ABRaMi. Presse médicale, 29 mars
H. Vincent et J. RIEUXx.
» premiers Jours, 0 gr. 60 à 0 gr. 90 les 8’, 9° et 10°; puis les 15° et 46€, enfin les 21° et 22°: dans l'intervalle de ces jours pas de quinine. Mais il reconnaît lui-même que cette méthode doit subir des variantes selon la gravité de l'infection et selon l'âge de l'infection. H. Vincent prescrit 1 gr. ou 1 gr. 50 le jour présumé de l'accès, 7 heures avant son début, puis renouvelle la dose les 4°, 5° el 6° jours suivants; il recommence sur les mêmes données s'il survient un accès inlercurrent à une date non prévue. Celle pratique lui a donné d'excellents résultats. R. Koch donnait ! gramme en une seule fois, 4 à 6 heures avant l'accès.
Ravaul (!), dans sa « cure de blanchiment » du paludisme secondaire, formule :
a) Donner systématiquement la quinine pendant ? jours (2 grammes par jour), puis de larsenic les 2 jours suivants, puis 2 grammes de quinine pendant 2 jours et ainsi de suite pendant 2 mois.
b) Repos de 10 jours.
c) Reprise du traitement pendant 20 jours. La durée de la cure est donc de 2 mois. |
Parmi les auteurs, partisans des doses fractionnées, citons Nocht qui donne cinq doses de 0 gr. 20 de 2 h. en 2 h. à partir du matin, pendant 8 jours el reprises après quelques jours de repos. Une méthode inspirée de celle-ci, consistant en la prise toutes les 6 heures de 0 gr. 50 de quimine, à eu entre nos mains, des résultats aussi favorables que celle des doses massives, dans le traitement du paludisme secondaire bénin tierce ou tropreal (Rieux).
Elle à plus encore peut-être ses indications dans la cure si longue et si délicate du paludisine chronique avec cachexie. Pour obtenir alors la « désinfection » du paludéen, si profondément atteint, il faut prolonger la quimisation. Celle prolongation paraît plus supportable avec les doses frac- Lionnées (0 gr. 25 toutes les 6 heures, ou 0 gr. 50 toutes les 8 heures). On la suspendra 1 ou 2 jours par semaine. Très efficacement enfin, on lui adjoindra l’arsenic et l’adrénaline.
Ill. Inconvénients de la quinine. — La quinine nest pas sans présenter quelques inconvénients. À vrai dire ces derniers s'observent surtout quand on fait usage des doses trop élevées el très rarement quand on emploie les doses fractionnées : d’où la nécessité de celles-ci dans loute quinisa- Lion prolongée. Les inconvénients de cette médication héroïque ne sauraient. évidemment en faire négliger les avantages si précieux dans la thérapeu- Lique du paludisme. |
On a attribué à la quinine certains cas de mort. Mais beaucoup de cas cités ne sont nullement probants: car l’intoxication grave n'est observée qu'à la suile de doses considérables du médicament. Les cas où les doses faibles ont pu déterminer des accidents sérieux relèvent de lidiosynerasie: ls sont véritablement trop rares pour qu'on en doive tenir compte en thérapeutique générale. Néanmoins, comme le conseille À. Laveran, «il importe que le clinicien soit prévenu que la quinine peut provoquer des symptômes
1. Ravaur. Syphilis. Paludisme. Amibiase. Masson et Cie. Coll. Horizon, 1917, p. 49.
THÉRAPEUTIQUE DU PALUDISME. PFasc. V. — 155
inquiélants, tels que délire, vertiges, ivresse quinique, vomissements, hyposthénisalion du système nerveux, afin qu'il ne confonde pas ces symptômes avec ceux de la fièvre, ce qui le conduirait encore à augmenter les doses du fébrifuge (!) ».
Parmi les accidents imputables à la quinisation 1l en est un des plus importants : c'est l'accès hémoglobinuwrique d'origine quinique. Nous aurons à en reparler à propos de la fièvre bilieuse hémoglobinurique. Cette hémoglobinurie quinique, quoique très rare, sinon exceptionnelle, dans les condi- Lions les plus usuelles, peut cependant succéder, chez certains sujets prédisposés, à l'absorption de faibles doses de sel de quinine. Chez ces malades parliculiers la quinine ne fait que déclancher le phénomène d'hémolyse. fl convient alors, si l'hémoglobinurie a déja été observée, de la prévenir en donnant, en même temps que la quinine, du chlorure de calcium à raison de 9 el 4 grammes par jour (H. Vincent).
Des autres accidents de la quinisalion nous citerons : les bowrdonnemnents d'oreilles, qui sont très fréquemment observés et vont souvent jusqu'à la surdité momentanée, quelquefois jusqu'aux vertiges: les froubles de la vue qui peuvent atteindre à l’'amblyopie, passagère, elle aussi: on les combat l'un et l'autre en associant à la quinine du sulfate d’atropine: quelques éruplions enfin, urlicariennes ou scarlatiniformes.
IV. Adjuvants de la quinine. — L'efficacité des sels de quinine dans la thérapeutique de la malaria est si grande qu'aucun autre agent ne saurait les remplacer. La plupart des autres médicaments ne sont que des adjuvants de la quinine. Ils n’en méritent pas moins d’être pris en considération.
Les meilleurs sont les composés arsenicaux.
L'action bienfaisante de l’arsenic dans le traitement de la malaria est telle qu'on à parfois pensé trouver en lui un succédané de la quinine : cette thèse a été surtout défendue par Boudin, qui prescrivait jusqu'à 0 gr. 10 d'ac. arsénieux (solution à 1/1000°) dans la journée. Plus récemment, on a recommandé les composés organiques d’arsenic, comme autres succédanés de la quinine. M. le professeur Armand Gautier, en introduisant dans la thérapeutique le cacodylate de soude et l’arrhénal, à rendu un grand service. Enfin les nouveaux composés arsenicaux, tels que latoxyl, le salvarsan, le novarsénobenzol, employés dans le traitement d’autres affections parasilaires (lrypanosomiase, typhus récurrent, syphilis), ont eu, eux aussi, leurs applications dans la thérapeutique de la malaria. Certains auteurs ont obtenu des améliorations, en particulier dans la tierce à P. vivax. Toutefois la valeur de ces médicaments n’est en rien comparable à celle des sels de quinine.
On a pu, sans doute, sous la seule influence des composés arsenicaux, constater la cessation d'accès paludéens: nous en avons observé nous aussi quelques cas. Mais 1l est incontestable que l’action thérapeutique isolée des composés arsenicaux est le plus souvent impuissante. Elle ne saurait supporter la comparaison avec celle de Ja quinine. Il convient done de ne pas compler sur son emploi exclusif. Les arsenicaux rendent néanmoins des