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SIROPS AVEC DES LIQUEURS VINEUSES

Les sirops préparés avec des liqueurs vineuses se conservent très-bien, et il n'est pas nécessaire d'y mettre beaucoup de sucre. Rien n'est plus simple que leur préparation ; il sufQt de faire dissoudre le sucre à froid ou à une très-douce chaleur dans un vin médicinal préparé suivant les règles ordinaires. On fait ainsi des sirops vineux de

Safran, Muscades,

Cascarille, Quinquina, etc.

250 DES SACCHAROLÉS.

Le safran est trailê par le vin d'Kspagne; on se sert de vin rouge pour les autres maficres. Toutefois, le Codex presc.ril de dissoudre de l'evlrail de quinquina dans du vin de quinquina fait au vin blanc, et de faire le sirop par solution.

SinOPS AVEC UF.S LIQUEURS EMUL8IVES.

On ne prépare qu'un seul sirop avec des liqueurs émulsives. C'est le sirop d'amandes ou d'orgeat. Il en sera traité spécialement à l'article amandes.

SIKOPS COMPOSÉS.

Dans la préparation des sirops composés , il faut se conformer à toutes les règles que nous avons prescrites pour les sirops simples , en appliquant à chaque substance le procédé qui lui convient le mieux.

Le nombre des sirops composés dont les médecins font usage est bien moins grand qu'autrefois, Un petit nombre seulement ont été conservés dans le nouveau Codex. Ils nous serviront à faire l'application des règles générales.

Tous ces sirops composés sont faits ;

1° A l'aide de la distillation;

2° Par décoction ;

3" Par décoction et infusion.

Les sirops préparés avec le secours de la distillation sont ceux de stœchas, d'armoise et de raifort composé. La manipulation est à peu près la même pour chacun d'eux. Elle consiste à faire tremper dans l'eau les matières qui entrent dans la composition du sirop, et à distiller au bain-marie, pour retirer une certaine quantité de liqueur aromatique. On fait avec celle-ci et suffisante quantité de sucre blanc, un premier sirop par solution.

On passe le résidu de la distillation , et l'on s'en sert pour préparer un sirop par coclion à la manière ordinaire. Quand ce deuxième sirop est refroidi , on le môle au premier.

Quelques praticiens font cuire fortement le second sirop , et le ramènent au point convenable par l'addition du liquide di-

DES SIROPS. 25t

slilié : moyen opératoire qui vaut autant que le mélange des deux sirops obtenus séparément.

sirop (le stœclias cuiinposé.

Pr. : Fleurs sèches de stœchas 3 ouces.

Sommités de thym 5

Sauge". \

„ • ) alla 6 eros.

Romarin > ^

Semences de rue ) ,

j -, ., } ana 4 gros 1/2

— de fenouil \ "

Cannelle ]

Gingembre / ana 2 gros.

Calamus aromaticus )

Eau 8 livres.

Sucre 5 livres.

On fait infuser pendant vingt-quatre heures et l'on relire 8 onces de liqueur aromatique à la distillation ; on la convertit en sirop en vases clos avec une livre de sucre. Avec le résidu de la distillation et '^ livres de sucre, on prépare un sirop par coclion et clariflcation , que l'on mêle au premier. On peut indifféremment employer tout le sucre à la préparation du sirop par coction , le cuire au-delà du degré ordinaire , et le décuire avec la liqueur aromatique quand il est en partie refroidi.

Sirop d'armoise composé.

Pr. : Sommités fraîches fleuries d'armoise 6 onces.

Raciues fraîches d'année J

— de îivèche J ana 4 gros.

— de fenouil '

Sommités fraîches de menthe

— — Pouliot I

„ . • > ana 6 onces.

— — Cataire j

— Sabine '

— — Marjolaine...

— — Hyssope

— — Matricaire. ... } ana 3 onces 4 gros.

— — Rue

— — Basilic

Semences d'anis

Cannelle.... | ana f once 1 gros.

Miel blanc 2 livres.

Eau 16 livres.

On incise les racines, on coupe les plantes, on concasse la

25*2 1>ÎÎS SACCIIAROLES.

cannelle; on ajoute l'eau et le miel et l'on fait digérer pendant trois jours à une douce chaleur. On distille alors pour retirer une livre et demie de liqueur aromalique. On passe le résidu de la distillation ; on y ajoute

Sucre .'> livres.

On fait par coction et clarification un sirop, que l'on cuit un peu au-delà du terme ordinaire et que l'on ramène au degré convenable en y ajoutant l'eau aromatique, quand il est en partie refroidi.

Le sirop d'armoise, peu usité maintenant, estemménagogue.

Syrop d'Erysimum composé.

Pr. : Orge mondé \

Kaisiiis secs > ana 2 onces.

Réglisse )

Bourrache |

Chicorée I •''"''' ■'^"""'•

Faites bouillir dans :

Eau 12 livres.

jusqu'à réduction d'un quart; passez, et versez bouillant sur:

Erysimum frais 3 livres.

Racine d'année 4 onces.

Capillaire du Canada. 1

Romarin 1/2

Stœchas 1/2

Anis 3/4

Après vingt-quatre heures de macération , distillez , pour obtenir 8 onces de liqueur qui servira à préparer un sirop par solution avec :

Sucre 1 livre.

On ajoute au liquide de la cucurbite, après l'avoir passé,

Sucre 3 livres.

Miel 1

Et l'on fait selon l'art un sirop que l'on mêle au premier. Le sirop d'érysimum composé facilite l'expectoration dans

les catarrhes chroniques ou h la fin des rhumes. Il dissipe les enrouemens , de là le nom de sirop de chantres qu'il a porté.

sirop de pommes comiiosé.

Pr. : Séné 8 onces.

Semences de fenouil „ .. . 1

Girofles 1 gros .

Suc dépuré de pommes de reinette. 4 livres.

— de bourraclie |

debuglosse \ •'»» 3 Imcs.

Sucre 4 livres.

Après avoir fait un premier sirop avec le sucre, et l'infusion du fenouil , du séné , du girofle dans le suc de pommes de reinette, on le verse bouillant sur

Girofles 1 gros 1/2

Fenouil 1 1/2

renfermés dans un nouet. On laisse infuser pendant six heures. En mêlant à ce sirop, pour chaque livre, l'infusion d'une demi-once d'ellébore noir , et d'un demi-gros de carbonate de potasse, achevant de concentrer, et mêlant au sirop un demigros de teinture de safran , on a le sirop de pommes ellébore.

Sirop de Desessart.

Pr. : Ipécacuanha gris concassé, l once.

Séné mondé 3

Vin blanc 24

On fait macérer pendant vingt -quatre heures, on passe avec expression et l'on filtre.

On ajoute au résidu

Fleurs de coquelicots 4 onces.

Sommités de serpolet 1

Eau bouillante G livres.

Après douze heures d'infusion , on passe et on filtre. On met dans un bain- marie les deux liqueurs ci-dessus avec

Sucre blanc Ih livres.

Eau de fleurs d'oranger. , . 2i onces. Sulfate de magnésie 3 onces.

254 DES SACCUAROLÉS.

On fait fondre à la chaleur dubain-marie et l'on passe le si*rop au blanchet.

Ce sirop est employé contre la toux , principalement pour les enfans.

Sirop dépuratif de Larrey.

Pr. : Bois de gayac râpé i livre.

Racines de bardaiie .... 1

— patience ... 1

— saponaire... 3 onces.

Tiges de douce-amèrc. . 4

On fait deux décodions de toutes ces substances. D'autre part on fait une infusion avec suffisante quantité d'eau et

Feui Iles de séné 4 onces.

Roses tremi^res 4

Anis vert , 4

Sassafras râpé 6 gros.

On passe ; on réunit le marc à celui des décoctions et l'on fait avec le tout une troisième décoction. On mêle toutes ces décodions avec

Suc de bourrache 6 onces.

On fait concentrer par évaporalion et l'on ajoute en dernier lieu l'infusion ; quand la concentration a été poussée assez loin on ajoute

Miel blanc 2 livres.

Sucre 2

On fait un sirop par coction et clarification.

Sirop dépuratif composé de Larrey.

i^. : Sirop dépuratif de Larrey . 1 livre.

Sublimé corrosif ^ grains.

Sel ammoniac 5

Extrait d'opium 5 grains.

Liqueur d'Hoffmann 36

On fait dissoudre les deux sels dans une très-petite quantité d'eau; on les ajoute au sirop; on en fait autant de l'extrait

DES SIROPS. 25ft

d'opium; enfin en dernier on met la liqueur élhérée et l'on Conserve dans une bouteille bien boucliée.

Sirop des cinq racines apéritives.

Pr. : Racines sèches d'ache \

persil 1

fenouil \ ana 4 onces.

asperge ... l

petit houx. )

Sirop de sucre 6 livres.

On coupe les racines bien menues au moyen du couteau ; on les met dans un bain-marie d'étain, et l'on verse dessus deut litres trois quarts d'eau bouillante. Au bout de douze heures, on jette sur une toile , on laisse couler sans expression , et l'on conserve la liqueur dans un lieu frais ; on obtient ainsi un litre d'infusion concentrée ; on remet les racines dans le bainmarie, et on fait une nouvelle infusion avec quatre litres d'eau. On passe avec une légère expression ; on décante les liqueurs ; on les mêle au sirop de sucre et l'on fait bouillir jusqu'à ce que le tout forme un sirop très-concentré; on ajoute un quart de la première liqueur ; on fait encore évaporer , et q^uand le tout ne pèse plus que quatre livres huit onces, on ajoute brusquement le reste de l'infusion aromatique et l'on passe.

L'objet que l'on se propose dans la manipulation précédente est de conserver dans le sirop la plus grande quantité des parties aromatiques des racines; à cet effet, on conserve une partie de l'infusion concentrée que l'on ne soumet pas h l'évaporalion. J'ai vainement cherché à obtenir des liqueurs concentrées par lixiviation , ce qui donnerait le moyen de faire un sirop par simple solution ; mais les racines apéritives sonl trop mucilagineuses, et elles ne se prêtent pas à ce genre de traitement; force est donc , à cause de la forte dose de ces racines qui entre dans le sirop , de perdre une partie des principes aromatiques par l'évaporalion des liqueurs.

MELLITES.

Les mellites Sont des sirops dans lesquels le sucre est remplacé par le miel.

Le miel qui entre dans la préparation de ces médicamens est un mélange, en des proportions très-variables, de deux sucres

256 DES SACCUAROLÉS.

très-différens ; l'un est solide , crislallisable et tout-à-fail pareil au sucre de raisin; l'aulre esl liquide, incrislaliisable et mal connu dans sa nature. Les miels contiennent, en outre de la matière sucrée , de petites quantités d'un acide végétal , des principes odorans et colorans qui ont une grande influence sur leurs qualités. Souvent ils retiennent de la cire. Ils sont d'autant plus convenables pour la préparation des sirops qu'ils en contiennent moins; quelques miels sont mêlés de couvin qui les rend susceptibles de s'altérer plus promptement; il ne faut pas s'en servir. On trouve aussi quelquefois dans le commerce des miels qui ont été falsifiés par l'amidon. Il faut se garder d'en faire usage. On les reconnaît en les dissolvant dans l'eau froide; l'amidon se dépose; on le met en contact avec l'iode qui lui fait prendre une couleur bleue.

Le miel donne des sirops qui se conservent moins bien que ceux que l'on fait avec le sucre; aussi sont-ils généralement moins employés ; ils participent plus ou moins à la propriété laxative qui appartient au miel donné à haute dose.

On peut appliquer à la préparation des mellites les règles que nous srfons posées pour la préparation des sirops. On donne à ces médicamens le même degré de cuite.

Le miel seclariiie de lui-même par l'ébullilion; aussi est-il presque toujours inutile d'employer l'intermède de l'albumine. On ne s'en sert qu'autant que» l'on a affaire à des liqueurs fort troubles et Irès-chargées. On n'enlève que les premières écumes qui se forment; puis l'on écume encore une fois au moment de passer ; si on enlevait les écumes à mesure qu'elles se forment , on finirait par séparer sous cette forme la majeure partie du miel : on peut avec avantage appliquer à la préparalion des mellites la clarification au papier , suivant la méthode de M. Desmares t.

Les liqueurs que l'on emploie à la préparation des mellites sont les mêmes que celles qui servent à la préparation des sirops; on les obtient par les procédés qui ont déjà été décrits.

Les mellites les plus employés sont les suivans ;

Mellilc simple ou sirop de miel, Oximcl simple,

— de sciUe , — scillitique ,

— mcrcurial, — colcliiquc.

— de roses roiigos,

MEI.MTE SIMI»M:.

(Sirop de miel.)

Pr. : Miel de bonne qualité. Q. V.

Eau S. Q.

On porte à l'ébullilion , on écume et l'on fait cuire en consistance de sirop.

Quand le sucre était fort cher, on enlevait au sirop de miel sa saveur et son odeur particulières , pour le faire servir de matière sucrante. On opérait de la manière suivante :

Pr. : Miel 12 livres.

Eau 3

Craie 6 onces.

Charbon animal.. 4

Blancs d'œuf .... N" 4.

On met le miel, l'eau et la craie dans une bassine; on fait bouillir trois à quatre minutes; on ajoute le charbon , puis les blancs d'oeufs battus avec quatre livres d'eau; on fait cuire en consistance de sirop ; on laisse déposer et l'on passe à l'élamine.

On donne le nom de conserves à des médîcamens d'une consistance de pâte molle ou rarement solides , formés d'une substance médicamenteuse unie au sucre, qui lui sert de condiment. Le but de ceux qui les inventèrent fut de conserver , à l'aide du sucre, des matières facilement altérables. C'est donc à tort que quelques pharmacologistes confondent, sous la dénomination de conserves, les pûtes, les pastilles et les tablettes. Dans ces divers composés , le sucre a pour objet de rendre le médicament plus agréable , et non de le conserver; car les matériaux qui le composent sont peu altérables , et se gardent bien mieux quand ils sont seuls. On a quelquefois aussi appliqué le nom de conserves aux électuaires. Quelques-uns, tout au plus, mériteraient cette dénomination : ce sont ceux qui sont peu altérables. Encore bientôt ils entrent en fermentation, et les substances qui les constituent subissent des altérations chi- 1. 17

258 DES SACCHAROLES.

iniques. Ce n'est pas, d'ailleurs , dans le dessein de conserver les ingrédiens qui entrent dans les éiccluaires, que ces sortes de médicamens ont été inventés, comme nous le verrons plus tard.

L'intention , au contraire , de ceux qui inventèrent les conserves fut de garantir de la décomposition les substances médicinales , par le moyen du sucre. On est souvent bien éloigné d'obtenir ce résultat.

Nous désignerons sous le nom de conserves , des médicamens dans lesquels il n'entre du sucre que comme condiment et une seule substance médicamenteuse , et qui ont une consistance de miel. 11 y a cependant quelques conserves qui sont cassantes.

Il y aquatre moyens de préparer les conserves.

1". Avec les plantes fraîches ;

2". Avec les plantes sèches, par coction ;

3°. Avec les plantes sèches réduites en poudre;

4°. Par coction des plantes dans le sucre jusqu'à siccilé.

Examinons successivement ces quatre modes opératoires.

r Conserves avec des plantes fraîches.

Quand on veut obtenir une conserve avec une plante fraîche, on choisit ses parties herbacées ou charnues, et on les pile avec deux à trois parties du sucre; on passe 6 travers un tamis de crin ; quand les plantes ne contiennent pas de parties volatiles , on peut chauffer la conserve au bain-marie pendant quelques instans pour faciliter la dissolution du sucre.

Ces médicamens sont peu employés , parce qu'ils sont de mauvaise conservation. La conserve de roses rouges, qui est le moins altérable de tous , ne peut cependant passer l'année sans entrer en fermentation. Il est bon de réserver ce mode de préparation pour les substances qui perdent leur vertu par la dessiccation- comme les plantes antiscorbutiques : encore les conserves de ces plantes ne doivent-elles être préparées qu'à mesure du besoin. On doit les faire avec le sucre en poudre, car la chaleur dissiperait une partie de leurs priiicipes actifs.

La conserve de cynorrhodons et la conserve de casse rentrent dans la série des conserves préparées à froid.

2* Conserves avec dos plantes sèches par coction.

Le Codex prescrit de préparer par coction les conserves des racines ; on fait cuire celles-ci et on les pulpe ; on tait cuire ensuite du sucre à la grande plume, dans le décodé de la racine, et on le naôle avec la pulpe.

Conserve (rannéc.

Pr. : Pulpe de racine d'année préparée par

coction 1 partie.

Sucre 4

Faîtes cuire le sucre en consistance d'électuaire dans le décodé de racine d'année, et mélangez à la pulpe.

On prépare de même les conserves d'âche, d'angélique et des autres racines.

Ce procédé est répréhensible. L'ébullition volatilise la majeure partie du principe aromatique. En outre , comme Baume l'a judicieusement fait remarquer , l'amidon et les matières parenchymaleuses, gonflés par la chaleur, ne tardent pas à déterminer la fermentation dans la masse : aussi , quelque bien cuites que soient ces conserves , elles ne tardent pas à se gonfler , à tourner h l'aigre, à perdre leur saveur et leur odeur, et à changer totalement de nature. Elles sont gonflées par l'inlerposilion de bulles nombreuses d'acide carbonique. Plus tard, elles s'affaissent, et la fermentation s'arrête; mais elles laissent un médicament détérioré.

C'est à la classe des conserves que peuvent être rapportées les conserves obtenues avec les fruits cuits et le sucre, qui sont connues sous le nom de marmelades. Elles contiennent en effet toute la partie pulpeuse des fruits unie au sucre , et celui-ci agit comme conservateur. On sait qu'on les obtient en séparant les fruits (abricots, prunes, pêches ) de leurs noyaux, les coupant par tranches et les mêlant dans une terrine avec la moitié ou les deux tiers de leur poids de sucre grossièrement pulvérisé. Après 2i heures , pendant lesquelles on a le soin d'agiter de temps en temps , on fait cuire en remuant continuellement jusqu'à ce que la matière prenne une consistance ferme par le refroidissement.

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3° Conserves préparées avec les plantes sèches réduites en poudre.

Le troislùnie mode de préparation des conserves consiste à humecler la substance médicamenteuse pulvérisée avec de l'eau, ou mieux avec son eau distillée quand elle est aromatique ; à laisser en contact pendant quelques heures , pour que son tissu s'impreigne d'humidité , et h mêler, par trituration , au sucre réduit en poudre. Ce procédé offre le grand avantage de permettre de préparer les conserves en tout temps , au moment même de s'en servir : et , d'ailleurs , le produit se détériore plus difficilement. Le mucilage y est moins développé , et l'amidon n'y est pas dissous ; la dessiccation ne fait pas perdre aux substances aromatiques autant que la coction. On remplace , d'ailleurs , une partie des principes qui ont pu se volatiliser par l'emploi de l'eau distillée aromatique. C'est ainsi que devraient être préparées toutes les conserves, à l'exception de la conserve de cynorrhodons , de la conserve de casse , et de celles des végétaux antiscorbutiques qui perdent leur partie active par la dessiccation.

4° Conserves sèches ou condits.

Les condits sont des conserves sèches formées par des substances végétales qui ont été pénétrées de sucre au moyen de la chaleur.

Donnons pour exemple la préparation de la conserve d'angélique.

Après avoir fait un choix dans les plus tendres comme dans les plus belles tiges d'angélique, on les coupe sur une longueur de six à huit pouces; après les avoir mises dans de l'eau sur le feu, lorsqu'on aperçoit qu'elle va bouillir, on les relire, et on les y laisse en infusion pendant une ou deux heures ; l'angélique est alors suffisamment attendrie pour qu'on puisse la dépouiKer de l'écorce demi-ligneuse qui la recouvre , ainsi que des filamens qui la pénètrent ; on la jette dans l'eau froide, et on la met sur le feu pour la faire bouillir jusqu'à ce qu'elle soit blanchie de manière à être facilement traversée par une tête d'épingle : on relire la décoction pour laisser refroidir l'angélique ; on la

fait égouller ; on fait ensuite cuire au petit lissé suflisanle quantité de sucre, on y jette l'angélique et l'on donne quelques bouillons. Le lendemain, on sépare le sucre, on le fait cuire à la nappe, on remet l'angélique, on fait bouillir quelques minutes, et l'on répète cette manœuvre pendant deux jours de suite , en remettant à chaque fois un peu de sucre clarifié; alors, on fait cuire le sucre au grand perlé; on laisse bouillir l'angélique pendant quelques minutes , et on la tient plongée pendant toute la journée ; on la retire du sucre, on la fait égoulter et on la place sur des tarais , des plaques ou des ardoises , pour faire sécher à l'étuve ; après l'avoir retournée à plusieurs reprises , et lorsqu'elle est parfaitement desséchée , on l'enferme dans des boîtes à l'abri de l'humidité.

On prépare de même les conserves d'ache et de citron. Seulement on est dans l'habitude de laisser les tiges d'ache et de citron entières.

Les conserves sèches de fruits demandent plus de temps et de manipulation pour être terminées. On fait houillir pendant 8 à 10 minutes du sirop de sucre ordinaire, on le verse sur les fruits et on laisse refroidir le tout jusqu'au lendemain ; on fait pendant quatre jours la même opération avec de nouveau sucre, en donnant chaque fois un degré de cuite de plus au sirop; après la dernière opération , on met les fruits à l'étuve jusqu'à ce qu'on puisse les tirer à sec.

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