LIT PRÉFACE
suite l'influence que chacune d’elles peut avoir dans les propriétés générales du tout. Je crois cette innovation bonne en elle-même, et toutes les fois qu'il s'agira d’établir de nouvelles formules officinales, on fera bien d’adopter cette manière de faire; mais je ne partage pas pour cela l'avis des personnes qui veulent retoucher toutes les formules reçues pour les niveler à ce système, et réellement l'utilité de ces modifications ne me paraît ‘pas manifeste; l’on se trouve en effet dans l'alternative ‘ou de modifier beaucoup la formule pour arriver à :ce résultat, et alors on change le degré d'activité du médicament, ou de la-modifier à peine, et alors l’avantage. que l’on s’est promis devient tout à fait nul, car il est aussi commode pour la pratique de savoir qu'un médi- <ament contient à peu près un dixième ou un douzième de l’un deses éléments, que de savoir qu'il en contient exactement l’un de ces nombres; les doses auxquelles un remède doit être employé, n'étant pas absolues, si on les exprime ‘par des nombres ronds ou des fractions simples, ce n’est pas que l’on puisse jamais affirmer que ces nombres sont absolument ceux que l’on devait employer plutôt qu’une fraction un peu plus forte ou un peu plus faible.
La nomenclature des médicaments chimiques ne donne pas lieu aux mêmes contestations. À mesure que les chimistes modifient leur théorie, ils doivent apporter des modifications correspondantes dans les dénominations qui expriment la composition des corps; ces nouveaux noms, après être restés quelque temps dans le domaine purement scientifique, pénèlrent peu à peu dans le langage ordinaire et finissent par devenir usuels.