LOTION OU LAVAGE
C’est l'opération qui consiste à laver les corps. Elle a pour but de séparer quelques matières étrangères adhérentes à leur surface. On lave les racines dans l’eau, pour ramollir et détacher la terre qui y est adhérente. On lave la gomme arabique, pour en séparer les corps étrangers et une matière extractive amère qui occupe sa surface.
Le layage est fréquemment usité dans les laboratoires. Il sert à purifier les précipités. Ce sont des dépôts pulvérulents formés au milieu d’une liqueur qui contient des principes solubles, et qui en restent imprégnés.
Quelques personnes réservent le mot lotion pour cette opération, et ils appellent lavage celle où le liquide n’exerce qu’une sorte d'action mécanique, comme le lavage que l’on fait subir aux feuilles ou aux racines des plantes , pour les débarrasser de la terre qui y est attachée.
Le liquide qui sert à laver, peut être de nature très différente. Il agit toujours en pénétrant entre les particules qui composent le Mens et en entraînant les corps solubles. Le layage se fait par décantation, ou sur un filtre. On lave sur un filtre en y versant le précipité délayé, et faisant passer au travers, sur le filtre mème, une quantité de liquide plus ou moins grande. Ce procédé a le défaut que souvent le liquide'se fait des routes qu'il traverse avec rapidité, de.sorte qu’il ne pénètre pas dans tout l’intérieur de la masse, et le lavage est incomplet. On a moins à craindre cet inconvénient quand on opère sur de petites quantités de précipité.
Dans ce cas on se sert avec avantage de la bouteille à laver. C’est un flacon qui contient de l’eau ou tout autre liquide, et qui permet dé le verser par petit filet sur toutes les parties du filtre. Le dessin ci-contre représente la bouteille à laver la plus commode. C’est un flacon dont le bouchon est percé de deux trous : l’un livre passage à un tube droitrétréci à son extrémité, l’autre est un tube en S dont la longue branche plonge profondément dans le flacon. Quand on incline cette bouteille ; l'eau sort en filet par l'extrémité du tube droit, et L'air rentre à mesure par le tube en S.
On se sert quelquefois avec avantage de la bouteille à laver ci-contre, que l’on doit à M. Berzélius : c’est un flacon ordinaire dont le bouchon est traversé par un tube capillaire. On souffle fortement par l'extrémité du tube, de manière à introduire de l'air dans la bouteille ; l’eau en sort alors avec assez de force par l’extrémité du tube, sous l'influence de la pression intérieure; le jet rapide qui en résulte est fort utile pour détacher les matières qui se sont attachées aux parois des filtres, et pour les précipiter vers le fond.
Quand les précipités sont abondants, il faut préférer le lavage par décantation. On délaie, à plusieurs reprises, la poudre dans un liquide convenable, et, à chaque fois, on laisse déposer et l’on décante.
On concoit facilement qu'après quelques décantations le lavage soit terminé. Supposons que la quantité totale du liquide soit de 10 litres, et que l’on puisse en retirer chaque fois 8 litres par décantation; après la première décantation, il ne restera plus que 0,2 de la matière dissoute ; après la deuxième décantation, il n’en restera plus que 0,02; après la troisième que 0,002. De sorte qu’un petit nombre de décantations suffira pour entraîner toute la dissolution. Quand le lavage est terminé, on jette le tout sur un filtre, pour laisser égoutter le précipité, et le recueillir avec plus de facilité.
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DÉCANTATION. 21
Quand on fait les lavages par décantation, les vases les plus commodes sont les vases cylindriques plus larges en bas qu’en haut ; l'inclinaison de leurs parois empêche le précipité de pouvoir s’y arrêter. Il tombe tout entier au fond du vase, et le courant qui s'établit dans le liquide, lors de la décantation, ne peut en entraîner aucune portion.
DÉCANTATION.
La décantation est une opération qui consiste à séparer les liquides des dépôts qu'ils surnagent. Comme la filtration, elle a pour but d'isoler les particules liquides des matières solides; elle en diffère par la manière de procéder. Pour décanter, il faut d’abord laisser précipiter, par le repos, tous les corps qui sont en suspension dans la liqueur, et soutirer ensuite la partie qui s’est éclaircie. Quand on opère sur des masses considérables, le meilleur moyen de décanter consiste à se be vases percés, à leur paroi latérale, d’un trou que l’on ferme avec un robinet ou un bouchon; cette ouverture doit être pratiquée au-dessus du fond du vase, à une hauteur telle que le dépôt ne s'élève pas jusque-là. Quand la matière s’est clarifiée par le repos , on ouvre le robinet et on recoit le liquide dans un vase convenable.
Ce procédé est applicable également à de petites masses; mais on lui préfère alors l'emploi du siphon. Le siphon le plus simple est un tube recourbé sur lui-même, de manière à avoir à peu près la forme d'un V renversé dont une des branches serait plus longue que l'autre. On plonge la branche la plus courte dans la liqueur, et l’on aspire par l'extrémité de la grande branche. Le liquide s'élève dans le siphon, le remplit bientôt, et continue de s’écouler jusqu’à ce que son niveau soit abaissé jusqu’à l'extrémité inférieure de la petite branche.
Rien de plus simple que la théorie de cet instrument. Au moment où l’on plonge la branche la plus courte dans un liquide, celui-ci y pénètre et s’y élève à la même hauteur que dans le vase. C’est que l'air pèse également sur la surface du liquide dans le vase, et sur sa surface dans le siphon; mais en aspirant par l’extrémité de la branche la plus longue, on enlève une partie de l'air
contenu dans le siphon, et par suite on diminue dans cette partie là force élastique de l’air intérieur.
La pression de l’atmosphère, à l'extérieur, devenue prépondérante, fait monter dans le siphon le liquide, qui ne tarde pas à en remplir la capacité. Alors l'écoulement continue, parce que la pesanteur de l’air, qui s’exerce à l'extrémité de la longue branche du siphon, et qui est sensiblement égale à celle que ce fluide exerce sur la surface du liquide dans le réservoir, ne peut supporter l'excédant de poids qui résulte de la plus grande longueur de la colonne du liquide dans la grande branche, et cet effet se maintient pendant tout le temps que dure l'écoulement du liquide.
Quand les liquides sont de nature telle, que l’on puisse craindre d’en aspirer en faisant le vide dans la capacité du siphon, on adapte, vers l'extrémité de la grande branche, un second tube étroit qui remonte le long de.cette branche, et par le bout duquel on fait l'aspiration. On a le soin de boucher l'extrémité du siphon avec son doigt au moment où l’on aspire, et on l'enlève pour livrer passage au liquide aussitôt que celui-ci est descendu jusque près de cette extrémité.
Lorsque les liqueurs dégagent des vapeurs dangereuses à respirer, il est convenable de modifier le procédé opératoire. On se sert du siphon simple; mais avant de le plonger dans le liquide, on le remplit d'un liquide semblable, où de tout autre que l’on puisse sans inconvénient méler au produit. On bouche avec les doigts les deux bouts du siphon, on plonge l'extrémité la plus courte dans le liquide et l’on ôté son doigt de l'extrémité de la grande branche; l’écoulement
s'établit aussitôt. LE | Lesiphon de Hempel pourrait être employé dans le même cas. C’est un siphon ordinaire dont la Vbranche la plus courte est repliée sur elle-même, et en dehors à son extrémité, On la plonge dans le liquide, et l’on y adapte un entonnoir dont le col est assez long pour s'élever audessus de la hauteur du siphon. On verse une portion du liquide
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à décanter dans l’entonnoir, et on retire celui-ci aussitôt que
l'écoulement commence à se faire par la branche longue. Ici c’est
la pression exercée par le liquide dans l’entonnoir, qui détermine
l'ascension, et une fois que l’écoulement est établi, et que l’on à
rétiré le tube, on rentre dans les conditions du siphon ordinaire.
Quand les liqueurs sont renfermées dans des vases à ouver-
ture étroite, on se sert avec avantage du siphon de Bunten.
C’est un siphon ordinaire qui porte une boule
vers le haut de la branche la plus longue. On
remplit de liquide la branche longue et la
boule, et l’on immerge la petite branche.
La boule en se vidant entraîne le liquide en
contact avec la branche courte, ét bien que
la boule soit en partie vidée, le courant
du liquide se maintient. On peut encore,
dans les mêmes circonstances, sé sérvir de
l'appareil suivant : on ferme le col du vase
par un bouchon percé de deux trous, lun
destiné à livrer passage au siphon, et l’autre,
‘à un pétit tube qui plonge dans le liquide. Le tout doit être
adapté de manière à ce que l'air extérieur ne puisse pas pé-
nétrer entre le bouchon et les parois du vase, et ceux des tubes.
On soufflé par l'extrémité du petit tube; par là, on augmente la
quantité d'air dans la capacité vide du vase, et, par conséquent,
la pression qui èst exercée à la surface du liquide. Quand elle
s’est suffisamment accrue, elle détermine l’ascension du liquide dans le siphon.
Quand on ne doit soutirer que de petites quantités de liquides, on le fait commodément au moyen d’une pipette. Une pipette est un tube, le plus ordinairement en verre, d’une des formes ci-contre : veut-on s’en Servir, On plonge l’extrémité effilée dans la liqueur etFon aspire avéc la bouche pour faire monter le liquide et remplir en grande par-
fie la pipette; bouchant alors
avec le doigt un peu humecté l'ouverture supérieure, on porte
la liqueur, sans qu’elle se répande, jusqu’au vase où l’on veut la
recevoir. Elle s'écoule aussitôt que l’on ôte le doigt. On se sert, plus en petit encore, d’une mèche de coton ou d’une petite lame de papier non collé, dont un bout plus long que l’autre pend,en
dehors. Le liquide s’écoule le long de ce siphon, et laisse presque
à sec le précipité qui occupe le fond du vase.