TISANES
Une tisane est une boisson peu chargée de principes médicamenteux et qui sert de boisson ordinaire au malade.
Comme le malade est obligé d'y revenir souvent, il faut' que les tisanes soient légères et le moins désagréables possible. On peut les édulcorer à volonté. Avant de les administrer on les clarifie par le repos , plus rarement par la fillralion.
On prépare des tisanes par les différons moyens de dissolution qui ont été étudiées dès le chapitre précédent; savoir la solution simple, la macération, l'infusion , la digestion, la décoction. La manière d'opérer et le choix à faire de l'un ou l'autre moyen n'exige pas d'autres détails qne ceux qui ont été donnés précédemment.
SOLUTION PAR l'EAU. 121
Si souvent on ne fait entrer qu'un seul corps dans la composition d'une tisane, il arrive assez fréquemment qu'on en emploie plusieurs à la fois. Il faudra se conformer de même aux règles indiquées ci-dessus ; c'est ainsi que dans toutes les tisanes édulcorées avec la racine de réglisse, après avoir traité, par décoction, les matières qui résistent davantage à l'action de l'eau, on fait seulement infuser cette racine. 11 est inutile que nous nous étendions davantage sur ce sujet; ce que nous avons dit des tisanes simples doit sufOre pour servir de règles dans la préparation des tisanes plus composées.
Lorsque dans une tisane on fait entrer des sels, des acides , des sirops , il est convenable de ne les ajouter qu'après que la liqueur a été passée. Ces additions ne doivent pas contrarier la nature chimique connue des principes médicamenteux. Ainsi, l'acétate de plomb précipitera presque tous les principes immédiats des végétaux ; il en sera de môme de la plupart des sels métalliques. L'addition d'un acide facilitera la dissolution des principes actifs du quinquina; un alcali en séparerait les bases alcalines végétales. Au contraire, un alcali ajouté à la rhubarbe facilitera la dissolution en plus grande quantité de la matière résineuse purgative. Les considérations de ce genre doivent être soigneusement pesées par le médecin : l'oubli des réactions chi- ^ miques, pourrait l'exposer à annuler entièrement les effets des J^ médicamens sur lesquels il aurait cru pouvoir compter.
DES APOZÈMES.
On désigne sous le nom d'apozèmes des boissons médicinales qui diffèrent des tisanes en ce qu'elles contiennent plus de principes médicamenteux, et qu'elles ne servent jamais de boisson ordinaire aux malades.
Ce que nous avons dit sur la préparation des tisanes est applicable, sans exceptions, à celle des apozèmes. Nous nous contenterons d'en citer quelques exemples parmi les plus connus.