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L'HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME: FPasc. V. — 79
Quand la division du schizonte est lerminée, le groupe des éléments nouveaux qui en résultent se disloque, faisant éclater ainsi lhématie qui le contenait. Les éléments libres ou mérozoïles, circulent dans le plasma sanguin, jusqu'au moment de leur pénétration, généralement individuelle, dans une hémalie neuve et adulte. Le cycle schizogonique est terminé el peul recommencer.
2 Éléments sexués. — Certains schizontes peuvent devenir des éléments
Fig. 5. — Développement du microgamétocyte de Plasmodium vivax étudié sur des préparations colorées; 1-4, développement du microgamétocyte; 5-7, formation des noyaux; 8, émission des flagelles. (D’après Schaudinn, in Brumbpt.)
sexués. Le fait n’a rien que de normal : il correspond à une loi générale de biologie, dont la finalité est la régénération de l'espèce. Ces éléments sexués portent lenom de « gamètes » ; ils sont les uns femelles : ce sont les macroga-
- Fig. 4. — Maturation et fécondation du macrogamète de Plasmodium vieux (préparations colorées). 1-2, formation et élimination du globule polaire (g. p.); 5, fécondation par un microgamète; 4, 5, 6, 7, divers aspects du zygote en marche dans l’estomac de l’Anophèle. (D'après Schaudinn, in Brumpt.)
mètes; les autres mâles : ce sont les microgamélocytes. Dans l'organisme humain, ces deux formes sexuées ne poussent pas davantage leur évolution. Mais hors de l'organisme, et spécialement dans lestomac du moustique, le microgamétlocyte émel des microgamèles qui fécondent le macrogamète. Nous y reviendrons à propos de la sporogonie de Plasmodium.
L'étude de la transformation du schizonte en macrogamète à été faite sur le sang vivant par Schaudinn et sur des préparations colorées par Ruge. Le schizonte évoluant en « gamélogonie » se reconnaît à ce que le grain de chromatine est placé au centre du protoplasma, en ce que la zone achromatique disparait assez vile et en ce que sa pigmentalion est toujours plus
H: VincenT: et J. RIEUux.
accentuée que celle des autres schizontes. Les gamètes gardent pendant leur croissance une colorabilité etune pigmentalion plus grandes. Leur mobilité est plus faible; ils s’accroissent plus lentement que les schizontes, sans jamais accuser, comme ceux-ci, de tendance à la karyokynèse: ils arrivent ainsi à maturité. Ils remplissent alors et débordent même parfois le globule rouge qui les abrite, si bien que les limites de ce dernier peuvent échapper à la vue. Ils sont alors à proprement parler des « gamèles ». Nous reviendrons sur leurs caractères différentiels selon le sexe et selon les variétés de plasmodium. Leur évolution ultérieure ne peut se faire que si des conditions extérieures à l'organisme humain surviennent.
À défaut de ces conditions, que deviennent-ils? Il est établi aujourd'hui, el la démonstration en est due à Schaudinn, que les microgamétocytes, éléments mâles, meurent assez vite. Les macrogamètes, éléments femelles, œénéralement plus nombreux que les autres, sont doués, au contraire, d’une longévité beaucoup plus grande; ils se réfugient dans certains organes, la: rale surtout, et, par un phénomène de parthénogenèse ou de schizogonie régressive, où encore de schizontogonie, sont susceptibles de revenir à la forme schizonte, primitive et asexuée. Nous reparlerons de ce phénomène à propos de chaque variété de Plasmodium. Il nous suffira de dire pour l'instant que ce phénomène explique les rechutes du paludisme, qui peuvent survenir parfois très tard après les accidents initiaux.
B) Sporogonie. — La sporogonie commence dès la sortie de Plasmodium de l'organisme humain. À. Laveran en à observé la phase initiale dans ses premières recherches, quand il examinait du sang de paludéen entre lame et lamelle, et qu'il constalait l'émission de microgamètes à la surface du microgamétocyle, leurs mouvements de flagelles, puis leur mise en hberté au milieu des hématies. Nous savons que ce sont les travaux de R. Ross sur l'infection de Culex pipiens par l’hématozoaire d'oiseaux, puis de Grassi et de ses élèves, enfin de Minchin et de Schaudinn sur l'infection d’anophèles par Plasmodium, qui ont démontré, d’une mänière à peu près complète, le cycle sporogonique de lhématozoaire de la malaria.
Le premier acte de Ia sporogonie, dès la pénétration du sang paludéen dans le lube digestif de lanophèle femelle, est la fécondation du macrogamèle par le microgamète; les schizontes perdent loute activité et meurent. Le microgamétocyle devient extraglobulaire, prend une forme arrondie, et émet sur sa périphérie un certain nombre de flagelles ou microgamèles dont les extrémilés sont un peu renflées ; ceux-ci, d’abord animés de mouvements en fouel, se délachent de la cellule-mère et se portent au-devant des maçrogamèles. La fécondation de ce dernier se fait de la manière suivante : l'extrémité du microgamète se place en contact du macrogamètle; en cel endroit le bord du macrogamète accuse un renflement, vers lequel se dirige en même Lemps le noyau central; la fécondation à lieu par la pénétration du microgamètle dans l’intérieur de la cellule femelle et la fusion des éléments nucléaires. L'œuf ou ookynète est constitué; il prend une forme allongée, et, mobile, se dirige vers la paroi intestinale; ilen traverse l’assise unicellulaire, passe dans la cavité générale du corps du moustique, mais reste Loulefois en contact avec Pépithélium intestinal, entre celui-ci et la
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couche museulo-élastique. C’est la place qu'il conserve pendant loute son évolution sporogonique. D’allongé, l’ookynète reprend la forme arrondie et devient kyste ou zygote. Le noyau du zygote se divise un-certain nombre de fois : chaque division nucléaire, entourée de protoplasma, constitue un sporoblaste. Pendant toute cette formation la dimension du zygote s’est accrue, si bien que chaque zygote arrive à soulever la paroi intestinale et à
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Se Fig. 5. — Schéma indiquant les deux cycles: schizogonique el sporogonique, de Plasmodium. A) Cycle schizogonique. — 1, Sporozoïle introduit dans l’organisme humain par le
moustique (28) et se dirigeant vers une hématie; 2-5, schizonte jeune dans une hématie ; 4, or demi-adulte ; 5, stade de rosace (sporocyte); 6, mérozoïtes mis en liberté ; , mérozoïle libre se dirigeant vers une hématie ; 8, schizonte jeune, 2° génération ; 9, A nte demi- res 9° génération; 10, stade de rosace (sporocyte); sn mérozoïtes mis en liberté, 2° génération ; 12, mérozoïte libre pouvant recommencer un 5° cycle schizogonique ; 15, mérozoite libre de 2° génération; 1#, gamète jeune; 15, gamète adulte; 16, microgamétocyte & et 17, macrogamète $ libres dans le sang
. humain, attendant pour achever leur évolution leur pénétration dans Pintestin du moustique 18 ; 5 à 12, cycle asexué; 13 à. 16-17, cycle sexué.
B) Cycle sporogonique. — 19, microgamétocyte 4 et 20, macrogamète $ dans le tube digestif du moustique ; 21, microgamétocyte émettant des microgameètes dont lun va féconder le macrogamète 22; 25 et 24, ookinète; 25, ookyste ou zygote; 26, kyste contenant des sporoblastes:; 27, kyste contenant les sporozoïtes; 28, moustique inoculateur de sporozoïtes. (Schéma inspiré de Ruge.)
faire hernie à l’intérieur du tube digestif. Enfin, dans un stade terminal, le noyau de chaque sporoblaste se segmente; chaque segment entouré de son protoplasma représente un sporozoïte:; Lous sont placés côte à côte à la périphérie, contre la membrane kyslique qui enveloppe primitivement le zygole et s’est accrue avec lui. Cest la rupture de cette enveloppe qui met en liberté la foule des sporozoïtes. Ceux-ci tombent dans la cavilé stomacale, gagnent les glandes venimo-salivaires et sont inoculés par l'acte même de la piqüre. »
; : … He Vixcexr et JRIEUX.
Le cycle sporogonique est terminé.
Nous verrons, en étudiant le moustique et létiologie du paludisme, les condilions favorisantes el contrariantes de cette évolution sporogonique. Qu'il nous suffise de dire pour l'instant que ce cycle entiér, dans les condilions les plus favorables de température extérieure (25 à 50°) et de milieu, dure une semaine. Pour une température de 20 à 22° sa durée est plus longue. L'évolution n’aboulit pas pour une température inférieure à 20°.
Il. Technique d'examen de l'hématozoaire. — Nous ne croyons pas nécessaire de donner ici l'exposé détaillé des procédés de recherche et d'examen de l’hématozoaire dans le sang frais et dans le sang étalé et desséché sur lames. Ces procédés sont décrits dans tous les livres de technique micrographique. Disons seulement que ceux dérivés de la méthode de tomanowsky : technique de Giemsa, méthode panoptique de Pappenheïm, procédé de Leishman, Panchrome de Laveran, ont de plus en plus tendance à remplacer les autres : bleu de méthylène et thionine, par exemple.
Nous nous bornerons aux deux techniques suivantes :
1° Coloration par la méthode de Laveran. — A. Laveran(!) prépare à l'avance : 1° du bleu de méthylène à l'oxyde d'argent ou bleu Borrel. Dans une fiole de 150 c. c. environ, on met quelques cristaux d’'azotate d'argent et 0 à 60 €. €. d’eau distillée: quand les cristaux sont dissous, on remplit la fiole avec une solution de soude et on agite; il se forme un précipité noir d'oxyde d'argent qui est lavé à plusieurs reprises à l’eau distillée. On verse alors sur l’oxyde d'argent une solution aqueuse saturée de bleu de méthylène médicinal de Hœchst: on laisse en contact pendant 3 semaines au moins, en agitant à plusieurs reprises.
2 Solution aqueuse d'éosine à 1/1000°.
5° Solution de Lanin à 5/100€.
La coloration se fait de la manière suivante :
On mélange, au moment de s'en servir, en filtrant les deux premières :
Solution: d'évsme" tr #00 MATE TN RO EEE 4 C. €. Bleu-Borrel à l'oxydé"darsent,. 023, LR RS Eau disüllée . 6-c. ©
On place la lame dans le bain colorant en position verticale pour éviter que le précipité qui se forme ne se dépose à sa surface. On colore 10 minules. On lave de nouveau à l’eau distillée. On sèche.
Laveran a modifié en le simplifiant ce procédé primitif.
C'est la méthode dite de Laveran « modifiée ». Il substitue l'azur IL ide. Gruber au bleu Borrel.
On mélange, au moment de s'en servir :
Solution aq. d’éosine à 1/1000° . ASP PEUT NE = PE: 220
Arr dE ssoluitigaz ag a 4008, su 2 RTS OSSI
Eau distillée . | . Re x 8 « Colorer 10 minutes, laver, passer au tanin, laver, sécher.
2 Coloration par le procédé de Giemsa. — (riemsa(?) a donné en 1905 le:
J. À. LaAvEeraAn.. Soc. biol., 9 juin 1900 et 7 mars 1905: 2, Giemsa. Ann. Inst. Pasteur, 1905.
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mode de préparation du colorant qui porte son nom. On le trouve toul préparé dans le commerce.
Les James desséchées sont placées pendant 20 à 50 minutes dans lPalcool absolu vrai. Au sortir de lalcool, elles sont plongées dans le bain colorant préparé extemporanément par le mélange de la solution de Giemsa du commerce À partie, avec 9 parties d'eau distillée; les lames y séjournent 20 à 50 minutes: elles sont ensuite lavées à grande eau et séchées.
III. Essais de cultures « in vitro » de plasmodium. — Déjà en 1897, H. Vincent (!) avait tenté de cultiver lhématozoaire en plaçant une goutte de sang paludéen entre lame et lamelle stérilisées. Les préparations, lutées à la paraffine, élaient conservées dans une chambre humide, soit:à l’étuve à 58°, soit à la température du laboratoire. Dans des cas de quarte et de lierce anciennes, les préparations ont montré, après 12 et 24 heures, des schizontes contenus dans de grands leucocyles et animés de mouvements amiboïdes; 11s avaient, par conséquent, été absorbés vivants, à l'état de mérozoïles, par le globule blanc et s'y étaient agrandis. Mais ils n'avaient pas dépassé le stade plasmodial et n'étaient pas parvenus à celui de la segmenrlation nucléaire, c'est-à-dire de la mulliplication.
Cette question de la culture #n vitro de Plasmodium a repris de l'actualité depuis les résullats positifs obtenus sur Piroplasma, sur Leishmania Donovani, et d’autres protozoaires. C. C. Bass et F. M. Johns [de la Nouvelle- Orléans (?)| ont défibriné du sang de paludéens atteints de fièvre lierce (6 fois) et de tropicale (29 fois): 1ls ont mélangé 10 €. ce. de ce sang à 0 €. c:1 de solution de dextrose à 50 pour 100 et l’ont centrifugé pour séparer le sérum des globules. Le sérum est réparti dans des tubes à fond plat, de telle sorte que la hauteur du liquide soit de 12 à 25 millimètres. Ils ajoutent à ce sérum 0 €. ec. À à 0e. e. 2 d'hématies de la partie moyenne du culot, pour éviter la présence de leucocytes. L'ensemble est porté à l’étuve à 40°. Dans ces conditions opératoires, les auteurs ont obtenu une ou deux généralions schizogoniques des Plasmodium. Sur la même technique de Bass, J. J. Thomson et Mac-Lellan [de Liverpool ()|}, Lavinder (*), enfin Ziemann, ont repris la même question. Tous ont obtenu une croissance de schizontes, mais certains seulement ont observé une évolution schizogonique complète avec formation de mérozoïtes (52 pour P. præcox) et pénétration dans de nouveaux globules. Il est curieux enfin de constater que dans ces conditions artificielles de vie, l’évolution des schizontes se fait plus rapidement que dans l’organisme humain (15 à 25 heures au lieu de 48 pour P. præcox, par exemple). Les faits en sont là. Nul doute qu'ils ne soient plus approfondis encore: Mais 1l n'apparaît pas que ce côté de la question de lhématozoaire modifiera nos connaissances si solidement établies sur la malaria.
HET VINCENT, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1897, p. 902. 2. C0: C. Bass et F. M. Jouxs. Journ. off. expér. méd, n° 4, 1 octobre 1912.
3. J. J. THomson et MAc-LELLAN. Ann. of trop. med. and., n° 4, 3 décembre 1912 4. LAvINDER. Journ. of the ameri:. med. assoc., 4. janvier 1913.
H. Vincent et J. Rieux
IV. Les hématozoaires. — Nous avons exposé les caractères généraux,
morphologiques et évolutifs du genre Plasmodium. Il convient de pousser plus loin notre élude et d'analyser les mêmes caractères, évolulifs et morphologiques, de chacune des espèces qui composent le genre où tout au moins des trois Lypes morphologiques qui sont à différencier dans le genre Plasmodium : 1° Plasmodium vivax (Grassi et Felelti), parasite de la lierce bénigne: 2 Plasmodiun malariæ (Grassi el Feletti), parasite de la quarte; 5° Plasmodium immaculatum où præcox (Grassi et Felettü), parasite de la fièvre tropicale (1). L'unité de celte dernière forme n'est pas admise partout. Pour les uns (Koch, Hewetson, Ruge) le P. præcox est un; pour d’autres (Grassi, Marchiafava et Bignami), elle serait double: pour d’autres encore (Mannaberg) triple. La question est trop incertaine pour qu'on puisse dès à
Fig. 6. — Caractères communs aux trois types morphologiques de Plasmodium. (D'après A Billet.) — A) Plasmodium præcox ou immaculatum. B) Plasmodium vivax ou ter-
tianum. C) Plasmodium malariæ ou quartanum. 1, noyau (chromatine) ; 2, vésicule nucléaire; 5, vésicule nutritive; 4, cytoplasme; 5, grains de Schüffner; 5’, grains ou taches de Maurer; 6, grains de pigment; 7, globule rouge. Ces caractères n’ont trait qu'aux schizontes.
présent conclure. Nous nous en Liendrons à la division première qui laisse à P. præcox son unité.
Nous exposerons successivement les trois types de Plasmodium en commençant par le mieux connu, P. vivax ou lertianum.
A) Plasmodium vivax ou tertianum. — 1° Morphologie. — Dans les. préparations colorées, les schizontes montrent, dès les premières heures qui suivent [a pénétration du mérozoïte dans l'hématlie, les caractères classiques d'une bague avec chaton, ses dimensions varient du quart à la moitié du diamètre de lhémalie qui le contient. Cet état persiste pendant la première moitié du eyele Lolal, soit environ 24 heures. Il augmente seulement un peu de dimension. Pendant la seconde moitié du cycle, le protoplasma s'agrandit, se charge de pigment noir, éparpillé irrégulièrement à sa surface, el prend là forme d'un disque plein ou d’une surface irrégulière, creusée de dépressions el munie d’expansions, en un mot la forme d’une amibe animée de mouvements pseudopodiques el qui aurait été fixée en pleine mobilité; de là une diversité très grande d'aspect. En même lemps,
1. Voici la synonymie la plus employée de ces trois formes : 4° P. vivax = P. malàriæ tertianum, Hœmamæba malariæ, var. magna ou tertiana; 2% ?. malariæ = P. malariæ quartanum: Hœm. malariæ, var. quartana; 3° P. immaculalum = P. præcox, P. falciparum, Hœm. malariæ, var. parva.
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le globule rouge parasité s’hypertrophie, pâlit et perd sa forme ronde pour acquérir une forme ovale ou un peu irrégulière. Dans les dix dernières heures de l’évolution, entre la 40° el Ia 48e heure, le schizonte qui représente un disque bleu, régulièrement cireulaire où irrégulier et qui remplit à peu près complètement le globule hypertrophié, commence la division de son noyau. Au lieu d'un grain de chromaline, on en compte 2, 5, 4, 8, 16. répartis irrégulièrement à l’intérieur du protoplasma: le pigment est amassé à la partie centrale; le globule paraît avoir disparu. L'ensemble du parasite représente, selon les images consacrées : une framboise, une mûre, une rosace. La « morula » ou encore le « sporocyte » est constitué. Le globule rouge éclate et le plasmode met en liberté 16 à 25 éléments jeunes ou mérozoites. Le cycle de P. vivax est terminé. Il peut recommencer par la pénétration de nouveaux mérozoïles dans les hématies.
Une dernière particularité de P. vivax existe dans la pigmentation du globule rouge parasité. Parle Romanowsky, en effet, le globule renfermant un schizonte de P. vivax depuis 12 heures environ (schizonte en anneau) est rempli de fines granulalions roses ou rowges en nombre assez considérable, mais nettement séparées et qui recouvrent le parasite lui-même. Cet état ogranuleux’a été déerit par Ruge et Maurer presque en même temps, d’où le nom de «grains de Ruge ou de Maurer» sous lequelonles désigne. Ces grains sont caractéristiques de P. vivax. Ils doivent se différencier, d’après Ruge, des grains de Schüffner, qui seraient produits par lPhématoxyline et apparaitraient comme des points bleuätres où wiolacés sur le fond du globule incolore. Nous devons ajouter cependant que la dénomination de « grains de Schüffner » a prévalu et demeure classique.
Le cycle de P. vivax à l’état de schizonte peul se résumer de la façon suivante : Cycle total, 48 heures. Forme en anneau, 24 heures. Forme amibienne, mobile et pigmentée, 16 heures environ. Forme de division nucl£aire, aboutissant au sporocyte, 8 heures environ.
Les gamètes se reconnaissent difficilement sous leur forme jeune; ils montrent alors un protaplasma plus abondant, plus épais, plus coloré que celui du jeune schizonte; en outre, il est déjà pigmenté. Le noyau est souvent central. Ces mêmes caractères persistent au stade plasmodial, où le gamète a une forme plus régulière et une teinte bleue plus foncée que le schizonte au même stade.
Les gamèles adultes ont une dimension à peu près égale à celle du schizonte adulte; leur pigmentalion, au lieu d’être, comme dans le schizonte, parfois réunie en amas plus ou moins compact en un point de l'élément, est éparpillée à leur surface ; ils montrent, en outre, une entaille du protoplasma plus ou moins étendue el nette, occupée par le noyau; la chromatine nucléaire, condensée en un seul amas, a l'air d’être faite de l'union de grains ou du pelotonnement d'un fin filament. L'évolution des gamèles surtout connue pour le macrogamète est au moins deux fois plus longue que celle du schizonte.
Les caractères différentiels des macrogamèles © el des microgamétocyles sontsurtout constitués par la coloration toujours plus intense chez le premier que chez le second. Le macrogamèle a done une coloration plus
TEVINCENT et JT RIEUX
bleue, une pelile entaille circulaire ou demi-circulaire à sa périphérie, des dimensions plus grandes (10 à 144), une pigmentation plus fine, la chromatine est au prôtoplasma comme 1/8 ou 1/12. Le microgamétocyte a une coloration plus pâle (vert-gris ou presque incolore), une coupure plus grande, qui oceupe parfois la:moitié du parasite, des dimensions plus petites (S à 9u), une pigmentation plus épaisse et plus diffuse, enfin la chromatine est au protoplasma comme 1/5 ou'1/4. En résumé, le macrogamète se reconnait à la faible dimension du grain de chromatine au milieu du protoplasma.étendu et bleu foncé: le microgamétocyte montre une chromatine nucléaire plus élendue au milieu d’un protoplasma gris rose ou gris vert.
Les caractères évolutifs dans le sang vivant, toute question de structure fine mise à :part, .sont la reproduction de ceux que nous avons décrits dans les préparations colorées. En outre, l'observation du P. vivax dans le sang frais el vivant, hors de l'organisme, en chambre humide, permet d'assister à l'acte de la fécondalion du macrogamèle, fait que l'étude du sang ne per-
Fig. 7. — Schizogonie régressive d’un macrogamète de Plasmodium vivax, 48 heures avant une récidive (préparation colorée). N, partie achromatique du noyau: N'partie riche en chromatine qui se divisera (n. m., 4) pour donner des mérozoïtes (m, 5). (D'après Schaudinn, in Brumpt.)
mel pas de constater, puisque celle fécondation est loujours extérieure à l'organisme.
Au début de l'évolution des schizontes de P. vivax dans le protoplasma du globule rouge, on peut constater dans certains globules des petites figures, rondes ou ovales, de couleur gris doré, pâle, à contours confus, difficile à distinguer du protoplasma globulaire ; leurs mouvements amœæboïdes permettent cependant de les reconnaître comme des éléments vivants. Leur diamètre égale 1/5 de globule. Ces formes grandissent dans le globule hypertrophié et décoloré, se chargent de grains de pigment, quisontsouvent extrêmement mobiles dans le parasite.
Quand P. vivax est âgé de vingt-quatre heures, on peut parfois apercevoir à son intérieur une zone claire et brillante qu'on doit considérer comme la chromatine. Durant les douze heures suivantes, le parasite con- Linue à croître, le pigment augmente sous forme d'une poussière très ténue, les mouvements diminuent. Sur la fin de l'évolution, vers la quarante-sixième ou quarante-huitième heure, le pigment se fixe et s'ordonne en une bande ou en un ou deux amas, des zones claires et brillantes, répondant à autant de grains chromaliniens que de jeunes parasiles, s’avancent peu à peu dans l'intérieur du P. vivax jusqu'à ce qu'il en soit complètement rempli. Le sporocyle est ainsi constitué. En dernier lieu, le reste de l'enveloppe du globule éclate el les jeunes parasites (mérozoïtes) qui ressemblent alors à des globu-
L'HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME. Fasc. V. — 81
lins sont prêts à recommencer le cycle, tandis que le pigment est phagocyté par les leucocytes.
Les gamôites se reconnaissent, à côté des-schizontes ou mieux des sporocytes, à leur plus grande dimension qui dépasse celle du globule rouge, à leur apparence libre, à leur pigment réparti sans ordre et toujours mobile. Parmi ces formes on peut encore en reconnaître deux distinctes l’une de l’autre : l’une‘possède un protoplasma hyalin, un riche pigment brun doré, une dimension généralement peu supérieure à celle du globule rouge normal. L'autre a un protoplasma finement granuleux, un pigment brun noir en grains ou en fins bâtonnets. La première forme répond au mnicrogamétocyle &, la seconde au macrogamète $. La démonstration en est faite par l'évolution ultérieure.
En effet, après dix ou vingt minutes d'observation, les gamètes à protcplasma hyalin sont pris de mouvements brusques, se jettent de part et d'autre, et émettent de leur intérieur quatre à huit filaments longs et minces, les « flagelles » ; ceux-c1 ‘sont d’une dimension égale à deux ou trois diamètres de globule rouge : ils battent avec violence autour d'eux, fouettent les flancs des hématies voisines, se séparent de leur sphère, parcourent avec des mouvements serpentins le champ du microscope et pénètrent enfin dans l’intérieur de Ia deuxième variété du gamète où ils disparaissent. La fécondation est ainsi accomplie. Quant à la proportion des microgamétocytes, par rapport aux macrogamètles, elle est des plus variables: pour Ruge elle peut aller de 1/1 à 1/40; dans nos observalions personnelles, la proportion des macrogamètes a loujours été très supérieure à celle des microgamélocytes.
2° Parthénogenèse des macrogamètes de P. vivax. — Quand un macrogamète revient par parthogenèse à la formation de schizontes, les éléments qui le constituent, protoplasma et chromatine nucléaire, se scindent par la moitié. De ces deux moitiés, l'une conserve en grandissant la morphologie primitive, c'est-à-dire celle du macrogamète (basophilie très accentuée du éytoplasma, noyau étendu et finement réticulé, pigmentation forte): l’autre moitié prend au contraire, en s’accroissant, l'aspect du schizonte, demi-müûr, mûr, puis du stade de morula avec production de mérozoïles. Ces faits, établis d'abord par Schaudinn, sont d'observation assez facile dans le sang des paludéens très riche en P. tertianum. Mais il convient de ne pas confondre un gamète revenant par parthénogenèse à l’état de schizonte el un gamèle occupant avec un schizonte l'intérieur d'une même hématte.
B) Plasmodium malariæ ou quartanum. — Dans les préparations colorées, les schizontes de P. malariæ montrent dans les premières heures de leur évolution des caractères peu différents de ceux du P. vivax. C'est la même forme d'anneau, avec son grain de chromatine, sa zone achromatique el le croissant protoplasmique : l'ensemble a des dimensions du tiers ou de la moitié de l'hématie parasitée. Cet état persiste pendant le tiers de lévolution totale, c’est-à-dire vingt-quatre heures. À partir du deuxième jour, le schizonte, par une sorte d’élirement du proltoplasma de lanneau primitif, prend l'aspect d'un ruban allongé et étroit, d'un point d'exclamation, bleu,
H:. VincEnNrr ‘et J. RIEUXx.
assez forlement pigmenté, étendu dans l'intérieur du globule rouge qu'il traverse parfois totalement. Le globule n'est ni 'hypertroplié ni décoloré. L'hématie parasilée est entourée d’une couronne d’autres hématies saines accolées à elles (Gros). Pendant tout ce deuxième jour, le ruban de schizonte s'agrandit, prend une dimension deux à trois fois plus considérable el augmente sa pigmentation, qui se présente sous forme de bâlonnets fins, plutôt que de grains. Enfin dans les dernières vingt-quatre heures du cycle total, le schizonte de P. malariæ, qui a pris une forme irréguliè; rement arrondie, commence la division de sa chromatine. Au lieu d’un grain chromatique. le protoplasma pigmenté en renferme 2, 4, 8, rarement davantage, répartis au milieu ou placés régulièrement en bordure. Le pigment se rassemble au centre de la figure, qui donne alors parfois. une image de marguerite. Pendant loute celle évolution, qui-garde une régularilé généralement plus grande que le cycle de P. vivax, le schizonte de P. malariæ ne prend jamais de dimension supérieure à celle d’une hématie normale. Celle-ci, parasitée, ne modifie jamais enfin sa dimension el sa couleur normales. On n'y observe pas de granulations. Le sporocyte de P. malariæ, arrivé à la fin du cycle de soixante-douze heures, met en liberté ses spores ou mérozoiles, qui sont généralement au nombre de 8. Le cycle préc édent est prêt à recommencer. Nous pourrons le résumer de la façon suivante : Cycle total, T2 heures. Fo ne en anneau, 24 heures, — Forme en ruban, 2% heures. Forme de division nucléaire aboutissant au sporocyte, 24 heures.
L'évolution et la morphologie des gamètes sont moins connues que celles des gamèles de P.vivax. On ne les différencie bien qu’à l’état adulte où elles présentent les caractères que nous avons décrits pour les gamètes de P. vivax : coloration plus intense du protoplasma et absence de division de la chroma- Une. La différence réside, tant quele gamète est intraglobulaire, en ce que le gamèle de P. malariæ est plus petit que celui de P. vivax. Cette différencialion n'est plus possible à partir du moment où les gamèles sont libres, car il y a des gamèles de P. malariæ relativement grands etdes gamèteS de P. vivax relalivement petits (Ruge).
Quant à la différencialion entre macrogamètes et microgamétlocytes de P. malariæ, elle à été faite par Levi Della Vida : le protoplasma des macrogamèles est plus dense el plus colorable ; celui du microgamétocyte est plus pâle, plus pigmenté et moins coloré.
L'évolution dans le sang vivant réalise un lableau en tout point comparable à celui décrit pour P. vivax. Seule la durée est de 72 heures au lieu de 48 heures. En outre, le P. malariæ tranche davantage sur le protoplasma globulaire que le P. vivax: son pigment est plus abondant, ses mouvements amæboïdes sont plus faibles, ses grains de pigment sont plus gros, plus bruns, el sa division comporte 8 ou 14, au plus, mérozoïtes. On n'observe pas de décoloration ni d'hypertrophie globulaire. Quant à l'acte de téconda- Lion, il est identique à celui de P. vivax (Ruge).
C) Plasmodinm immaculatum ou præcox. — La durée totale de lévolulion sin schizontes n'est pas aussi exactement connue que celle de
L'HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME. Fasc. V — 89
P:-vivax ou de P. quartanum. Il est admis que celle évolution varie de 2 à 8 jours. La forme la plus Jeune du schizonte de P. immaculatum se présente sous la forme d’un petit anneau de la dimension de 1/6 de globule rouge de couleur bleu sombre presque noir et dont le cercle à la finesse d'un cheveu et semble tracé à la plume: cet anneau porte à sa périphérie un ou deux peits grains de pigment très fins, brun foncé. La zone achromatique est très développée. Enfin, le schizonte est à ce stade presque toujours placé à la bordure du globule et parfois même seulement accolé à lui (phase ou élat paraglobulaire). Dans un stade ultérieur, ces petits anneaux, déjà plus nombreux dans le sang périphérique. ont augmenté du double. Le schizonte représente toujours un anneau, mais à protoplasma plus épais. Sa forme est parfois incomplète et réalise celle d'un fer à cheval. C’est le moyen anneau de P.immaculatum. Enfin, dans un stade plus avancé encore, l’anneau précédent augmente sa dimension qui devient égale à 1/3 de globule rouge; son proloplasma dessine un croissant bleu assez épais; l’ensemble est en tout comparable à l'anneau de P. vivax dans les 24 premières heures de son évolution; c'est le grand anneau de P. immaculatum. Le globule parasilé n'est ni hypertrophié, ni décoloré ; il est plutôt ratatiné. Le schizonte disparaît du sang périphérique et achève son évolution dans les capillaires des viscères, tels que la rate, ou de la moelle osseuse. On sait cependant qu'à la fin de cette évolution, le sporoeyte de P. immaculatum apparaît sous forme d'éléments bleus de ne aille, à contours irréguliers, à pigment central et renfermant de 10 à 25 grains de chromatine. Par le nombre de ceux-ci, 1l rappelle le sporocyle de P. vivax, mais sa taille est trois fois plus petite. Par sa taille, il rappelle le sporocyte de P. malariæ, mais ses grains de division sont beaucoup plus nombreux. La mise en liberté des mérozoïtes se fait également dans les viscères centraux, ainsi que le début de l’évolution des nouveaux schizontes. Certains auteurs admettent enfin que le schizonte du P. præcox se divise directement par bipartition, sans atteindre nécessairement le stade de rosace.
L'observation des faits précédents est surtout facile quand on à affaire à des cas de première invasion; après les rechutes la confusion devient possible et toutes les formes d’anneaux peuvent s’observer en même temps.
Maurer a décrit en 1902 des grains inclus dans le protoplasma des hématies parasilées par le P. immaculatum:; ce sont, contrairement à ceux de la tierce bénigne, des grains assez volumineux, peu nombreux, irréguliers et de dimension inégale, désignés sous le nom de « grains » ou «taches de Maurer ».
Contrairement aux schizontes, les gamè!es de P. immaculatum sont très connus, parce qu'ils se trouvent fréquemment dans le sang périphérique et que leur forme est assez caractéristique pour avoir toujours attiré lattenlion. Les gamètes de P. immaculatum ne sontautres en eftet que les « corps en croissant » où « corps falciformes », si souvent observés par ceux qui ont eu l’occasion de rechercher lhémätozoaire du paludisme. Leur forme commune est celle d’un «croissant », d’une «<demi-lune », d'une «saucisse », d'un «fuseau», enfin d’une masse sphérique. Ces formes ne sont du reste pas dues au hasard de la fixation, elles représentent, d’après Ruge tout au moins, une véritable évolution. La forme initiale est d’abord celle d'un
H. Vixcenr et J. RIEUX.
anneau pigmenté endoglobulaire, analogue à celui de P. vivax, puis eellé de la demi-lune ou du croissant à extrémités arrondies. La longueur est d'une fois et demie, la largeur la moitié de celle du: globule rouge. Les extrémités se colorent en bleu pâle ou bleu gris par le Giemsa. Le centre présente un amas de pigment ordonné en couronne autour de graims de chromatine. Au début de son évolution, le gamète de P. immaculatum est inclus au milieu du globule : celui-ci s'étend en longueur pour s'adapter en quelque sorte à la forme en croissant du gamète lui-même, si bien que le globule dessine une légère courbe, placée dans la concavité du croissant. Sous cel aspect, le microgamétocyle se reconnaît à la laxité de son réseau de chromatine et le macrogamèle à sa densité. Aun stade plus avancé, on observe la forme en fuseau et enfin la forme sphérique. Celle-ci représente l'état adulte du gamèle et répond à la même forme des gamèles de P. vivax el de P. malariæ; c'estencore une surface irrégulièrement arrondie, fortement colorée et pigmentée avec une masse chromatinienne plus ou moins nette: l'ensemble est de dimension inférieure aux gamètes de ‘P. vivax et de P. malariæ.
L'observation du schizonte de P. præcox dans le sang frais el vivant est assez difficile. Cela tient à la rareté du parasite jeune, à la difficulté de de déceler dans le protoplasma de lhématie, à l'absence de pigment; aussi échappent-ils généralement à un œil non exercé. Au début de leur évolution ils apparaissent comme de petits anneaux, mesurant 1/6 à 1/4 du diamètre d'un globule, ou des masses sans caractère précis. I n'existe, ‘eneffet, pas de pigment. Seuls, les mouvements amæboïdes permettent leur connaissance. Plus tard le pigment apparaît el permet de les déceler plus facilement. L'évolution ultérieure, jusqu'à la mise en liberté des mérozoiïtes, «est Ja même que pour P. vivax. Le sporocvte émet 8 à 25 mérozoïles : 1lest toutefois toujours plus petit que celui de P. vivax.
Quant aux gainètes, leur différenciation d'avec les gamètes de P. vivax où malariæ est facile. Elle a élé établie en particulier par Ziemann. Elle est du reste facilitée par l'aspect réniforme ou fusiforme de élément. On reconnail, en oulre, à sa face concave, la ligne courbe du contour de l'hématie décolorée. On peut différencier enfin le microgamétocyte du macrogamèle. Le premier a ‘un aspect hyalin, le second est granuleux.
Tels sont, dans leur analyse, les caractères morphologiques des trois types classiques de Plasmodium. Certains les considèrent comme des espèces du genre P., aussi séparées les unes des autres quele sont les espèces animales el végétales. D'autres les tiennent pour des races, ou plus simplement des variétés d'une même espèce P., susceptibles, à ce titre de passage, de croisement et de transformation réciproques. Celle thèse uniciste est défendue par le professeur Laveran, pour qui les différents aspects sous lesquels apparail P. ne suffisent pas pour établir une démarcation absolue, « spécifique », entre eux.
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