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BAUME DE VINCEGUËRE, DE LECTOUR OU DE CONDOM

Pr. : Huile volatile de genièvre

lavande

girofles \ ana 1 once^

pélrolc

térébenthine ......

166 DEi MEDICAMEHS PRÉPARÉS PAR DISTILLATION.

tiuile volatile de uiacis 2 gro*.

muscades 2

benjoin rectifié 4

Camphre 1

Safran en poudre 1

Musc 1/2

Ambre gris 1/2

On fait digérer toutes ces matières dans un flacon bouché, à l'étuve pendant huit jours, en les agitant de temps en temps; on conserve sur le marc et l'on tire à clair 5 mesure du besoin.

Ce médicament est un puissant excitant pris à l'intérieur à la dose d'une à quelques gouttes. On le porte sur soi, ou bien on le répand comme parfum dans les apparlemens.

La distillation est une opération par laquelle on sépare les parties volatiles des corps ; elle se fait toujours en vases clos ; elle est fondée sur la propriété qu'ont les liquides de se réduire en vapeurs quand on élève leur température, et sur la propriété qu'ont les vapeurs de se condenser parle froid.

Les anciens distinguaient trois espèces de distillation : la distillation per ascensum; la distillation per latus , et la distillation per descensum. La distllIaLion per ascensum n'est autre que la distillation à l'alambic. Elle avait reçu son nom de la forme des vaisseaux dont on faisait usage. C'était des cucurbites surmontées de chapiteaux plus ou moins élevés , de forme très-variabie , et dont la construction était basée sur ce principe vrai en lui-même, que les matières très-volatiles pouvaient seules passer dans le récipient. La manière d'arriver à ce but était défectueuse ; car, avec des appareils de ce genre , les distillations devaient durer un temps infini sans autre avantage.

Les anciens nommaient distillation per latus la distillation à la cornue, parce que les vapeurs sortent par le côté.

La distillation per descensum est un mode vicieux , abandonné depuis long-temps : elle avait pour but de forcer les liqueurs à distiller de haut en bas. Ainsi, mettant du girofle concassé et enveloppé sur un verre , on le recouvrait d'une plaque métallique que l'on chauffait pour forcer l'huile de

girolle à sortir et à se rendre dans la partie inférieure du velre.

Maintenant on distille les corps seulement à l'alambic et à la cornue. Nous aurons à nous occuper successivement de ces deux modes opératoires.

Tout le monde connaît la forme grotesque des anciens alambics. Depuis long-temps on lesavait réformés. Lechapiteauélait séparé de la cucurbilepar des tubes tantôt droits, tantôt tournés en spirale ou courbés eu zigzag. On les supprima, et l'on Ot reposer le chapiteau immédiatementsur la chaudière. On retrouve encore ce dernier alambic dans un grand nombre de laboratoires. Le chapiteau est conique et entouré d'un bain-maric propre à condenser lesvapoors. A sa base est une rainure destinée à conduire dans le col du chapiteau les vapeurs condensées qui ruissellent sur ses parois internes. Cet appareil a deux grands défauts : le premier , c'est qu'une partie du liquide retombe dans la chaudière au lieu de couler dans le récipient. On y avait paré dans certains cas : ainsi , l'expérience avait appris , dans la distillation du vin , à donner au chapiteau un certain degré d'inclinaison ; une goutte d'eau-de-vie coulait alors à sa surface sans retomber dans la chaudière; mais il restait toujours un second inconvénient auquel il n'avait pas été remédié, c'est qu'une partie des vapeurs était refroidie à dislance sans avoir le contact du métal , et retombait directement dans la cucurbite. Les nouveaux alambics sont construits plus avantageusement: le chapiteau n'est pas refroidi, et la condensation des vapeurs ne s'y fait pas; elles passent de suite dans son col et dans le sitpeiitin, où elles reprennent i'élal liquide. L'alambic esi composé de trois pièces : la i^.reuiière est une chaudière de cuivre élamèe (A), cylindrique, ayant vers sa partie supérieure un renflement sur lequel elle pose dans le fourneau; c'est la cucurbile. La seconde pièce, qui s'einhoîle dans la précéde:ile, est en élain (B); elle a la forme d'un dôme aplali. Sur un tle ses flancs latéraux est s.-udé un large conduit eu élain légèrement incliné de haut en bas, et dont rexlréniilé est recourbée : c'est le Chapiteau. La troisième pièce est fionuiièe serpentin à cause de sa forme (C) : c'est un lube cylir.drique en élain, louriié en spirale, et placé au milieu d'une cuve dont l'eau se. renouvelle sans cesse.

La cucurbile doit être très-évasée, afin que, présentant plus

Fig. i3.

de surface, le liquide s'y échauffe, et s'y vaporise plus aisément. Il est cependant convenable qu'elle ait assez de hauteur pour que les matières qui y sont contenues ne puissent s'élever jusque dans le chapiteau. Celui-ci est destiné à conduire les vapeurs ; les premières qui arrivent sur ses parois sonJ, condensées , et retombent dans la cucurbile ; mais bientôt il s'échauffe et le passage de la vapeur devient continuel. On pratique souvent, à la partie la plus élevée du chapiteau, une ouverture (D) que l'on tient bouchée tant que dure la distillation, et dont on se sert pour verser au besoin de nouveau liquide dans la cucurbile sans démonter l'appareil.

On a donné au serpentin la forme d'une spirale, afin de pouvoir , dans un plus petit espace , donner au tube plus de longueur, et faciliter la condensation des vapeurs. Celles-ci, en reprenant l'état liquide , abandonnent toute la chaleur qu'elles avaient rendue latente en se gazéifiant , et échauffent les particules d'eau qui se trouvent en contact immédiat avec le tube conducteur. Ces particules échauffées , devenues plus légères par leur dilatation, s'élèvent à la surface, et sont remplacées par de nouveau liquide qui s'échauffe à son tour, de sorte que l'eau est chaude dans la partie supérieure de la cuve , tandis

qu'elle est tout-à-fait froide un peu plus bas ; mais il arriverait nécessairement qu'elle s'échaufferait tout entière au bout d'un temps plus ou moins long, si on n'avait le soin de la renouveler. A cet effet, un tuyau fait en entonnoir à son extrémité supérieure (E) s'élève un peu au-dessus des parois de la cuve, et s'enfonce par l'autre bout jusque près de son fond. Par ce moyen , on fait arriver continuellement au fond de la cuve un courant d eau froide , et le trop plein qu'il produit est évacué en eau chaude à l'aide d'un petit conduit (F) pratiqué au niveau primitif du liquide à un pouce environ du haut de la cuve.

Le réfrigérant à serpentin se trouve dans les laboratoires de tous les pharmaciens. Nous allons cependant donner la description d'un appareil imaginé par Gadda , qui est plus simple

et moins coûteux. Il se compose de deux cônes tronqués , en cuivre mince, qui entrent l'un dans l'autre. Ils laissent peu de distance entre eux, et ils sont réunis en bas et en haut par deux bandelettes en cuivre , soudées à l'un et l'autre cône. La forme des cônes doit être telle qu'ils laissent entre eux dans le haut où arrive la vapeur un espace plus grand que celui du bas par où le liquide condensé doit sortir. Du reste la vapeur arrive par un large tube h la partie supérieure du cône et le liquide sort en bas par un tube plus étroit. Le fond du cône est d'ailleurs incliné de quelques degrés dans le sens de ce tube, afin qu'aucune portion du liquide ne puisse s'y arrêter. Cet appareil est plongé dans un seau en

cuivre ou en bois rempli d'eau que l'on renouvelle de même qu'avec le serpentin ordinaire. Comme la vapeur est obligée de passer ix travers un tube de peu de diamètre , qui présente une grande surface, elle est condensée avec facilité. Il n'est même pas nécessaire de donner beaucoup de largeur à la couche d'eau refroidissante; on peut même au lieu d'un seau en cuivre pleiû pour recouvrir le cOne réfrigérant , se servir d'un seau qui laisse un cylindre vide à linlérieur, de manière à ce que le cône du réfrigérant soit seulement enveloppé par une couche d'eau de deux pouces.

Les matières soumises à la distillation dans l'alambic ordinaire, sont exposées à une température de cent degrés centigrades environ. Celte restriction est nécessaire, parce qu'il est possible qu'on emploie un autre liquide que l'eau, et que même, en en faisant usage, la température est souvent plus élevée de quelques degrés, à raison des matières dont l'eau se trouve chargée , et qui , ayant de l'affinité pour elle , retardent le point de son ébullition.

Quand on veut distiller à ^alambic des liquides très-volatils, on emploie une cucurbite intermédiaire en élain , qui entre dans la cucurbite ordinaire , de telle sorte que les matières ne se trouvent exposées qu'à un foyer de cent degrés. Mais comme , à mesure qu'elles reçoivent de la chaleur, celle-ci est employée pour l'évaporalion, le liquide contenu dans le bainmarie n'arrive jamais à cette température de cent degrés. ^ La distillation à la cornue ne diffère pas, pour ainsi dire, de la distillation à l'alambic; nos alambics modernes étant, en effet, de véritables cornues composées de deux pièces séparables.

Une cornue est un vase de verre, de terre, de porcelaine ou de métal, fait en forme d'œuf. A sa partie supérieure et latérale se trouve un tuyau d'abord très-large qui va en se rétrécissant vers son extrémité. On distingue dans une cornue la panse, la voûte cl le col.

C'est dans la panse que reposent les matières à distiller ; elle répond à la cucurbite. La voûte et le col remplissent les mêmes fondions que le chapiteau de l'alambic.

L'appareil pour la distillation des liquides à la cornue se compose d'une alonge et d'un ballon récipient lubulé, sur-

DB LA DISTILLATION. i'71

monté d'un long lube. Celui-ci a le double avantage de faciliter

Fis. i5.

la condensation des vapeurs, et de porter à une hauteur assez grande dans la cheminée les gaz incoercibles , parfois d'odeur désagréable et d'effet délétère.

Les cornues sont chauffées h feu nu, au bain de sable, ou au bain de liquide. Le choix de chaque mode de chauffage n'est pas indifférent. Ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvéniens , et ils doivent être appropriés à la nature même des matières qui sont chauffées.

On chauffe une cornue à feu nu en la posant sur un triangle de fer qui en soutient le fond au-dessus d'un fourneau. Lne condition importante, c'est que le liquide ( si l'on opère sur un liquide) soit assez abondant pour que les parois du Vase qui reçoivent directement l'action du feu soit constamment mouillées par lui; autrement il arri\e que le verre prend sur ces points une température beaucoul) plus élevée que celle du liquide, et lorsque par le mouvement de l'ébullilion , celui-ci vient à toucher le verre , la différence brusque de température détermine la rupture de la cornue. C'est sur la fin de l'opération , quand on a dû évaporer la plus grande partie du liquide, que les accidens se montrent surtout, on les évite en ménageant la chaleur de manière à ce que la corime ne puisse s'échauffer que peu au-dessus de la température du liquide qu'elle contient; mais alors la distillation languit parce que la voûte de la cornue qui est sans cesse refroidie par le courant d'air auquel elle est exposée, condense une partie d^

172 DES MÉDICAMENS PRïÎPARl5s PAR DISTILLATION.

vapeurs qui retombent en liquide et ont besoin d'être distillées de nouveau.

On empêche ce refroidissement de la cornue en l'entourant par le laboratoire et le dôme d'un fourneau à réverbère; mais alors surtout le feu doit être ménagé avec grand soin pour éviter les ruptures ; la température de l'intérieur du fourneau ne doit dépasser que peu celle qui est nécessaire à l'ébuUition du liquide.

Dans la distillation à feu nu , l'ébuUition est rapide, mais inégale , parce qu'il est impossible que le feu ait constamment le même degré d'activité. Il faut ne chauffer que graduellement pour amener le liquide à l'ébuUition ; et quand celle-ci se manifeste retirer un peu de feu pour qu'elle ne devienne pas tumultueuse. Pendant tout le temps que dure l'opération , on ne met dans le fourneau que des charbons incandescens pour entretenir une chaleur constante et surtout parce que les charbons neufs fournissent de la vapeur d'eau qui peut se condenser et faire casser la cornue en touchant quelques points trèséchauffés.

La distillation des matières solides à la cornue se fait dans l'appareil précédent ; mais on remplace souvent la cornue en verre par une cornue en grès que, pour plus de précautions, on a enduite d'une couche de lut fait avec de l'argile et du crottin de cheval.

La distillation au bain de sable s'exécute en enfonçant la cornue dans une couche plus ou moins profonde de sable, placée dans une chaudière de fonte ou de tôle : cette disposition a l'avantage de maintenir l'appareil à une température plus uniforme, parce que les variations qui se manifestent nécessairement dans l'activité du feu, n'arrivent à la cornue que par l'intermédiaire d'une couche de sable chaud qui les transmet avec assez de lenteur pour qu'elles deviennent insensibles.

On distille au bain de sable avec des cornues de verre. Le sable doit être fin , surtout si la cornue est grande et chargée, car par son poids elle se briserait sur des fragmens grossiers. On met au fond du bain une couche de 2 à 3 pouces de sable , au plus , pour que la chaleur se transmette assez promptement. On a le soin de n'enterrer dans le sable que la

partie de la cornue qui conlient le liquide , afin que le liquide projeté par l'ébullilion ne vienne jamais toucher des parties trop échauffées , et à mesure que la distillation avance , on enlève du sable pour découvrir constamment les parties qui ne sont pas mouillées par le liquide.

Dans cette distillation au bain de sable , on recouvre la cornue d'une chemise en laine ou en tôle, pour éviter le refroidissement et rendre la distillation plus rapide ; lorsque les matières que l'on distille ne sont pas altérables par la chaleur , on peut même envelopper entièrement la cornue de sable pour empêcher la condensation dans la voûte d'aucune portion de vapeurs.

On distille au bain-marie , à la cornue, des matières trèsvolatiles , qu'il serait difficile de préserver d'une ébullition tumultueuse par une application directe du feu ; par exemple, les liqueurs alcooliques ou éthérées. La cornue appuyée sur un cercle de corde est fixée solidement aux anses de la chaudière de manière à ce qu'elle ne puisse venir surnager , ou qu'elle ne puisse être dérangée par le mouvement d'ébullition dans le bain-marie. Ici la température à laquelle le liquide est exposé est constante , le foyer qui chauffe la cornue ayant une température de 100 degrés, lorsque l'eau est en ébullition et ne pouvant la dépasser. On peut employer tout autre liquide pour obtenir une température constante; on profite, par exemple, de la propriété que possèdent les sels de relarder le point d'ébullition de l'eau. Ainsi, en saturant l'eau avec l'un des sels suivans, on obtient des températures différentes :

Crème de tartre 101

Aluu 104

Borax 105,5

Sel commun 106,6

Tartrate de potasse 112

Sel ammoniac 113

Nitrate de potasse 114

Tartrate de potasse et de sonde. . • 115

Le mercure peut servir de bain jusqu'à une température de 150 degrés, et l'acide sulfurique jusqu'à 200 degrés, mais il ne faut pas aller plus loin , bien que ces liquides n'entrent en

17 i DES Mlf.DICAMENS PRÉPARÉS PAR DISTILLATION.

ébuIIUion qu'à une température plus élevée ; mais avant d'être parvenus à celte température, ils répandent dans le laboratoire des vapeurs délétères. Le bain d'huile peut être échauffé jusqu'à 300 degrés ; avec l'alliage de D'Arcet , on peut aller jusqu'au rouge. Toutes les fois que l'on se sert d'un liquide qui ne peut être porté à l'ébullilion et qui n'a pas un degré constant d'ébullition, tels que les prérédens, on plonge dans le bain un thermomètre qui sert de guide pour la conduite du feu.

Quand on veut distiller à une température plus basse que 100 degrés, on se sert d'un bain d'eau que l'on recouvre d'huile pour empêcher l'évaporation , et l'on y tient plongé un thermomètre qui accuse la température et qui sert de guide.

Dans la distillation à la cornue, la condensation des vapeurs commence dans le col de la cornue , elle continue dans l'alonge et s'achève dans le récipient. Celui-ci doit être arrosé constamment par un filet d'eau froide; on l'enveloppe d'une toile pour que l'eau s'y répande plus uniformément ; on peut encore tenir le récipient plongé dans une terrine ou un baquet où il est fixé fortement par des ficelles ; on remplit le vase d'eau froide que l'on rafraîchit continuellement par un filet d'eau froide qui arrive jusqu'au fond. Les portions de liquide échauffées s'écoulent à sa partie supérieure. C'est le mode de refroidissement ordinaire du serpentin et lorsque les vapeurs ne sont pas de nature à attaquer l'étain , on peut très-bien joindre celui-ci à l'appareil distillatoireà la cornue.

Pour quelques liqueurs trés-volatiles , on entoure le récipient d'un mélange réfrigérant de glace et de sel marin.

Pour empêcher la déperdition des vapeurs par les points de jonction de la cornue avec l'alonge , et de l'alonge avec le récipient, on y applique un lut, souvent une bande de papier collé suffit; d'autres fois on met un bouchon de liège, que l'on peut même au besoin recouvrir d'une couche de lut. Ceci est surtout nécessaire quand on doit recueillir dans la même opération des liquides et des gaz. Ces derniers sont reçus à l'extrémité du récipient dans un appareil convenable.

Enfin quand on distille des acides qui corroderaient les bouchons , on ne met aucun Int et l'on a seulement la précaution

de prendre des vases qui s'adaptent exactement les uns dans les autres.

On veut quelquefois faire plusieurs distillations de suite dans le même appareil sans le démonter. On y parvient aisément quand le résidu de la distillation est resté liquide; car il suffit alors de l'enlever au moyen d'un syphon ainsi que le liquide qui a été condensé dans le récipient ; mais comme il arrive souvent que ces liqueurs seraient dangereuses si elles pénétraient dans la bouche, on se sert du syphon de Bunten, ou plus simplement du moyen suivant : les jointures étant lutées de manière à ne pouvoir laisser passage à l'air, on débouche la tubulure de la cornue et l'on y adapte un bouchon qui est traversé par un syphon ; la branche la plus courte doit pénétrer jusqu'au fond de la cornue. Quand le bouchon est bien adapté, on souffle fortement par la tubulure du récipient pour rendre la pression intérieure prédominante sur la pression extérieure. Alors le liquide s'élève dans le syphon et la cornue se vide. On arrive de la même manière à vider le récipient si on plonge le syphon par sa tubulure et si l'on souffle par celle de la cornue.

Quand on se propose de recueillir des gaz , on se sert de l'appareil que nous devons à Woulf , et qui porte son nom. La figure indiquera mieux qu'une description la disposition des parties de cet appareil.

Pour en bien concevoir le jeu, il est nécessaire d'avoir présent à l'esprit les principes suivans :

l*' Tous les gaz sont doués d'une certaine élasticité ou tension élastique, en raison de laquelle ils pressent sur les parois des vases dans lesquels ils sont renfermés ;

2*> La tension d'un gaz est proportionnelle à sa quantité; elle augmente avec la température , et diminue avec le refioidissemenl ;

3<> L'atmosphère pèse sur tous les corps ; sa pression est égale au poids d'une colonne d'eau de trente-deux pieds , ou d'une colonne de mercure de vingt-huit pouces ou soixanteseize centimètres ;

40 Les liquides transmettent la pression en tous les sens.

Si l'émission d'un gaz vient à se faire en A , il passera suc-

cessivement de la cornue dans le premier flacon , du premier flacon dans le second , et du second dans le troisième.

Au commencement de l'opération , le liquide est de niveau dans tous les tubes. Bientôt cet équilibre est rompu. Quelle en est la cause? Quels sont les phénomènes qui en résultent? C'est ce qu'il nous convient d'examiner.

Une certaine quantité de gaz venant à se dégager en A aug-

Fig. 16.

mente la tension élastique de l'air qui y est renfermé , et , par suite , une pression plus forte est exercée sur les parois du vase qui lui résistent , et sur les liquides du tube S et du tube c, qui cèdent à cette pression ; de sorte que le liquide s'élève d'une certaine quantité dans la branche la plus haute du premier, et descend d'une quantité égale dans le second , jusqu'à ce que la pression de l'atmosphère de A soit assez puissante pour déprimer toute la colonne du liquide en e. Alors , le gaz traverse la liqueur, s'y dissout, s'il y est soluble, ou , dans le cas contraire, vient augmenter la tension élastique de l'atmosphère en B. Ici , des phénomènes semblables à ceux que nous venons d'examiner se manifestent , savoir : augmentation de la force élastique , et, par suite , pression à la surface du liquide en B, élévation de ce liquide dans le tube droit S', et dépression du liquide d^ins le tube {, égale à l'élévation dans le tube droit. Quand le gaz est parvenu en C , il se comporte encore de la môme manière ; c'est-à-dire qu'en pesant également sur la surface du liquide dans le flacon G , et sur le liquide dans le

tube 0, il le fait monter dans l'un, et descendre dans l'autre. Mais dans le dernier flacon D, le liquide ne s'élève pas dans le tube S''', parce que , ce flacon étant ouvert, le gaz qui y arrive se mêle à l'atmosphère , où son effet devient inappréciable , et la pression de l'air sur la surface de l'eau dans le flacon est contre-balancée par celle qu'il exerce également par le tube droit. Aussi ce tiibe est-il inutile, et ne l'a-t-on placé là que pour faciliter l'exposition de la théorie.

Quand le gaz qui se produit en A est parvenu à se dégager en D, si on examine le niveau du liquide dans les tubes, on voit qu'il est le même que celui de l'eau dans le flacon D, qu'il est plus élevé dans le flacon C, plus élevé encore dans le flacon B, et, enfin , que son élévation en S est égale à la somme des élévations en S' et S". Recherchons la cause de ce phénomène.

Le niveau dans le tube S'" est le même que celui de l'eau; j'ai déjà dit que cela provient de ce que là pression de l'air s'exerce également , et par l'intérieur du tube et sur la surface du liquide dans le flacon.

Le liquide est élevé d'une certaine quantité dans le tube S". C'est que la pression du gaz en C est plus forte que celle de l'atmosphère, qui pèse sur le liquide par le tube S'; car, elle était égale avant que l'opéralion fût commencée , et s'est augmentée de tout le gaz qui est arrivé et à la sortie duquel s'est opposé le liquide dans le tube o.

Le liquide est plus élevé dans le tube S' qu'en S". C'est que la tension élastique du gaz en B s'est accrue par la résistance que le liquide de C oppose à sa sortie , résistance augmentée de tout l'effet produit par l'accroissement de la tension élastique du gaz en C. En effet, pour s'échapper de C, le gaz n'a eu à vaincre que le poids de la colonne d'eau contenue dans le tube et celle de l'atmospiière, tandis que pour s'échapper de B, il faut que sa tension soit assez forte pour égaler le poids de la colonne d'eau contenue en i, augmentée de toute la pression de l'almosplière de C , laquelle, ainsi que nous l'avons vu, est plus forle que celle de 1 air.

Enfin si , dans le tube en S, la dépression est égale à la somme des dépressions en S' et S", c'est que; pour s'échap- 1. 12

178 DES MÉDICAMENS PRÉPARl^S PAR DISTILLATION.

per de A, le gaz doit vaincre la somme des deux pressions exercées en B, C et D.

D'après cela , il faut , quand on a une longue série de flacons, se servir d'un lubc en S très-grand, sans quoi le gaz se ferait plus facilement passage en soulevant le liquide du tube en S que celui du flacon. Mais comme ces tubes, quand ils sont d'une grande dimension , sont incommodes *ei fragiles, on les remplit d'un liquide plus dense que celui du flacon, et qui, par conséquent , ne se déprime que d'une quantité moindre pour une pression égale. On se sert assez souvent à cet effet d'acide sulfuriquc et quelquefois de mercure.

Le tube en S sert à introduire dans le premier vase les liquides convenables ; mais il a un autre usage plus important qu'il partage avec les tubes droits ; c'est d'empêcher le mélange des produits. Si ces tubes n'existaient pas , quand la tension de l'atraosphèreinlérieurede la cornue viendrait à diminuer, par l'abaissement de la température, la pression dans le premier flacon restant la même, finirait par l'emporter sur celle de l'atmosphère de la cornue, et, en pressant sur le liquide de B, le ferait passer en A. Par suite, la tension élastique de B diminuerait, et ne contrebalancerait plus celle de G. Le liquide de C remonterait en B par le tube i; de là, diminution de l'élasticité de C , et passage du liquide de Den C, déterminé parla pression de l'air extérieur. Mais, quand les tubes de sûreté existent, à mesure que la pression diminue en A, l'air refoule de plus en plus le liquide dans le tube S, le fait monter dans la branche la plus courte et bientôt pénètre lui-même dans l'appareil, et rétablit l'équilibre.

Le même effet est produit dans les autres flacons , par les tubes droits, mais il faut qu'ils plongent peu dans le liquide; autrement, il pourrait arriver que le liquide ait remonté par le tube recourbé avant que l'air ait pu refouler toute la colonne du liquide qui s'oppose à son entrée par le tube droit.

Pour éviter la rentrée dans la cornue du liquide froid contenu en S, et dont on a intérêt à se défendre, pour ne pas changer la nature du résidu de l'opération , ou parce qu'il pourrait occasioner la rupture des vases , on a adapté une boule au milieu de la longueur de la deuxième branche du tube en S. Par ce moyen , quand il y a absorption , le liquide vient se

réunir dans la boule , et l'air , une fois logé au-dessous de lui, la traverse en raison de sa moindre pesanteur spécilique, cl pénètre seul dans l'appareil.

M. Weller a imaginé des tubes qui servent à la fois de conducteur et de tube de sûreté. Le liquide étant introduit par l'entoonoir s'y tient de niveau dans la boule et la grande branche, tant qu'il y a équilibre entre les pressions extérieure et intérieure. Mais si la pression extérieure vient à l'emporter, le liquide est refoulé dans la boule , l'air la traverse et arrive dans l'appareil.

On modifie l'appareil de Woulf suivant les conditions que l'on veut remplir. S'agit-il de séparer les produits liquides des gaz , on met un ballon tubulé en contact avec le vase dislillatoire, et de sa tubulure on fait partir un tube propre à recueillir les gaz. Veut-on recueillir les gaz insolubles, on termine l'appareil par un tube recourbé qui plonge sous des cloches pleines d'eau ou de mercure.

Quand on veut dissoudre des gaz, et qu'on opère très en grand , on supprime le tube en S, et, pour éviter l'absorption, on place , entre le premier flacon et la corn ue,^un flacon inlermédiaire au fond duquel on met une petite couche d'eau. Le tube qui part de la cornue pénètre dans ce flacon , sans arr'ver jusqu'au liquide. On plonge dans celui-ci un tube droit de sûreté. Il résulte de cette disposition que le gaz apporté da la cornue passe immédiatement dans les récipiens , et que le tube droit intermédiaire laisser entrer l'air quand la tension élastique de l'atmosphère de la cornue vient à diminuer.

Telles sont les principales dispositions des appareils distillatoires. Il en est encore d'autres fort importantes ; mais, comme elles font partie du domaine des arts industriels plutôt qu'elles n'appartiennent à la chimie pratique de nos laboratoires, leur description , dans cet ouvrage, eût été déplacée.

Lorsque la distillation s'exerce sur un seul liquide, la théorie

180 DES MÉDICAMENS PHIîPAÏIIÉS PAR DISTILLATION.

en csl forl simple. Le liquide de la chaudière dislillaloire étant porté à l'ébuUilion forme des vapeurs dont la force élastique est égale à celle de l'air, et comme elles sont poussées sans cesse par les nouvelles vapeurs qui se forment, elles ont bientôt expulsé l'air atmosphérique de l'appareil. Alors elles continuent à se former tant que le liquide est entretenu à l'ébullition; à mesure qu'elles arrivent dans les parties froides de l'appareil, elles s'y condensent , et elles y sont remplacées par de nouvelles vapeurs qui se condensent à leur tour.

Mais quand il passe en même temps deux liquides à la distillation , la théorie cesse d'être aussi simple. On conçoit bien, par exemple, que le plus volatil (l'eau, par exemple, dans un mélange d'eau et d'huile essentielle), entre en ébullition à son terme ordinaire et distille ; mais le moins volatil distille en même temps , et le mélange des deux vapeurs est en rapport avec la volatilité de chacune d'elles. Ainsi à la température de 100 degrés, l'essence qui ne bout qu'ci 150, forme cependant déjà une quantité assez considérable de vapeur qui se mêle à la vapeur d'eau , de manière que celle-ci en est saiurée pour cette température de 100 degrés. Mais de même que la vapeur d'eau se renouvelle sans cesse, la vapeur d'essence se reproduit à chaque inslant, de sorte que si l'eau est en assez forte proportion, il arrive que toute l'essence passe à la distillation malgré sa moindre volalUilé; que si l'on mêle à l-'eau quelque sel qui relarde son point d'ébulhtion, alors la vapeur d'eau se fait à une température plus élevée ; à cette même température l'essence a une tension plus grande, ou en d'autres termes forme plus de vapeur dans le môme espace, et il arrive de là que le rapport de l'essence dans le mélange des vapeurs est augmenté, et qu'en même temps il en distille davantage.

Quand deux liquides distillent ensemble, l'affinité qu'ils exercent l'un sur l'autre peut modifier ces résultats. Ainsi quand on soumet h la distillation un mélange d'eau et d'alcool, s'il obéissait à la théorie précédente, l'alcool qui passe devrait résulter d'un mélange de vapeurs d'eau et de vapeurs d'alcool en pro|)ortions constantes et par conséquent avoir toujours le môme degré. Or l'expérience nous api)rend que les premières liqueurs qui distillent sont plus spirilueuses que celles qui les

suivent, cl que le produit s'affaiblit de plus en plus à mesure que la distillation avance. Il faut bien reconnaître là les effets de raffinilé entre les deux liquides, d'où résulle qu'à mesure que l'eau perd de l'alcool , elle retient jiliis fortement celui qui lui reste, et ainsi tant que dure l'opération. Aussi voit-on le point de l'ébuilition des liqueurs s'élc\er constamment jusqu'à ce qu'il ne reste plus que de l'eau [)ure qui bout à 100°.

La distillation de l'acide acétique aqueux nous offre le même phénomène; mais comme lacide acétique est un peu moins volatil que l'eau, c'est lui dont la proportion augmente sans cesse dans la cornue, et le ])roduit distillé en est toujours plus chargé à mesure que la distillation avance.

EAUX PISTILLÈES ET DUILl-S ESSENTIELLES.

On donne le nom d'eaux distillées à l'eau qui a été chargée par la distillation des principes vqjalils des végétaux. Tous les matériaux susceptibles de se volatiliser, et qui sont contenus dans les plantes , passent avec l'eau pendant la distillation. C'est principalement l'huile volatile; mais il s'élève d'autres corps qui compliquent la composition des eaux distillées.

L'eau de cannelle contient de l'acide cynnamique, celle de valériane les acides rcélique etvalérianique; l'eau de poivre est ammoniacale, suivant Yauquelin, et il en est sans doute de même pour beaucoup d'autres. On trouve encore dans les eaux distillées des matières organiques fort mal connues, dont la présence dans ces eaux peut, dans le plus grarid nombre de cas, être considérée comme accessoire, mais que nous ne pouvons cependant, sans d'es expériences positives, considérer commclnerles.

L'huile essentielle est le principe qui constitue le plus ordinairement les eaux distillées ; il est probable qu'elle se trouve souvent dans les eaux distillées dans un état ]>areil à celui sous lequel la plante la contient. Cependant la distillation de l'huile essentielle en présence de l'eau doit faciliter singulièrement la formation de ces hydrates d'huiles que MM. Blanchet et Sell nous ont surtout signalés. Au reste, l'histoire chimique des huiles essentielles nous est encore si mal ccnnue, que l'on ne saurait tirer encore que des conjectures hasardées.

Bien que l'huile essentielle soit le principe qui prédomine

le plus ordinairement dans les eaux distillées, on ne saurait cependant considérer ces médicamens comme de simples solutions d'essence. On a cherché à les préparer artificiellement en agitant de l'eau distillée simple avec quelques gouttes d'huile essentielle ; mais ce procédé, fort économique , ne remplit pas le but qu'on s'était proposé. L'odeur et la saveur ne sont plus les mêmes, et le produit s'altère très-rapidement.

Les huiles volatiles se trouvent répandues dans toutes les parties des végétaux. C'est presque toujours à elles que ceux-ci doivent leur odeur.

Les huiles essentielles sont des produits toujours riches en carbone et en hydrogène , toujours volatilisables par la chaleur, et inflammables au contact de l'air par une chaleur élevée.

Les huiles essentielles sont le plus ordinairement formées par le mélange de deux huiles différentes ; l'une liquide prend le nom d'élaeoptènc, l'autre solide est appelée stéaroptène. Chacun de ces produits est variable dans chaque espèce, et par sa composition et par quelques-uns de ses caractères; mais tous se rattachent à un type commun. En général, les stéaroptènes sont moins volatils que les huiles liquides.

Il est des huiles essentielles qui ne contiennent que des principes liquides, comme l'huile de cajeput; celle de térébenthine contient en même temps deux espèces dihuilc liquide et un stéaroptène ; en général nos connaissances sur la véritable composition des huiles essentielles sont fort peu avancées, parce que l'extrême analogie des propriétés que possèdent les différens principes qui y sont mélangés permet difficilement de les séparer les uns des autres.

En outre du stéaroptène, les huiles volatiles contiennent quelquefois des matières qui leur sont analogues et qui paraissent s'être formées par une véritable altération ; c'est ce qui arrive pour l'essence de térébenthine, celles de citron , de basilic , de cardamome, de persil, et sans doute d'autres. Il est ordinairement très-difficile de reconnaître si certaines matières préexistent dans les huiles, ou si elles sont un résultat d'altération.

Les huiles volatiles relativement à leur composition intime se divisent eq trois classes. Celles qui ne sont formées que d'hydrogène et de carbone; celles qui contiennent de l'hydro-

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gène, du larbone et de l'oxigène; celles qui contiennent du soufre et de l'azote.

UUILES IIYDKOCARUONÉDS. HUILES OXIGËiXËES.

Essence de térébenthine. Lavande.

— cédrat. Anis.

citron. Iris.

— bergamotte. Roses.

— limette. Romarin.

^ genièvre. Menthe poivrée.

— poivre noir. Cannelle.

— .Sabine. Cassia lignea.

Stéaroplène d'huile de roses. Stéaroptène de menthe p.

— d'anis.

Camphre.

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