MOUTARDE BLANCHE
(Sinapis aîba. )
La semence de la moutarde blanche a la plus grande analogie avec celle delà moutarde noire. Elle en diffère en ce qu'elle con-
tient beaucoup plus de sinapisine et en ce qu'elle ne forme pas d'huile volatile sous l'inlluence de l'eau. Le principe acre n'y préexiste pas plus que l'huile ilcre dans la moutarde noire , et il se forme dans les mômes circonstances. 11 a ét6 découvert par MM. Robiquct et Boutron. Il se présente sous la forme d'un liquide onctueux, d'une couleur rougedtre, qui n'a pas d'odeur , mais qui possède une saveur mordicanle lout-à-fait analogue à celle de la racine de raifort. Ce même principe se forme, mais en très-petite quantité, suivant M. Fauré de Bordeaux, dans les produits acres du traitement delà moutarde noire par l'eau. On l'obtient en traitant du tourteau de moutarde blanche par de l'éther , par la méthode de déplacement; on sépare l'huile douce qui s'écoule la première. Les liqueurs éthérées sont distillées et le résidu est traité par de l'alcool froid qui dissout la matière ocre et une partie d'huile. Les liqueurs alcooliques sont distillées, on traite de nouveau le produit par de l'alcool froid qui dissout encore le principe acre, mais avec une moindre proportion d'huile. En répétant cette manipulation un grand nombre de fois, on se débarrasse de la plus grande partie de l'huile étrangère.
La moutarde blanche , laissée en contact avec l'eau froide , fournit un liquide épais mucilagineux , presque insipide. La moutarde noire, dans la m.ême circonstance, donne peu de mucilage , et elle communique à l'eau une saveur piquante. (Cadet.)
La moutarde blanche entière communique au vin blanc une saveur et une odeur désagréable, mais faible, et le rend visqueux. Quand la moutarde blanche est concassée, la liqueur prend un goût très-piquant.
La semence de moutarde blanche n'est employée en médecine que dans son intégrité. On en fait avaler une ou plusieurs cuillerées par jour dans quelques affections du canal digestif.
VIOLARIÉES.
Les plantes de la famille des Violariées présentent une analogie remarquable dans leurs propriétés médicales.
Les racines sont vomitives. Celle de notre violette a été re-
DES VIOLAKIhÎES. 429
commandée pour remplacer l'ipécacuanha blanc et un grand nombre de racines vivaces appartenant à d'autres espèces , ont la même propriété : dans nos climats \eviola canina; au Pérou Vionid'mm parvejlorum ; à la Guiane Vionidium diandrium^ le viola calceolaria , le pumhalia itubu ; au Brésil les ionidium brevkaule, indecoriim^urticœfoUum, poaya, Vanchietea salutaris;nu Malabar Vionidium enneaspernmm, aux Antilles Vionidium polygalœfoliiim.
Cette propriété vomitive ne se retrouve pas dans la pensée sauvage et probablement dans les racines des autres espèces annuelles.
La nature du principe émétique des violariées est mal connue. M. Vauquelin , et MM. Richard et Barruel l'ont attribué à l'émetine; mais ils n'ont obtenu que l'émétine brune, matière impure qui n'est caractérisée que par ses propriétés vomitives. M. Boullay croit avoir trouvé un principe différent qu'il a appelé violine , et qui est encore mal caractérisé. C'est une poudre blanche, d'une saveur amère, acre et vireuse, un peu soluble dans l'eau; soluble dans l'alcool; insoluble dans l'éther et qui paraît appartenir à la série des alcalis végétaux.
Les fleurs de la violette sont employées contre les rhumes ,' elles contiennent beaucoup de principes mucilagineux; mais elles sont en même temps légèrement vomitives et purgatives. M. Boullay dit y avoir rencontré la violine. Sans doute les fleurs des autres violettes ont des propriétés semblables , car on substitue sans inconvénient à la violette ordinaire les fleurs des viola sudetica ^ pédala et calcarata.
M. Boullay croit que les feuilles de la violette contiennent de la violine. Ce qui est plus certain c'est que celles de Vanchietea salutaris du Brésil y sont employées comme purgatives. Le viola arvensis ou pensée sauvage et le viola tricolor qu'on lui préfère en Allemagne, sont usités comme amers et dépuratifs.