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DES TABLETTES ET PASTILLES

moyen d’un rouleau, après avoir Saupoudré la table avec un peu d'amidon ; on étale encore une légère couche d’amidon à la surface de la pâte et on la divise en pastilles au moyen d’un couteau ou d’un emporte-pièce. Afin que les pastilles aient toutes une même épaisseur ; on place sur le marbre un cadre en bois ou en fer ayant l'épaisseur que lon veut donner aux pastilles ; on fait agir le rouleau jusqu’à ce que, sur tous les points, il appuie sur le cadre, ce qui ne peut arriver que lorsque la masse a été suffisamment affaissée.

Quand on prépare des tablettes avec une poudre végétale qui contient des matières extractives, il faut alors surtout se contenter de pétrir la masse avec Ja main, et se servir d’un mucilage épais. L'emploi d’un mucilage clair et le battage dans un mortier faciliteraient la dissolution des matières extractives dans le véhicule, et les tablettes auraient moins de blancheur.

Le mucilage que l’on destine à la préparation des tablettes est presque toujours préparé avec la gomme adragante ; on monde celte gomme avec un canif de toutes les impuretés qui peuvent s'être attachées à sa surface, puis on la met dans un pot sur les cendres chaudes avec 8 à 12 fois son poids d’eau. Au bout de 24 à 36 heures on passe le mélange avec expression, à travers un linge serré, et on bat: le mucilage dans un mortier. Il ést beaucoup plus tenace que quand il*est préparé avec la gomme en pouûre.

Quelques praticiens ajoutent au mucilage de gomme adragante un peu de blanc d'œufs ou de la gomme arabique qui donnent aux pastilles un aspect translucide qui est recherché. On arrive plus sûrement encore à ce résultat en préparant le mucilage avec la >omme arabique seule, Les doses sont de 1 partie de gomme et > parties d’eau simple ou aromatique ; on compte habituellement ur un gros de ce mucilage par once de sucre; mais l'emploi de . à gomme adragante est toujours plus avantageux. L'emploi de la gomme adragante ne conduit pas foujours à des ésultats semblables; dans ce cas, c'est l'influence de la conistance du mucilage qu'il faut considérer ; les tablettes sont ‘autant plus belles que le mucilage est plus épais. Le mucilage, tit avec 1 partie de gomme et 8 d'eau, m'a paru le plus onvenable. Ait

Voici les résultats que j'ai obtenus, en employant le mucilage

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contenant :}, de gomme adragante préparé avec la gomme entière, et en opérant sur une livre de poudre.

Tablettes de Sucre,

Baume de Tolu, | Menthe anglaise, | 1 once 1/2 de mucilage on 1 gros 24

Mercure doux, grains de gomme.

Vichy,

Kurnkel, "+ Jofcacuanha, 1 once 4 gros 1/2 de mucilage ou 1 gros ILES 27 grains de gomme.

Soufre,

ces 1 once 5 gros de mucilage Ou 1 gros RAnp POLE 30 grains de gomme. | .#

1 once 7 gros de mucilage ou 1 gros 48 grains de gomme.

Fer, Magnésie, Quinquina, 2 onces de mucilage:ou 1 gros 56 grains, de gomme.

“4 onces 3 gros de mucilage ou 3 gros 63 grains de gomme.

Guimauvye,;

Charbon,

Éponges calcinées, |

On conçoit que ces nombres ne se retrouveront pas {OUjOUrSM avec une exactitude absolue, parce que la gomme adragante n’est pas toujours rigoureusement la même, parce que le sucre plus où moins blane, plus ou moins sec, de cristallisation plus dense” ou plus lâche, réduit en poudre plus fine ou plus grossière, n’ab- t sorbera pas toujours une quantité exactement égale de mucilages et en outre parce que la consistance de la masse ne peut non” plus être appréciée avec une telle précision, qu’elle ne puisses encore être très plastique, avec ün peu plus ou un peu moins dem consistance. Les données précédentes n’en sont pas moins utiles comme renseignements pratiques. Elles mettent le praticien à même de préparer, pour chaque dose de tablettes, exactement la quantité de mucilage qu’il aura besoin d'employer. pl

Souvent on fait un mucilage aromatique en se servant d’unên eau distillée: odorante.. On emploie. l'eau de roses pour les pas=M tilles dé soufre; l'eau de cannéllepour les tablettes de fer, eto"i

Les pastilles avec des mucilages sont simples ou cOMposées in simples quand'on n’y fait entrer qu’une seule substance médicamenteuse:; composées, quand elles sont formées de plusieurs sub-

DES TABLETTES ET PASTILLES. 229 stances. Ce que nous avons dit doit suflire pour diriger, dans leur préparation. ati ego

Les tablettes par la cuite du sucre sont simples ou. composées. Les premières ne sont ordinairement formées que de sucre que l'on a fait cuire avec une eau distillée, et que l’on a aromatisée avec, une huile essentielle. Les plu$ employées sont les pastilles de menthe, de citron, de fleurs d’oranger, de rose, etc. Prenons pour exemple les pastilles de menthe. “à fus

On prend du sucre blanc en pains, on le pile dans un mortier de marbre et ,on le passe au tamis de crin. Quand le sucre «est entièrement pulyérisé, on le passe de nouveau, mais. cette fois dans un tamis de soie. La partie fine est conservée pour un autre usage; ce qui reste sur le tamis sert à la préparation des pastilles. 11 est vrai de dire cependant que toute celte manipulation n’est pas indispensable, et qu’on peut se contenter de passer le sucre au tamis de crin. | iii

On se sert d’un petit poëlon à bec, dont le bec. est tourné. à

&auche, et l’on y met une portion de sucre granulé ayee un peu

d'eau aromatique pour faire une pâte. On fait chauffer, et: dès que la matière se soulève, par une légère ébullition, on y ajoute une nouvelle quantité de sucre pour lui donner: la consistance convenable, et en même temps un peu d'essence de: menthe poivrée (6.grains par once de sucre): on saisit le poélon par son manche de la main gauche, on le tourne de manière à.ce que.le bec soit placé en avant du corps; on verse de, suite par. gouttes sur une table de marbre ou une plaque de fer-blanc, en facilitant l'écoulement avec un fil de métal. Chaque goutte se fige en une hémisphère; on réunit les pastilles sur un tamis et l’on achève de les sécher à l'étuve. On réussit encore très bien en opérant de la manière suivante : on mélange l'essence au sucre et l’on ajoute par livre de sucre deux onces d’eau aromatique. {l'en résulte une pâte ferme que l’on tient tassée. On prend une petite quantité de cette pâte, quatre onces environ, que l’on fait chauffer dans le poëlon à bec en agitant continuellement, et, quand elle est assez ramollie, on la coule en pastilles. En hiver surtout, la pâte est un peu fermeet l’on y instille, en la chauffant, unepetite quantité d'eau.

Si Pon cuisait le sucre à la plume, comme, il est. dit. dans, Ja plupart des ouvrages, il se fondrait en. frop grande quantité; il se graissérait, comme disent les confiseurs, et les pastilles sèche-

raient mal et seraient moins blanches. Il ne faut fondre que la quantité de sucre nécessaire pour donner à la matière le liant indispensable.

* Quand on fait entrer des acides dans des pastilles faites par la cuite du sucre, il ne faut pas les mêler de suite au sucre pour faire la masse en une seule fois. On opère par petites parties, sans quoi le mélange ne pourrait pas prendre une consistance assez solide : c’est parce que les acides , surtout par l’intermède de la chaleur, agissent sur le sucre, et modifient ses propriétés chimiques et physiques. |

Pour préparer les pastilles composées par la cuite du sucre, on fait cuire celui-ci à trente-six degrés bouillant, et, quand il est à demi-refroidi , on y incorpore les poudres par l'agitation; on coule la masse sur un marbre huilé; on laplatit avec un rouleau, et, tandis qu’elle est encore chaude, on la divise avec un couteau en tablettes carrées ou en losanges.

On ne doit incorporer au plus au sucre que le tiers de son poids de poudre. Autrement la masse serait trop tôt refroïdie, et l’on n'aurait pas le temps de la travailler.

Quand on incorpore des poudres résineuses, il faut prendre garde que la chaleur ne les fasse grumeler. Le sucre doit être très peu chaud ; encore souvent ne peut-on éviter l’agglomération des particules résineuses. Cet inconvénient ct la propriété hygrométrique que possèdent à un haut degré les tablettes préparées par la chaleur, ont fait renoncer à ce procédé : on ne prépare plus de cette manière que des pastilles simples.

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