‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 227 sur 355 · SÉNÉ · texte numérisé non relu

SÉNÉ

( Cassia acutifolîa. )

Le séné , dont on se sert ordinairement en médecine , est le séné palthe , qui est formé par le mélange des feuilles du cassia-

DKS LJÎtiCJMlNEUSKS. 501

acutifolia , du cas5«a obovala , et du cynanchum okœfolium. II s'y trouve en outre des bûchettes provenant des pétioles communs des feuilles, quelques fruits ou follicules, et quelques corps étrangers. On monde le séné pour le séparer de tous ces corps différons: des feuilles du cynanchum, parce qu'elles sont plus purgatives , plus acres , suivant l'observation de Nectoux , confirmée par le D^" Puget ; àes follicules , parce qu'elles ont au contraire une action plus fa.'ble ; des bûchettes, quoique Bergius, lîouillon-Lagrange et Swilgué, se soient assurés qu'elles sont aussi purgatives que les feuilles.

Suivant une analyse déjà ancienne de MM. Lassaigne et Feneulle , les feuilles de séné seraient composées de :

Cathartine ,

Chlorophylle ,

Huile volatile peu abondante,

Matière colorante jaune ,

— muqueuse , Albumine , Acide malique , Quelques sels.

La cathartine , suivant ces observateurs , serait la partie purgative du séné. C'est une matière incristallisable , se présentant en masses qui ont l'apparence de la gomme arabique. Sa saveur est araère et nauséabonde. Elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool, et insoluble dans l'éther. A l'intérieur, elle agit comme purgative et vomitive.

Pour obtenir la cathartine , on reprend l'extrait alcoolique du séné par l'eau , et on précipite la dissolution par l'acétate de plomb. On se débarrasse de l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré , et l'on évapore à siccité h la chaleur du bainmarie.

On fait chauffer l'extrait ainsi obtenu avec de l'acide sulfurique étendu de son poids d'eau ; on sature l'acide sulfurique par la magnésie, puis on fait jeter quelques bouillons à la liqueur, après l'avoir mêlée de charbon animal ; on filtre ; ou évapore à siccité ; on reprend par l'alcool fort , qui ne dissout que la cathartine.

MM. Chevallier et Lassaigiie ont retiré la cathartine des graines du Cytisus laburnum , et ils lui ont donné le nom de cytisine; elle paraît être identique avec la cathartine du séné.

Il y a bien certainement dans celte analyse une lacune qui devra disparaître par de nouvelles recherches ; car la cathartine est très-soluble dans l'eau ; et cependant tous les anciens auteurs s'accordent à reconnaître que l'action médicale du séné est augmentée par la décoction , ou par l'emploi de l'alcool comme véhicule , ou bien encore par l'influence des liqueurs acides.

IMFUSION DE SÉNÉ.

On traite le séné par infusion dans l'eau bouillante quand on veut dissoudre ses principes actifs. On obtient ainsi une liqueur très-chargée. Quelques personnes préfèrent la macération qui , disent-elles , laisse dans le marc la matière résineuse, et repoussent surtout la décoction prolongée qui en entraînerait dans la liqueur une trop grande quantité. Cette matière résineuse du séné est encore à isoler, et je ne connais aucune expérience qui prouve qu'elle existe en effet dans cette feuille.

Le séné , pris sous forme d'infusion , purge à la dose de 1/2 once. On n'obtient ce résultat qu'avec le séné palthe , car les feuilles du Cassia obovala sont moins actives.

L'infusion de séné a une odeur nauséeuse qui provoque souvent le vomissement par le dégoût qu'elle inspire aux malades; cette odeur paraît être duc h l'huile volatile. On la masque en aromatisant l'infusion de séné avec quelques substances odorantes , comme une pincée d'anis , de fenouil , un peu de citron , etc.

l'OTlON l'UnGATIVli.

( Codex. )

['r. : Feuilles de sciic , . . . . 2 £j;ros.

Sulfate (le soude. .. . . ; .y^f.'^\f^.y . 5.J. . . . 2

i;liul).irl)e .....^ '.. .. 1/2

Maiiiic 1 once 1/2

On fait infuser les feuilles de séné et la rhubarbe dans 4 onc€s

bEi LÉGUMINEUSES. 50à

d'eau; on laisse sur les cendres chaudes ; au bout d'un quarld'heure à une dcrai-licure , on ajoute le sel et la manne ; et quand ils sont fondus , on passe ù travers une étamine avec une légère expression. On décante, et on aromatise a\ec un peu d'eau de menthe, d'eau de canelle ou d'esprit de citron.

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