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E LA PULVÉRISATION

La pulvérisation est une opération que l'on fait subir à la plus grande partie des matières employées en médecine. Elle est sinoulièrement avantageuse , car non-seulement la forme de poudre est commode comme moyen de faciliter l’administration d'une matière médicamenteuse, mais encore elle la prédispose favorablement à d’autres opérations : une matière pulvérisée est plus appropriée à former des mélanges intimes, ou à se laisser pénétrer par les dissolvants que l’on veut charger dé ses principes solubles.

Comme forme pharmaceutique, la poudre est une des plus souvent utiles, l’une des plus avantageuses auxquélles on puisse avoir recours. Si l'on en excepte les matières qui ne peuvent agir qu’à forte dose (car l'obligation d’avaler une grande quantité d’une matière pulvérulente inspire toujours au malade beaucoup de dégoût }, tous les médicaments presque sans exception peuvent être administrés sous cette forme. Une petite dose de mafière pulvérulente est toujours prise sans difficulté par le malade, qui la délaie dans un peu de boisson, ou qui échappe à son odeur et à sa saveur en l’enveloppant dans un peu de confiture, une cuillerée de soupe, etc.

C’est surtout pour l’emploi des végétaux ou des parties de végétaux et d'animaux qui doivent leur action médicale à des principes solubles dans l'eau que la forme de poudre est précieuse. Ainsi divisés , ils abandonnent aux liquides toutes leurs parties solubles et actives avec une singulière facilité, et comme les moyens de pulvérisation sont mécaniques et ne peuvent entrainer aucune altération dans la composition de ces matières, On possède le médicament dans un grand état d'efficacité, et tel qu'on ne le retrouve pas toujours dans les préparations plus compliquées. Nous n’hésitons pas à dire que pour lès médicaments facicilement altérables , comme la digitale, les solanées et quelques autres, la forme de poudre sera le plus souvent préférable. On doit, au contraire, s'abstenir de donner sous cette forme, et

DE LA PULVERISATION, 51 sans autre préparation , toutes les matières àcres ou caustiques qui ne seraient pas extrêmement solubles dans l’eau, et particulièrement un grand nombre de substances minérales, l’iode, le sublimé corrosif , le chlorure de barium , le sulfate de cuivre, etc., efc.; ces matières, en séjournant sur quelque point de la membrane de l'estomac, pourraient y produire des accidents inflammatoires plus ou moins graves. En général, toute matière âcre doit être délayée, quand on veut l’administrer à l’intérieur, pour que son action directe soit partagée en même temps sur un grand nombre de points et qu’elle soït par céla même affaiblie.

Quand on veut réduire une substance en poudre, les moyens de pulvérisation doivent être appropriés à la texture de la matière sur laquelle on doit opérer. Quoi qu’il soit vrai de dire que des moyens souvent très différents peuvent être indifféremment emnployés à la pulvérisation d’un grand nombre de substances, il arrive aussi que, pour certaines autres, le mode opératoire est nécessairement commandé par leur texture ou leur composition.

procède à la pulvérisation par des moyens très différents. Lä'râpe, la lime, les meules, sont mises en usage. Plus souvent , on se sert du pilon. Nous examinerons d’abord quelles sont les règles applicables à la pulvérisation des corps en général. Nous passerons ensuite en revue chaque mode particulier de pulvérisation pratiqué dans les officines, en indiquant successivement quels sont les corps qui doivent y être soumis.

Les corps que l’on veut pulvériser doivent être fort secs. Cette précaution est surtout indispensable pour les matières qui sont formées par un tissu organique: Elles se mettent en équilibre d'humidité avec l'air atmosphérique ; leurs tissus organiques prennént de la mollesse, de la ductilité, et refusent de se pulvésiser. Pour peu que ces matières aient un volume un peu considérable, on leur fait subir une division préalable pour qu’elles présentent plus de surface, et qu’elles se dessèchent mieux. À cet effet, quand les matières sont d’un tissu compacte, on les concasse et on les sèche à l’étuve; par exemple, les racines de jalap , de colombo, d'iris, de cureuma, ‘etc. Quand les matières que l’on doit pulvériser ont un tissu ligneux, ôn les divise au moyen de la râpe; par exemple, le bois de gayac,

le quassia amara , les santaux , la racine ligneuse de sassafras, etc. Les matières très fibreuses sont coupées en tranches très minces au moyen du couteau à manche. Cette opération, en même temps qu’elle facilite la dessiccation, rend la pulvérisation plus facile en divisant les fibres. On l’applique :

Aux racines d’Arrête-bœuf. Aux écorces de Garou. —— Garance. Orme.

—— Guimauvye. ——— Saule.

er Réglisse. me Simarouba.

—— Pareira brava. Sureau.

On coupe de la même manière les racines plus compactes de bardane, d’ache, d’aunée, d’acorüs, de patience, de pyrèthre, de ratanhia, etc.

En outre des opérations précédentes, il est des substances qui exigent quelque manipulation préalable, dont le but peut être fort, différent ; ainsi il est certaines racines, composées de plusieurs parties assez petites, rapprochées les unes des autres, qui dans leurs intervalles retiennent de la terre enfermée. Il est#im portant de séparer cette terre qui se mélerait à la substance pulvérisée. On y parvient en concassant légèrement ces racines, ef en les secouant sur un crible pour faire tomber la terre. On les sèche ensuite à l’étuve, et on les pulvérise. On traite par cette méthode les racines de

Angélique. Benoite.

Aristoloche petite. Contrayerva.

Arnica. | Ellébore noir,

Asarum. , Serpentaire de Virginie.

Asclepias. Valériane.

Quand ces racines sont propres, cette opération préalable est inutile.

On sépare les semences contenues dans les capsules de pavot, les semences engagées dans la pulpe de la coloquinte, et les noyaux osseux des myrobolans; on monde de leur enveloppe les semences des cucurbitacées, les amandes, les pignons d'Inde, les graines de tilly. On rejette au contraire le péricarpe scarieux de l’'amome en grappe et du cardamome.

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