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DE LA PULVÉRISATION

Les coquilles d'œufs, les coquilles d’huitres, le corail, les pierres d’écrevisses sont d’abord contusées et passées au tamis de crin; on lave cette poudre avec de l’eau bouillante, pour enlever, au moins en partie, une matière animale qui, plus tard, se putréfierait et ferait prendre une odeur fétide à la poudre.

Les os de sèche sont bien nettoyés avec un couteau de toutes les impuretés qui peuvent salir leur surface, et on enlève la coquille testacée la plus dure.

On met le riz dans une terrine, on le lave avec de l’eau froide, puis on le jette sur une toile et on l’arrose encore de temps en temps, jusqu’à ce qu’il ait perdu sa consistance cornée, et qu'il soit devenu opaque et friable; on le pulvérise en cet état sans laisser de résidu et on fait dessécher la poudre à la chaleur de l’étuve.

Le salep est mis à tremper dans l’eau froide pendant douze heures. Au bout de ce temps on le retire, on l’essuie fortement à la surface pour en détacher la peau, puis on le sèche à l’étuve avant de le pulvériser. L’eau qui pénètre par la macération dans le salep chañge en quelque sorte sa texture. Elle lui ôte de sa consistance cornée et le rend plus friable.

On expose à la vapeur d’eau les semences coriaces de la noix vomique et de la fève Saint-Ignace ; on les passe au moulin ou on les contuse au mortier.

Les pierres siliceuses ne se pulvérisent bien qu’autant qu'on les a fait rougir au feu, et que, dans cet état, on les a plongées dans de l’eau froide. Sans doute que leur friabilité, après. cette opération, est le résultat de la tension extraordinaire dans laquelle se trouvent leurs molécules. La chaleur les écarte les unes des autres, et augmente le volume de la masse. Le refroidissement * subit que produit le contact de l’eau froide, contracte brusquement les parties les plus extérieures ; mais cet effet ne se fait pas sentir à l’intérieur où les molécules se refroidissent lentement, et restent dans un état d'écartement plus grand que ne.le comporte leur température; état contre nature et qui détermine la séparation des particules dès qu’un choc brusque vient à détruire l’équilibre qui existait dans la masse.

À mesure que l'on pulvérise un corps, les portions qui ont. été réduites en poudre s'élèvent dans l’atmosphère à chaque se-

cousse qui est imprimée à la masse. Le moindre inconvénient qui en résulte est la déperdition d’une certaine quantité de matière. It arrive fréquemment que le pileur en est très incommodé ; et souvent il en résulterait pour lui des accidents fàcheux, s’il ne par venait à s’en mettre à Pabri. Toutes les matières âcres, comme les gommes-résines, l'euphorbe, les cantharides, les racines de jalap, d’asarum , d’ipécacuanha, la bétoine , l'arniea, etc., peuvent produire ces effets. On évite le danger qui résulterait de leur action, en recouvrant le mortier d’un sac de peau en forme de cône qui est traversé par le pilon dans sa partie supérieure, et qui y ést fortement attaché. La base du cône recouvre la bouche du mortier, et se trouve liée à ses bords par une corde ou une courroie. |

+ Il serait de toute impossibilité de pulvériser entièrement dans un mortier toute la matière que l’on y a mise. De temps en temps, on sépare les parties les plus fines de celles qui n’ont pas encore été suffisamment divisées. On y parvient au moyen d’un tamis. C’est un tissu tendu dans une portion de cylindre en bois et au travers duquel les parties les plus ténues trouvent seules un passage. On se sert de tissus plus ou moins fins suivant que l'on veut obtenir des matières plus ou moins ténues. Quand on veut avoir des poudres très fines, on emploie un tamis couvert. La pièce supérieure est appelée couvercle, et la pièce inférieure tambour. Elles sont toutes deux garnies en peau, et elles s’'emboîtent sur le tamis, de manière à ce qu'il ne puisse y avoir déperdition de poudre. On emploie ces tamis couverts dans les mêmes circonstances et pour les mêmes raisons que nous avons rapportées plus haut en parlant de la déperdition pendant la contusion des Corps.

Pour faire passer les poudres à travers le tissu du tamis, on se contente de remuer circulairement celui-ci en l'appuyant sur le mortier, ou au moins de l’agiter dans les mains. Si on le frappait: contre le mortier, l’on forcerait à passer des parties qui n'auraient pas encore acquis le degré de ténuité convenable. Une mätière fibreuse qui aurait été tamisée de la sorte fournirait u poudre remplie de fibres non pulvérisées. |

Souvent les matières que l’on soumet à la pulvérisation sont composées de parties différemment friables, ce qui donne le moyen de les séparer les unes des autres. On ne cherche pas à

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le faire, quand les particules d’un corps sont toutes de mème nature, ou qu’elles ont toutes des propriétés utiles, et aussi quand les différents principes qui composent un corps offrent peu de différence dans leur degré de friabilité.

Quand une matière n’est formée que d'une seule espèce de substance, comme les composés chimiques bien déterminés, les commes pures, le sucre, les résines, les gommes-résines, le camphre, ete., la poudre est semblable à toutes les époques de l’opération, et on peut prendre indifféremment les premiers ou les derniers produits. |

Le même résultat. se présente, quoique d’une manière moins exacte, pour les corps de nature organique, composés par conséquent de matières très différentes , quand ils sont formés d’un tissu délicat, sans mélange de fibres ligneuses, ou ayec mélange d'une faible quantité de ces fibres. Alors les parties plus friables facilitent la pulvérisation des autres, et, jusqu’à la fin de l’opération, les produits conservent une proportion assez grande de principes actifs pour être conservés. Il devient important alors de mélanger toutes les poudres obtenues à des époques différentes de l’opération pour en faire un tout homogène. Je citerai comme exemple la préparation des poudres suivantes : S

Ratines de Aunée. Fruits de Poivres.

Aristoloche. Coloquinte.

Colombo. Semences de Lin.

Curcuma. à :. Moutarde.

Gentiane. Riz.

Gingembre. | Staphysaigre.

Iris. Lichen d'Islande.

Jalap. Seigle ergoté.

Rhubarbe. Mousse de Corse.

Salep. L Cantharides.

| Bulbes de Scille. : .. Muse.

n | «Écorces de Cannelle. \ Corail, etc., ete.

FS Winter.

Es Lorsque les matériaux qui constituent un médicament sont très différemment friables, et que: l’un d'eux n’a pas ou n'a que très peu de propriétés médicamenteuses, ikest avantageux dede

séparer. On y parvient, en grande partie, en fractionnant les produits de la pulvérisation. Si la partie active se pulvérise la dernière, on rejette la première poudre : si elle est plus friable que les parties inertes, on rejette au contraire les derniers produits. Dans le premier cas se trouvent le quinquina gris, la cascarille, la gomme adragante. On rejettera donc les premiers produits de la pulvérisation du quinquina gris et de la cascarille. La première poudre que fournit la gomme adragante contient toutes les matières étrangères plus friables que cette gomme. MM. Henry et Guibourt ont proposé avec juste raison de gratter l'écorce du quinquina gris, pour enlever tous les cryptogames et le tissu cellulaire superficiel, de gratter égälement la cascarille pour en séparer la couche lichenoïde, car ce sont les matières qui les premières se réduisent en poudre. On applique la même manipulation aux écorces d’angusture vraie et d’angusture fausse, au quinquina jaune ou rouge avec écorce, comme on les appelle dans le commerce.

Les corps dont les derniers produits de la pulvérisation sont presque inertes sont en plus grand nombre. Ce sont toutes les racines fibreuses , les feuilles et les tiges, dont la fibre végétale résiste plus à l’action du pilon que les matières extractives. On rejette le résidu qu’elles laissent, et qui est tout à fait fibreux. On observe dans la pulvérisation de ces corps, que les produits sont de moins en moins odorants et sapides; on doit s’arrêter au moment où le résidu n’a plus que peu d’odeur et de saveur. On ne peut dire, avec une suffisante exactitude, à quel point on doit arrêter la pulvérisation de substances différentes. Le Codex a tranché la question en prescrivant de ne retirer que les 3/4 de la substance à l’état de poudre. Ce système a l'avantage de donner un rapport toujours le même entre le poids de la substance entière et celui de la poudre que l’on en retire. © |

Ce que nous venons de dire conduit à penser que, dans un très grand nombre de cas, les poudres ne sont pas semblables à différentes époques de la pulvérisation. Aussi, est-il essentiel de mélanger tous les produits pour avoirun tout homogène. Le mélange se fait en retournant toutes les poudres-ensemble dans le fond d'un tamis ou sur un papier. Pour que le mélange soit exact, il convient même de les forcer à passer de nouveau à tra-

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