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Nous trouvons dans cette première charte tous les éléments qui pique d’'hui sont à la base de la lutte contre le cancer. | ke
L'exemple donné par l'Angleterre resta malheureusement isolé pendant , = toute la première moitié du xix® siècle. :
En 1801 se fonda à Londres sous l’instigation d’Abernethy, Hey, Pearson. la Society for investigating the nature and cure of cancer, auxquels se joignent bientôt des hommes comme Baillie, Sims, Willian, Home, Sharpe, Denman, etc... Cette société entreprit une vaste enquête sur 16 cancer qui comportait les 15 questions suivantes :
1° Quels sont les signes diagnostics du cancer? nn: 2 Quelque modification dans la structure de la partie affectée précède-telle cette transformation plus apparente qualifiée de « cancer » et quelle est alors la nature de cette modification, si elle existe? pe 5 Le cancer estal toujours une affection spéciale et primitive ou bien d'autres affections peuvent-elles dégénérer en cancer? UN 4° Existe-t-1l des preuves que le cancer soit une affection héréditaire? +4 9° Existe-t-il des preuves que le cancer soit une affection contagieuse? 6° Existe-t-il une relation bien établie entre le cancer et d'autres affections? Quelles sont, en ce cas, les maladies qui s'en rapprochent le plus par leurs origines, leur évolution et leur terminaison? Se T Le cancer peut-il, à une période quelconque de son évolution ou dans certaines circonstances, être regardé comme une affection locale, ou bien l'existence d'un cancer dans un organe doit-elle faire présumer qu'il existe dans d'autres parties du sujet affecté une tendance à une altération MOTOS semblable ?
LE CANCER, DL POINT DE VUE SOCIAL. ‘Fase. V. — 795
8° Le climat ou le lieu peuvent-ils exercer quelque influence en rendant la constitution humaine plus ou moins sujette au cancer, soit d’une facon générale, soit avec une forme et une localisation particulières?
9 Y a-t-1l des tempéraments plus sujets que d'autres au cancer et quelle est, en ce cas, leur nature particulière?
10° Les animaux EE quelque affection analoque au cancer de l’homme ?
110 Y a-t-il un âge qui soit absolument exempt des atteintes du cancer?
19% Les ganglions lymphatiques sont-ils primilivement atteints dans cette affection?
13° Le cancer est-il susceptible de quérir naturellement?
Cette enquête ne fut accueillie qu'avec l'indifférence la plus complète, et au bout de peu de temps la Société fut dissoute. Ë
Une tentative analogue faite, environ un siècle plus tard, en France par Verneuil et Duplay Pit subir le même sort. La Ligue contre le Cancer fondée par eux groupait la plupart des professeurs de la Faculté de Médecine de Paris ainsi que les savants qui s’intéressaient à la question du cancer. Elle avait pour but de solliciter et d'encourager les recherches, de centraliser les travaux, de fournir aux travailleurs des moyens d'étude et de propager les résultats obtenus afin de parvenir à une connaissance plus complète de toutes les questions afférentes au cancer. On faisait appel à tous les concours scientifiques et pécuniers, on projetait la création d’une publication avec analyses et indications bibliographiques, on promettait des prix aux travailleurs, mais la Ligue n'eut qu’une existence éphémère. Il en fut de même de la Revue des maladies cancéreuses, périodique trimestriel, publié par Duplay, Lanelongue et Cornil.
État actuel de la lutte contre le Cancer.
Si les efforts de la lutte anti-cancéreuse furent à peu près vains durant le xix° siècle, il n’en fut pas de même au début du xx° siècle. À cette époque se dessine nettement une tendance nouvelle; le public, les admimistrations, le corps médical semblent mieux comprendre l'intérêt pratique et social que comportent les règles de l'hygiène; ainsi s'organise peu à peu la lutte contre les grands fléaux sociaux, principalement contre la tuberculose. Tout naturellement le cancer devait sentir les effets de cette nouvelle orientation.
Cette impulsion nouvelle s’est manifestée à peu près en même temps en Angleterre, en Allemagne et aux États-Unis, puis dans la plupart des pays. En France, le mouvement en faveur de la lutte anti-cancéreuse n'est apparu que dans ces dernières années.
En Angleterre, il existe une série d’Instituts et d'Hôpitaux pour l'étude du cancer. Les trois principaux établissements de ce genre sont à Londres. L’Imperial Cancer Research Fund, fondé en 1901 pour létude du cancer en Angleterre, est placé sous le patronage du roi d'Angleterre et cumprend dans son Comité général des représentants de tous les milieux sociaux: il
GusrTave Roussy et Maurice Worr.
Di des LE CANCER.
est dirigé par un Comité exécutif avec un sous-comité de statistiques.
Cette Institution est exclusivement réservée aux recherches scientifiques: les laboratoires comprennent deux étages d’un vaste bâtiment du Queen Square.
. Le Directeur général des Hecherees scientifiques et du Laboratoire central fut DEN de longues années le D' Bashford qui vient d’être remplacé par le D' Murray.
L'Imperial Cancer Research Fund publie des Rapports qui conslituent des documents de la plus haute importance et dans lesquels sont parus une série de travaux, notamment sur le cancer expérimental.
Le Middlesex Hospital comprend, en plus du service de cancéreux qui, à l'heure actuelle, comporte 90 lits, un laboratoire.placé sous la direction du Cancer investigation Comitee, présidé par le D' W.S. Lazarus-Barlow, chargé des recherches anatomo-pathologiques et expérimentales. Le service comprend encore un chirurgien, le D' Handley, el un physicien, qui tous trois travaillent en complète et intime collaboration.
Depuis la guerre, le Comité des recherches médicales du Middlesex Hospital a donné une orientation précise à ses recherches et a étudié presque uniquement les effets du radium sur les tissus normaux.
Enfin, un Sous-Comité du Radium, comprenant un petit nombre de chirurgiens, de médecins et d’anatomo-pathologistes spécialisés a été institué, dans le but d'établir une liaison constante entre les travaux de labora toire et ceux qui sont poursuivis dans les services cliniques. 4
Le Radium Institute de Londres possède une importante quantité de radium et poursuit des recherches biologiques et physiques.
Il existe encore d’autres hôpitaux à Londres, tels que le Brompton Cancer Hospital, le Saint-Georges Hospital, le Saint-Saviour’s Hospital, qui pos sèdent un certain nombre de lits réservés aux cancéreux.
D'autres villes d’ Angleterre ou d'Écosse ont également des instituts ou des laborâtoires pour étude du cancer, ou des MUR te comme le Cancer Hospital de Glascow, fondé en 1890.
À Liverpool, le « Cancer Research Fund » fut institué sur le modèle Fe celui de Londres; il existe aussi dans cette ville un hôpital exclusivement réservé aux maladies cutanées et aux affections cancéreuses, le « Liverpool | Hospital for Cancer and Skin diseases » (25 lits).
La plupart de ces établissements, comme il est de règle en Angleterre, sont d'initiative privée et entretenus par la charité publique.
En Allemagne, fut fondé, en 1900, le Deuisches Komitee für Krebsfor-
schung. Ses ressources lui sont fournies par le Gouvernement prussién et
par les subventions de plusieurs États confédérés ou par les caisses d’assurances ouvrières. Il est composé de savants qui s'intéressent à la question : du cancer, et comprend des membres honoraires et des membres actifs. Ce. Comité a établi, dès l'année 1900, pour toute l'Allemagne une statistique : complète du cancer. Il a fondé, en 1903, une revue très documentée, la Zeitschrift für Krebsforschung. \
L'Institut fur Krebsforschung, fondé en 1905, sous l’instigation de von ‘30 Leyden, à l’hôpital de la Charité, à Berlin, Sol 9 pavillons séparés,
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l'un pour les laboratoires, les deux autres pour les salles d'hommes et de femmes. Ces salles sont réservées, en principe, aux cancéreux inopérables. Cet Institut est subventionné, en partie, par le Comité pour l'étude du cancer, qui s'efforce de créer un mouvement à la fois scientifique et social.
Dans les autres États allemands il existe trois Comités régionaux importants : - ;
Le Comité badois, fondé par Czerny, qui fit installer à Heidelberg un vaste hôpital et un institut pour l’étude du cancer.
Le Comité wurtembergeois, de Stuttgart, et le Comité bavarois, de Munich, dont les efforts s’orientent parallèlement aux précédents.
Enfin, il faut rappeler l'existence, à l’Institut de Pathologie expérimentale de Francfort, du laboratoire pour l’étude du cancer, d’où sont sortis les travaux d’Erlich et d’Apolant.
Dans la Zeitschrift fur Krebsforschung de 1917, Blumenthal donne un aperçu du fonctionnement de l’Insutut universitaire pour l’étude du cancer, annexé à l'Hôpital de la Charité à Berlin et dont il est le directeur.
Cet Institut comprend une série de laboratoires pour les recherches chimiques, bactériologiques, histologiques et expérimentales; un service clinique, avec une vingtaine de lits pour les cancéreux inopérables; enfin des installations de radiothérapie profonde.
Le service du radium semble insuffisamment installé; il ne possède pas de radium, celui-ci lui est prêté par l’Institut du Radium.
A cet [Institut est annexée une consultation externe pour les malades envoyés par les différents hôpilaux. Un service de dispensaire comprend un médecin et plusieurs infirmières qui vont visiter les malades dans les quartiers pauvres de Berlin.
Aux États-Unis, grâce à l'esprit d'organisation et de méthode qui domine dans ce pays, il existe une série d’hôpitaux, d’instituls ou de laboratoires admirablement organisés en vue de l'étude du cancer.
A New-York, deux hôpitaux, le Almshouse Hospital et le City Hospital, recoivent surtout les cancéreux incurables, tandis que le General Memorial Hospital et le New-York Skin Hospital sont installés pour traiter les cancéreux suivant les méthodes modernes.
En dehors de ces hôpitaux, qui peuvent recevoir de 400 à 600 malades, il existe un grand nombre d'institutions privées du même genre.
Dans d’autres villes des États-Unis, à Chicago, Boston, Buffalo, Saint- Louis, existent également des hôpitaux et des laboratoires uniquement réservés aux Cancéreux. e
En vue des recherches scientifiques et de laboratoire, l'État de New-York a institué, en 1901, un laboratoire de recherches, mis à la disposition de l'École de Médecine de Buffalo. Celle-ci comprend un service chirurgical et un service anatomo-pathologique et expérimental, dont le but est de poursuivre des recherches sur la nature, les causes et le traitement du cancer.
Plus tard, ce laboratoire fut adjoint à l’Institut Gratwich sous le nom de Laboratoire du Cancer du Comité d'hygiène du Gouvernement de New- York. La Commission de Harward University a fondé, en 1899, à Boston,
: GusTAvE Roussy et Maurice Worr.
un hôpital pour le cancer avec laboratoire et consultation très importante : LS au Huntington Hospital. L'Institut Rockfeller de New-York possède un | laboratoire bien aménagé pour l'étude du cancer; enfin, en 1913, l'État de” D New-York a fondé l'Hôpital de Recherches de l'Instutut d État pour l étude | À des tumeurs malignes.
Il existe en Amérique, des revues comme le Journal of Cancer Fésearel S'OTER
qui publient des articles originaux et des analyses très complètes. [est dirigé par William H. Woglom et par le Comité de l'American Association for Cancer Research.
Au Danemark, s’est fondé, en 1906, un Comité du Cancer affilié à l’Asso- +. ciation de Médecine du Danemark. Ce Comité, présidé par Jensen, direct ©: teur de l’École vétérinaire et agronomique, et Fibiger, directeur de l’Institut d’Anatomie pathologique, comprend tous les médecins chefs de service des hôpitaux et les professeurs de cliniques universitaires. Il à organisé, 1l y a quelques années, une enquête générale sur le cancer, à laquelle ont par- 2 ticipé tous les médecins du pays, et qui a fourni une foule de documents 1 intéressants. Ce Comité a encore installé un laboratoire central d'anatomie | pathologique à Copenhague, où sont examinées gratuitement toutes les biopsies ou les pièces envoyées par les médecins “e pays.
Citons encore, pour les autres pays, à Vienne, l'Hôpital du Cancer, créé
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sur une ancienne dotation impériale ; en Italie, le pavillon spécial réservé e aux cancéreux à l'hôpital I! Policlinico de Rome ; en Argentine, le nouvel #4 Institut du Cancer, dont la direction est confiée au Professeur Roffo. 4 En France, il faut le reconnaître et l'avouer très franchement, nous | ; sommes restés très en retard. “e 4 Cependant, au cri d'alarme jeté de toutes parts, et dont déjà, en 1906, si 4
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Etienne Burnet et Ledoux-Lebard se faisaient les échos, il semble qu'on ait enfin répondu; la question sociale du cancer est aujourd’hui nettement posée chez nous, et la campagne anti-cancéreuse est ouverte.
Rien d’officiel comme service spécialisé jusqu’à la guerre, où il n'existait à Paris que l'hôpital Saint-Michel dépendant de l’œuvre du Calvaire et dirigé par le D' Récamier; mais 1! s’agit là d’un asile où l’on recueille très charitablement les malades Inopérables et non d’un hôpital destiné à traiter les cancéreux.
Dans ces dernières années un effort considérable vient d'être accompli.
L’Assistance Publique de Paris à ouvert à l'Hospice de Brévannes et à la” Salpêtrière des services de cancéreux; mais jusqu'ici ces services sont dépourvus de toute ressource et de tous moyens d'action thérapeutique.
L'Institut du Radium de l’Université de Paris, annexé à la Sorbonne, comprend un laboratoire de physique, le pavillon Curie, dirigé par M'e Curie, et un laboratoire de biologie, le pavillon Pasteur, dirigé par Regaud. Ce laboratoire comporte un service physique (rayons X et radium) ; un service anatomo-pathologique (histologie, biopsie), un service expérimental et un service thérapeutique (rayons X et radium). Des travailleurs libres sont admis à y poursuivre des recherches hématologiques, chimiques, biologiques et expérimentales. L'Institut du Radium comprend, en outre,
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une collection de pièces anatomiques et une bibliothèque. À cet Institut est annexé un service de malades, 20 à 30 lits, à l'hôpital Pasteur, avec consultation externe.
Pendant la guerre, le Service de Santé a organisé des services spécialisés pour le traitement des soldats cancéreux, à Paris (Hotel-Dieu, Grand-Palais), à Lyon, à Bordeaux.
Le Service de Santé s’est également préoccupé des responsabilités qui incombaient à l'Etat, à l'égard des soldats cancéreux. Il s’est adressé pour cela à l'Association française pour l’Étude du cancer, qui après une longue eaquête a établi un rapport qui a servi de base pour les pensions militaires. Nous reproduisons ici, en raison de son intérêt médico-légal, ce rapport rédigé par le D' Darier, alors secrétaire général de l’Association.
1° Les données actuellement admises par la pathologie du cancer permettent d'affirmer que les traumatismes, et par conséquent les traumatismes de guerre peuvent être la cause du développement des néoplasies malignes.
2 L'action traumatique peut donner lieu à la formation rapide d’un cancer à courte échéance, ce qui est plutôt le fait des néoplasies sarcomateuses. Elle peut, d'autre part, n’amener ce résultat qu'après un temps plus ou moins long parfois même, extrêmement long, soit que la lésion traumatique ait donné naissance à un processus inflammatoire chronique, soit même qu'elle soit cicatrisée et en apparence complètement guérie ;
9° Il faut donc prévoir que le jugement porté pourra concerner des faits récents et des malades encore en service, mais que, d'autre part, il pourra s'agir d'affections développées un nombre d’années plus ou moins grand après la libération du service, alors que cependant, la cause en sera indiscutablement un traumatisme de guerre.
4° Pour apprécier ces diverses éventualités, il sera nécessaire que lobservation établisse avec certitude la réalité du traumatisme, qu’elle fasse ressortir les conditions dans lesquelles il s’est produit, les lésions immédiates qu'il a provoquées, leur évolution, qu’il fournisse en somme l’histoire clinique complète de l'accident et de ses conséquences.
Mais il faudra en outre que soit précisée la nature, la forme et la variété de la lésion cancéreuse ou supposée telle, et cela par les procédés scientifiques de laboratoire, l'examen histologique étant indispensable pour le diagnostic précis d’une tumeur.
5° L'’appréciation du dommage causé et des indemnités auxquelles auront droit le malade ou ses tenants découlera de la connaissance des faits susénoncés; deux ordres de cas peuvent se présenter :
Quand le développement sera vraiment imputable au traumatisme, la responsabilité de l'État sera entière.
Quand il s'agira seulement de l’action adjuvante ou aggravante d’un traumatisme sur un néoplasme indépendamment développé, la responsabilité de l'Etat sera partielle et de proportion variable suivant les cas;
6° Enfin, il paraît juste que dans tous les cas où une hésitation se produirait sur la relation de cause à effet entre un traumatisme et le développement ou laggravation d’un cancer, le doute soit escompté en faveur de nos soldats; il y aura même lieu de porter à leur crédit, non seulement ce qui paraît probable, mais ce qui peut être défendu comme possible.
Le Conseil général de la Seine a voté en 1921 les crédits nécessaires à la création d’un Service pour le traitement du cancer à l’hospice Paul-Brousse, à Villejuif ; ce service, placé sous la direction du D' Roussy, a été ouvert le 10 octobre 1921.
GusTaAve Roussy- et Maurice Wozr.
ab COX DE CANCER EN LS ARE
Installé dans les locaux de l’Infirmerie générale de l’hospice, il comprend:
Une consultation externe qui a lieu deux fois par semaine et qui est | réservée aux malades atteints de tumeurs quelles qu’elles soient; 20 lits d'hôpital en chambres de 2 lits dont 10 pour les hommes et 10 pour les femmes; un service pour le traitement du radium: (150 millig.) ; un service de rayons X avec appareillage de radiothérapie profonde (type Gaiffe); enfin un laboratoire très bien aménagé pour les recherches DIGRENSSS el expérimentales sur le c#cer. |
À ce service du cancer sont annexés quelques lits destinés à Rose | ser les cancéreux chroniques HDOPÉPARIESS en altendant la construction de nouveaux pavillons qui seront réservés à cet effet. /
Le Conseil municipal de Paris de son côté a acheté 2 grammes de radium, el a chargé lAssistance Publique de créer dans ses hôpitaux des centres de traitement pour les tumeurs par le radium et les rayons X. Deux de ces services, ceux de M. Hartmann à l'Hôtel-Dieu, et de M. Proust à Tenon fonctionnent actuellement. ce
Il existe encore, en France, un grand nombre de laboratoires où se … poursuivent des recherches sur le cancer: notamment les laboratoires d'anatomie pathologique et de pathologie expérimentale des Facultés de Médecine et ceux de l'Institut Pasteur.
Deux Associations ou Sociétés s'occupent du cancer :
L'une, l'Association française pour l'étude du cancer, fondée en 1908 par M. Delbet est, avant tout, une société scientifique qu publie un Bulletin mensuel dans lequel paraissent des travaux concernant le cancer. L'un des principaux buts de cette Association est d'attribuer des subventions aux travailleurs et aux différents laboratoires qui s'occupent de la question du cancer. Malheureusement, depuis la guerre, ces subventions ont dû être suspendues, faute de ressources suffisantes.
L'autre, fondée pendant la guerre par M. Hartmann, est la Ligue francoanglo-américaine contre le cancer, vaste groupement qui s'occupe principalement de la lutte sociale anti-cancéreuse.
Buts et moyens de la lutte anti-cancéreuse.
Nous venons de voir que dans tous les grands pays la campagne contre le cancer était désormais ouverte. Nous croyons donc utile de rappeler ici dans ses grands traits les bases qui doivent présider à cette œuvre à la fois humanitaire et sociale. | js
Le but de la lutte anti-cancéreuse est facile à préciser et comprend trois x propositions : R
Il s’agit, tout d'abord, de faciliter les recherches et les études qui concernent le cancer, dans l'espoir d'en découvrir la cause; ceci revient à 1 l'étude du problème biologique du cancer. An [10
Il s’agit ensuite de mettre en œuvre les moyens susceptibles de perfeæ à Hionner 42 méthodes de diagnostic et de traitement. du cancer, de façon à g mieux préciser les signes révélateurs de la maladie et d'améliorer de plus. en plus les procédés thérapeutiques.
LE CANCER, DU POINT DE VUE SOCIAL..Fasc. V. — 731
Il s’agit enfin d'organiser la prophylaxie du cancer en s'adressant à la fois au public médical et au grand public.
Quels sont les moyens permettant d'atteindre ces buts ?
Pour faciliter les recherches, il n’est d’autres moyens que d'améliorer les conditions matérielles de ceux qui travaillent dans les laboratoires. L'insuffisance des crédits accordés aux centres de recherches dans notre pays devrait être mieux connue, de façon à frapper davantage l'attention des pouvoirs publics.
Pour atteindre le deuxième but, celui du perfectionnement des méthodes de diagnostic et de traitement du cancer, il faudrait fonder en France, comme cela existe presque partout à l'étranger, des Instituts pour l’étude du cancer, formant un tout homogène pour l’enseignement et les recherches de cancérologie. En plus de la création d’hôpitaux et de centres de recherches, l’organisation contre le cancer devra comprendre, au même titre que l’organisation contre la tuberculose, des dispensaires qui devront fonctionner parallèlement aux dispensaires anti-tuberculeux et qui certainement rendront des services analogues.
Le troisième but’ est celui de créer et de perfectionner les méthodes de prophylaxie, ce qui devient possible aujourd’hui que nous connaissons certaines des condilions qui mettent l'organisme en état de prédisposition à faire du cancer. Il y a, à l’heure aetuelles comme on l’a dit très justement, un véritable « péril cancéreux » et il serait urgent que les administrations de notre pays. aidées par les associations et les corps compétents, s'efforcent de mieux établir la prophylaxie anti-cancéreuse.
Celle-ci, bien entendu, s’étendra à toutes les branches de l'hygiène.
L'enseignement sous toutes ses formes, autant dans les cours d'Hygiène que dans les cours d’Anatomie Pathologique, où trop longtemps le cancer est resté cantonné, est un des meilleurs moyens de propagande. Il faut, en effet, répandre dans le corps médical les notions nouvelles concernant la biologie et la thérapeutique du cancer, notamment de sa curabilité dans ses phases de début, et cette propagande peut se faire soit au moyen de cours spéciaux qui devraient être organisés dans tous les centres universiaires, surtout pendant les vacances, soit au moyen de brochures ou de tracts dans lesquels seraient résumées les principales acquisitions récentes de la science. Il s’agit de faire l'instruction des étudiants, de refaire celle de beaucoup de médecins praticiens qui, en raison de leur âge ou de leurs occupations, ne peuvent plus être au courant des acquisitions les plus récentes, des progrès enregistrés dans le diagnostic et le traitement du cancer. [Il faut aussi, par la voie des journaux vulgariser les travaux spéclaux, parfois difficiles à comprendre, souvent imprimés en langue étrangère, de facon à ce que tous les médecins avertis et intelligents soient à même de les connaître.
Bien entendu, cette propagande ne se limitera pas uniquement au public médical, mais elle devra également, par l'intermédiaire des Sociétés de Croix-Rouge, par les infirmières visiteuses, par des affiches ou des articles de journaux chercher à atteindre le grand public et y répandre les notions de la curabilité du cancer à ses stades de début.
Fe GusTaAve Roussy et Maurice Wozr.
Des efforts intéressants dans ce sens viennent d’être faits récemment dans notre pays. Les Sociétés de Croix-Rouge, notamment PU. F. F., ont organisé des conférences publiques sur le cancer ; l’Association française pour l’Étude du Cancer a fait afficher, par les soins du Ministère de l’'Hygiène et de la Prévoyance Sociale, cet avertissement au public.