DES PILULES ET BOLS
Quelquelois l’'excipient est inutile, par exemple, pour les matières résineuses que la chaleur ramollit facilement, et qui reprennent leur consistance par le refroidissement : telles sont les pilules de térébenthine cuite. Les excipients sont encore inutiles quand les principes constituants des pilules ont naturellement la con- Sistance requise.
Il peut arriver que l’excipient soit solide : c’est toutes les fois que le mélange des matériaux donne une masse dont la consistance est trop molle: On la ramène au point convenable en yÿ ajoutant une poudre inerte qui absorbe l'humidité surabondante, sans rien ajouter aux propriétés des pilules.
En général, on peut dire que, pour qu’un excipient soit propre à former une masse pilulaire, il faut qu’il puisse en lier toutes les parties, ce qui n’aura lieu pour les excipients liquides qu’autant qu’ils seront capables de dissoudre tout ou partie de la masse, ou qu'ils auront eux-mêmes une viscosité propre à souder les particules entre elles. Quant aux excipients solides, ils rempliront d’au- | tant mieux le but qu’on se propose, qu'ils seront susceptibles | d’absorber plus parfaitement les liquides surabondants.
Les sirops, les extraits, le miel sont principalement conve-
| nables pour lier les poudres et leur donner la consistance pilu-
| laire.
| Les poudres inertes de la réglisse, de la guimauve et l’amidon servent, le plus souvent, à donner aux extraits et aux matières
molles la consistance requise.
Les poudres résineuses, comme la térébenthine cuite en poudre, peuvent être employées avec avantage à épaissir les térében- thines : la magnésie réussit encore mieux ; On se sert aussi d’un mucilage pour les diviser, et d’une poudre inerte pour leur donner de la consistance.
Le savon lie très bien les matières grasses ; il augmente beaucoup la solidité de l’onguent mercuriel. L'action du phosphate de chaux sur celui-ci est encore plus remarquable.
Pour former une masse de pilules, on met les extraits dans un mortier de fer que l’on a échauffé avec de l’eau bouillante. On ajoute les baumes, les résines, le savon ; on mêle bien toutes ces matières ; on y ajoute une quantité convenable d’excipient , puis enfin, les poudres, qui doivent avoir beaucoup de ténuité, et que l’on à mélangées d'avance. On pile longtemps la masse
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pour en bien unir et lier toutes les parties, et quand, en examipant son intérieur, on voit qu’elle est homogène, l'opération est terminée. EME
On reconnait qu'une masse pilulaire a acquis la consistance convenable, à ce qu’elle cesse d’adhérer au fond du mortier, à ce qu’elle s'attache peu aux doigts, enfin, à ce que les pilules se font aisément et ne s’aplatissent pas.
IL est des matières qui se ramollissent quand on vient à les mêler ensemble. Il faut y faire attention dans la composition des formules. On observe un semblable phénomène, quand on mêle des extraits, et en particulier l'extrait de fiel de bœuf avec des . matières alcalines.
On conserve les pilules en masses, et on ne les roule qu'au besoin; de cette manière elles se dessèchent moins. On les met dans des pots, ou bien on les roule dans du parchemin.
Au moment de livrer les pilules, on divise les masses à l’aide d'un instrument particulier, que l'on nomme pilulier. Pour qu’elles n'adhèrent pas entre elles, on les recouvre d’une poudre. C’est l'iris, l’amidon, la racine de réglisse; celle qui mérite à juste titre la préférence, est la poudre de lycopode, d’abord, à raison de sa ténuité; mais ensuite, comme elle est mouillée difficilement par l’eau, elle garantit les pilules du contact de l'air, et ne forme pas d’ailleurs une croûte à leur surface, en s'imprégnant de leur humidité. |
Quelquefois, au lieu de rouler les pilules dans une poudre, on
les revêt d’une feuilled’or ou d’une feuille d'argent : on se sert, à cet effet, d’une boîte sphérique; on y met les pilules avec
les feuilles métalliques, et on imprime à la boite un mouvement
circulaire. Pour que le métal s'attache bien aux pilules, il faut
qu’elles ne soient ni trop molles ni trop dures. Dans le premier cas, elles prennent une grande quantité de feuilles métalliques, et n’ont pas de brillant ; dans le second, le métal ne s’y attache | que par plaques ou pas du tout, et Von est obligé de les rouler
préalablement dans les doigts légèrement empreints de sirop.
xt flfaut avoir. soin de ne.pas mettre plus de feuilles de métal
qu'il n’est nécessaire ; car la beauté des pilules réside dans la netteté de l'application et le brillant de leur surface. audi 1890 H-est des pilules qu’il est impossible de dorer ou d’argenter!:
ce sont celles dans la composition desquelles il.se trouve quélque
DES PILULES ET. BOLS. EPP 291 matière capable de s’unir au métal. Telles sont les préparations mercurielles et les préparations sulfureuses. TN Depuis quelques anhées, s’est introduit l’usage d’envelopper.les pilules dans une petite capsule gélatineuse ; quand les matières sont à l'état liquide ou molles , l'emploi d’une capsule faite à l'avance est indispensable ; mais, quand on opère sur une masse de consistance pilulaire, on a recours au procédé fort ingénieux que nous devons à M. Garot. Ÿ | Après avoir fait les pilules de la grosseur indiquée, on les met à la pointe d’une épingle ; on se sert à cet effet d'épingles noires, longues et très minces. D'autre part, on fait fondre de la gélatine purifiée (grénetine) à une douce chaleur, en ayant soin d’ajouter un peu d’eau, de manière que par le refroidissement ellese prenne en une gelée très consistante ; sur une once de gélatine deux ou trois gros d’eau suffisent ordinairement. Lorsque la gélatine!est fondue , on la maintient en cet état au bain-marie, parce qu’auirement il se formerait à la surface une pellicule qui gênerait l'opération. Les choses étant ainsi disposées, on trempe chaque pilule dans la gélatine fondue jusqu’à l’endroit où elle se trouve piquée par l'épingle, on l'en retire aussitôt en lui faisant subir un mouvement de rotation sur elle-même; puis ôn fiche l'épingle, soit dans une pâte, soit dans une pelotte, afin de tenir la pilule en Fair (de la même manière que l’on opère pour les ‘allumettes oxigénées). Lorsque l'on a enduit une cinquantaine :de pilules on procède à l'obstruction du trou formé par l’épingle. A cet éffet on prend une des épingles avec la, pilule à son extrémité, et’on la présente horizontalement, en tenant la pilule de l'autre main; à la flamme d’une bougie. La chaleur se communique instantanément à l'extrémité de l'épingle engagée dans la’ pilule, de ‘sorte qu’en prenant cette épingle avec précaution, cette chaleur suffit pour liquéfier les bords du trou ét les souder ensemble : de'cette:maz nière, on obtient une pilule parfaitement ronde, brillante, dont la soudure est à peine visible et qui conserve la couleur propre de la masse. Îl faut avoir soin de ne pas laisser trop'sécher,-ear lors de lobstruction, la gélatine au lieu de se fondre, se raccornirait par la chaleur. .Hoieneues Pour les pilules ordinaires , une‘seule couche de gélatine suffit pour intercepier touté odeur; mais pour certaines substances à. odeur très pénétrante, ‘telles que le baume de copahu; l'Huile» 19°
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animale, les huiles volatiles, etc., il est nécessaire de tremper utié seconde fois dans la gélatine.
On désigne sous le nom de bols des médicaments qui ne dit fèrent des pilules que par leur volume plus considérable. Souvent on leur donne la forme d’une olive pour que les malades puissent les avaler plus facilement.
Leur préparation est assujettie aux mêmes règles que celle des pilules ; seulement on les fait plus mous.