‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 202 sur 355 · I^UC DE VERJUS · texte numérisé non relu

I^UC DE VERJUS

Pr. : Verjus Q. V.

On écrase le verjus et l'on en exprime le suc ; on l'abandonne à lui-même pendante à 3 jours, et quand il s'est éclaire! on le filtre et on le conserve par le procédé d'Appert.

Les raisins écrasés et soumis à la fermentation fournissent des vins de diverses natures; ces vins, par la distillation, donnent de l'alcool ; et quand ils sont placés dans des circonstances convenables ils se transforment en vinaigre; enfin pendant la fermentation du suc de raisin, il se dépose dans les tonneaux une croûte cristallisée qui porte le nom de tartre brut et qui prend celui de crème de tartre après avoir été purifiée. Tous ces prodails sont importans pour la médecine.

Le vin est la base des médicamens connus sous le nom de vins médicinaux, dans lesquels il ajoute son action propre à celle des matières auxquelles il a servi de véhicule ; seul, il est un excellent médicament dont l'action varie suivant sa nature. On fait usage des vins sucrés et alcooliques des pays chauds, du vin rouge comme tonique , des vins blancs étendus d'eau comme diurétique. Le vin comme médicament est recommandé aux vieillards et aux individus lymplialiques. A l'extérieur on l'emploie aussi comme ibrtiPanl quand il y a atonie des parties.

Le vinaigre convenablement étendu fournit une boisson rafraîchissante ; à l'extérieur on l'emploie comme légèrement

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astringent souvent aprùs l'avoir étendu d'eau; à l'état d'o\imel , c'est un bon incisif usité pour faciliter l'expectoration dans les rhumes, les catarrhes.

L'alcool concentré est employéen frictions excitantes à l'ex-» lérieur ; à l'intérieur son action est des plus vives ; il occasionne une irritation vive au point de contact, et une excitation du système nerveux. Il sert de véhicule dans une foule de préparations; plus rarement on l'emploie isolé : c'est un agent hygiénique populaire pour réveiller les forces de l'estomac.

La crème de tartre, ou tartrale acide de potasse, sera, étudiée avec les autres sels de potasse.

RUTACEES.

La famille des Rutacées considérée dans son ensemble, conlienldes individus dont les propriétés médicales sont fort différentes ; mais les botanistes ont fait dans cette famille des sections dont quelques-unes sont même considérées par certaines personnes comme des familles distinctes ; ce sont ces divisions que nous allons étudier séparément.

ZYGOPHYLLÉES.

Un genre de celte famille fournit deux espèces dont le bois est employé en médecine sous le nom de gayac ; c'est le guaiacum officinale et le G. sanclum; probablement les autres espèces du même genre ont des propriétés semblables.

Les zygophyllées herbacées ont des propriétés différentes. Ou distingue la tribule ou herse ( tribulus terrestris ) , le T. cistdides des Antilles, que l'on dit astringent, et le ztjgophyllum fabago, qui passe pour vermifuge. Les lîoltentols regardent comme un poison pour les moulons les Z. herbaceum et sessilifolium.

La Rue est le type de celle tribu. Toutes les espèces du genre

Riila ont une odeur forte qu'elles doivent à l'huile essentielle ; le Pegamnn Jlarmala (Ilarmal des Arabes ), est employé en fumigations comme parfum dans l'Orient, à cause de son odeur forte.

DIOSMÉES.

Les Diosmées, sauf le genre dictame, sont des plantes exotiques ; elles sont chargées d'une abondante quantité d'huile essentielle.

La racine delafraxinelle(D(c^amnw5 albus) a seule été employée, et l'estàpeine maintenant; elle est résineuse, amère, aromatique et elle passe pour vermifuge.

Les feuilles des Diosmées sont chargées d'huile volatile. On dislingue principalement celles du Correa alba de la Nouvelle- Hollande, que l'on prend en guise de thé, celles des Dlosma dont les/), hirsula, oppositifoiia ci smloul crmafa, sont employées sont le nom de bucho ou bonchu ; elles sont vantées dans les maladies des voies urinaires. Brandes y a trouvé de l'huile volatile, de la gomme , de la résine , de la diosmine.

L'écorce du Ticorea febrifuga du Brésil y est appelée kina, et on l'y emploie comme fébrifuge , suivant M. A. Saint-Hilaire, sous le nom de casca de Laranjura. L'angusture vraie, fournie par un genre voisin , est célèbre par la môme propriété.

Enfin le genre Elaphriiim fournit des matières résineuses. La vraie tacamahaca est fournie par VtHaphrium tomentosum [fagara octandra). VElaphrium copallinum îomuii une autre résine que quelques personnes croient être la résine copale.

SIMAROUBÉES.

C'est la matière amère fournie par les simaroubées qui leur donnent de l'importance en médecine. Le bois de Surinam est le tronc du Quassia amara ; le simarouba des boutiques est l'écorce du Simaruba amara. Au Brésil on emploie comme amer contre l'hydropisie et les faiblesses intestinales l'écorce et la racine du 5<maru&a ferrugine a ; on retrouve la même amertume dans le Pardiba du mérae pays ( simaruba versicolor ). A

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Cuba on emploie sous le nom do bois blanc l'écorcc amèrc du simaruba g.lauca.l\ paraît toutefois qu'une partie de ces écorces, à l'état frais du moins , ont une Acretù dangereuse. MM. Spix et Marlius assurent que celle du Paraïba cause des vertiges, et l'on rapporte que l'écorce de simarouba officinal a tant d'ûcrctô que les nègres qui en font la récolte sont obligés de se vêtir, parce que le suc très-ûcre de la plante leur ferait naître des ampoules sur la peau.

ZANTIIOXYLÉES.

Ces plantes sont mal connues dans leurs propriétés. Le clavalier massue, zanthoxylum clava Ifercidis du Canada, et le Z. fraxineum des Antilles , passent pour des sudorifiques puissans, qui excitent fortementla salivation. On les emploie contre les rhumatismes et les maladies syphilitiques. Au Sénégal les nègres font usage contre la goutte de l'écorce du Z. Sene- (jalense. MM. ChevaUier et Richard ont retiré de l'écorce de la première espèce une matière colorante jaune , cristallisable , amère , qu'ils ont appelée zanthopicrite.

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