‹ Nouveau traité de médicineChapitre 28 sur 189 · DESCRIPTION CLINIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION CLINIQUE

L'incubalion dure au minimum 7 jours, elle peut se prolonger 11 jours el plus. L’invasion s'annonce par un malaise général, de la céphalée et de l’anorexie, sans frissons. Très rapidement, la température s'élève au-dessus de 59°, elle peut atteindre 41°. La fièvre persiste ensuile-avec des rémissions malinales, qui n'excèdent pas quelques dixièmes. On observe, surtout chez les Européens, des vomissements profus, lesquels constituent un symplôme de premier ordre. La langue est humide, molle, couverte d'un épais enduit blanchâtre. La constipation est de règle, le foie et la rate sont hypertrophiés el sensibles à la pression. On conslale souvent un peu d'ictère. Le pouls, pendant loute la durée de la fièvre, atteint ou même dépasse 150 par minute. Les malades accusent fréquemment une douleur épigastrique, accompagnée d'une sensation d'oppression. Ils présentent aussi à l'occasion des mouvements une lendance à la syncope et qui persiste parfois après la crise. Il y a toujours accélération de la respiration, un peu de toux et des douleurs thoraciques.

Dans un certain nombre de cas, on observe les signes d’une pneumonie : point de côté violent, matilé aux bases, souffle tubaire, crachats hémop- Loïques, contenant des spirilles en grand nombre. Ces symptômes s'évanouissent avec une extraordinaire rapidité après la crise; 1ls se rencontrent presque: exclusivement dans la première atteinte fébrile.

Les malades se plaignent d'une céphalée tenace, aiguë el qui s’accompagne d'une hyperesthésie intense du cuir chevelu. L'agitation est de règle, le délire rare. Les symptômes oculaires sont fréquents; généralement umilatéraux, 1ls ne surviennent qu'après la première rechute, quelquefois plus Lardivement. Ils consistent en une injection des vaisseaux profonds de la scléroltique au pourtour de la cornée, avec larmoiement, photophobie et douleurs. L'iriis est fréquente. On constale à Fexamen ophtalmoscopique, sur le cristallin, un abondant dépôt pigmentaire qui forme un anneau complet autour de louverture pupillaire. Le corps vitré est trouble. Ces symptômes se dissipent dans la grande majorité des cas el la vision reconquiert son intégrité.

GENÉRALITÉS SUR LES SPIROCHÈTES. . Fasc. V. — 57

Le premier accès de fièvre des liques prend fin au bout de 3 ou 4 jours par une chute erilique de la température, accompagnée d'une (transpiration abondante et de la disparition brusque de tous les symptômes. Les rechutes sont plus fréquentes que dans la fièvre récurrente; il est de règle qu'un premier accès soit suivi de trois à cinq rechutes, rarement de plus. L’intervalle entre les rechutles varie entre 18 et même 50 jours. La durée des dernières tend à s’abréger, au point que le dernier accès se réduit parfois à une simple élévation de température de quelques heures. Dans les régions où la fièvre des tiques est très répandue, les indigènes, plus où moins immunisés, ne présentent le plus souvent qu'un accès ou deux.

La fièvre des tiques se termine presque toujours par la guérison. Celle-ci laisse après elle une anémie marquée, mais qui se répare vite. La mort peut survenir chez les sujets débilités par hyperpyrexie où défaillance cardiaque; c'est là l'exception. La mortalité est beaucoup plus grande chez les enfants que chez les adultes. La tendance aux avortements est la même que dans la fièvre récurrente. En somme, la fièvre des tiques présente les affinités cliniques les plus étroites avec cette dernière maladie. Elle s'en distingue surtout par la moindre durée des accès fébriles, un plus grand nombre de rechutes, lextrème fréquence des manifestations oculaires el aussi le moindre nombre de parasites présents dans le sang en circulation.

DIAGNOSTIC

La récurrente mise à part, 1l se pose surtout entre la fièvre des tiques el le paludisme. On ne peut compter que sur l'examen microscopique du sang pour lrancher entre ces deux infections.

3? GÉNÉRALITÉS SUR LES SPIROCHÈTES DE LA FIÈVRE RÉCURRENTE ET DE LA FIEVRE DES TIQUES

Les spirochètes sont des organismes grèles, filamenteux, spiralés, en forme de vrilles; qui se meuvent par rotalion autour d'un axe virtuel el progressent indifféremment d'avant en arrière et d'arrière en avant. Ils forment un groupe très défini dont les espèces, fort nombreuses, se classent à tous les degrés de la hiérarchie du parasilisme. Au bas de l'échelle se trouvent les espèces saprophytes : Sp. dentium, lréponèmes intestinaux de la plupart des vertébrés (Duboseq et Lebailly); puis viennent les parasites de tissus (tréponème de la syphilis, tréponème du pian, spirochèle de l'ictère hémorragique); au sommet de cette classification se placent les spirochètes sanguicoles présentant un cycle à deux phases, dont lune se poursuit chez un vertébré, l'autre chez un arthropode. Dans cette caté-

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