PAPILLOMES
Au sens étymologique du mot, le papillome est une néoformation hyperplasique des papilles de la peau et des muqueuses dotées de papilles, c'est-à-dire, des muqueuses malpighiennes. Cette hyperplasie intéresse à la fois l’épithélium et le derme ou chorion; elle est donc épithélio-conjonctive.
On considère aujourd'hui le papdlome non plus comme une tumeur propre à caractères définis, mais bien comme un aspect morphologique que peuvent revêtir aussi bien les néoplasies tumorales que les néoformations inflammatoires. Si on se rapporte à la définition des tumeurs que nous avons adoptée (néoformations indépendantes de tous phénomènes inflammatoires), le papillome ne doit pas être considéré comme une tumeur propre, mais, bien comme un mode de réaction des épithéliums et du derme ou chorion à l'égard des processus inflammatoires. En effet la clinique et
» GusTAve Roussy et MAURICE Wozr.
la bactériologie ont établi des liens intimes et fréquents entre les processus inflammatoires et ce qu'on appelle le papillome.
Les néoformations papillaires sont :
Tantôt des hypertrophies inflammatoires localisées, chroniques de la peau, comme les verrues, le molluscum contagiosum, dues à une infection primitive du corps muqueux par un parasite Inconnu ;
Tantôt des lésions du derme produites par un parasite connu comme les végétalions de la tuberculose verruqueuse ; |
Tantôt des réactions inflammatoires des muqueuses dues à des sécrétions irritantes : crêtes de coq, végétations vénériennes, condylome ano-rectal.
Tantôt le résultat d’une irritation purement mécanique comme l'œil de perdrix, le cor ou le durillon ;
Ou enfin, des néoformalions de cause inconnue comme les cornes cutanées.
Les lésions portent sur l’épithélium et le derme ” chorion) qui simultanément sont hyperplasiés. Le revêtement épithélial forme des saillies et des dépressions de dimensions variables, et les bourgeons inter-papillaires pénètrent plus ou moins profondément dans les couches sous-jacentes. Mais, fait important, là limite (membrane basale) entre l’épithélium et le derme (ou chorion) reste toujours intacte. Toutes les couches de l’épithélium sont épaissies; la couche cornée (hyperkératose); la couche granuleuse (hypergranulose); le corps muqueux de Malpighi (hyperacanthose).
Souvent dans la profondeur même du corps muqueux de Malpighi existent des dyskératoses uni- ou pluri-cellulaires : une cellule isolée, un groupe de cellules subissent l’évolution cornée d’une manière plus précoce que les cellules voisines; elles ne peuvent desquamer au dehors, puisqu'elles sont séparées de la périphérie par des éléments non kératinisés et se trouvent contraintes à évoluer concentriquement : c’est le globe corné ou globe épidermique qui n’est donc pas propre aux tumeurs malignes.
Au niveau des muqueuses, l’épithélium subit souvent l’'épidermisation : on voit apparaître dans les couches superficielles une couche granuleuse et une couche cornée qui, on le sait, font défaut à l’état normal (/ewcoplasie).
Dans le derme ou le chorion muqueux, les axes conjonctivo-vasculaires des papilles sont hypertrophiés par prolifération des cellules conjonctivés fixes.
Il existe souvent dans les papillomes de nombreux leucocytes qui traduisent la nature inflammatoire de la néoplasie. |