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PRÉFACE

Trois années ne se sont pas encore écoulées depuis la première publication de ce Traité de pharmacie, et cependant l'édition actuelle présente de grandes différences avec celle qui l'a précédée, parce que. les travaux qui ont paru dans l’intervalle, sont venus y prendre place, et qu’un bon nombre des parties importantes de l’ouyrage ont été refaites presque complétement. | Un nouveau Codex a paru; ses formules ont été substituées à celles de l’ancien ; par là, des formules que la première édition de ce traité avait présentées sous la forme critique, sont devenues à leur tour les formules légales ; le plus grand nombre des articles de l'ouvrage ont dû être remaniés en ce sens. Mais le nouveau Codex lui-même a été l’objet de critiques peu ménagées. Je les ai enregistrées, adoptant celles qui me paraissaient fondées, en ajoutant ‘au besoin de nouvelles, négligeant celles qui me semblaient insignifiantes, et soumettant à leur tour, à une juste critique, les observations qui avaient été faites à la légère ou qui tombaient à faux, dans l'ignorance où s’étaient trouvés leurs auteurs

IL PRÉFACE. Rs

des motifs qui avaient déterminé le choix du Codex.

Les articles généraux relatifs aux formes pharmaceu-

tiques ont presque tous éprouvé des changements importants; quelques-uns, en particulier ceux qui traitent des poudres, des eaux distillées, des huiles essentielles, des extraits, des sirops, des emplâtres, ont été refondus presque complétement. À la suite de ces articles généraux, la première édition contenait des formules composées, qui ne pouvaient être rapportées à aucune substance médicamenteuse simple : appréciant les observations qui m'ont été faites à ce sujet, j'ai déplacé toutes ces formules et je les ai reportées à la fin de l'ouvrage,’sous le titre de Formulaire.

J'ai conservé la même classification générale ‘des médicaments simples; mais la disposition des articles particuliers, surtout en ce qui concerne les plantes et les produiis animaux, a été modifiée d’une manière importante.

Ure substance simple étant donnée, la première édi-

tion de l’ouvrage faisait revêtir à cette substance toutes les formes pharmaceutiques dont elle était susceptible, en suivant précisément l’ordre qui avait été adopté dans . la classification générale, c’est-à-dire, en allant ‘des préparations plus simples aux préparations plus composées; le pharmacien et le médecin surtout y trouvaient l’avantage d’embrasser facilement toute l’histoire pharmaceutique d’un corps: mais il y avait mieux à faire sous ce rapport, et ce mieux a été réalisé. On sait que, lorsqu'une substance médicamenteuse simple a reçu une forme pharmaceutique quelconque, il arrive le plus souvent qu’elle a éprouvé des modifications dans sa con-

PRÉFACE. rl stitution ; elle peut avoir perdu quelqu'un de ses principes constituants, elle peut en avoir acquis d’autres qui changent ses propriétés ou qui viennent y ajouter les leurs. Chaque forme pharmaceutique d’une seule et même substance, devient ainsi une sorte de médicament particulier, qui lui-même peut être la base d’autres préparations ; or, ces préparations ont toujours entre elles une plus grande analogie que celle que l'on pourrait observer entre les préparations qui résultent du traitement de la matière médicamenteuse primitive. Si l'on prend cette distinction pour point de départ, on

” arrive à une classification plus naturelle, en ce sens

qu’elle rapproche des médicaments dont la constitution a plus de ressemblance; elle permet d’embrasser avec plus d'avantage la valeur comparative des diverses préparations. Donnons-en un exemple : la poudre de quinquina est la base des tablettes, de l’opiat de'quinquina; ces préparations, poudre, tablettes, opiat, qui renferment toute la substance de l’écorce, ont plus d’analogie entre

elles que les préparations dans lesquelles on aura fait intervenir un véhicule qui sépare quelqu'un des éléments de l'écorce ; poursuivons : l’eau et l'alcool ont une action toute différente sur l'écorce ; il en résulte, que chacun de ces véhicules donne lieu à une série de préparations qui offrent entre elles une grande analogie de composition ; tandis que les médicaments des deux séries ont des rapports fort éloignés; alors même que leur

apparence extérieure semble établir le contraire. — Je

ne doute pas que ce système de classification ne contribue à éclairer singulièrement l'emploi des préparations phar.-

maceutiques. J'ai voulu faire Pie et, après avoir établi, a”

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