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DE L'ÉLECTION ET DE LA RÉCOLTE

Les matières employées comme médicaments appartiennent au règne organique ou au règne inorganique. La seule recommandation à faire pour le choix des substances minérales, est de les prendre dans le plus grand état de pureté possible. Au reste, le nombre de celles que la médecine emploie est extrêmement limité, et le pharmacien trouve dans ses connaissances minéralogiques les caractères propres à les distinguer.

C’est en plus petite proportion encore que les substances animales sont mises en usage. Peu d’entre elles entrent dans la confection des médicaments, et la plupart, fournies par le commerce, ne laissent au pharmacien que le soin d’un choix dans lequel il est guidé par la matière médicale.

Quand on emploie les animaux entiers ou leur chair, il faut préférer ceux qui sont dans la vigueur de l’âge et de la santé. Leurs sues ont acquis toute l’élaboration dont ils sont susceptibles,

DE L'ÉLECTION ET DE LA RÉCOLTE. 33 et jouissent au plus haut degré des propriétés qu’on y recherche. Dans quelques circonstances rares, on préfère les jeunes animaux ; le veau et le poulet en sont des exemples connus. Leur chair, très gélatineuse, fournit des boissons dont l'effet émollient ne se retrouverait pas au même degré dans leur viande plus faite.

Les substances végétales présentent trop d'intérêt , par la quantité que l’on en consomme, et les services qu'elles rendent 2 à l’art de guérir, pour que nous soyons aussi brefs dans Pexposition des le à à suivre dans leur choix.

L'époque la plus favorable à la récolte "he végétaux, que Vanhelmont nommait temps balsamique, n’est pas la même pour tous, et elle influe beaucoup sur leurs propriétés. L'âge des plantes et le terrain sur lequel elles croissent ont surtout une influence très marquée. L'effet de la culture ne peut non plus être révoqué en doute. Enfin, nous verrons qu'il n’est pas indifférent d'employer telle ou telle partie d’un même végétal.

On sait que les jeunes plantes contiennent beaucoup d’eau et deprincipes mucilagineux. Aussi, est-il très rare que, dans cet état, elles soient employées comme médicament. Les plantes mucilagi, neuses sont peut-être les seules que l’on puisse employer à à cette première époque de leur vie; encore le mucilage est-il plus élaboré quand elles ont parcouru une plus longue période de végétation. Il existe de nombreux exemples de cette différence entre les propriétés des plantes dans leur jeunesse et à un âge plus avancé. L'expérience nous a appris que la bourrache peu développée ne contient presque que du mucilage. Plus tard on y trouve des matières extractives et des sels, en particulier du nitrate de potasse. Les nègres se nourrissent sans inconvénient des jeunes pousses de lapocyn, et les paysans toscans de celles de la viorne clématite. En Suède , on mange l’aconit dans sa jeunesse. Les feuilles naissantes des chicoracées et des cynarocéphales sont un aliment agréable; plus développées, elles sont remplies d’un suc très amer , etc. =

Les mêmes observations ot en être faites sur les parties séparées des plantes. Ainsi, les feuilles sont plus chargées de sucs extractifs avant la floraison; l’aubier est plus aqueux au temps de la sève; les écorces changent de composition à mesure qu'elles vietllièsent. <

L'influence du terrain sur les propriétés des végétaux est mal

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eonnue. Les nombreux exemples que nous en avons ne pérmettent cependant pas de la révoquer en doute. Nous voyons des ombellifères être aromatiques quand elles croissent dans un sol sec, et acquérir des propriétés. vénéneuses quand le terrain est très humide , et surtout quand elles viennent dans l’eau, Les s0lanées, et surtout les crucifères venues dans un sol aride, n’y végètent pas avec la même vigueur que dans le voisinage des lieux habités : il semble qu'une nourriture animalisée soit nécessaire à la formation de leurs sues actifs. On doit, en général, récolter les plantes là où elles, croissent naturellement. Les bulbes viennent mieux dans un terrain sec, et les racines fibreuses dans une terre poreuse. Le trèfle préfère les terrains gypseux, la bourrache: el l'ortie les terrains nitrés. Nous voyons les plantes des montagnes être généralèment préférées aux mêmes espèces qui viennent dans la plaine..Sans doute que la sécheresse du terrain et surtout la lumière vive à laquelle elles se trouvent exposées sont pour beaucoup dans ce résultat. Haller s’est assuré que la valériane qui pousse dans des lieux bas "et humides est bien moins efficace que celle qui a été récoltée sur les,hauteurs. | >

L'influence de la culture sur les propriétés des plantes est trop connue pour qu’il soit nécessaire de s’y arrêter longtemps. Nous citerons cependant quelques exemples, ét d'abord se présente au premier rang Celui des arbres fruitiers. Les varictés qu'ils nous fournissent, et dont, nous faisons tant de cas, SON Peffet, du hasard. Il n’est pas en notrepouvoir de les faire naître à volonté ; mais nous savons les,conserver par une culture habilement Conduite. C’est par elle que nous voyons se remplir de sucre les péricarpes, naturellement acérbes,des drupacées,.et des pomacées,. C’est encore elle qui diminue la ‘savéur forte et désagréable des chicoracées, du céleri, des cardes, etc. Si, dans ces circonstances, la culture est utile, dans d’autres elle serait nuisible, car elle affaiblit ou dénature des propriétés actives. Ainsi, l'on ne recherchera pas un amer dans la chicorée étiolée de nos jardins, et le plus grand nombre des plantes médicinales sont dans le même cas. T1 faut en excépter cependant toute la famille des crucifères, les ombellifères aromatiques, et, jusqu'à un certain point , les labiées.

L'expérience nous a appris quelles sont les parties des végétaux les plus propres à l'usage médical, Ce sont, en exceptant les

DE L'ÉLECTION ET DE LA RÉCOLTE. 35 matières mucilagineuses et émollientes, celles dont la saveur et l'odeur sont très prononcées ; et dans le cas où l’on veut employer une plante dont la pratique médicinale n’a pas encore*profité, c’est dans les organes les plus aromatiques et les plus sapides que l’on doit rechercher les propriétés médicales les plus énergiques. Nos sens sont presque. toujours des guides certains dans ces occasions ; mais on peut se laisser conduire encore par la voie de l'analogie. On sait que le calice est la partie: ‘la plus aromatique des labiées ; dans les amomées, c’est la racine; toutes les parties sont âdorantes dans les vindess ete, :

Doit-on s’astreindre à n’employer que l'espèce indiquée dans le Codex? Oui, dans le plus grand nombre de cas. Cependant, le pharmacien instruit peut souvent se laisser guider par l’analogie. Un grand nombre de substitutions de’ ce gênre sont journellement pratiquées. Dans une grande partie du ‘midi de la France, on substitue le Zepidium latifolium au grand raifort. Une foule de rumex remplacent, dans différents pays, le rumex patienha de Linné. On emploie indifféremment le symphitum tuberosum et le symphitum officinale, le cynoglossum vulgare et le cynoglossum pictum , l'helleborus niger et l'helleborus viridis , le irihicum repens et le panicum dactylon, etc. Ce n’est cependant qu'avec la plus grande circonspéction que l’on doit se permettre les substitutions. Elles ne peuvent guère être faites que d’espèce à espèce: On doit se défier d’une ressemblance apparente, et se rappeler, en outre, qu un même principe existant dans des espèces différentes, ne s’y.trouve pas dans des proportions semblables.

Les racines doivent être récoltées au printemps ou à l'automne. Si on les arrache au printemps , c'est quand les feuilles commencent, seulement à se développer; si on les récolte en automne, c’est.après la chute totale des feuilles et celle de la tige dans les plantes bisannuelles. En voici la raison : les racines croissent en automne après la maturation de la graine, parce que les sues, n'étant plus attirés vers les organes de la reproduction, redescendent dans les racines. Elles deviennent très succulentes à cette époque, et elles prennent de l'accroissement. Elles continuent à croître jusqu’à ce que le froid arrête la végétation. Mais au printemps la chaleur douce de l'atmosphère ranime l’action vitale ; la racine absorbe dans la terre de nouveaux SUCS , a bientôt Les er se ACTEORPER En raison de leur

force de succion, ces derniers organes absorbent tout le suc surabondant qui se trouvait dans la racine , et celle-ci s’épuise, bien qu’elle reste encore succulente par la grande quantité de sève qui la traverse. C’est donc en automne, quand les sucs nourriciers sont abondants, ou au printemps avant l'absorption des sues, qué l’on doit récolter les racines. Il est bon de remarquer que la récolte d’automne est plus facile; si l’on attend au printemps.que la végétation recommence, les sucs contenus dans Jes racines changent de nature, et s’approprient en quelque sorte à leur nouvelle fonction qui est la nourriture des pousses nouvelles ; puis elles perdent ensuite.de plus en plus quand les feuilles se développent et se montrent à la surface du sol. Il y a cependant.quelques exceptions à ces règles, fondées sur.les circonstances particulières de la végétation ou sur les propriétés que l’on recherche dans les plantes. Ainsi, l'existence éphémère des racines annuelles oblige de les récolter quand la plante est en pleine végétation. Au reste, quelle que soit l’époque où l'on arrache une racine , il faut que celle-ci soit succulente , flexible et non ligneuse. Quelques racines, cependant, sont récoltées quand elles sont devenues ligneuses ; ce sont celles dont on n’emploie que l'écorce, comme la quintefeuille, la cynoglosse. On les prend quand l'écorce est épaisse, succulente, et peut se Séparer facilement du bois. g sl

Quand une racine appartient à une plante vivace, il est convenable de ne l’arracher de terre qu'après quelques années dé végétation. On la trouve remplie de sues élaborés et plus propres à l'usage médical. Ceci est une conséquence de ce que nous avons dit sur l’état imparfait des principes immédiats dans les plantes encore jeunes : aussi, les racines de rhubarbe, de jalap, ne sont recueillies que lorsque la plante est déjà âgée.de quatre à cinq ans. Pour les autres, On attend qu’elles aient deux ou trois ans. Plus tard elles deviendraient ligneuses et moins Succulentes. ”

Les racines annuelles sont généralement inertes. Les racines des plantes bisannuelles doivent étre récoltées à la fin de la première année, quand la végétation des feuilles est terminée et à une époque dans l'hiver aussi avancée que possible.

Les expériences de M. Knigth peuvent nous guider sur le choix de l'époque la plus favorable à la récolte des tiges ligneuses,

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