DES MOXAS
Les moxas sont formés par des matières combustibles que l'on applique sur la peau, que l’on enflamme et qu’on y laisse brüler. Toute matière susceptible de brüler est propre à servir de moxa ; car c’est la chaleur et son action, plus ou moins profonde, qui
produit les effets cherchés. On s’efforce à rendre cette application graduelle; la sensation du feu ne doit arriver que progres-
sivement : c’est d'abord une chaleur douce qui augmente à chaque
‘instant d'intensité, qui se change enfin en une vive douleur et
qui Les une ustion plus ou moins profonde.
Ce qu'on recherche dans les matières propres à la fabr rein
des moxas, c’est la facilité, l'égalité et la continuité de la combustion. L’intensité de celle-ci doit varier suivant les effets que l’on veut produire.
Les moxas d’armoise ou d’absinthe sont les plus anciennement connus. On les fait avec l'espèce de bourre cotonneuse qui forme le résidu de la pulvérisation des feuilles de ces plantes; on en fait un petit trochisque en forme de cylindre ou de cône, en le serrant entre les doigts, ou bien on l'enveloppe dans un peu de papier. Ces moxas brülent seuls une fois qu’ils ont été appliqués et, allumés par le bout. On les préfère généralement quand il s’agit de produire une action superficielle.
On fait des moxas avec une bandelette de toile roulée en cône ou en cylindre; on en fait avec du lin ou du coton, enfermés dans une petite bandelette de toile ou de papier. Pour appliquer les moxas, on les tient avec des pinces, et après les avoir allumés par leur partie supérieure, on entretient la combustion en soufflant. Ce soufflage est lui-même un assez grand inconvénient : il est fatigant pour l'opérateur, et la combustion ne se fait jamais d’une manière très égale.
M. Percy a introduit l'usage des moxas nitrés, qui brülent sans avoir besoin d’être excités et qui sont d’un emploi plus commode. M. Percy faisait digérer du lin, du chanvre, ou de préférence du coton, dans une eau contenant 2 onces de nitre par livre de duvet; il continuait la digestion jusqu’à ce que l’eau füt entièrement évaporée; il préparait de la même manière de la toile nitrée.
Le coton nitré peut être appliqué sur la peau à la manière du uoxa d’armoise, si l’on veut produire une ustion peu profonde; ou en forme des moxas en cylindre, si l’on veut produire plus d'effet. Enfin M. Percy, faisait construire des poupées de feu; à
cet effet, de la toile nitrée est roulée sur un mandrin de manière M
à former un cône de près d’un pouce d'élévation;, on enveloppe ce cône d'un peu de coton nitré et on l'entoure d'une toile dont on colle les bords pour assujettir le tout; alors on retire le mandrin qui laisse au centre de la poupée une petite cheminée qui facilite la combustion.
M. Percy a préconisé beaucoup les moxas faits avec la tige du grand soleil, qu’il appelait Moxas de velours, à cause de l'extrême égalité de leur combustion et de la transmission lente et