‹ Nouveau traité de médicine (volume 5)Chapitre 68 sur 224 · DORA AE MTE CU · texte numérisé non relu

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Fig. 6. — Trois courbes de Variole maligne (hémorrhagique); C, courbe de variole hémorrhagique post-morbilleuse.

convulsions: plus habituellement, avec un syndrome de collapsus algide et d'hypothermie ; dans certains cas plus rapidement par sep progressive, ou plus brutalement par syncope.

c) Dans la troisième variété enfin, la mort peut survenir au début de l’éruption, celle-ci apparaissant, confluente ou discrète, toujours plus ou moins avortée sous la forme de papules violacées, bronzées, difficiles à découvrir dans la coloration violacée ou livide de la peau. Certaines de ces papules peuvent présenter un début de vésiculation, le sang venant immédiatement remplir la cavité vésiculaire.

Dès que l’éruption apparaît, il semble que les symptômes £ généraux s'accentuent, et que les hémorrhagies redoublent, le malade pouvant cependant conserver toute son intelligence.

Ces formes précoces, initiales, formes proprement dites de le Variole

1. La lésion du foie peut être une lésion antérieure à la Variole, et que cette dernière vient accentuer; elle est caractérisée — je parle des cas que j'ai observés, — par une hypertrophie hépatique plus ou moins marquée. Je n’ai pas constaté de Variole au cours de la cirrhose atrophique. Quant à la rate, elle est nettement augmentée de volume présentant des dimensions antéro-postérieures de 16 à 17 centimètres sur 10 à 12 de diamètre vertical. J’insiste d'autant plus sur ce point, que si dans certaines formes de Variole hémorrhagique précoce et brutale, où les réactions viscérales n’ont point

le temps de se manifester, elle a pu rester petite (H. Roger), le fait comme je:Pai indiqué avec Geffroy, est plutôt exceptionnel.

hémorrhagique, doivent à mon avis se distinguer, surtout la Variole hémorrhagique avec rash, des formes tardives et secondaires qu’il convient de décrire à part.

Varioles hémorrhagiques tardives ou secondaires. — On en peut différencier aussi deux variétés, selon que les hémorrhagies se manifestent au moment de l’éruption, ou lors de la période de suppuralion. :

a) Dans la première variété, l’éruption débute vers le 3° ou 4 jour, après une période d’invasion caractérisée par les symptômes déjà décrits, précédée ou non de rash. Discrète ou le plus souvent confluente elle prend d'emblée ou rapidement un caractère hémorrhagique en même temps que des hémorrhagies multiples apparaissent. Lorsque l’exanthème est confluent, formé de petites papules dures, légèrement acuminées, serrées les unes contre les autres, celles-ci peuvent donner au tégument tuméfié comme l’a remarqué Kaposi, une sorte de dureté ligneuse, des ecchymoses auréolant ces papules qui quelquefois se confondent en de larges plaques purpuriques. Lorsque l’exanthème est discret il est formé de papules ou de papulo-vésicules disséminées, bleuâtres ou livides. :

Très rapidement l'intelligence s’obscurcit en même temps que l'hyperpyrexie S’accentue el que le syndrome habituel se développe; et la mort survient après\un délai de deux à trois jours dans le coma.

b) La deuxième variété survenant au moment de la suppuration, serait pour moi plus exactement dénommée Variole avec hémorrhagies. C’est la Variole des alcooliques, ou des femmes enceintes. Ce fut la Variole des mobilisés bretons de Vitré.

Rien, jusqu'à la fin de l’évolution de l’exanthème, ne permet de prévoir le développement des accidents hémorrhagiques. Puis, alors que la suppuration commence, des symptômes graves apparaissent, sous la forme habituelle d’un frisson unique et violent ou de frissonnements répétés, de la reprise des douleurs rachidiennes et céphaliques, d’une dyspnée intense, du délire alternant avec des syncopes répétées, de diarrhée et d’albuminurie. Au milieu de ce cortège symptomatique, rapidement se montrent les hémorrhagies du tégument (ecchymoses et purpura) et des muqueuses. Alors la suppuration s'arrête, le gonflement inflammatoire diminue, les pustules se flétrissent, se remplissent de sang et s’éentourent d’une auréole violacée; l'extension de ces zones violacées peut rendre la face, les mains, les pieds, uniformément noirs. Celles des vésico-pustules qui échappent à l’hémorrhagie, continuent péniblement leur évolution sans s'accompagner de la complication inflammatoire habituelle et le malade succombe du 6° au 8° jour après le début de l’éruption.

Parfois le tableau clinique est moins grave, les hémorrhagies se limitent à la peau (de Grandmaison) parfois aussi après une phase d’aggravalion les symptômes généraux s’atténuent durant que les hémorrhagies s'arrêtent, l'exanthème semblant reprendre une coloration régulière. La dessiccation s'opère et après une lente convalescence, souvent traversée de complications, la guérison, dans des cas il est vrai exceptionnels, peut survenir.

P.-J. TeirssiEr.

Variole de la femme enceinte. — De toutes les maladies infectieuses, la Variole est assurément celle qui provoque le plus souvent des troubles menstruels. Son influence à cet égard 6st supérieure à celle de la Scarlatine. Roger accepte que dans 11 à 12 0/0 des Varioles qui guérissent, se produisent des hémorrhagies utérines. Des pertes abondantes sont même possibles dans la Varioloïde dès la période d’invasion ou lors de la convalescence. L'influence de la Variole sur l'utérus est telle pour Roger, qu'il arrive que les menstrues peuvent réapparaître chez des femmes dont la période de ménopause est terminée depuis quelques mois, ou apparaître chez des enfants non réglées; il a signalé des métrorrhagies chez une petite fille de 5 mois.

Lorsque la Variole est grave, les métrorrhagies sont encore plus fréquentes, et je rappelle que dans la Variole hémorrhagique elles ne font jamais défaut. |

La fréquence de ces troubles dans la Variole explique l'influence de cette maladie sur la grossesse.

Réciproquement si la Variole provoque souvent l'avortement, la grossesse imprime, comme je l'ai signalé, un caractère particulier de gravité à la Variole qui prend le plus habiluellement la forme confluente ou hémorrhagique. La Variole des femmes enceintes n’est donc pas simplement grave par la forme qu'elle revêt, mais aussi par les conséquences sérieuses qui peuvent en résulter pour la mère, el pour le fœtus dont l’évolution peut être arrêtée, ou qui peut naître avec une Variole maligne.

L’avortement est, au cours de la Variole, une cause majeure d’aggravation, sans parler des difficultés d’asepsie qui peuvent favoriser l'infection puerpérale.

Cet avortement peut avoir lieu à partir du troisième mois; plus la grossesse est avancée, plus elle a chance d’être interrompue. Les causes en peuvent être l’hémorrhagie placentaire où l’état septicémique. La proportion serait d’après les statistiques de San Gregorio, de Talamon, de A. Martin, de Richardière, de Lop, d'Auché, de 55 à 60 0/0. Mais la fréquence augmente avec la gravité de la forme clinique; si dans les formes légères la grossesse peut se poursuivre Jusqu'à la fin, l'avortement est habituel dans les formes confluentes, constant pour ainsi dire dans les Varioles hémorrhagiques. En pareil cas la mère succombe plutôt du fait de la malignité de la maladie que des complications pouvant résulter de l’avortement.

Pour les enfants nés à terme, ou peu de temps avant terme, la mort peut survenir dès l’expulsion ou quelques heures, quelques Jours, après.

L'enfant naît bien portant, sans cicatrices, ou bien en puissance ou en état d'infection, la Variole s'étant transmise de la mère au fœtus à travers le placenta altéré. | |

L'accouchement à terme, peut avoir lieu dans des conditions satisfaisantes : mais l’involution utérine serait retardée.

Variole congénitale. — La Variole est la maladie qui fournit le plus grand nombre de faits d'infection congénitale, comme en témoigne notam-

DESCRIPTION CLINIQUE. Fasc. II. — 207

ment la thèse de Champ (Paris, 1901) où se trouvent des observations qui ont la valeur de véritables expériences.

L'hérédo-variole (mot inexact car il s’agit d'infection in utero et non à proprement parler de maladie héréditaire) est surtout fréquente lorsque l'accouchement a lieu à terme ou à peu près à terme.

La Variole du fœtus peut être plus récente que celle de la mère; celle-ci peut être en effet en convalescence et accoucher d’un enfant en pleine éruption.

On a signalé des cas de grossesse gémellaire, où un seul fœtus fut atteint, sans doute par suite de l'intégrité d’un placenta. Kaltenbach à publié une observation d’une femme atteinte de Variole qui mit au monde cinq enfants; deux seulement portaient des pustules.

Plusieurs alternatives se présentent : l’enfant naît en état d’incubation; il est porteur de papules blanchâtres, affaissées, irrégulières; il est porteur de cicatrices, ou il naît en état d'immunité, il est vacciné. Roger et Champ s'élèvent contre ces données classiques. Ils considèrent que lorsque l'enfant ne naît pas en pleine éruption, c'est qu'il a été atteint in utero de la Variole. Is admettent à l’évolution de la Variole une phase pré-éruplive qui serait caractérisée, par l’abaissement considérable de la température (35° à 31°, 30° et même 21°),par ||29° nu l’ictère; une phase érup- |28° DAME tive qui peut être précédée del’apparilon dela fièvre Fig. 7. — Courbes thermiques de variole congénitale. (indice de la réaction de (D'après G.-H. Rocer). l'organisme fœtal).

Cette hypothermie ne serait toutefois pas la règle; dans deux cas de Variole congénitale L. Lelièvre (in Thèse, Paris, 1901-02), ne l’a pas observée ; elle n'existait pas non plus dans les quelques cas que j'ai pu constater.

La phase éruptive peut faire défaut, les enfants succombent sans réachon cutanée ; elle est parfois retardée au 6° ou en général au 10° jour, même au 15° jour. L'éruption variolique en général discrète, peut être précédée d’un rash; elle reste à l’état papuleux, dépasse rarement le stade de vésiculation, soit parce que l’enfant succombe, soit parce que les éléments se flétrissent et se dessèchent. La suppuration, avec élévation de la température, est cependant possible. |

Dans le cas observé par Roger, l’éruption était discrète; dans celui que jai rapporté, elle était confluente. Mais il est vrai qu'en règle générale l'éruption de la Variole congénitale est discrète. Cette éruption peut avoir lieu par poussées successives. Sa caractéristique, si le fœtus est en plein

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