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REPRISES DE LA SCARLATINE

La Scarlatine, comme les autres fièvres éruptives, confère l’immunité.

Cependant il est possible d'observer à des moments plus ou moins proches

REPRISES DE LA SCARLATINE. Fasc. II. — 65

ou éloignés de la Scarlatine première, des Scarlatines secondes qui peuvent être rangées sous les vocables divers de rértérations, rechutes, récidives.

Les réitérations et rechutes sont à rapprocher les unes des autres. Pendant la convalescence de la Scarlatine et à une époque plus ou moins éloignée de l'éruption primitive, des cas d’éruptions scarlatiniformes avec fièvre et signes bucco-pharyngés ont été signalés. Les mêmes phénomènes peuvent se rencontrer au 50° ou 70e jour. Il semble que ces faits soient plus fréquents chez les enfants, s’observent même pour certaines épidémies où la Scarlatine est bénigne et soient plus particuliers aux collectivités; aux agglomérations de malades scarlatineux. Les symptômes sont ceux de la première atteinte, se succédant dans le même ordre, mais le plus souvent sous une forme atténuée. Thomas, Henoch, Popischill ont publié des faits de ce genre, nous en avons observé assez fréquemment pour notre part, où la réilération a eu lieu 22 jours, 35 jours ou exactement 40 jours après l'atteinte première. Thomas et Henoch ont insisté sur le caractère familial de certaines rechutes. Clermont, Rouché, Sorel, ont rapporté des exemples analogues où le cycle évolutif de la längue réapparaissait au complet. Ils s'appuient d’ailleurs sur l'existence des signes bucco-pharyngés pour affirmer qu'il s’agit d’une nouvelle poussée scarlatineuse.

Nous avons déjà vu que Lesage considérait que tant que l’énanthème persistait, des éruptions scarlatineuses pouvaient se produire qui résultaient de la persistance du foyer infectieux. C’est à ces cas que doit être réservé le terme de « réitéralion », le mot « rechute » s'appliquant aux poussées qui apparaissent près de la fin de la première Scarlatine. Le plus souvent, la rechute est bénigne et légère bien qu'Eisenmann et Steffer aient observé surtout des cas mortels.

Les « récidives » s'entendent des cas où après un temps prolongé, plusieurs années par exemple, une nouvelle Scarlatine survient. [l nous arrive en interrogeant les malades scarlatineux à l'hôpital Claude-Bernard, de retrouver dans leurs commémoratifs une Scarlatine antérieure; sans doute, il est de ces malades pour lesquels on peut légitimement se demander si la première atteinte répondait bien à une Scarlatine vraie. Mais il est des récidives hors de tout conteste; il est possible alors que la première alteinte n'ait pas conféré l’immunilé vis-à-vis d’une infection nouvelle et l'un de nous a insisté sur la possibilité de ces réinfections à l'hôpital, lorsqu'un scarlatineux convalescent est couché, par exemple, près du lit d’un scarlatineux entré récemment et en pleine évolution de maladie. Cette hypothèse nous paraît plus logique que celle qui consiste à invoquer la persistance du virus scarlatineux initial (Senator, Henoch), persistance qui, acceptable pour les rechutes et les réitérations, ne l’est guère pour les récidives. Quant à nier l’existence des réitérations, rechutes ou récidives pour n'y voir que des érythèmes infectieux secondaires, c’est Ià un point sur lequel, on pourra toujours discuter tant qu'on ignorera le virus scarlatin. Il reste que les réitérations, rechutes et récidives de la Scarlatine sont possibles comme celles de la Fièvre typhoïde quoique dans une proportion moindre. | |

P.-J. Trissrer et M. Duvoir.

Ho dar SCARLATINE.

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