‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratique (volume 2)Chapitre 283 sur 355 · COLOQUINTE · texte numérisé non relu

COLOQUINTE

(Cucumis colocynthis. )

La partie charnue de la peponide du Cucumis colocynthis d'Orient , est employée en médecine comme un purgatif drastique, à la dose de 10 , 15 et 20 grains : c'est un médicament très-actif, qui peut produire l'inflammation des tissus , et qui par conséquent ne doit être administré qu'avec beaucoup de prudence.

D'après l'analyse de Meisner , la coloquinte contient :

Huile grasse , Résine araère ,

Amer ( Colocynthine ) ,

Exlraclif,

Gomme ,

Acide pectique,

Extrait gommeux,

Sels.

L'amer de coloquinte a été étudié par M. Braconnot et par Herberger. Il a une couleur jaune rougeâtre, quand il est en masse, et jaune, quand il est en poudre. li est translucide et friable : sa saveur est excessivement amère. Il brûle à la manière des résines. Il se dissout dans cinq parties d'eau froide , il est beaucoup plus soluble dans l'eau bouillante, et il ne se dépose pas par le refroidissement ; il est également soluble dans l'alcrolet dans l'élher. Les acides et les sels Irès-déliquescens le précipitent de sa dissolutionsousformed'une masse cohérente et visqueuse ; les alcalis ne le précipitent pas. Quand il est pur, la noix de galle ne le précipite pas. L'amer de coloquinte contient de l'azote, et, suivant l'observation de M. Braconnol, il ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides.

L'amer de coloquinte est uni, dans le parenchyme du fruit, à des matières qui en altèrent la pureté. Aussi, quondon traite ce fruit par l'alcool , on obtient pour produit une matière jaune qui paraît être de nature complexe. L'eau froide la divise en deux parties ; l'une qui se dissout, et l'autre qui se dépose sous forme de filamens blancs, ces deux parties se réunissent en une masse jaunâtre ductile comme de la résine molle ; mais on finit par les dissoudre toutes par de nouveaux traitemens par l'eau. Les premières liqueurs aqueuses sont plus chargées et plus colorées que les dernières, ce qui dépend de quelque principe qui augmente la solubilité du principe amer, et qui ne se partage pas également au moment de l'action de l'eau. Quand, en effet, on évapore ces diverses solutions , elles se troubfent à mesure de l'évaporation , et elles laissent déposer la matière dissoute sous forme d'une résine jaune ; mais les liqueurs finissent par laisser un extraitbrun très-amer , qui se dissout dans une petite quantité d'eau sans séparation , et qui est plus abondant dans les premières liqueurs que dans les autres.

Pour obtenir l'amer de coloquinte, M. Braconnot reprend

par l'alcool l'exlrait aqueuv , pour précipiter la gomme ; il évapore et reprend le résidu par une pelile quantité d'eau , qui dissout un peu d'acétate dépotasse, et qui précipite presque tout l'amer : en cet état, il paraît contenir une matière étrangère qui lui donne la propriété de précipiter par la noix de galle.

Herberger conseille de faire d'abord un extrait alcoolique , et de le dissoudre dans une grande quantité d'eau chaude , mais non bouillante. Il fdlre la liqueur, et la précipite par l'acétate de plomb; il fait passer dans la liqueur un courant d'hydrogène sulfuré pour la débarrasser de l'excès de plomb ; puis il évapore en sirop clair, et ajoute de l'ammoniaque en petit excès qui précipite l'amer sous forme de flocons jaunes : on les exprime, on les redissout dans l'alcool; on clarifie par le charbon animal , et l'on évapore à siccité.

POUDllE DE COLOQUINTE.

On enlève les semences des coloquinte , et on fait sécher la chair à l'étuve. On la pile ensuite dans un mortier et on passe la poudre dans un tamis de soie.

La chair de coloquinte est sèche , membraneuse , ce qui en rend la pulvérisation assez difficile. Pour faciliter cette opération , et en même temps corriger l'impression trop vive que la coloquinte exerce sur les tissus, les anciens coupaient la chair de coloquinte par morceaux , et la mélangeaient avec un mucilage épais fait avec la gomme adragante. On faisait sécher à l'étuve , et l'on pulvérisait. Quand on voulait faire les Irochisques alhandal, on pétrissait celte poudre avec une nouvelle quantité de mucilage, et on en faisait des pastilles ; souvent ifiême on répétait à plusieurs reprises ces pulvérisations et dessiccations successives.

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