‹ Nouveau traité de médicineChapitre 59 sur 189 · THÉRAPEUTIQUE DU PALUDISME · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE DU PALUDISME

I. Considérations générales. — Le paludisme possède dans la quinine el dans ses sels un médicament spécifique. L'étude thérapeutique de la malaria est done essentiellement subordonnée à l’administralion de ce médicament. Ceci ne signifie cependant pas que d'autres agents thérapeuliques ne puissent êlre d'un cerlain secours dans. le traitement du palu-

THÉRAPEUTIQUE DU PALUDISME. Fasc. V. — 151

disme.-Nous y reviendrons en terminant. Il convient de savoir, du reste, que les manifestations aiguës du paludisme peuvent dans certains cas s'arrêter momentanément sans médication quinique. Cette sédation, parlois prolongée, peutse faire dès le premier accès fébrile ou après une succession plus ou moins longue d'accès. On peut l'observer dans toutes les formes bénignes de la malaria, surtout dans la quarte.

La quinine demeure donc le médicament d'élection du paludisme. Chacun sait qu'à l'état naturel elle représente un des alcaloïdes contenus dans l'écorce de quinquina; sa formule chimique est C# A2A20?; c'est une poudre blanche amorphe, très peu soluble dans l'eau. C'est pour augmenter sa solubilité qu'on la transforme en sels: les principaux sont : les chlorhydrales basique et neutre de Q., les plus riches en quinine; le sulfate; le bromhydrate, le sulfovinate, le lactate, le formiate de quinine; les sels neutres sont plus solubles dans l’eau que les sels basiques: les plus employés sont les chlorhydrates, le sulfate, le formiate.

Comment agit la quinine sur l'hématozoaire? La réponse à celte question n'avait jamais pu être formulée avant la découverte de Plasmodium. À. Laveran, en le découvrant, établit le premier que les sels de quinine luent le parasite.

Depuis celte époque de nombreuses études ont été faites pour élucider le mode d'action de la quinine sur Plasmodium. Signalons celles de Mannaberge, Golgi el ses élèves, Ziemann, Schaudinn, ete. Au cours de la fièvre lierce bénigne et en employant des doses fractionnées (0 gr. 25 toutes les 6 heures) de chlorhydrate basique de quinine, on observe une véritable dégénérescence nucléaire et protoplasmique du parasite (‘); cette action est très rapide sur les schizontes jeunes, plus lente sur les schizontes mûrs, plus lente encore sur les gamètes. L'action est la même sur les autres variétés de P., mais la résistance au médicament est plus grande pour P. præcox que pour P. vivax ou P. quarlanum. Cette résistance atteint son maximum pour les gamètes de P. præcox.

L'action de la quinine n’est efficace que si le milieu sanguin en content. Il n'est dès lors pas imdifférent de connaître les règles de lélimination du médicament. De nombreuses recherches récentes ont été faites sur ce sujet. On peut les résumer en disant qu'après ladministration d’un gramme de chlorhydrate de quinine, sa présence est révélée très rapidement (25 minutes) dans l'urine, que cette élimination à son maximum autour de la 6° heure, enfin qu'elle dure assez longtemps, loujours plus d'un jour, entre 50 et 90 heures.

Celle présence est facilement révélée par le réacuif de Tanret, qui peut dès lors être utilisé, quand on a lieu d'établir un contrôle de l’absorption de la quinine chez ceux à qui elle est prescrite.

Modes d'administration. — La voie buccale demeure la plus suivie. L'emploi des pilules. que les sucs digestifs n'attaquent souvent pas, est à peu près abandonné. Les cachets et les comprimés sont parmi les préparations les plus simples et les plus efficaces. Les solutions sont peu employées à

Page 1