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FILTRATION

La filtration est un procédé mis en usage pour séparer d’un liquide toutes les molécules qui n’y sont que suspendués, en lui faisant traverser un corps dont les pores très serrés permettent seulement la pénétration du liquide. L'appareil qui sert à la filtration prend toujours le nom de filtre. Le papier, les étoffes de laine, de fil, le coton cardé, le sable, le verre, etc., sont la matière la fus ordinaire des filtres, et l’on est déterminé dans son choix par la nature même du filtre et celle des liqueurs qui doivent le traverser.

Le filtre de papier est le plus employé de tous. Il contient souvent des matériaux solubles, qui se dissolvent dans les liqueurs à mesure que la filtration se fait, et leur communiquent une odeur et une saveur désagréables. C’est surtout dans les liqueurs peu sapides, comme le petit lait, ou dans celles qui, destinées à l'usage de nos tables, doivent avoir une saveur très franche, que cet inconvénient se fait sentir. On l’évite en se servant de papier peu coloré, et en le lavant à plusieurs reprises avec de l’eau bouillante avant de s’en servir.

On dispose le papier qui doit servir à filtrer, en le pliant à plusieurs reprises sur lui-même, de manière à # donner la forme d’un cône en zig-zag, qui se prête à la forme de l’entonnoir, mais qui ne le touche que par quelques points. Cette disposition est indispensable, car le liquide ne passe que dans les parties où le papier n’est pas en contact avec le verre.

On ajoute quelquefois des brins de paille ou de bois qui ont pour effet d’empêcherle contact du papier avec leverresur un plus grand nombre de points. En Allemagne, on s’est servi, pour le même usage, d’entonnoirs cannelés ; mais comme le papiermouillé pénètre facilement dans les cannelures, ils ne sont pas d’un bon emploi.

Il ne faut pas trop enfoncer le papier dans l’entonnoir, parce qu’il obstruerait le passage et empêcherait la filtration. Il ne faut pas non plus qu il ne le soit pas assez, car le fond du filtre perdrait

FILTRATION. 25 ses plis ; il s’arrondirait, et, n'étant plus soutenu par les parois du vase, il céderait à la pression du liquide et se déchirerait.

Quand on a beaucoup de matière à filtrer, on supprime l’entonnoir, et l’on se contente d'étendre le papier sur une toile tendue sur un châssis.

Cette filtration sur des carrés ne peut s’exécuter pour toutes les liqueurs. Celles qui ont pour base des véhicules volatils éprouveraient trop de perte, à cause de la lenteur avec laquelle se fait la filtration. |

Les filtres disposés de cette manière ont une grande capacité, mais il débitent peu. Quand on est pressé, on gagne du Lemps à multiplier les filtres de papier dans les entonnoirs.

Quand la liqueur que l’on veut épurer contient un dépôt pulvérulent abondant, il est inutile d'employer l’intermède du papier. Il suffit d’une simple toile tendue sur un châssis. Les premières portions de liquide qui la traversent sont troubles ; mais bientôt le diamètre des pores du filtre se trouve diminué par linterposition des particules du précipité, et la liqueur passe claire. On reverse sur le filtre les portions de liquide qui ont passé en premier.

Les filtres de laine sont employés pour filtrer les sirops.

On leur donne diverses formes , et ils prennent le nom de blanchet{s, chausse d'Hippocrate, filtre de Taylor, ete. (Zoy. Sirops).

Les filtres de laine peuvent également servir pour d’autres liqueurs que les sirops;. mais ils ne peuvent être employés pour les liqueurs chargées de potasse ou de soude en dissolution, qui auraient bientôt détruit le filtre.

Les filtres de coton sont réservés pour les fluides qu’on regarde comme précieux, soit à cause de leur prix, soit à raison des petites quantités que l’on a pu s’en procurer. On introduit dans le col d’un entonnoir un peu de coton cardé que l’on comprime légèrement, et l’on verse dessus le liquide. Il suinte goutte à goutte. Ce moyen n’entraine avec lui presque aucun déchet. On s’en sert en particulier pour les huiles essentielles.

Les filtres en verre pilé sont surtout réservés pour les acides concentrés. On place d’abord dans le col de l’entonnoir des morceaux de verre grossiers ; on les recouvre successivement par du verre de plus en plus divisé, et l’on termine par une couche de verre en poudre. C’est sur celui-ci que l’on verse l'acide. I dépose à la surface les matières qui troublaient sa transparence, et

il s'écoule par le bec de l’entonnoir. II faut avoir la précaution de faire tremper le verre qui doit entrér dans la composition d'un filtre, dans de l'acide muriatique concentré qui dissout toutes les parties terreuses adhérentes, et de le laver ensuite à grande eau pour séparer tout l’acide excédant.

On emploie encore comme filtre une couche de sable ou des pierres poreuses, qui laissent passer l’eau et retiennent le limon. Ce sont les filtres les plus usités dans les ménages. Il faut avoir le soin de brosser souvent la surface de ces pierres, pour détacher le dépôt qui s’y est attaché, sans quoi la filtration languit et cesse bientôt tout à fait. On a observé que l’eau filtrée est moins aérée que celle qui s’est clarifiée par le repos : aussi, quand on la destine à servir de boisson, doit-on préférer cette dernière, toutes les fois que l’on peut s’en procurer, ou bien aérer l’eau après la filtration.

Les filtres de charbon sont communément employés. La faculté qu’a ce corps d’absorber les gaz et de se combiner aux matières colorantes, le rend précieux dans un grand nombre de cas. Dans les laboratoires, pour user du filtre de charbon, on verse le liquide sur une couche de charbon en poudre (7. filtre de Dumont, à l'art. SiropPS). Dans les arts, on fabrique des pierres poreuses artificielles dont le charbon fait partie; mais sa présence n’y est pas d’un gränd avantage; car il a bientôt produit tout, son effet. Au bout d’un temps assez court, il n’agit plus que mécaniquement, à la manière des autres éléments qui entrent dans la composition de la pierre.

Le charbon absorbe les gaz à la manière de tous les corps poreux. C’est par là qu’il détruit la fétidité des liqueurs. Il se combine chimiquement aux matières colorantes. Cette propriété, comme l’a montré M. Bussy , est modifiée par l’état physique et chimique du charbon. Celui qui provient des végétaux, et qui contient de Fhydrogène, décolore les liquides moins efficacement que le charbon azoté que les matières animales laissent après leur calcination M’état de division du charbon influe aussi puissamment sur sa faculté décolorante. Si on mêle une matière végétale ou animale à une substance terreuse, et que l’on calcine, les particules du charbon, isolées les unes des autres par l'interposition d’un corps étranger, ne peuvent se réunir, et le charbon, plus divisé, décolore mieux les liquides. Cet effet.est particulièrément remarquable dans le charbon provenant de matières animales qui contiennent tout naturellement des substances minéralès intérposées ;

FILTRATION. 4 sans doutele mélange du charbon y est plusintime qu’onne pourrait le faire artificiellement : tels sont les os, qui servent presque exclusivement à la préparation du charbon nil. Peut-être aussi dans quelques cas la présence du sel calcaire n'est-elle passans influencesurlerésultat.

M. Cônovan a publié un appareil fort simple, propre à la filtration des liquidés auxquels l'accès de l'air serait nuisible, ou qui sont volatils. Veut-on, par exemple, filtrer une dissolution d'alcali caustique, on place dans le tuyau en entonnoir du vase À un bou- Chon en toile commune lâchement roulée, en ayant soin d'éviter que le bouchon presse les parois. On verse dessus la dissolution alcaline ; dès qu’ellé passe claire, on introduit le bec de A dans le col du vase inférieur D, dans lequel il entre à frottément. On adapte alors le tube C, et la filtration continue sans * Qu'il y ait possibilité d'absorption d’acide carbonique. Cet appareil est également très convenable pour filtrer les liqueurs alcooliques ou éthérées et les fluidesammoniacaux. Si on voulait s’ën servir pour des acides, on remplacerait le bouchon de toile par du verre, que l’on disposerait ainsi qu'il a été enseigné plus haut. 15

M. Riouffe ‘se sert d’un vase supérieur, dont la forme permet l’introduction d'un filtre ordinaire. À sa partie supérieure, il adapte un tube en S, qui sert à l'introduction du liquide, sans qu'il soit nécessaire de déboucher l'appareil. Un petit tube , bouché à l'éméril, permèt de livrer passage à la cofonne d'äîr que déplace le liquide introduit.

Le robinet K, plicé au-dessus du fond [5 durécipient, laisse dans celui-ci les dépôts JT qui ont pu S'y former.

LS

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