (cellules en urne ou en cupule) quelques cellules épithéliales pavimenteuses de la muqueuse buccale. (D’après J.-A. Sicard et Ch. Dopter.)
que la salive ne présentait aucune modification chimique, témoigne de lirrilation inflammatoire dont celui-ci est le siège. Sicard et Dopter pratliquant l'examen cytologique de la salive retirée par la sonde ont constaté la présence de leucocytes polynucléaires et mononucléaires, de cellules parotidiennes et de cellules des canaux excréteurs. La salive, qui au début à pu être abondante et s'écouler spontanément de la bouche pendant le sommeil, devient habituellement à cette période, rare, épaisse et de réaction acide.
Comby a signalé des cas où l’angine et la stomatite prennent le caractère érythémato-pullacé, et sont par conséquent plus intenses.
La fluxion parotidienne accomplit parfois, comme nous le verrons, toute son évolution sans être accompagnée d'un syndrome général. Dans la forme que nous envisageons, ce syndrome existe à un degré modéré.
P.-J. Teissrer et G. ESMEIN.
Les descriptions classiques se bornent en général à dire quil existe un léger mouvement fébrile, de la courbature, quelques troubles digestifs, le tout pouvant cesser rapidement dans un délai de 2 à 5 jours pour reparaître passagèrement dès que la seconde parotide se prend ou que la fluxion s'étend
aux autres glandes salivaires; cet ensemble symptomatique plutôt discret, témoignant du peu de répercussion que le développement de la forme commune de la parotidite ourlienne semblait exercer sur l'organisme:
De fait, l'examen des urines, l'exploration des divers viscères restent négatifs ; le foie, la rate gardent leur volume normal : la pression artérielle n'est que très légèrement abaissée ; quant à la fréquence du rythme cardiaque ül était de règle de dire qu'elle était corrélative de l'élévation thermique: Et cependant on devait s'apercevoir que la fluxion ourlienne est bien, même
| sous sa forme la plus simple, une maladie générale et:qu'il convenait EEE d'ajouter quelques symptômes nouveaux au syndrome général dont nous venons de parler.
L'examen du sang allait montrer notamment que la formule leucocytaire est nettement modifiée et s'affirme par la prédominance des éléments mononucléaires. Par aïlleurs l'attention devait être attirée sur l'existence fréquente d’une cé-.
Fig. 2. — Courbes du pouls, de la tempéra- phalée sans doute passagère, mais
ture et de la pression artérielle dans un pouvant s'associer à un certain
cas d'Oreillons. : degré de raideur douloureuse de
la nuque, raideur également éphé-
| mère, Ainsiseretrouvaientles signes
d’une faible réaction méningée que la ponction lombaire confirmait en
donnant une formule cytologique du culot de centrifugation du liquide . céphalo-rachidien similaire de la formule leucocytaire du sang. Puis ce fut
la constatation de la bradycardie.
Nous analyserons plus loin ces divers symptômes. S'il nous paraît utile de les signaler dès à présent, c'est qu'on les peut observer dans la forme que nous venons d'envisager, bien qu'ils soient beaucoup plus marqués dans les formes intenses d’'Oreillons.
Les travaux de R. Monod, de Chauffard et Boidin, de Dopter, de Nobe- … court et Brelet, les recherches que l’un de nous a poursuivies avec ses élèves IT. Schæffer et G. CI. Roux ont contribué à faire connaître la fréquence de ces réactions méningées, frustes, transitoires, comme celle de la bradycardie, et la valeur de leur signification clinique.
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