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cides, plates el élalées, souvent jaunâtres, humides, crémeuses, un pe molles, à contours moins réguliers que celles du B. diphtérique, souvent ovales, allongées suivant l'axe du tube: elles sont un peu plus lentes à s6 développer. En bouillon, le B. d'Hofmann ne donne pas de voile, mais une collerette épaisse, adhérente à la paroi. Sur gélatine, sa culture est moins maigre que celle du B. diphtérique.

Fait capital, le B. d'IHofmann ne fait fermenter aucun sucre. De plus, c’est un aérobre stricl, caractère différentiel de ‘premier ordre pour son identification. Ensemencé en gélose profonde de Veillon, ses colonies ne se développent que dans la zone d’aérobiose, c’est-à-dire dans le premier centimètre du milieu: elles sont plus volumineuses et plus nombreuses au voisinage de la surface libre. Au bout d’une huitaine de jours, à la température du laboratoire, on note un développement exubérant des colonies voisines de l'air qui envahissent toute la surface libre de la ‘gélose, formant une couche épaisse el crémeuse.

À l'inverse du B. diphtérique, le B. d'Hofmann ne provoque pas l'hémolyse des globules rouges qu’on ajoute au bouillon de culture (Schwoner!, Costa et Troisier). Nous ne reviendrons pas ici sur les caractères immunélogiques différentiels du B. d'Hofmann déjà mis en parallèle avec ceux du B. diphtérique. (V. p. 506.)

Le B. d'Hofmann est dénué de virulence pour les animaux de laboratoire ; toutefois l'injection de grosses doses de culture peut produire un léger œdème local. Spronck avait cru pouvoir différencier par l'injection préventive de sérum le B. d’'Hofmann des races peu virulentes de B. diphtérique qui déterminent le même phénomène; cette épreuve, à l'usage, s’est montrée très infidèle. Inoculé dans le derme, le B. d'Hofmann ne provoque aucune réaction consécutive. L'épreuve de la virulence n'est malheureusement pas suffisante pour distinguer le B. d'Hofmann du B. diphtérique, puisque ce dernier peut ètre, lui aussi, avirulent; elle n’a de valeur que si elle est positive.

Enfin, le B. d'Hofmann ne produit pas de toxine, et l'injection de ses cullures n'immunise pas les animaux contre le B. diphtérique.

Le Corynebacterium cutis commune. — (Cette corynebactérie, qui est le Bacterium cutis commune de Ch. Nicolle et qui est très analogue, sinon identique, au B. xerosis de Kuschbert et Neisser, est un saprophyte exceptionnellement rencontré dans la gorge, (0.13 p. 100 des examens, Costa et Troisier), mais très commun sur la conjonctive, sur la peau et dans les fosses nasales; 1l constitue une source erreurs bactériologiques fréquentes dans les affections de ces divers organes, car il est bien plus voïsin du B. diphtérique que ne Fest le B. d'Hofmann. Aucun de ses caractères morphologiques, forme, longueur, apparence segmentée, corpuscules polaires, aspect des colonies sur sérum ou sur gélatine, ne permet de le distinguer du B. diphtérique. Il pousse cependant un peu plus lentement sur sérum, ne donne pas de voile en bouillon et ne fait fermenter le glycose que de façon inconstante. Le meilleur caractère différentiel est fourni par l'épreuve des fermentations sucrées; le B. cutlis commune attaque le saccharose sur lequel le B. diphtérique, en règle générale, n’a pas d'action.

SC ANVIRAGNET. B= Weirrc-Harté et. P.-L: MARIE.

En gélose profonde de Veillon, il se comporte en général comme un aérobie

strict, cependant des études en cours sur les diphtérimorphes nous ont montré que ce caractère n'élait pas absolu, en particulier pour les bacilles isolés des plaies de guerre et de l’urèthre. L'étude du B. cutis commune n'est encore qu'ébauchée et il est possible que sous ce nom aient été décrites des espèces différentes de diphtérimorphes. |

Ce bacille ne provoque pas avant le cinquième jour l'hémolyse des globules rouges ajoutés au bouïllon (Costa et Troisier). Enfin, il est dépourvu de toute virulence pour les animaux et de tout pouvoir toxigène.

Les associations microbiennes dans la diphtérie. — Lorsqu on ‘examine les frottis d’une gorge diphtérique, on voit, à côté du B. de Lôffier, de nombreux microorganismes différents, streptocoques, pneumocoques; staphylocoques, leptothrix, etc. De même, malgré l'emploi d’un milieu éleetif,

il est rare que la culture obtenue soit pure ; lorsqu'on ensemence sur gélose

ordinaire, on voit souvent dans les angines diphtériques les plus simples,

les bacilles étouffés par Fabondance des colonies d’autres microbes, strep-

tocoques et staphylocoques en particulier, moins souvent pneumo-bacilles, pneumocoques, B. proteus, B. coli, B. pyocyaneus. : Dans bien des cas, ces germes semblent rester sans influence sur l'aspect clinique de la diphtérie. Dans d’autres, au contraire, ils interviennent activement dans l’évolution de la maladie; on dit alors qu'il y a association microbienne. Certains auteurs, leur attribuant un rôle plus grand encore, ont même voulu faire dépendre la malignité de la diphtérie de leur présence. Parmi ces germes associés, le plus fréquent'et le plus redoutable, en raison de sa tendance envahissante, est le streptocoque. Il pénètre dans la profondeur de la fausse membrane et dans les tissus sous-jacents, arrivant jusque dans les ganglions ou dans les vaisseaux sanguins et peut ainsi infecter tout l'organisme, déterminant une septicémie ou des localisations viscérales suppurées. Plus rarement, c’est le staphylocoque ou lentérocoque duquel on peut rapprocher le diplococcus haemophilus de Deguy et Legros, qui sont en cause. Parfois encore ce sont des anaérobies qui interviennent dans les processus gangreneux surajoutés à l’angine. On a incriminé encore d’autres germes, le coccus Brisou, dont l'association serait un facteur de bénignité, le pneumocoque, le B. coli, dont le rôle est très discutable. Quelles sont donc les conditions qui doivent être réalisées pour que se manifeste le rôle pathogène de ces germes? C'est là, à vrai dire, le point le plus obscur qui subsiste dans la bactériologie de la diphtérie. Nous ne

pensons pas que, comme on l’a soutenu, la simple quantité de ces bactéries

suffise à expliquer leur action agressive. Trop souvent, nous isolons des myriades de streptocoques d’angines qui restent bénignes. Faut:l done, hypothèse séduisante, accuser une virulence spéciale de l'agent associé au bacille, qui est presque toujours le streptocoque? En l'état rudimentaire actuel de nos connaissances sur ce microbe, et en particulier sur l'évaluation de sa virulence, le problème reste insoluble. Ne faut-il pas penser

plutôt que, dans cette association, c’est surtout le B. diphtérique qui joue 5 le rôle primordial, grâce à sa toxicité et à sa virulence, et que les défenses

de l'organisme se trouvant amoindries, les divers streptocoques saprophytes

DRE re TS te

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de la bouche, à la faveur de la profonde nécrose produite par la toxine qui anéantit le rempart protecteur des leucocytes, trouvent des conditions propices pour se répandre dans l’économie et y pulluler? Le processus, ainsi compris, serait analogue à celui qui se rencontre dans la rougeole, la grippe, la scarlatine, où la sidération des défenses de l'organisme, causée par le virus inconnu de ces maladies, permet aux streptocoques et aux staphylocoques de la bouche d’envahir le poumon et la circulation générale, el d'exercer une action pathogène pour leur propre compte.

Le rôle respectif du B. de Lôffler et du streptocoque dans la gravité de la diphtérie a été l’objet de nombreuses controverses. Comme le streptocoque se rencontre très fréquemment dans les'angines malignes, certains auteurs, particulièrement Barbier, Sevestre et L. Martin, l'ont incriminé comme agent de la malignité et ont considéré que l’association est la cause primitive et principale de la. malignité de certaines diphtéries. Ils ont décrit sous le nom de diphtérie associée ou de strepto-diphtérie; en leur assignant une physionomie clinique particulière, les cas où l’on trouve cette associa- Uon. À l'appui de leur thèse, ils ont d’abord invoqué la présence en pareil cas de streptocoques dans la profondeur des. fausses membranes et des Lissus, ainsi que dans le sang, puis certaines expériences, telles que celles de Roux et Yersin, qui montrent que l’adjonction de streptocoques virulents au B. diphtérique est capable, tout au moins chez le cobaye, d'accroître la virulence d'un B. diphtérique presque avirulent et celles de Bernheim et de Hilbert qui ont constaté in vitro l'influence favorable des streptocoques sur la culture et'le pouvoir toxigène du B. diphtérique. La présence du streptocoque favoriserait encore la diffusion du B. de Lôüffler dans l’orga-

nisme chez l'animal d'expérience (Métin) et chez le malade (Barbier et Tollemer), d’où l'apparition de foyers profonds d'intoxication diphtérique aggravant la maladie.

Marfan s’est élevé contre cette conceplion au nom de la clinique, qui ne montre pas de différences fondamentales entre la diphtérie maligne avec streptococcie et la diphtérie maligne sans association, et au nom de la bactériologie, l’angine présentant tous les attributs de la malignité pouvant exister sans seplicémie streptococcique, et certaines complications d’origine streptococcique pouvant s’observer d’ailleurs dans des angines de forme commune. Ne voyons-nous pas, d'autre part, les angines à streplocoques, même les plus graves, affecter une allure toute différente de celle de la diphtérie associée à la streptococcie? D’après Marfan, l'association représente donc un fait secondaire et accessoire, conséquence de l’hyperintoxicallon, qui est le phénomène primitif et essentiel. C'est à cette opinion que nous nous rangeons, car elle cadre bien avec nos propres observations.

Ce n'est pas que l'association ne puisse Jouer un rôle, et un rôle imporant dans la diphtérie,’et surtout dans la diphtérie maligne. En premier lieu, le streptocoque ou l’entérocoque sont.les agents de certaines complica- Uons qui n'apparliennent pas d’ailleurs exclusivement à la diphtérie maligne, comme les adénites et les otites suppurées, la broncho-pneumonie,

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