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P.-F;: “TEISSIER

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répondent à de multiples indications. Les bains tièdes, savonneux ou auxquels on peut ajouter 15 à 20 gr. de sublimé en solution acide, assurent un premier nettoyage utile au début. Roger utilisait les bains chauds sinapisés de 20 minutes auxquels étaient ajoutés 20 gr. de naphtol dissous dans des quantités suffisantes d'alcool, bains qu'il renouvelait jusqu'à l’apparition de l’exanthème. À l'hôpital Claude-Bernard le bain chaud sinapisé d'entrée est de règle; il représente un excitant général utile, si le malade est en état de dépression ou d’adynamie; il active l'apparition de l’exanthème. À la période d’invasion, les bains simplement tièdes calment les -symptômes douloureux, -les bains antiseptiques pouvant détruire les agents microbiens. Également, les bains froids ou affusions froides peuvent être utiles pour atténuer le syndrome général intense. Pendant la période de suppuration et de dessiccation, pour modérer le gonflement, calmer les douleurs, les bains tièdes prolongés sont nécessaires, associés aux bains antiseptiques. | er

Pour la face, il convient de recourir aux affusions d’eau simple, d'une solution d’eau d’Alibour, ou d’une solution au sublimé (Bianchi) ou encore selon la méthode de Talamon, de faire pulvériser, après application préalable d’un tampon d’eau boriquée sur les yeux, trois à quatre fois par Jour durant les deux premiers jours, et après, deux fois, pendant 1 minute seulement en raison de la vésication douloureuse que peut provoquer la solution ; la préparation suivante :

Sublime rss on en 1 gramme.

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On a considéré ce traitement comme susceptible de diminuer la suppuration, d’atténuer la profondeur et l'étendue des cicatrices. L'intervention si efficace des médications internes que j’expose plus loin, m’a empêché d’avoir recours à ce traitement.

En dehors des pulvérisations dans les salles, d’eau bouillie ou de liquides antiseptiques et parfois, dans les Varioles confluentes, de pulvérisation sur la face pour atténuer les douleurs et le gonflement, il m'a paru que l'application sur la figure de pommade au Lune du Pérou était des plus utiles. |

La bouche doit être lavée avec l’eau bouillie ou avec des solutions antiseptiques peu irritantes. C’est là un correctif important, car les gargarismes ou les lavages avec des solutions trop acides, ou trop concentrées d'eau oxygénée acide, ont de sérieux inconvénients. Les préparations alca lines, les attouchements à la résorcine, au protargol, au bleu de méthylène (2 à 4 0/00) peuvent avoir leur utilité si l’enanthème est confluent.

Pour les yeux, le bleu de méthylène ou l’argyrol; pour le nez l’argyrol, ou la pommade au Baume du Pérou sont également indiqués.

La méthode de Milne que j'ai déjà exposée (huile phéniquée pour les muqueuses, huile eucalyptolée pour les téguments) garde pour la Variole, comme pour la Rougeole et la Scarlatine toutes ses indicalions.

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Pour répondre à l'antisepsie des téguments, de nombreux topiques ont été successivement conseillés sous forme de pommades ou de poudres : pommade au sublimé au 1/15; au salol 1/106; à l'acide salicylique 1/20°; à l'ichthyol. A toutes ces pommades, celle au Baume du Pérou me paraît préférable. Elle m'a paru obvier aux inconvénients que l’on peut reprocher aux corps gras de favoriser les suppurations profondes.

On a conseillé la poudre de salol, d'acide salicylique, de tale (Roger), de plâtre frais sec qui pour Zdanovilch serait le meilleur topique et le plus économique. Le plâtre, par son affinité pour l’eau, absorberait les sécrétions purulentes, en empêcherait la décomposition, serait un excellent siccatif pour les plis profonds de la peau, calmerait les démangeaisons et éviterait les cicatrices profondes. L’essai de ce traitement à l'hôpital Claude-Bernard justifie, m'a-t1l semblé, opinion du D' Zdanovitch.

On peut en définitive admettre que la plupart de ces mesures sont utiles lorsqu'il n’est pas fait usage de solutions trop irritantes. Je conclurai toutefois volontiers, que l’indication dominante est d'assurer et de maintenir la propreté du malade, que cette indication dépend avant tout du zèle, du dévouement et de l'intelligence du personnel soignant. Une asepsie soigneuse el continue l'emporte alors de beaucoup sur l'emploi discontinu et irrégulier des solutions antiseptiques. Je répète que la méthode de Milne doit son efficacité en grande partie à ce qu’elle comporte une action répétée el persévérante. |

On a demandé à certaines médicalions externes plus que la propreté, on leur a demandé uue action abortive, et c'est, successivement, aux cautérisations,-à l'ouverture simple du sommet de la pustule, aux applications de collodion, de sublimé, au masque de toile huilée ou glycérinée, à l'emplâtre de Vigo, et aussi aux pulvérisalions de Talamon que lon a eu recours dans ce but.

Les badigeonnages de leinture d’iode, que l’on connaissait déjà ont été repris el préconisés ces dernières années, notamment à Alger, par le D' Eabanes, sous la forme d’un attouchement limité dès l’apparition des macules et jusqu'à la dessiccation des pustules. Dans trois cas, où ce traitement fut appliqué, Îs suppuration et la fièvre, les cicatrices firent défaut. Newell (1912), se loue également de cette méthode qu'il a appliquée aux Indes, pour les parties découvertes des téguments. Il insiste sur la diminulion, que la désinfection ainsi assurée des débris épithéliaux peut apporter à la contagion.

En 1908, à l’occasion d’une épidémie de Variole à Toulouse, Daunic avec ses internes, a employé les pulvérisations d’aniodol, à 1/100 ou 1/1000€ pour les muqueuses; les pommades d’aniodol, ou la poudre pour les phases de suppuration et de dessiccation; ces médecins se louent de son action antiseptique et prurigineuse.

D'autres applications externes abortives ont été conseillées : méthodes anciennes de traitement de la Variole dans l’obscurité, modifiées en 1893 par Finsen qui utilise la lumière rouge. Il a semblé à Finsen et à d’autres médecins que la photothérapie agit utilement en accélérant la marche de l’éruption et en atténuant la suppuration quand elle est précoce et con-

PJ: CTEISSIER:

tinue. On peut réaliser la lumière rouge par divers dispositifs (chambre rouge, liquide rouge des Chinois, collodion rouge des Allemands); Paction serait satisfaisante.

Quant au traitement externe des complications ils se résument aux mesures d’asepsie ou d’antisepsie contre les affections qui se peuvent produire au niveau des téguments et des muqueuses. Nombre de ces traitements ont recours aux solulions que j'ai déjà signalées, mais il importe, chaque fois que cela est nécessaire, de faire intervenir le médecin spéeialiste compétent.

Les médications internes, curatives, ont été nombreuses; plusieurs ont été abandonnées, dont je ne fais pas mention. J’insisterai seulement sur celles qui comportent une efficacité réelle, quoique inégale.

A ce titre Je mentionnerai : la médication éfhéro-opiacée de Ducastel; le traitement par l'antipyrine ; le traitement par le æylol; le traitement par la levure de bière.

L'acide phénique à l’intérieur (aux doses de cinq centigrammes à un gramme) a été préconisé par Chauffard, Audhouy, Martineau; le perchlorure de fer à la dose de XII à XL gouttes; le salicylate de soude à la dose de un à deux gr.; les sels de quinine.

Ces traitements ne sont plus appliqués depuis longtemps. Le seul qui lui ait survécu est le traitement éthéro-opiacé conseillé par Ducastel, Il se compose : a) de 2 à 5 injections d’éther par jour, de 1 €. cube.; b) d’une potion alcoolisée contenant pour la journée, 0,15 à 0,20 centigrammes d'extrait d’opium (pour calmer l'excitation); c) de XX gouttes de -perchlorureade for:

Ce traitement appliqué à temps était considéré comme pouvant empêcher la suppuration ou la diminuer (Dreyfus-Brisac, Rathery, Tennesson, Balzer et Dubreuilh). Il était pour ces thérapeutes la méthode de choix dans les Varioles confluentes. EL 1l est exact que l’application de ce traitement avec l'usage régulier des bains, avec les pulvérisations au sublimé de Talamon, eut une influence efficace sur la diminution de la mortalité.

En 1902-05, le D' Richard Lesay de Lille considéra, comme il me le dit un Jour, avoir trouvé dans l’analgésine un remède préservatif, curatf el pour ainsi dire spécifique de la Variole, grâce à ses propriétés antithermiques, hémostatiques et antiprurigineuses. Sa technique est la suivante : une dose quotidienne de 2 à 5 gr. d’analgésine pour l’enfant, de 10 à 12 gr. pour l’adulte est répartie Loutes les deux heures ou toutes les heures associée à l’acétate d'ammoniaque ou au citrate de caféine et administrée, soit par la bouche, soit encore par voie rectale ou hypodermique; le malade ne prenant en dehors de ce traitement que du lait coupé d’une eau alcaline et des tisanes diurétiques. Si, après vingt-quatre heures, l’éruption n’a pas rétrocédé, la médication est continuée le 2 et le 5° jour, puis suspendue durant 5 Jours; elle est reprise encore pendant un délai de trois jours. Ce médecin a pu donner 60 gr. d'analgésine en 6 jours sans déterminer d’intoxication, d’anurie, d'hypothermie ou de collapsus. Daunice, et ses internes Forgues et Hodé ont appliqué ce traitement à vingt-cinq malades, ils n’ont

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obtenu un résullal appréciable que dans neuf cas peu intenses et six cas plus sérieux. Aucun de ces malades n’a présenté d’albuminurie ou de symptômes toxiques. Cette médicalion supprime la fièvre, le prurit, détermine moins de torpeur que la méthode de Ducastel et, appliquée dès le début, peut représenter un traitement abortif.

J'ai essayé pour ma part celle méthode thérapeutique: elle ne m'a pas paru atténuer sensiblement la mortalité, et sans parler de la crainte que l’on peut avoir de l'emploi de doses semblables d’antipyrine je lai trouvée sensiblement inférieure à la médication par le xylol.

Le traitement par le xylol semble avoir été recommandé pour la première fois en 1871 par Zuelzer, qui en conseilla l'emplor; la même année par Burkhart (assistant de l'Hôpital Catherine, de Stuttgart) qui consigne des résultals moins satisfaisants.

Vers la même époque, en Angleterre, R. Burgess l'utilise et se range à l'avis de Zuelzer. La méthode semble abandonnée jusqu’en 1887, époque à laquelle José Otvos à la Société Royale des médecins de Budapest conclut à l'efficacité du xylol. Il faut arriver encore à l’année 1903 pour qu'il soit reparlé par le D' Vichnewsky des bons effets de ce traitement.

En France, ce fut Belin qui introduisit celte médicalion dès 1904-05 après en avoir écrit à Vichnewsky. Il étudia avec son interne Salomon, expérimentalement et cliniquement, ce traitement à l'hôpital d’Aubervilliers que remplace aujourd'hui lhôpital Claude-Bernard et rapporta les résultats de cette étude (qui devait être l’objet de la thèse de Eonguet) à la Société médicale des hôpitaux de Paris.

Après avoir appliqué en 1903 la médication alors utilisée à l’hôpital d Aubervilliers et n'avoir pu diminuer la mortalité au delà de 351,37 0/0 il eut recours au xylol(!), après avoir eu soin de vérifier son peu de toxicité en ingestion, et, selon les indications du D' Vichnewsky donna en 24 heures L, LXX gouttes réparties en 4 à 5 prises. Vu la tolérance, Belin ne tarda pas à porter la dose quotidienne à XC, C, CXX. Plus tard, il lPadministra même à des nourrissons à la dose de XV, XX, XL gouttes. La médication était donnée mêlée au lait pour l'enfant et au vin pour l'adulte.

Dès la première année de cette médication, (au cours, il est vrai, d’une seule épidémie), il obtient une mortalité de 12,54 0/0, soit une diminu- Lion d'environ 1/5. Il considère dès lors cette thérapeutique comme efficace pour les Varioles secondaires hémorrhagiques, pour les Varioles confluentes graves, mais sans action sur les Varioles hémorrhagiques d'emblée. Le traitement par le xylol représente une méthode abortive de l’éruption ; administré à temps, il peut empêcher la suppuration; administré lorsque la pustule est formée illa dessèche; comme tel il empêche ou atténue les cicatrices ; 1la une action désodorisante précieuse.

Succédant à mon collègue Belin, alors que M. Longuet poursuivail sa: thèse, je reconnus la supériorité de ce traitement. L'étude histologique,

1. Ce terme est une mauvaise appellation d’un produit qui répond au mélange de trois xylènes ou diméthylbenzènes, carbures aromatiques, qui existent dans les produits de la houille (ortho-, méta- (le plus abondant) paraxylènes). Le produit brut uulhsé en histologie et dont désormais on se sert en thérapeutique, renferme 20 à 25 pour 100 de paraxylène ; 10 à 15 pour 100 d’orthoxylène ; le reste de métaxylène.

PTT PFISSIERS

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expérimentale el thérapeutique que j'ai poursuivie m'a permis d'affirmer l'innocuité et l'efficacité de cette méthode et de me ranger à l'opinion de Belin, en dehors de quelques réserves que J’expose plus loin, et d'apporter seulement quelques modifications au traitement, surtout quant à la durée de son application, et à l'utilité de diminuer progressivement les doses, dès que l'effet commence à s'affirmer. C’est pour moi, chaque année, une nouvelle surprise de constater à quel point cette méthode reste’ encore ignorée.

L'efficacité du xylol repose sur son action désodorisante, qui est loin

Fig. 15. — Éruption de variole discrète traitée par le xylol. Hypertrophie et dessiccation des éléments sans suppuration.

d’être négligeable, pour qui peut se rappeler, comme moi, l'odeur repoussante des salles de varioleux, même à une époque peu éloignée de la nôtre; elle repose surtout sur son action d'arrêt ou d'atténuation de la phase de suppuraltion. |

Si le xylol est donné au stade de vésiculation, la dessiccation peut se produire sans suppuration et la sérosité se coagule en croûtelles ambrées analogues à celles de l’herpès ou de l’eczéma suinlant non compliqué. S'il est donné à la période de suppuration, il tend à limiter rapidement le processus de pustulation el active la dessiccation. Son influence sur la courbe de la température est des plus nettes. J’estime toutefois que si son efficacité quant à la suppuration variolique est des plus évidentes, elle reste nulle (surtout lorsque le traitement a été tardif) sur les suppurations superficielles relevant d'infections secondaires. |

Par le fait de son action sur l'élément éruptif, son influence est des plus

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heureuses sur la cicatrisation. Au lieu des petites surfaces gaufrées, lisses, rouges, puis blanches, qui marquent le visage d’une façon si désastreuse-

ment indélébile, se produisent : soit des taches non déprimées, pleines, for- - tement pigmentées en brun, ‘soit même des cicatrices hypertrophiques, sortes

de papules rappelant celles d'une Syphilis fortement pigmentée (l'erreur a été commise) ou encore de petites tumeurs miliaires, rappelant celles de la lèpre tuberculeuse ou prenant l'apparence de chéloïdes (!):

J’estime que le xylol est sans action sur la Variole maligne; les Varioles hémorrhagiques d'emblée ou secondaires graves, les Varioles confluentes évoluant sur un mauvais lerrain, poursuivent leur évolution mortelle.

Fig. 14 et 13. — Éruption de Varioles confluentes traitées par le xylol. Hypertrophie et hyperpigmentation des éléments varioliques.

L'efficacité du xylol quant à la gravité de la Variole repose sur son action à l'égard de la suppuration. Si les Varioles confluentes ne comportent plus aujourd'hui un pronostic fatal comme dans le passé, cela tient à ce que le

1. Les études histologiques que j'ai poursuivies avec le D' Tanon montrent qu'il se produit sous l’influence du xylol un travail intense d'hypergenèse et d'hyperpigmentation. Le processus de Suppuration ne se produit pas — il n’y a ni dégénérescence de cellules de la couche génératrice ni destruction du corps, papillaire — et durant que le stratum granulosum se charge de pigment les cellules de la couche génératrice prolifèrent, permettant un véritable travail de réédification qui, pour un temps d’ailleurs provisoire, peut se développer avec exubérance ; d’où la nécessité d’arrêter,’aussi tôt qu’il est possible, le traitement en diminuant les doses dès que la période de dessiccation commence. La petite tumeur hyperpigmentée peut mettre plusieurs mois à disparaître complètement.

J'ai expérimenté séparément l’action des carbures composants : ortho-, para-, méta-, xylènes dont j'ai éprouvé que la toxicité était réduite et à peu près égale. La guerre a interrompu ces essais ; les résultats obtenus ne m'ont pas permis d'arriver à une conclusion suffisamment motivée. Avec le métaxylène, les résultats m'ont paru comparables à ceux du xylol qu’il compose en grande partie.

PJ: Tersster.

xylol empêche les téguments de devenir les larges surfaces suppurantes qui sont propices à l’action locale ou à la généralisation des infections secondaires.

Je conclus que présentement, le xylol est le médicament le plus recommandable en ce que, sans comporter un rôle spécifique, 1l arrête la suppuration et supprime les complications qui en résultent, les cicatrices qui en sont les conséquences indélébiles. Permettant ainsi au malade de conserver l’esthétique de son visage, il exerce une action désodorisante, dont le résultat est de rendre les salles de varioleux plus habitables que ou d’autres.

À la suite des tentatives de M. le D: Dureau, de Dunkerque, en 1902 (qui me furent indiquées en 1907 par mon interne Feuillie, en vos en mission lors de épidémie de Variole développée dans cette ville), j'ai expérimenté la levure de bière, dont le D'Dureau avait essayé l’application, se basant sur son efficacité dans la furonculose.

Parallèlement à la médication xylolée, je l’ai donnée, comme le D' Dureau, à la dose quotidienne de cinq cuillerées à soupe, dans de l’eau, de la tisane, de la bière. Les faits que J'ai observés témoignent que les effets exercés par le xylol et la levure de bière sur la suppuration sont comparables pour ce qui est des formes légères, mais que pour les formes graves le xylol possède une efficacité supérieure.

Je passerai rapidement sur les médications qui peuvent viser plus partculièrement certains symptômes ou certaines complications. Elles sont en quelques mesures similaires de celles que j'ai exposées pour les autres maladies. La médication tonique générale (huile camphrée, injections de sérum glucosé, instillations rectales de sérum glucosé ou de sérum glucosé adrénaliné) reste bien entendu justifiée dans la forme grave. : | -

J'ai tout essayé dans le traitement des hémorrhagies (sels de chaux, peptone, gélatine, injections de solution de glycogène), et j'estime que seule la méthode préconisée par P.-E. Weill (injection de sérum d’animal Jeune) comporte quelque efficacité relative, sans être capable d'agir sur la Variole hémorrhagique d'emblée. 3

En dehors de ces médications subsistent toutes celles que peuvent légitimer les complications pulmonaires, les complications sur les organes des sens, ou sur le système osseux. ;

Il me reste à signaler les tentatives de trailement spécifique, toutes celles dont j'ai parlé n’offrant ou ne semblant offrir aucun caractère réel dé spécificité.

Sur le rôle curatif Dos sible. ou abortif de la Vaccine, j'ai exposé ce que l’on connaissait aujourd’hui. Ce rôle ne saurait être considéré comme nul.

La sérothérapie est la seule méthode qui ait donné lieu à des essais dont les résultats ont été d’ailleurs variables.

L'idée d'employer le sérum des varioleux dans la thérapeutique antivariolique date du moment où furent introduites les méthodes sérothérapiques. Auché, à Bordeaux, en 1895, injecta de petites doses de sérum de varioleux guéris à deux varioleux: ses conclusions furent peu favorables.

En 1894, en Allemagne, Landmann fit sans suecès sur un enfant non vac-

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ciné, un essai unique. En 1900, J. Courmont et Montagard, utilisèrent chez quatre varioleux, le sérum de génisse variolisée; ils eurent cinq guérisons et une mort.

La méthode tomba ensuite dans un oubli complet, la sérothérapie antivariolique s’orientant, avec les travaux de Béclère et Saint-Yves Ménard, de J. Courmont et Montagard, Soulié et Meinard, vers l'emploi du sérum provenant d'animaux vaccinés. |

L'intensité des réactions humorales chez l'individu en puissance de Variole et en état d’immunité consécutive, les propriétés que possède le sérum de variolisé guéri, de conférer en injection intra-veineuse l’immunité passive à l’animal vis-à-vis de la Vaccine (‘) nous parurent encourageantes pour de nouvelles tentatives de sérothérapie anti-variolique (?). Les résultats obtenus méritent de retenir l'attention; sur treize malades atteints de formes, choisies parmi les plus graves : Varioles de non-vaccinés, Varioles confluentes, Varioles hémorrhagiques, 8 guérisons furent obtenues. Il y eut » morts dont une doit être attribuée, en partie, à la Tuberculose. Les malades guéris furent : un cas de Variole chez un enfant non vacciné, un cas de Variole hémorrhagique d'emblée (le premier puis-je dire, que j'ai vu guérir), l'amélioration ayant été considérable en 48 heures; trois cas de Variole confluente avec rash hémorrhagique, trois cas de Variole confluente sur Six (5).

Des phénomènes qui suivaient en général les injections, le plus frappant était l'amélioration des signes généraux qui se manifestait même dans les cas qui devaient être mortels. La température s’abaissait ou revenait à la normale, le pouls diminuait de fréquence, la pression artérielle se relevait, les urines augmentaient. Dans les formes hémorrhagiques d'emblée ou secondaires, traitées précocement, l'éruplion restait discrète, ne suppurait pas et ne laissait pas de cicatrices; comme avec le xylol il se produisait un travail d'hypergénèse et d’hyperpigmentation cutanées.

Il résulte de ces tentatives peu nombreuses que le sérum de varioleux guéri, employé à temps, exerce une action favorable dans des cas que l’on pouvait considérer jusqu'ici comme falalement mortels, et que même lorsqu'il est employé tardivement et que son action sur l’état général reste

1. Expériences réalisées avec mes internes MM. P..J. Marie et P. Gastinel.

2. La technique employée fut la suivante. Le sérum humain destiné à être injecté était prélevé par ponction veineuse chez des varioleux indemnes de Tuberculose et de Syphilis. Le sérum était prélevé entre le 25° jour et le 40+ jour de la maladie (dans le délai où le pouvoir virulicide du sérum est développé et plus particulièrement vers le 50° jour où la réaction de fixation commence à disparaitre). La proportion injectée fut de 25 c.c. à 100 c.c. en plusieurs injections, proportion très inférieure aux quantités utilisées par Béclère pour le sérum vaccinal (1/50 du poids du sujet). La voie employée fut la voie sous-cutanée et endo-veineuse; cette dernière certainement plus recommandable.'

3. L’une des dernières malades était au 7° mois de sa grossesse. Elle fut traitée trente-six neures après le début de l’éruption par 40 c. €. de sérum. L'amélioration fut rapide, la grossesse suivit son cours normal; l'enfant né dans le service huit semaines plus tard ne présentait aucun signe de Variole ; cependant la réaction de fixation fut chez lui positive avec le sang du cordon (alors que celle de la mère était depuis un certain temps négative). L'enfant resté dans le milieu varioleux ne contracta pas la Variole et la vaccination réitérée à 2 reprises ne fut suivie d'aucun résultat.

PJ. Terssrer.

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