DES PULPES
scille, de l'ail, qui contiennent des parties volatiles, les quelles concourent efficacement à l'effet cherché, et se dissiperaient par la coction. Dans le même cas sont la pulpe de racine de carotte destinée au pansement des cancers , la pulpe de racine de patience destinée à l’usage externe, et celle de pomme de terre que l’on doit appliquer sur une partie brûlée. L'usage postérieur auquel on destine les pulpes peut encore être un obstacle à ce que lon soumette les plantes à la coction, par exemple, la pulpe de pomme de terre qui doit servir à la préparation de la fécule, celle de betteraves ou celle des fruits qui ne sont qu’une forme intermédiaire qui doit rendre l'extraction des sucs plus facile. | ”
Toutes les fois que la coction est sans inconvénient , il faut ÿ avoir recours, parce qu’elle donne des pulpes plus liées et plus homogènes. Plusieurs circonstances paraissent contribuer à produire ce résultat, C’est l’albumine végétale qui en se coagulant, contribue à lier toutes les parties; c’est le tissu cellulaire qui se ramollit par l’ébullition de l’eau, et finit par se transformer en une sorte d’empois ; dans les racines amylacées c’est la fécule qui se gonfle par l’action combinée de l’eau et de la chaleur sur les cellules amylaires. A
La coction des plantes: est surtout nécessaire pour la préparation des pulpes, quand celles-ci sont destinées à produire quelque effet émollient, ou lorsqu'il est nécessaire de chasser quelque principe àcre et volatil. Ainsi la pulpe d’oignon cru est âcre et excitante, tandis qu'elle agit seulement à la manière des émollients, quand son huile âcre a été éliminée par la coction; ainsi, la pulpe de scille cuite est pour les mêmes causes toute différente de celle qui est obtenue sans feu.
La coction est presque toujours employée quand on doit préparer des pulpes avec des substances qui ont été désséchées ; il faut rendre aux parties la mollesse qu’elles avaient avant leur dessiccation, et comme presque jamais on ne cherche alors à y conserver de parties volatiles, la coction est avantageuse.
On soumet à la coction par des procédés assez différents, les substances qui sont destinées à la fabrication des pulpes.
1° On les fait cuire dans les cendres. Ce procédé, recommandé surtout pour les bulbes, a linconvénient de brüler route les
La
parties extérieures et de les cuire d’ailleurs assez inégalement.
% On enveloppe les substances de pâte et on les soumet à la chaleur du four. C’est une manipulation qui n’est pas toujours commode et qui ne présente d’ailleurs aucun avantage.
3° On met les substances dans un poêlon ou une chaudière avec de l'eau, ét on tient en ébullition jusqu’à ce qu’ellesæsoient suffisamment ramollies. Il faut avoir soin de n’employer que la plus petite quantité de liquide, et faire en sorte qu’il n’en reste que fort peu au moment où l'opération est terminée. On ajoute ce liquide à la pulpe, et comme elle est alors presque toujours trop molle, on lui rend la consistance convenable en le faisant évaporer à la chaleur du bain-marie. |
% On fait cuire à la vapeur de l’eau bouillante les substances destinées à être réduites en pulpe. A cet effet, on les pose sur un diaphragme placé à quelque distance du fond d’un vase en cuivre étamé ou en étain, que l’on ferme avec un couvercle et qui reçoit par sa partie inférieure la vapeur qui sort d’une chaudière ; ou bien, avec un appareil plus simple, on met la matière à ramollir dans une espèce de bain-marie percé qui s'enfonce dans une chaudière ou dans la eucurbite d’un alambic, mais qui n’a pas assez de profondeur pour plonger dans l’eau. On couvre ce vase et on porte l’eau à l’ébullition. Un appareil plus économique et tout aussi profitable est celui que l’on emploie dans les ménages pour faire cuire les pommes de terre. Il se compose d’une marmite en fonte, au fond de laquelle on met une grille de fourneau qui sert de diaphragme. On garnit le fond de la marmite avec une couche d’eau; on place les matières végétales sur la grille; on les recouvre avec un. torchon replié sur lui-même et on ferme le tout avec le couvercle de la marmite. On porte l’eau à l’ébullition et en peu de temps l’opération est terminée.
- La coction une fois terminée on écrase les substances dans un mortier, ou si elles offrent peu de résistance, on les écrase dé suite sur le tamis au moyen du pulpoir. :
Les pulpes les plus employées que l’on prépare par coction sont celles de pruneaux, dattes, jujubes, oignon commun, bulbes de scille, de lis, de racine d’aunée, de guimauve, de plantes émollientes. dr |
I est des matières naturellement pulpeuses qui n’ont besoin que d'être ramollies avec un peu d'eau, telle est la pulpe de
DES SUES:0: 67 tamarin du commerce ; telle est encore la pulpe contenue dans la casse des boutiques. | |
La pulpe des cynorrhodons exige un procédé particulier. Comme la consistance des calices de roses est trop ferme, on les arrose avec un peu de vin blanc et on les abandonne à la cave à un léger mouvement de fermentation, qui les amène à un état analogue à celui des fruits blessis, sous lequel ils ont assez dé mollesse pour être pulpés (Voir CYNORRHODONS).
Enfin on obtient encore une sorte de pulpe en prenant des. substances en poudre et en y ajoutant à froid ou à chaud la quantité de liquide aqueux nécessaire pour leur donner la consistance. d’une pâte. Cette méthode est souvent suivie pour les pulpes destinées à la préparation des conserves ou qui doivent immédiatement servir de cataplasmes. |
Les pulpes sont des médicaments facilement altérables, qui commencent à se décomposer peu de temps après leur préparation, circonstance qui contribue singulièrement à diminuer l'usage que l'on en pourrait faire. Plusieurs d’elles entrent dans d’autres pré-: parations, par exemple dans les conserves, les électuaires, les cataplasmes, ete. : oo iseto: