PISS BOLS POUR LES CHEVAUX
Pr. : Savon hlanc 2 livres.
Poix blanche 2
Nitrate de potasse « 8 onces.
Carbonate dépotasse « 8
Huile essentielle de genièvre.. » 2
Poudre de réglisse 1 4
Faites des bols de 2 onces.
' Une potion est un médicament liquide destiné à être pris par cuillerées.
La nature des potions est extrêmement variable. On peut distinguer les juleps, les loochs et les potions proprement dites; mais ces dislincUons ne sont que conventionnelles, et il n'existe aucune limite bien tiancliéc entre ces diverses espèces de médicamens.
1)ES POTIOXS. 305
Un julcp est une potion ocdiiiairemcnt composée de sirop et d'eaux distillées. On y fait entrer quelquelois des mucilages, des acides, mais jamais de poudres ou de substances huileuses qui puissent troubler sa transparence.
Les looclis sont des potions dont la consistance est plus épaisse que celle des sirops ; leur base est presque toujours un mucilage, souvent on y fait entrer des huiles ou des médicamens plus actifs.
Quatre loochs sont indiqués par le Codex de Paris; leur préparation servira d'exemple pour tous les autres médicamens de ce genre. On pourra d'ailleurs leur appliquer toutes les règles dont il sera fait mention en parlant des potions.
Looch blanc.
Pr, : Amandes douces iV° |G.
Amandes araères iv° 2
Sucre G gros.
Poudre de gomme adragantc . . 16 grains.
Huile d'amandes douces 4 ^os.
Eau de fleurs d'oranger 2
Eau commune 4 onces.
On pile les amandes mondées de leur pellicule avec une partie du sucre et un peu d'eau , pour faire une pâte bien divisée que l'on délaie avec le reste du liquide : on passe , avec expression , au travers d'une étamine ; d'autre part , on triture la gomme adragante avec le reste du sucre, et on ajoute un peu d'émylsion pour faire un mucilage dans lequel on divise l'huile par une trituration prolongée ; on ajoute petit à petit le reste de l'émulsioh. On aromatise avec l'eau de fleur d'oranger.
Looch vert.
Pr. : Pistaches récentes NM4
Sirop de violettes 1 once.
Huile d'amandes douces 4 gros.
Gomme adragante 16 grains.
Teinture de safran 20 grains.
Eau de fleurs d'oranger 2 gros.
— commune 4 onces.
306 DKS POTIONS.
Comme il est souvent difficile de se procurer les pistaches récentes, on leur substitue des amandes douces. Le mélange de sirop de violettes et de safran suffît pour donner au looch la couleur verte qu'il doit avoir.
Looch d'œufs.
Pr. : Jaune d'œuf N° 1
Huile d'amandes douces 1 once 1/2
Sirop de guimauve 1
Eau de Heurs d'oranger 1
— de coquelicots 2
On mêle dans une fiole l'huile, le sirop, et une petite quantité d'eau. On les mêle par parties au jaune d'œuf, (.ans un mortier de marbre ; on bat bien et enfin l'on incorpore le reste des eaux distillées.
Looch sans amandes.
Pr. : Gomme adragante 16 grains.
Huile d'amandes douces 4 gros.
Sucre 1 once.
Eau 3
Eau de fleurs d'oranger 2 gros.
Nous désignerons sous le nom spécial de potions toutes celles qui ne sont ni des loochs ni des juleps. Nous les diviserons en deux séries : la première comprendra les potions qui ne contiennent que des matières solubles qui ne peuvent en troubler la transparence; dans la seconde, seront les potions dans lesquelles on fait entrer des corps qui ne peuvent se dissoudre, et qui restent en suspension.
Nous n'avons presque rien à dire sur le mode de préparation des potions de la première série. Elles consistent, pour ainsi dire , en de simples solutions ; nous ferons observer seulement que lorsqu'au nombre de leurs composans se trouvent des corps volatils , il faut avoi." le soin de ne les ajouter qu'eu dernier , afin d'éviter autant que possible leur déperdition.
Les snbslanccs qui, inlroduites dans une potion, peuvent en troubler la transparence, sont: les résines, les gommesrésines, les huiles fixes et volatiles, les teintures alcooliques ou élliérées, les poudres , les extraits, les électuaires.
Ce que nous avons dit sur la préparation des émulsions artificielles se rapporte également bien au mélange des résines , gommes-résines, huiles et teintures alcooliques qui entrent dans les potions.
Les poudres que l'on fait entrer dans les potions doivent avoir un grand degré de ténuité. On les délaie préalablement dans le sirop pour les avoir plus divisées ; on ajoute ensuite le reste du liquide.
On délaie les électuaires par simple trituration.
Les extraits doivent être triturés dans un mortier jusqu'à ce qu'ils soient divisés. Ce procédé est préférable à celui qui consiste dans leur dissolution à chaud ; de cette manière ils sont infiniment moins divisés. Les parties extractives qui ont perdu leur solubilité par l'action du feu, ouïes parties insolubles dans l'eau qui ne s'étaient dissoutes qu'à la faveur d'autres corps, et qui se sont séparées lors de la concentration des liqueurs, formeraient des parties grossières en suspension; on pourrait les séparer par la filtration , mais comme dans un grand nombre de cas elles ont des vertus médicamenteuses bien prononcées , il vaut beaucoup mieux les laisser dans la potion, en ayant soin de les atténuer le plus possible.
Potion diurétique.
Pr. : Oximel scillitique 4 gros.
Eau de pariétaire 4 onces.
— de menthe 1 once.
Alcool nitrique 1/2 gros.
Mêlez.
Potion cordiale.
Pr. : Sirop d'œillet 1 once.
Teinture de cannelle 1/2 once.
Confection d'hyacinthe 2 gros.
Eau de menthe poivrée 3 onces .
— fleurs d'oranger .t
Potion (le Rivière.
Pr. : Sirop de limon 1 once.
Suc de citron 1/2
Eau commune 3
Bicarbonate de potasse 1/2 gros.
On inlroduil lous les liquides dans une fiole, puis le bicarbonale, cl Ton bouche cxaclement. Les acides mettent en liberté l'acide carbonique qui rend la potion effervescente; souvent ou partage la potion en deux: alors on substitue le sirop d'écorce de citron au sirop de limons et l'on n'ajoute pas le suc acide. Celui-ci sert à faire une autre potion sans alcali, que l'on fait boire immédiatement après l'autre. De celte manière l'effervescence se fait dans l'estomac même du malade.
Potion antispasmodique.
Pr. : Sirop de fleurs d'oranger 1 once
Eau distillée de tilleul 2
Eau distillée de fleurs d'oranger. 2
Ether sulfurlquc 1 gros.
Mêlez.
potion anthystérique.
Pr, : Sirop d'armoise composé 1 once.
Teinture de castoréuni ou d'assa-
fœtida 14 grains.
Eau distillée de valériane 2 onces.
— de fleurs d'oranger 2
Éther sulfurique 2 gros.
Potion incisive.
Pr. : Infusi'; d liys()p(' h onces.
Oxiiiiei s i:li(iquc 1
Giimnie aiiiiii()iiia(iue f), grains.
DES CÉRATS , POMMADES ET ONGUENS. 309
Potion antiseptique.
Pr. : Infusum de 2 gros serpentaire
de Virginie 4 onces.
Teinture de quinquina 2 gros.
Campbre 12 grains.
Acétate d'ammoniaque liquide. 1 onic.
Sirop de quinquina 1 once.
Potion anodine ou julcp.
Pr. : Sirop de pavots bKincs 4 gros.
Eau de fleurs d'oranger 4
Eau distillée de laitue 3 onces.
Mêlez.
Potion purgatife des peintres.
Pr. : Electuaire diaphœnix I once.
Poudre de jalap 1 gros.
Sirop de nerprun 1 once.
Infusion de 2 gros séné 4
Mêlez.
Ce purgatif fait partie du traitement de la colique des peintres , des pères de la Charité.
DES CÉRATS, POMMADES ET ONGUENS.
Les cérats , les pommades et les onguens, sont des médicamens destinés à l'usage externe , dont la base est une matière grasse, et dont la composition est, du reste, très-variable. Le Codex les a divisés en trois sections.
La première comprend les cérats ou oléocérats qui sont formés d'huile et de cire, et qui corl, 'unent bien rarement d'autres matières grasses.
Les pommades , désignées sous le nom de graisses médicamenteuses, forment la seconde série. Elles sont généralement composées de graisses animales unies à ditTérens principes; on ne fait pas entrer de substances résineuses dans leur composition où elles y sont en faible quantité.
Les onguens qui constituent la troisième série sont caracté-
310 DES CÉRATS, POMiMADES ET ONtiUENS.
risés par leur consistance ordinairement plus ferme, par la quantité de résines que l'on y fait entrer, et parce qu'ils ne contiennent jamais en combinaison des substances métalliques. Toutes ces distinctions sont plutôt conventionnelles que rigoureuses. Il serait souvent difficile , en les prenant à la lettre, de décider à laquelle de ces définitions doivent être rapportés certains de ces composés. Heureusement toutes ces distinctions sonl de fort peu d'importance.
DES CÉRATS.
( Elœocérolés.)
Les cérats sont des médicamens externes formés d'huile et* de cire, et quelquefois de blanc de baleine, dont la consistance, toujours molle , varie suivant les proportions dans lesquelles on unit les corps gras précédens. Ils admettent souvent, dans leur composition, des liquides, des extraits, des sels, des poudres, etc.
Comme une des conditions à remplir dans la confection d'un grand nombre d'entre eux est de les obtenir blancs , il ne faut négliger aucune précaution pour y parvenir. Voici les règles générales pour leur préparation :
On n'emploiera que des vases très-propres ; L'huile et la cire devront être récentes; On donnera la préférence sur les autres huiles à l'huile d'amandes douces et à celle d'olives ;
On fera fondre les matières grasses à une très-douce chaleur, même au bain-marie; car par une élévation un peu forte de température, les matières grasses s'altéreraient et le produit aurait moins de blancheur;
Pour que les matières restent moins long-temps sur ie feu, on aura le soin de diviser, en fragmens peu volumineux, la cire et le blanc de baleine.
Quand les matières grasses auront été fondues ensemble , on les versera dans un mortier, et on les agitera jusqu'à parfait refroidissement, en ayant le soin de faire retomber continuellement dans le mortier les portions de matière qui s'attachent contre ses parois. Elles y prendraient une consistance plus
DES CÉRATS. 311
grande que celle de la masse , et l'on aui .il beaucoup de peine à les diviser de nouveau.
Quand on opérera sur de grandes quanlités, on devra échauffer préalablement le mortier avec de l'eau bouillante pour que le refroidissement se fasse plus lentement, que la portion de matières qui s'attache sur les parois n'y devienne pas trop promptement solide et que l'on ait le temps de la faire retomber , et de la mélanger au reste de la masse avant qu'elle n'ait pris assez de consistance pour ne plus pouvoir s'y mêler. A la pharmacie centrale des hôpitaux, où l'on fabrique pour chaque dose environ , 100 livres de cérat , on se sert d'une espèce de grande bassine en tôle , bien étamée à l'intérieur. Elle est placée sur un trépied en fer qui lui donne de l'aplomb, et la matière est agitée au moyen d'un long bistortier élargi à sa base , et qui est terminé par un long manche en fer. Celui-ci est passé dans un anneau qui termine une barre de fer Oxée dans le mur, et qui se trouve placée à une hauteur convenable au-dessus du centre de la bassine. Une fois que la tige du bistortier a été passée dans cet anneau , l'homme n'a plus qu'à s'occuper de lui imprimer un mouvement dans divers sens sans avoir besoin de le supporter. Ce système est fort avantageux; dans la préparation des diverses compositions onguentaires ou emplastiques. L'emploi d'un vase métallique a également ici un avantage bien réel: les pharmaciens savent que ce n'est que par de grands soins que l'on parvient à avoir du cérat sans grumeaux, et il peut paraître impossible d'y parvenir en opérant à la fois sur un quintal de matière.
Cela est pourtant facile quand on se sert d'un vase métallique. Tant que le mélange de cire et d'huile est chaud , le vase qui est conducteur du calorique conserve de la chaleur dans toutes ses parties; de sorte que lorsque le refroidissement commence à se faire sur les parois latérales , celles-ci ont encore une température moyenne , qui empêche les matières qui y adhèrent de prendre beaucoup de consistance, et qui leur permet alors de se mélanger facilement au reste de la m.asse.
Quelquefois, au lieu d'ojiérer ainsi qu'il vient d'être dit, on laisse refroidir tranquillement les matières; et quand elles sont solidifiées , on les râcIc par couches minces que l'on tri-
312 DES CÉRATS, POMMADES ET ONGUENS.
ture ensuite dans un mortier jusqu'à ce qu'il ne reste plus de grumeaux. Cette pratique demande beaucoup de temps, parce que la cire qui a cristallisé dans le mélange par le refroidissement lent, ne peut plus être divisée que par une trituration long-temps prolongée.
Les matières salines, les poudres, les extraits ne doivent être ajoutés au cérat que lorsqu'il est parfaitement uni.
Les poudres seront très-fines, les sels bien divisés , et les extraits dissous dans une petite quantité de liquide.
La manière d'incorporer les eaux distillées ou les solutions d'autres principes médicamenteux, n'est pas toujours la môme: le plus communément, quand le cérat est fini , on y ajoute le liquide petit à petit en agitant vivement. On observe que le mélange blanchit par l'interposition de l'eau et de l'air entre ses parties.
Cérat simple.
Pr. : Huile d'amandes douces 3 parties.
Cire blanche 1
Faites fondre à une douce chaleur ;'versez dans un mortier, et triturez jusqu'à ce que le tout soit bien divisé.
Ce cérat est destiné à devenir , par incorporation , la base de plusieurs cérats ou pommades composés.
Pomaïade pour les ièvres.
Pr. : Huile d'amandes douces 2 parties.
Cire blanche 1
Racines d'orcanettc 1
On fait chauffer ces matières au bain-raarie, jusqu'à ce que le corps gras ait pris une couleur rouge assez vive. On passe avec expression à travers un linge et on ajoute par once de pommade 2 à 3 gouttes d'essence de roses; on agite jusqu'à ce que la licpieur commence à se refroidir et on la coule dans de petites boîtes de bois.
DES CÉRATS. 313
Cérat de Galion.
Pr. : Cire blanche 4 parties.
Huile d'amandes douces 10
Eau de roses ou de fontaine 12
F. S. A. ainsi qu'il a été dit plus haut.
Quelques praticiens font fondre les matières grasses au bainmarie, dans l'eau qui doit faire partie du cérat; ils versent le mélange dans un mortier , et l'agitent continuellement jusqu'à ce qu'il soit refroidi.
Quel que soit le procédé dont on se soit servi, le cérat est également bon, s'il est parfaitement uni, et si le liquidé ne s'en sépare pas.
On recommandait autrefois d'ajouter quelques gouttes d'huile de tartre au cérat, pour le blanchir. Celte addition a l'inconvénient grave de lui donner de l'dcrelé. Si on en ajoute en excès , le cérat est détruit , et converti en une eau blanche savonneuse.
Dans les hôpitaux on substitue la cire jaune à la cire blanche. On obtient ainsi un cérat d'une couleur jaune , que quelques médecins croient doué de propriétés particulières utiles.
Cérat ou pommade pour le toucher.
Pr. : Blanc de haleine !
Cire jaune 1
Huile d'olives 10
Soude caustique 1
On fait fondre le blanc de baleine et la cire dans l'huile , à une douce chaleur, dans une terrine vernissée. On ajoute la soude caustique et l'on agite jusqu'au refroidissement.
Cette pommade est employée à la maison d'accouchemens pour pratiquer le toucher.
314 DES CLRATS, POMMADES ET ONGUENS.