COLOQUINTE
(Cucumis colocynthis.)
La partie charnue de la peponide du Cucumis colocynthis d'Orient, est employée en médecine comme un purgafif drastique , à la dose de 10, 15 et 20 grains : c’est uni médicament très actif, qui peut produire l’inflammation des tissus, et qui, par conséquent ne doit être administré qu'avec beaucoup dé prudence. | |
DES CUCURBITACÉES. | 539 D'après l'analyse de Meisner, la coloquinte contient :
Huile grasse; résine amère; amer ( Colocynthine); ottadfif : F gomme ; acide pectique ; extrait gommeux ; sels.
L’amer de coloquinte a été étudié par M. Braconnot et par Herberger. Il a une couleur jaune rougeàtre, quand il est en masse , et jaune, quand il est en poudre. Il est translucide et friable : sa Saveur est excessivement amère. Il brüle à la manière des fékiflés. Il se dissout dans cinq parties d’eau froide , il est beaucoup plus soluble dans l’eau bouillanté et il ne se dépose pas par le refroidissement ; il est également solublé dans l’alcool et Péther. Les acides et les sels très déliquescents le précipitent de sa dissolution sous forme d’une masse cohérente et visqueuse ; les alcalis ne le précipitent pas. Quand il est pur, Ta noix de galle ne le précipite pas. L’amer de coloquinte contient de l'azote, et, suivant lobservation de M. Braconnot, il ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides. R
L’amer de coloquinte est uni, dans le parenchyme du fruit ; à des matières qui en altèrent la tete. Aussi, quand on traite ce fruit par l’alcool , on obtient pour produit une matière jaune qui paraît être de nature complexe. L'eau froide là divise en deux parties : l’une qui se dissout , et l’autre qui $e dépose sous forme de filaments blancs: ces déviiers se réunissent én une masse jaunâtre ductilé comme de la résine molle; mais on finit par les dissoudre par de nouveaux traitements par l’eau. Les premières liqueurs aqueuses sont plus chargées et plus colorées que
és dernières, ce qui dépend de quelque principe qui augmente
fa Solubilité Au principe amer, et qui ne se partage pas également au moment de l’action de l’eau. Quand, en effet, on évapore ces diverses solutions , elles se troublent à mesure de l’évaporation , et elles laissent déposer la matière dissoute sous forme d'une résine jaune ; mais les liqueurs finissent par laisser un extrait brun très amer, qui se dissout dans une petite quantité. d’eau sans séparation , et qui est plus abondant dans les premières liqueurs que dans les autres. .
Pour obtenir l’amer de coloquinte, M. Braconnot reprend par l'alcool l'extrait aqueux, pour précipiter la gomme ; il évapore et reprend lé résidu par une petite quantité Dern , qui dissout un peu d’acétate de potasse, et qui précipite presque tout l’amer;
en cet état, il parait contenir une matière étrangère qui lui donne la propriété de précipiter par la noix de galle.
Herberger conseille de faire d’abord un extrait alcoolique, et de le dissoudre dans une grande quantité d’eau chaude, mais non bouillante. Il filtre la liqueur, et la précipite par l’acétate de plomb ; il fait passer dans la liqueur un courant d'hydrogène sulfuré pour la débarrasser de l'excès de plomb, puis il évapore en sirop clair, et ajoute de l’'ammoniaque en petit excès qui précipite l'amer sous forme de flocons jaunes : on les exprime, on les redissout dans l'alcool; on clarifie par le charbon animal, et l'on évapore à siccité. HA
Cette histoire chimique de la coloquinte aurait besoin d'être reprise. |