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raissent avoir eu pour résultat principal de mettre au jour l'esprit méthodique et les connaissances raisonnées des personnes qui se sont occupées de ce genre de travail; quant à l'utilité que le perfectionnement de la pharmacie peut en avoir retiré, il me paraît être à peu près nul, et je suis resté pour mon compte dans les mêmes idées que j'ai professées, il y a quelques années, sur ce sujet, et que pour cette raison je rapporte ici textuellement. |
« Quant à la nomenclature, je me suis servi de celle qui est connue de tout le monde. Je ne suis pas persuadé qu’il soit nécessaire de la remplacer par une nouvelle. Lorsque Linné établit le système de nomenclature actuellement en usage dans l’histoire naturelle, il rendit à cette science un immense service; et quand ce grand génie n'aurait d’autres titres à la gloire que cette seule création, il marcherait encore un des premiers parmi les naturalistes, tant cette grande pensée a été féconde en résultats. L'établissement du langage linnéen est, sans contredit, la principale cause qui a fait faire aux sciences naturelles d'aussi grands progrès. C'est qu’il y avait nécessité de donner à chaque être un nom facile à retenir, qui püt servir à le faire reconnaître, et défendit de le confondre avec tout autre individu voisin. Ce nom, une fois établi, devait rester invariable, parce que les caractères propres à chaque être sont toujours les mêmes et se présenteront aux naturalistes des siècles futurs tels qu'ils ont été observés par les naturalistes de nos jours. Cefut également une idée heureuse et féconde en résultats que celle qui inspira à Guyton-Morveau de dénommer les corps chimiques d’après la nature des éléments
XXII PRÉFACE auxquels ils doivent leur origine. Les variations mêmes que l’on a reprochées comme un défaut à la -nomenclature chimique ne sont pas sans avantages; car énoncer Ja synonvmie d'un corps, c’est rappeler les travaux dont il.a été l’objet, c’est rappeler les idées .que les chimistes ont-eues successivement sur sa nature. Ainsi, les mots d'acide muriatique déphlogistiqué, d’acide muriatique oxigéné, de chlore, rappellent les opinions successivement adoptées par Schéele, Berthollet, et les chimistes actuels. Mais de ce que l'établissement d’une nomenclature .a rendu de grands.services en chimie.et en histoire naturelle, est-ce une raison pour vouloir-en créer: partout-indistinetement,.là-:même-où elles ne sont d'aucune utilité?. Est-il done bien nécessaire d'établir une nouvelle nomenclature pharmaceutique? Les noms dont on a fait usage jusqu'à présent. ne peuvent-ils donc plus suflire à nos:besoins,et fallait-il en introduire de nouveaux? Si je neïme fais pas illusion, la première condition est de s'entendre :or, est-il.possible d'établir. des noms dontila signification-soit plus claire, «et laisse moins de-vague dans l’esprit.que la plupart des noms génériques ianeiens,-qui,appartiennent,au langage ‘ordinaire, et :auxquels on .neipeut reprocher d'autres défauts que:d’être entendus.deitout.le monde? Certainement, tous lesmoms que:l'on pourra: eréer ne présenteront jamais: à l'esprit une définition «plus nette.que celle qu'il se forme-des motsipilules, .sues, poudres, :sirops, cataplasmes , {isanes, etc. rl: | .«Al.est.une autre considération qui aurait dû détourner de l’idée de faire une nouvelle nomenclature: phar-
maceutique, c'est que les médicaments peuventvarier à
DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXXIX l'infini. Aucune loi ne pouvant présider à leur prescription, il en résulte qu'il ne sera jamais possible de prévoir toutes les anomalies qui pourraient se présenter ; aussi, vaut-il mieux se servir des noms anciens, quoique peu convenables, que.d’en inventer de nouveaux qui ne le seraient pas davantage. Quel moyen aurait-on, par exemple, de dénommer les pilules ? Sera-ce d'après la nature des matières qui en font la base? Mais ce peut être une poudre, un extrait, une résine, un corps gras, un sel, etc., ou un mélange de toutes ces substances. Se servira-t-on de l’excipient ? Mais il peut varier tout autant, et souvent même l’excipient n’est pas nécessaire. »
J'ai conservé la nomenclature ancienne; j'ai adopté seulement quelques mots qui m'ont paru d’un usage commode ou nécessaire, tels que le mot hydrolés pour désigner les dissolutions faites au moyen de l’eau, soit d’une manière générale ou avec l'intention de conserver un certain vague dans la définition que ne m’auraient pas donnée également les mots plus spéciaux de tisanes, gargarismes; etc., etc. J'ai conservé aussi le mot de saccharolès pour désigner l’ensemble des médicaments qui contiennent le sucre comme condiment ou comme composant essentiel ; celui de saccharure pour les prépaparations de forme pulvérulente, dans lesquelles le sucre.entre pour une forte proportion; celui d’alcoolatures, et mieux alcoolures, pour les teintures alcooliques préparées avec des végétaux frais, et qu’il est souvent important de distinguer de celles qui sont fournies par les plantes sèches.
Quant à la nomenclature plus spéciale de chaque mé-
XL PRÉFACE dicament, les tentatives de perfectionnement qui ont été faites jusqu’à présent ne me paraissent pas avoir été très heureuses. Je préfère l'expression de laudanum de Rousseau à celle de vin d’opium préparé par la fermentation, celle de poudre de James. à celle de poudre de phosphate de chaux et d'antimoine composée; le nom anciennement connu d'Hièra Picra me paraît meilleur que celui d’électuaire d'aloès composé, quand il ya tant d’électuaires dans lesquels on fait entrer et où l’on peut faire entrer l’aloès mélangé avec d’autres substances; 1l en est de même de la désignation ancienne de pilules de Belloste au lieu de la dénomination nouvelle des pilules de mercure, de scammonée et d’aloès composées : le nom de Baume nerval appliqué à un médicament connu, vaut certainement mieux que le nom inemployable d’onguent d'huiles volatiles, de baume du Pérou et de camphre composé, etc., ete.; avec un pareil système, on est amené à créer des noms qui n’en finissent pas, si l’on veut, par la nomenclature, faire connaître la principale composition des médicaments, ou à en donner une idée incomplète, si on veut abréger les dénominations comme il est indiqué par le bon sens. |
Une réforme qui me parait beaucoup plus raisonnable est celle qui consiste à dire vin au quinquina ou avec le quinquina, huile à la ciguë ou avec la ciguë, au lieu des anciennes dénominations vin de quinquina, huile de ciguë et autres pareilles, car ces dernières expressions sont grammaticalement mauvaises, puisque le vin n’est pas tiré du quinquina, ni l'huile de la cigué, comme on semble le dire. Ceci, toutefois, n’est pas d’une grande importance, car enfin, il ne s’agit que de s'en-