JEANSELME et MaNAUD, Presse médicale, 51 mai
LA
THÉRAPEUTIQUE DU PALUDISME. Fasc. V. — 155
Les indications de la voie intraveineuse sont praliquement exceptionnelles. L'ingestion et l'injection sous-cutanée ou intramusculaire sont classiques.
A priori, les injections sous-cutanées paraissent supérieures par la rapidité d'absorption, l'exactitude du dosage, l'opportunité de l'injection ellemême. En pratique cependant, d’après Giemsa et Schaumann (1907), la quinine introduite par voie sous-culanée serait détruite, dans le milieu organique, en proporlion plus grande que quand elle y pénètre per os, et par conséquent son activilé vis-à-vis du Plasmodium serait diminuée d'autant. La voie sous-cutanée a donc des indications formelles dans les formes graves du paludisme et lorsqu'on veut agir vite, ou bien quand la voie digestive ne peut être suivie (lroubles gastriques, vomissements). Mais la voie buccale demeure la voie habituelle de la quinisation.
Il. Règles de la quinisation. — À quelles règles dès lors obéir pour réaliser le meilleur emploi de la quinine ?
1° Pour traiter le paludisme primaire ou d'invasion, et tâcher d'obtenir une « stérilisation » —— où mieux peut-être un « blanchiment » — rapide de l’impaludé récent, en luant les premiers schizontes el en empêchant du coup la formation des gamètes, facteurs des rechutes du paludisme secondaire, il est logique d’avoir recours à une quinisation intense el précoce. Abrami (!) a, en particulier, insisté sur ce fait, en proposant, pour y parvenir, les doses de 3 grammes de quinine par jour, 1 gr. 59 le matin, 1 gr. 50 le soir, de préférence en injection sous-cutanée, pendant toute la durée de la période fébrile initiale plus 2 jours d'apyrexie,
La même médication quinique, systématique et prolongée, tant que dure la fièvre et ant que persistent dans le sang les gamètles, retrouve son application dans le paludisme secondaire à forme continue ou rémittente. La dose quotidienne de quinine peut être abaissée à 2 grammes ou { gr. 90, soit par doses fractionnées dans le but de ménager les voies digestives toujours troublées, soit par injections sous-cutanées ou intramusculaires biquotidiennes.
Dans l'accès pernicieux, il faut encore agir vite et fort. Maillot à donné dans un cas jusque 8 grammes de quinine en lavement. Il est difficile en injection de dépasser 3 gr. par jour; au delà le médicament peut devenir toxique. Mais il faut intervenir très tôt et énergiquement par imjections sous-culanées (0 gr. 60 renouvelé 15 à 30 minutes après, si le malade n'a pas repris connaissance), par injections intraveineuses enfin. Si, dans bien des cas, la quinisation, même excessive, demeure impuissante, elle n'en est pas moins le seul moyen qui permette d'espérer la guérison. On lui associera avec fruit la médication tonicardiaque, la balnéation froide -— ou au contraire le réchauffement (accès algides) — avec injections intraveineuses copieuses de sérum adrénaliné, les ponctions lombaires quotidiennes, voire la saignée en cas d'accès comateux ou convulsif (Gros).
20 La thérapeutique des accès intermittents, lierce ou quarte, du paludisme secondaire accuse une plus grande variété de tous les auteurs, dont les uns préconisent les doses massives, les autres des doses fractionnées.
A. Laveran donne comme formule générale : 1 gr. de quinine pendantles