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Par R. DEMANCHE
Ancien interne des hôpitaux de Paris.
Le chancre simple, ou chancrelle (Diday), est une lésion spécifique, locale, produite par l’inoculation aux téguments du strepto-bacille de Ducrey, et caractérisée par une ulcération de la peau ou des muqueuses qui pénètre jusque dans l’épaisseur du derme. L'infection, justifiant son nom de chancre simple, reste toujours localisée au point d’inoculalion et au territoire Iymphatico-ganglionnaire correspondant. Souvent, mais non toujours, sa base reste souple, d’où la dénomination de chancre mou, qu’on lui donne fréquemment, mais qu'il est préférable de ne pas conserver à cause de l’inconstance de ce caractère.
Connue dès l’antiquité, la chancrelle fut confondue, lors de la grande épidémie de syphilis de 1495, avec la syphilis, l’herpès, la blennorragie même, sous le terme générique de vérole. Malgré les tentatives de différenciation de Swediaur (1784) et de Hunter (1786), c’est seulement Bassereau (1852) qui la distingua nettement du chancre syphilitique; Ricord, Clerc (1855) et A. Fournier confirmèrent cette distinction et opposèrent les deux lésions l’une à l’autre en montrant que la première était autoinoculable à l'inverse de la seconde. Cependant, dès 1838, Rollet (1), de Lyon, établissait l'existence de chancres mixtes, résultant de l’inoculation simultanée des deux virus. En 1889, Ducrey (?), de Naples, découvrit l’agent pathogène du chancre simple sous la forme d’un bacille que Krefting (), puis Unna (*) étudièrent après lui et dont Ch. Nicolle () établit la spécificité en reproduisant expérimentalement le chancre
simple chez le.singe (1899). Lenglet ($) (1898), Bezançon (7), Griffon et Le Sourd (1900) réussirent à cultiver le bacille de Ducrey.
ÉTIOLOGIE
Affection contagieuse, le chancre simple naît d’un autre chancre simple, le plus souvent par contact immédiat au cours des rapports sexuels, quel-
1. RozLeT. Mémoire de LAROYENNE, in Annuaire lyonnais de la syphilis et des maladies
de la peau. Lyon, 1859. — Recherches cliniques et expérimentales sur la syphilis, le chancre simple et la blennorragie. Paris, 1861. — Traité des maladies vénériennes. Paris,
Masson, 1869.
2. Ducrey. Recherches expérimentales sur la nature intime du principe contagieux du chancre mou. Congrès international de dermatologie. Paris, 1889.