CANCERS SR A
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symptômes du cancer, le rôle de l’hérédité, l'influence des professions, de l'alimentation, des états constitutionnels antérieurs, des maladies ou des intoxications concomitantes (alcool, tabac), sur le pronostic et les résultats thérapeutiques des différentes formes.de cancer. À ces documents cliniques s'ajoutent, bien entendu, ceux qui sont fournis par la biopsie. Les statis- ‘tiques chirurgicales nous donneront des renseignements sur le nombre des cancers opérables, sur leur curabilité et sur les récidives ; mais ces documents n’ont de valeur que s’ils reposent sur un très grand nombre de cas.
Il va sans dire que pour permettre d'établir de telles statistiques, il est nécessaire que les diagnostics soient dûment établis et appuyés sur tous les documents que possèdent à l'heure actuelle l’investigation clinique et les recherches de laboratoire.
Slatistiques par enquêtes médicales. — Les statistiques basées sur l’enquête médicale dans les familles, par un procédé analogue à ce qui se fait dans la lutte contre la tuberculose, n’ont par elles-mêmes que peu de valeur, en raison des difficultés de ces enquêtes et surtout des renseignements erronés fournis habituellement par les malades ou leur entourage.
Il en est de même des données fournies par Les caisses de secours ouvrières ainsi que celles qui sont recueillies dans les prisons. Rôsenfeld a fait observer, par exemple, qu’un prisonnier devenant cancéreux est habituellement transféré dans un hôpital avant que l'affection soit diagnostiquée et disparaît ainsi des statistiques correspondantes, c’est ce qui a fait croire à tort à la rareté du cancer dans les prisons. Toutefois, quelques renseignements comme le rapport entre l'alimentation presque exclusivement végétarienne des détenus et le nombre des cancers du tube digestif peuvent avoir leur intérêt.
Dans les statistiques urbaines ou départementales se glissent des causes d'erreurs souvent impossibles à éviter, et dont la principale est le caractère particulièrement mobile et flottant de la population de toute grande ville.
La comparaison des statistiques de morbidité par cancer dans les villes et dans les campagnes. n’est pas possible, car 1l faut tenir compte de ce que la mortalité en général ést plus forte dans les villes, et que c’est dans les grands hôpitaux urbains que viennent se faire soigner et mourir les malades graves des campagnes avoisinantes.
Pour éviter ces erreurs, les statisticiens ont proposé de faire toujours mention, sur les feuilles de recensement, du lieu d'habitation du malade ou
encore de son lieu de naissance, On a essayé aussi d'introduire dans les sta-
Gustave Roussy et Maurice Worr.
tistiques le lieu d'habitation fixe, trois ans avant l’apparition de la maladie,
mais ce chiffre de trois ans est tout arbitraire puisque l'évolution et la.
durée générales du cancer varient entre 1 et 15 ans, sinon plus.
L'étude des statistiques peut servir encore à apprécier l'influence, la valeur et la fréquence d’une série de facteurs paraissant jouer un rôle comme cause favorisant où déterminant le cancer : l’in-
-Nombres absolus et proportions de sujets morts de cancer, en France de 1906 à 1916.
qué que si deux époux meurent de cancer, ce n’est pas dans la même année, mais à des intervalles éloignés, 5, 10 et même 20 ans; or il est naturel de voir mourir de cancer deux AA placés dans des conditions communes de vie journalière et soumis aux mêmes facteurs occasionnels. ‘ Pour l’hérédité, l'étude statistique minutieuse a démontré que chez l'homme rien ne permetlait d'admettre une cause héréditaire directe du cancer. Nous nous sommes longuement étendus sur cette question, au cha
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LE CANCER, DU POINT DE VUE SOCIAL. Fasc. V. — 707
pitre de l'étiologie et au cours de l’étude expérimentale, Ajoutons ici que deux facteurs importants, dont on n’a pas tenu suffisamment compte en pathologie humaine, peuvent fausser les statistiques : la longévité, qui elle, peut être héréditaire, et peut expliquer la soi-disant hérédité néoplasique, el l'influence des mêmes conditions extérieures qui joue le même
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