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rachidien ou la méninge qui l'entoure, ainsi que le fait penser la réaction méningée que nous avons décrite et si souvent constatée. Mais si le mécanisme de ces deux affections peut être comparable, les processus infectieux ou toxiques ou chimiques qui les produisent sont totalement différents. Si ces lésions nerveuses de l’herpès étaient constatées, 1l resterait encore à démontrer comment l'agent déterminant la maladie atteint le point au niveau duquel va se produire la lésion. Est-ce par voie sanguine directe; c’est possible dans certaines infections générales. Est-ce par voie nerveuse; l'infection se transmettant par névrite ascendante et la lésion se produisant par une sorte de choc en retour; cette hypothèse expliquerait les herpès de la face consécutifs à des infections dentaires ou les herpès génitaux consécutifs à la blennorrhagie ainsi que les manifestations nerveuses constatées par l’étude clinique au niveau des nerfs phériphériques ou par la.ponction lombaire, au niveau des centres nerveux.
Tout récemment MM. Lôwenstein et Doerr ont pu reproduire sur la cornée du lapin une maladie typique transmissible, en série, en partant de divers cas d'herpès. |
Reprenant ces expériences, M. G. Blanc (!) a constaté que le contenu de la vésicule d'herpès inoculé à l'œil du lapin donne une affection typique.
1. G. BLanc. Recherches expérimentales- sur le virus de l’herpès. Académie des Sciences, 14 mars 1921. — G. BLANC et CamiINoTREPos. Recherches expérimentales sur
l’'herpès. Société de Biologie, 50 avril et 14 mai 1921.
P. Ravaurt.
318 LE ZONA, LES HERPÉS ET LES FIÈVRES HERPÉTIQUES.
caractérisée par de la kératite, de l’herpès de la cornée, une au | intense accompagnée d’une ont suppuration.
L’affection est transmissible en série, elle est due à un virus filtrant. Le pus de l’œil toujours aseptique, inoculé sous la dure-mère d’un lapin donne une encéphalite mortelle en quelques jours. D'ordinaire il y a une période d’incubation de 5 à 6 jours, puis une forte élévation de température marque l'apparition des premiers signes de l’encéphalite, rapidement mortelle. Après plusieurs passages on obtient un virus fixe dont la propriété neurotropique s’est développée. Une forte réaction locale consécutive à une inoculation cornéenne peut donner l’immunité contre l’inoculation sous la dure-mère. |
Ces recherches montrent que l’herpès est une maladie infectieuse due à un virus filtrant, comparable à celui que MM. Levadiu et Roché ont mis en évidence pour l’encéphalite épidémique. :
Il serait intéressant de rechercher de cette façon la virulence du liquide céphalo-rachidien au cours des herpès génitaux, car, ainsi que nous l'avons montré, il existe des réactions parfois très fortes de ce liquide au cours de l’'herpès.
V. Diagnostic. — Lorsque le malade est examiné à la période d'état, le diagnostic d'herpès est facile. Avec ses vésicules perlées, la sensation prurigineuse spéciale, les picotements, son siège fréquent à la face ou au pourtour des muqueuses, il sera facile de le reconnaître. On ne le confondra pas avec le zona dont l’éruption est encore plus nettement nerveuse par ses signes cliniques, sa topographie, son unilatéralité, son évolution cyclique et la possibilité d’apparaître dans toutes les régions du corps alors que les zones de l’herpès sont plus limitées.
L'impétigo très limité, ne s'étendant pas comme il en a l'habitude, pourrait simuler l’herpès, mais tôt ou tard 1l gagne les régions voisines; à sa surface se forment de grosses croutes mellicériques; 1l guérit presque immédiatement par un traitement approprié, ce qui permet d'éclairer le diagnostic. |
De même certains érythèmes à petites bulles, la varicelle même, ont une tout autre évolution que l'herpès. Enfin un placard d’eczéma très limité peut rappeler l'herpès mais ses vésicules sont plus petites, moins saillantes, enchâssées dans la peau et déterminent rapidement des fissures puis des croûtes qui recouvrent toute la région.
Les véritables difficultés du diagnostic sont celles qui se posent surtout à propos de l’herpès génital.
Lorsque les vésicules sont nombreuses et confluentes, elles ne (ardenl pas à former des érosions allongées, ovalaires dont les bords sont polycycliques et microcycliques (Fournier); la surface rosée suinte très volontiers, ce qui permet de le reconnaître assez facilement. Lorsque les vésicules sont rares ou isolées, le diagnostic est plus délicat, car le médecin ne voit pas toujours la phase vésiculaire et le malade le met en présence d’une ulcéraion siégeant sur la muqueuse génitale. S'il est sujet à l'herpès, s’il n’a pas irrité la lésion, si l’aspect de l’ulcération, l'absence d’induration, sont facilement constatables, le diagnostic peut être posé d’une façon certaine ;
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TRAITEMENT. R Fasc. II. — 519
mais s’il a eu pendant celte période des rapports suspects, il faut toujours réserver la possibilité d'une infection secondaire greffée sur cette porte ouverte. |
La difficulté commence lorsque le malade a irrité une ulcération herpétique par des attouchements au nitrate d'argent, des applications de pommades ou de poudres irritantes; dans ces conditions, l’ulcération herpétique se creuse, s'indure, s'étend même, pouvant simuler le chancre mou ou le chancre syphilitique. Dans le premier, l'absence de décollement et d’irrégularité des bords, la constatation d’une lésion peu creusante, l'absence du bacille de Ducrey, la non-réinoculabililé, permettront de distinguer le chanere mou de l’herpès ainsi transformé. Dans le chancre syphilitique, la surface est, en général, plus étendue, de couleur lavée, les bords sont plus réguliers, l’induration est plus profonde et plus uniforme, les ganglions
sont gros, durs et indolores; enfin, il sera presque toujours possible de
retrouver le spirochète, soit par examen de la sérosité, soit aussi par l’examen microscopique du suc profond fourni par une petite biopsie. Souvent le doute reste possible ; dans ces conditions, le médecin ne doit pas perdre de vue son malade, il doit lui expliquer les difficultés du diagnostic, les hypothèses qu'il soulève ; l’évolution clinique, des examens microscopiques répétés et suivis, l'analyse du sang, pratiquée à des échéances variées, permettant de donner au malade la sécurité qu'il venait demander.
[1 faut savoir enfin que sur les herpès peuvent se greffer de multiples infections secondaires, et, à plusieurs reprises, nous avons vu de véritables suppurations gangreneuses des ganglions de laine, succéder à l’herpès, rappelant la Iymphogranulomatose, sans que l’on puisse invoquer le rôle du bacille de Ducrey ou d’un microbe connu.
VI. Traitement. — L'herpès simple peu étendu, ne demande aucun traitement spécial; il suffit souvent de lui appliquer la formule de Fournier pour le chancre syphilitique « moins on y touche el mieux 1! va ».
Il faut cependant se rappeler que c'est une porte ouverte à toutes les infections, et que certains impétigos, certaines dermiles ont pu se développer ‘à l’occasion d’une éruption herpétique ; c'est surtout l'herpès des organes génitaux et quelquefois l’herpès de la muqueuse buccale qui peuvent se compliquer d'infection d’origine vénérienne. Il faut attirer l’altention des malades sur ce point, et s'ils ont des ‘contacts suspects, leur en expliquer les dangers ; s’ils s’y exposent, il faut leur indiquer toutes les précautions qu'ils doivent prendre, surtout s'ils sont sujets à l’herpès récidivant. Aussi ne faut-il pas laisser traîner une éruption d'herpès et s’efforcer d'en obtenir, le plus rapidement possible, la cicatrisation par des badigeonnages d'alcool iodé au 1/10, de liqueur de Labarraque, d’eau d’Alibour, ou par l’application de poudres inertes de tale ou de sous-nitrate de bismuth. Quelquefois des pansements humides à l'eau alcoolisée ou à l’eau légèrement phéniquée seront nécessaires.
Si l’herpès ne guérit pas, il faut d’abord s'assurer qu'il n’est le siège d'aucune infection secondaire, surtout par le bacille de Ducrey ou le spirochète de la syphilis. Il sera prudent de ne le traiter par des cautérisations qu'après avoir fait les prélèvements nécessaires.
P.- RaAvaur.
Quelquefois l'herpès vulvaire est assez enflammé pour former une véritable plaie.de la région génitale externe : il faut appliquer des compresses humides trempées dans des infusions émollientes (têles de eamomille, têtes de pavots, feuilles de coca). Les pansements secs sont moins bien supportés. + |
Souvent ces herpès s a Le de névralgies ou d’irradiations douloureuses contre lesquelles il est nécessaire d'employer des analgésiques.
Le traitement de l’herpès récidivant est parfois aussi désespérant pour le malade que pour le médecin. I] faut alors essayer un traitement local par des cautérisants, même des injections locales d’eau salée, de cocaïne, de substances légèrement irritantes ou bien par la radiothérapie qui a donné à Darier de bons résultats. Mais c’est surtout l’état général qu'il faut modifier par la sobriété alimentaire, l’usage de sels de lithine, le repos gémtal et moral, des cures hydro-minérales (Uriage, Saint-Gervais, Luchon). Peutêtre serait-il bon dans des cas rebelles de recourir à la PÉRCUSS lombaire, par analogie avec le zona.
Tout récemment, pensant que la réapparition de l'herpès, presque régulière chez certains malades, pouvait être en rapport avec des modifications humo-
rales comparables à celles qui dépendent de l’anaphylaxie, nous avons
essayé l'hyposulfite de soude; chez LOIS malades nous n’avons pas vu réap-
paraître d’herpès pendant quatre mois à la suite de l'ingestion de ce médicament. Nous l’avions fait prendre, les trois premiers jours de chaque
semaine, à la dose de 5 à 5 grammes par jour, en cachets au moment des repas. |
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FIÈVRE APHTEUSE
Par Pierre-Jean MÉNARD
Ancien Interne, Médaille d’or des hôpitaux.
La fièvre aphteuse est une maladie virulente, contagieuse, inoculable, caractérisée par un état fébrile initial, suivi d’une éruption vésiculeuse affectant des localisations diverses chez l'animal, mais se localisant généralement chez l'homme à la muqueuse buccale. |
Valentini en 1695 et Steurlin de Franconie en 1707 auraient les premiers signalé la transmission de la fièvre aphteuse à l’homme; mais c’est à Sagar de Moravie (1764) qu'on en doit la première et très intéressante observation. Au commencement du XIX° siècle les épizooties étant devenues plus impor-
tantes, la contagiosité à l’homme fut admise et en 1809-1813, en Bavière, il
fut interdit de livrer même la viande des animaux aphteux. En 1854, trois vélérimaires prussiens Hertwig, Mann et Villairi démontrèrent sur eux-mêmes
* la contagiosité du lait. Cependant, en 1858, Rayer n’admettait pas cette con-
tagiosité sans réserve et en 1839 le conseil de salubrité de la Seine décrétait que le lait des animaux aphteux pouvait être consommé sans dommage. En 1876, une enquête officielle arriva à des conclusions presque négatives. En 1902 enfin une enquête faite dans le département de l'Hérault amena 289 réponses négatives sur 301. De très nombreuses observations expérimentales et cliniques permettent aujourd’hui d'affirmer la possibilité de la contagion humaine; mais on s'accorde généralement à la considérer comme assez rare. Il est bon de dire toutefois que certains auteurs proclament au contraire son extrême fréquence (Bussénius et Siegel, Boas, Arthaud, Lévy), contradiction qui tient à l'absence de moyens sûrs et pratiques de diagnostic. Pour la même raison, malgré le nombre considérable de travaux dont elle a été l’objet, la fièvre aphteuse humaine apparaît encore très confuse et 1l semble bien qu'on lui ait attribué maints accident qui n’en relèvent réellement pas. Aussi pour mettre un peu d'ordre et de clarté dans cette question faut1l avant tout se reporter à la fièvre aphteuse animale.