SIROP DIACODE
( Sirop de pavot blanc. )
Pr. : Capsules de pavots sèches sans semences. 1 livre.
Eau distillée à 75 degrés 8
Sucre blanc 4
On coupe les capsules en morceaux, on y ajoute l'eau chaude et l'on fait digérer 12 heures; on passe avec expression , on évapore à moitié, on laisse déposer les liqueurs, ou mieux on le.« ^llre ; on ajoute le sucre et l'on fait cuire à consistance de sirop sans clarifier. Ce sirop est celui du Codex.
L'emploi de l'eau distillée est nécessaire. Si ou emploie des eaux calcaires, pendant la concentration des liqueurs , le carbonate de chaux précipite de la morphine suivanll'observation judicieuse de M Gueranger.
Le pavot est traité par de l'eau chaude et non pas bouillante, la liqueur en est moins visqueuse et elle filtre mieux , surtout lorsqu'elle a été évaporée à moitié et que la chaleur a coagulé l'albumine végétale.
On ne clarifie pas ce sirop , parce que l'on prétend que l'albumine ferait disparaître les propriétés sédatives du pavot; le fait me paraît au moins douteux. M. Gueranger a cru que cet effet était dû à la précipitation de la morphine par la soude du
DES PAPAVÉRACÉES Mi
blanc d'œuf ; mais je me suis assuré que l'infusion de pavot restait encore fort acide , môme après que j'y avais mêlé beaucoup plus d'albumine qu'il n'en fallait pour sa clarification.
On a proposé pour la mOme raison de remplacer le sucre par du sirop clarifié sans penser que la soude libre restait dans le sirop. Si l'emploi du sirop de sucre est avantageux , c'est qu'il donne un sirop plus clair que celui obtenu par simple solution du sucre.
Le reproche bien fondé que l'on est en droit de faire au sirop diacode du Codex , c'est qu'il fermente avec une extrême facilité; j'ai essayé, pour diminuer ce défaut, de concentrer beaucoup plus l'infusion de pavot, mais le résultat a été le même. Il faut nécessairement , pour l'éviter , faire évaporer en consistance d'extrait, dissoudre celui-ci dans un peu d'eau froide , l'ajouter au sirop de sucre et faire jeter quelques bouillons pour évaporer l'eau en excès ; alors le sirop est plus coloré, mais il ne fermente pas. Cet avantage a fait adopter ce procédé par la plupart des pharmaciens ; ils parent à la coloration communiquée par l'extrait en employant du sucre plus blanc.
Il est bien difficile d'énoncer avec exactitude la quantité d'extrait qui doit entrer dans le sirop. Tous les auteurs varient sur les proportions, ce qui dépend de ce que la quantité d'extrait donnée par les tôles de pavot est elle-même extrêmement variable.
Une livre de pavot privé de semences fournit le plus ordinairement trois onces d'extrait, dont les 6/10"^' ne se redissolvent pas quand on reprend l'extrait par l'eau.