ASSOCIATIONS PATHOLOGIQUES
Elles sont multiples et intéressantes par les considérations pathogéniques el les discussions pronostiques auxquelles elles prêtent.
Il est une de ces associations qui est particulièrement fréquente et que nous avons déjà étudiée; c’est avec la Diphtérie. |
Il y a dans les centres piles une infection qui est A inoculée : c'est la Vaccine (‘). Celle-ci qui peut être inoculée le lendemain de l’arrivée dans le service hospitalier, pir suite à une date plus ou moins rapprochée ou éloignée du début de la Scarlatine, évolue en général alors qué l’exanthème a disparu; elle donne lieu à une poussée fébrile. Or, il semble que sur la peau atteinte de l’exanthème ou par le, fait de la Scarlatine elle-même, l’éruption vaccinale prenne une intensité vraiment anormale (?). |
Il y a une troisième association à propos de laquelle nous aurons à disculer au chapitre de l’étiologie pour montrer son influence primordiale dans la Scarlatine : c'est l'infection streptococcique. Nous l’envisagerons ici seulement pour l’Érysipèle. Roger, Cippiani, Milhit, Mlle Vasseur ont signalé des faits d'Érysipèle survenant au cours de la Scarlatine. Dans tous les cas qu'il nous a été donné d'observer la cause de la contagion à pu être retrouvée. On peut en réalité s'étonner que dans une maladie où les lésions d’origine streptococcique sont habituelles, l’érysipèle ne soit pas plus fréquent ().
La Scarlatine semble plus indifférente que la Rougeole à l'égard de la grossesse. Dans une statistique de Roger, sur 8 femmes scarlatineuses enceintes, une seule fois l'accouchement a eu lieu prématurément à 8 mois. La Scarlatine n’entraîne donc pas l’avortement aussi souvent que la Rougeole. |
La mère atteinte de Scarlatine peut allaiter son enfant, ce qui fut établi par Le Gendre et Roger, Dufour, Martin; il est exceptionnel que le nourrisson prenne la maladie.
Reste la question de la Scarlatine puerpérale. ant l'ère de l'antisepsie, il survenait dans les Maternités des épidémies de Scarlatine qui décimaient les accouchées. On donnait de ces Scarlatines, une description qui différait un peu de celle de la maladie normale : on parlait de rougeur des yeux et de larmoiement qui pouvaient faire croire au catarrhe précurseur de la Rougeole et l’on insistait surtout sur ce que l’angine et la tuméfaction des ganglions sous-maxillaires faisaient défaut ou étaient très peu marquées. La mort était une Lerminaison fréquente, survenant dans le coma précédé ou non
4. Voir la planche en couleurs concernant les réactions vaccinales.
2, L’un de nous a insisté sur ces faits. Certaines observations semblent laisser supposer que Vaction de la Scarlatine ne se borne pas à favoriser l’éruption, mais peut influencer l’immunité vaccinale. Des recherches expérimentales commencées à cet égard avant la guerre et interrompues ont été poursuivies à l'hopital Claude- Bernard par M° Dermer (Thèse de Paris, 1921). Très démonstratives au point de vue clinique et conformes à nos premières observations, elles n’ont pu, sur le terrain expérimental, donner une solution précise concernantle problème de l’immunité vaccinale.
5. M. Jénor. De l’Érysipèle au cours de la Scarlatine (travail de la Clinique des maladies infectieuses). Thèse de Paris, 1920.
ASSOCIATIONS PATHOLOGIQUES. Fasc. II. — 69
d’agitation et de délire; les complications rénales et surtout les complications articulaires étaient fréquentes. En cas de guérison, la convalescence était particulièrement lente. On admettait que l'infection se faisait pendant l'accouchement ou.immédiatement après et par voie génitale.
La nature de cette Scarlatine puerpérale a donné lieu à de nombreuses discussions, les uns en faisant une Scarlatine véritable ; les autres, depuis Hehn (1840) considérant qu’il s’agit d’une simple variété de fièvre puerpérale.
On ne saurait, à notre avis, expliquer les faits d’une façon univoque, car à côté des Scarlatines normales des accouchées et des Scarlatines modifiées par l'état puerpéral, il existe sans ‘aucun doute des érythèmes scarlatiniformes dus à la septicémie puerpérale (!).
L'association de la Scarlatine avec la Rougeole est difficile à éviter dans les hôpitaux où l'isolement individuel n’est pas pratiqué; elle peut d’ailleurs résulter d’une infection simultanée. La Rougeole post-scarlatineuse est en général grave : sur 410 cas recensés par Gouget, il y eut 135 morts, soit une proportion de 32,69 pour 100; la Scarlatine semble donc aggraver la Rougeole. Cependant des distinctions sont à faire. Si la Rougeole précède la Scarlatine, cette dernière semble le plus habituellement évoluer normalement bien que Heubner, Dœbert admettent que la Scarlatine puisse être plus grave. Il semble que l’exanthème de la Rougeole puisse accentuer . en toute hypothèse l’exanthème de la Scarlatine. Lorsque la Rougeole qui a précédé la Scarlatine est simple, tout se passe bien; si elle présente des complications respiratoires, celles-ci sont aggravées par la Scarlatine.
Si la Rougeole et la Scarlatine ont été contractées simultanément, la Rougeole, en raison de sa période d’incubation plus longue, vient en second et c’est alors qu’elle semble aggravée, De Rochely à dit également que la Rougeole post-scarlatineuse desquamait par larges lambeaux; mais 1l nous . paraît difficile en pareil cas de dissocier ce qui appartient à la desquamation de la Scarlatine. :
La Varicelle peut s'associer à la Scarlatine dans les mêmes conditions d’encombrement ou d'insuffisance d'isolement. Les observations de cette association sont nombreuses, tels Les faits de Bez, Poullain, Comby, Bezy, Nobécourt et Milhit, qui se trouvent résumés dans la thèse de Roussel(?). Gouget dit qu'il est plus difficile de se débarrasser de la Varicelle que de la Rougeole. Il nous paraît au contraire que des mesures d'isolement très simples comme celles qui furent appliquées dans le Pavillon de la Scarlatine de l'hôpital Claude-Bernard peuvent en: venir facilement à bout.
Nobécourt et Milhit considèrent que la Varicelle post-scarlatineuse évo-
1. Il semblait que cette question de la puerpéralité et de la Scarlatine n’offrait plus guère qu’un intérêt historique. En réalité, elle est encore de pleine actualité, comme en témoignent les faits observés par l’un de nous au cours de l’épidémie grave d’infection puerpérale et de Scarlatine dite puerpérale qui a sévi durant les années 1919-1920. Ces faits doivent être l’objet d’une étude complète ; ils ont témoigné en tout état de cause l’exaltation de virulence qui, depuis la guerre, s’est manifestée pour les infec- tions de nature streptococcique, comme pour un certain nombre d’autres agents infectieux.