DES PATES
Les pâtes sont des médicaments composés essentiellement de sucre et de gomme, qui ont la mollesse de la pâte des boulangers, mais dont la consistance est cependant assez ferme pour qu'elles n’adhèrent pas aux doigts.
Les pâtes ne sont souvent formées que de sucre et de gomme avec la quantité d’eau nécessaire ; elles contiennent souvent aussi d’autres principes médicamenteux auxquels elles doivent leur dénomination spéciale, C’est ainsi que l’on dit pâte de réglisse, de guimauve, etc. Mais il est de fait que toutes ces préparations ont des propriétés pareilles, et il est le plus souvent douteux que les matières que l’on y introduit, ajoutent beaucoup à l'action du mélange de sucre et de gomme. : |
La gomme qui est destinée à la préparation des pâtes doit être lavée avec de l'eau froide à plusieurs reprises pour la débarrasser d’une matière amère qui réside à sa surface. On la fait dissoudre à froid de préférence. Il est important de ménager la
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quantité d’eau de manière à ne pas rendre les évaporations trop longues. On emploie au plus une partie d’eau pour une partie de gomme ; on passe la dissolution en s’aidant de l'expression.
Quand il entre dans la préparation d’une pâte quelque solution
végétale (infusion de PDAs de réglisse, décoction de, jujubes, de dattes, etc. ) on s’en sert pour are la gomme, puis on ajoute le‘ sucre cassé par morceaux (ou mieux encore pour assurer la transparence de la pâte, on transforme le sucre en sirop), et l'on procède à à l'évaporation. Quand la pâte doit être transparente, l'on porte à ébullition, en agitant continuellement; dès que la liqueur bout, on cesse de la remuer, et,on | V'éntretient bouillante sur un fou doux. Par ce moyen, l'évaporation se fait, et la pâte se concentre sans que l’on ait à craindre que là gomme ne brüle au fond de la bassine. Quand la pète est arrivée à la consistance d'extrait mou, on l’aromatise à volonté; on place la bassine dans une autre piEne qui contient de l’eau bouillante; après quelques heures de repos on enlève l'écume qui s’est formée à à la surface, on coule dans des moules de fer-blanc huilés légèrement, et l’on sèche à l’étuve. On retourne la pâte dans les moules, avant qu’elle soit tout à fait sèche.
L'emploi de l'huile a quelque inconvénient. Elle laisse souvent aux pâtes une saveur rance désagréable. On la remplace avec avantage par la méthode de M. Chauffard. On étend sur les moules une légère couche de mercure ; on les essuie avec un linge fin èt l’on y coule la pâte à la manière ordinaire.
On prépare ainsi qu’il vient d’être dit la pâte de jujubes di celle de réglisse.
Quand les pâtes ne doivent pas être transparentes, on les: évapore en agitant continuellement : vers la fin on ajoute les aromates, ef, aie la matière a la consistance nécessaire, on la, coule sur un marbre huilé, ou mieux encore, sur une table sau-, poudrée d’amidon. Cest ainsi que l'on prépare les pâtes de lichen” et de dattes.
On cherche à donner beaucoup de blancheur et de légèreté à. certaines pâtes en y incorporant des blancs d'œufs et en les battant, vivement. On introduit les blancs d'œufs par petites parties, souventaprès les avoir fouettés pour les réduire en mousse blanche ets légère, et, à chaque fois, on agite violemment; on continue l’évapo-s ration jusqu'à ce que la pâte soit cuite; ce que l’on reconnait à ce
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que, prise sur la spatulé et frappée légèrement sur le dos de la main, elle n’y adhère pas. Alors on la coule sur de l’amidon. Ce mode opératoire s'applique à fe fe de rm et à à EE de réglisse blanche.
DES ELÆO-SACCHARUM.
On donne.le nom d’ÆZlæo-saccharum à un mélange, peut-être à une combinaison, de sucre et d'huile volatile. Par l’intermède du sucre, l'huile volatile devient miscible à l’eau. .
On obtient presque toujours les elæ0-saccharum en triturant l'huile essentielleavec le suére. La dose ordinaire.est d'une goutte d'essence pour chaque gros de sucre.
Quand on veut avoir ceux des écorces des fruits des hespéridées, on frotte la partie jaune superficielle avec du sucre en morceaux : celui-ci s’imprègne d'huile volatile; on le pulvérise pour rendre Je mélange homogène dans toutes ses parties. Ainsi préparés , ces. médicaments ont une odeur plus suaye que lorsqu'ils ont été faits avec l'huile essentielle isolée.
SACCHARURES
Les saccharures sont des médicaments de forme pulvérulente, composés de sucre auquel on a mêlé des matières médicamenteuses ; celles-ci ont été tenues d’abord en dissolution dans un véhicule, dont on les a débarrassées par évaporation, ‘après leur
mélange avec le sucre. | à
Le SPOLETE général de préparation consiste à mêler le sucre
avec la solution, à faire sécher et à pulvériser de nouveau la ma-
tière ; on obtient ainsi une poudre dans laquelle la matière médi- Camenteuse est parfaitement divisée au milieu du sucre. : "Les liqueurs que l’on ernploie peuvent être des teintures éthérées ou des teintures alcooliques ; on les verse peu à péu sur le sucre ; on laisse sécher à l'air libre pendant 24 heures, on Mlrérise grossièrement le sucre: s’il est nécessaire, on achève la déssiccation à l’étuve et l'on pulvérise de nouveau. C'est ainsi que he prépare les saccharures de
Belladone, | os dragaDisitale,
Castoreum, Ipécacuanba, Ciguë, | | Scille, .
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Les saccharures sont une forme commode pour administrer fes principes solubles qui existent dans les teintures dans un état de division qui favorise l'effet médical, et sans le véhicule alcoolique, qui peut avoir une action propre {rop marquée.
M. Béral, à qui l'on doit le premier emploi de cette sorte de médicament, distingue les saccharures, suivant qu’ils ont été préparés avec une teinture alcoolique ou une teinture éthérée.
On prépare aussi des saccharures avec des solutions aqueuses ; alors on a recours à l’évaporation dans une bassine Sur un feu doux, en agitant continuellement. On peut à volonté achever l'évapotation sur un feu doux ou à l'étuve. C’est ainsi que l’on prépare les saccharures de lichen et de mousse de Corse.
DES TABLETÉIES EX PASPILLES,
On nomme tablettes et pastilles des médicaments secs, fragiles, composés de sucre uni à des poudres ou à des aromates, auxquels on donne d’abord une consistance de pâte, au moyen d’un mucilage ou du sucre cuit, que l’on divise par petites parties, et que l’on fait ensuite sécher.
On désignait encore autrefois les tablettes sous les: dénominations derotules, morsulis ; mais ces expressions sont tout à fait abandonnées. On.se sert assez indistinctement des mots pastilles. et tablettes. Cependant on applique plus généralement la première dénomination à ceux de ces médicaments quisont préparés par la cuite du sucre, et qui ne contiennent que du sucre et des aromates.
Les tablettes sont ordinairement des, médicaments rendus agréables par la proportion considérable de sucre que l’on y introduit. C’est à tort qu’on a donné cette forme à des mélanges de saveur ou d’odeur repoussantes, que leur tr ansformation en tablettes cblige le malade de mâcher longtemps, à son grand dégoût.
Pour préparer les tablettes: sans feu ou avec un. mucilage, on
réduit en une poudre bien fine toutes les substsnces qui doivent en faire partie, et on les mêle au sucre. D'autre part, on prépare un mucilage, auquel on mélange d’abord dans le mortier une partie du sucre, puis on porte cette matière molle sur une table de marbre et l’on y incorpore par malaxation le reste de Ja poudre sucrée ; on étend cette masse en couche uniforme au