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ÉMULSION

On donne le nom d’émulsion à un liquide d’apparence laiteuse, préparé avec des semences huileuses et de l’eau.

Toutes les semences émulsives contiennent, indépendamment de quelques principes qui peuvent être particuliers à certaines d’entre elles, de l’huile fixe, de l’albumine végétale, un peu de gomme, de matière sucrée et d'acide.

Si nous examinons quelle est la composition des amandes douces, qui servent le plus souvent à la préparation des émulsions, nous verrons, avec M. Boullay, que le sucre et la gomme y sont en trop petite proportion pour qu'on puisse raisonnablement leur attribuer la division de l'huile, et comme nous y retrouvons en abondance l’albumine végétale, il est hors de doute que c’est ce principe qui tient l'huile en suspension ; dans quelques semences très mucilagineuses, par exemple, celle de lin, on conçoit que le mucilage concoure à produire le même effet.

Pour faire une émulsion, on se sert de semences débarrassées de leur spermoderme. Pour les amandes, on l’enlève aisément en les faisant tremper pendant quelques instants dans de l’eau bouillante. Leur peau se ramollit et se détache ensfaisant glisser. les amandes entre deux doigts. On les fait tomber dans de l’eau froide pour les raffermir, après quoi on les essuie, et on les fait sécher.

La soustraction de la pellicule des amandes est nécessaire, en cela que cette pellicule contient une matière tannante qui nuirait à la blancheur de l’émulsion, en même temps qu’elle pourrait altérer sa saveur.

Les amandes étant mondées, on les pile dans un mortier de marbre, en ajoutant un peu d’eau, pour empêcher la séparation de l'huile; s’il doit entrer du sucre dans le lait d'amandes, on lajoute d’abord ; quand ke, tout est réduit en une pâte bien fine, on délaie dans Peau, et l’on passe avec expression à travers une étamine.

Il est important de ne pas ajouter à une émulsion des liqueurs acides ou alcooliques, qui la coaguleraient ; les premières, en formant avec l’albumine végétale un composé insoluble, et les secondes, en s’emparant de l’eau.

Une émulsion se sépare quelque témps après qu’elle a été préparée. Le parenchyme des amandes, qui a été divisé pendant la trituration, ftqui est resté suspendu, vient nager à la surface en même temps qu’une portion d'huile. Plus tard, le liquide passe à la fermentation et s ’aigrit, et le coagulum augmente par la séparation plus complète a dre he: et de huile, et, sans doute aussi, par la solidification progressive de l’albumine végétale, Ôpérée par l'acide qui s’est produit pendant la fermentation.

Un jaune d'œuf délayé dans l’eau donne un liquide tout à fait analogue à l’émulsion des semences : c’est de l’huile tenue en'suspension par del’albumine.

On fait quelquefois de fausses émulsions, en délayant des huiles, des résines, des gommes-résines dans l’eau, à laide d’un mucilage ou dut; jaune d'œuf.

Les émulsions artificielles sont souvent composées de gomme, d'huile et de sirop; pour les PACS on emploie plusieurs méthodes :

1° On fait un mucilage avec la gomme et une suffisante quantité d’eau, et on ajoute l’huile petit à petit en remuant vivement.

2 On mélinge la gomme en poudre et l’huile, et on ajoute peu à peu le Hatidé en battant Pien dans le mortier.

3° On fait un mélange em mettant la gomme dans le mortier, et ajoutant alerativeRte l'huile et le sirop, et enfin le reste du Hoee.

40 On bat tout ansébie dans le mortier, gomme, huile et sirop.

Tous ces procédés réussissent également dit on emploie des doses bien appropriées de dote substance ; mais quand on force la dose d'huile, on parvient à l'incorporer plus exactement,

en faisant d'abord un mucilage et y délayant l'huile par petites

parties.

La gomme n’est pas le seul corps qui puisse servir à émulsionner les huiles; nous avons vu que*f'albumine végétale pro-

duit le même effet dans les semences émulsives: Elle peut même

émulsionner plus d'huile que n’en contiennent les semences; aussi, en pilant de l’huile avec des amandes, on parvient à la diviser exactement.

Quand on emploie Falbumine comme moyen d’émulsionner, on a recours au blanc d’œuf, et plus souvent encore aù jaune d'œuf;

ces COrps sont même préférables à la gomme, quand il s’agit de.

diviser une huile épaisse et visquéuse comme celle des ricins ; mais, dans tout autre cas, on préfère la gomme, parce que l’émulsion faite avec le jaune d'œuf a une saveur et une couleur moins agréables. | | |

On émulsionne les gommes-résines en les réduisant en poudre fine, et en les triturant avec un mucilage de gommé arabique ou un jaune d'œuf. “

Certaines gommes-résines peuvent être émulsionnées facilement sans un mucilage étranger ; ce sont celles qui contiennent naturellement assez de principe gommeux pour tenir la résine divisée et en suspension : telle est par exemple là gomme ammoniaque ; mais en général il vaut mieux se servir de mucilage ou de jaune d'œuf, qui donne à Pémulsion plus de stabilité. 4

Les résines sont émulsionnées par la gomme, et mieux encore par le jaune d'œuf, parce que l’huile de celui-ci les ramollit et permet de les diviser plus exactement. La trituration avec du lait ou une émulsion d'amandes suffit pour diviser la résine de scammonée. À

Les huiles volatiles, quand elles sont en proportions considérables, sont divisées par le jaune d’œuf; quand leur proportion est faible, il suffit de les mêler d’abord avec du sucre ou du Sir OP, pour qu’elles restent ensuite parfaitement divisées et suspendues au milieu du liquide. ;

Les teintures alcooliques donnent un moyen fort commode d'obtenir avec facilité les émulsions des résines et des gommesrésines. Si la teinture résineuse est en petite quantité, on la mêle d’abord à du sirop, et l’on ajoute ensuite le reste du liquide par petites parties; si la proportion de matière résineuse est considérable, on mélange la teinture en la battant d’abord avec un mucilage ou un jaune d'œuf. On comprend facilement que les particules. résineuses qui se séparent de l'alcool se trouvent dans un état de division qui rend l’émulsion plus facile à faire. On Pourrail presque se passer d’un intermède pour lés teintures résineuses , qui, par leur seul mélange avec l'eau, abandonnent la résine en poudre fine; cependant il est préférable encore d’avoir recours à la division par le mucilage > parce que l’état lactescent de la liqueur à plus de stabilité. Cette pratique est indispensable, pour les téintures chargées de gommes-résines molles où dé ma-

‘.tières grasses, qui se sépareraient en grumeaux, comme par exémple la teinture d'assa-fœtida et celle de castoréum.

(Alcoolés).

L'alcool est un liquide incolore , d’une odeur vive et aromatique , d’une saveur âcre et brülante. Il est composé d’oxigène, d'hydrogène et de carbone, en des proportions telles que ses éléments peuvent être représentés par des volumes égaux de vapeur d’eau et d'hydrogène bicarboné.

Quand il est pur, sa densité à + 15° est de 0,7947. Il entre facilement en ébullition ; il bout à 78,41. Mais quand il contient de l’eau, le terme de son ébullition est retardé, et d'autant plus qu’il est plus étendu d’eau. Les vapeurs qui se formerft sont un mélange de vapeurs aqueuses et de vapeurs alcooliques ; la proportion relative de ces dernières diminue, et la température du mélange s'élève à mesure que l’ébullition continue.

L'alcool dissout le phosphore , le soufre , Piode, les résines , les huiles volatiles, la presque totalité dés acides, le tannin , les alcalis végétaux , le sucre de raisin ; il ne dissout ni la gomme * ni ion . ni l’albumine végétale. IT dissout aussi les corps gras , mais en petites pr oportions , surtout à la température ordinaire.

La quantité d’eau qui est mélée à l'alcool influe d’ailleurs sur ses propriétés dissolvantes; ainsi, quand il n’est pas très concentré, il dissout le sucre de canne, les matières extractives et les sommes-résines. “.

La première condition à remplir, quand on veut se procurer des dissolutions alcooliques, est de reconnaître la pureté de l'alcool dont on va se servir, et son degré de concéntration. L'alcool du commerce contient toujours quelques matières étrangères qui proviennent, soit des substances mêmes qui ont servi à sa préparation, soit du peu de soin qui a été apporté à celle-ci, soit des principes qu'il a dissous pendant sa conservation.

L'alcool qui provient du vin a une saveur franche et pure , et c'est lui que l’on doit préférer pour l'usage de la médecine. Celui qui provient de la distillation des pommes de terre, des céréales,

a urie $aveur ét une odeur souvent fort désagréables , ‘qu'il doit à des huiles essentielles. L'alcool ne doit être réputé bon qu’autant qu’il donne par son mélange avec l’eau distillée une liqueur transparente, et que cette liqueur ne dénote aucun goût étranger ni aucung odeur désagréable.

L'alcool du commerce, avant de servir d'agent de dissolution pour les préparations pharmaceutiques , doit être soumis à une nouvelle distillation. Celle-ci s'exécute dans le bain-marie d’un alambie , et elle débarrasse l'alcool des matières fixes qu'il pouvait contenir. Cette opération n’augmente pas sa spirituosité ; mais on peut fractionner les produits pour avoir de l'alcool à différents degrés de concentration.

Cet: alcool rectifié par simple distillation , est le seul dont on puisse se servir avec avantage pour la préparation des liqueurs suaves.

Pour se procurer de l’alcool très concentré , on le distille avec des corps qui, pour être propres à cet usage, doivent réunir à la condition d’une affinité assez grande pour l’eau , celle"de ne pouvoir faire éprouver d’altération à l'alcool ; le sulfate de soude effleuri, lacétate de potasse, le chlorure de calcium, le carbonate depotasse, la chaux, sontemployés à cet effet. Le sulfate de soude a une action trop faible pour qu'il y ait avantage à s’en servir; l’acétate de potasse lui-même n'est pas très avantageux ; quant au chlorure de calcium , il fait perdre une assez forte quantité d'alcool , qu’il retient en combinaison, et que l’on ne pourrait séparer qu'en étendant le résidu avec de l’eau et distillant de nouveau.

La chaux vive fait sh beaucoup d’alcool , non pas qu’elle le retienne en combinaison, mais parce qu’elle forme une masse pulvérulente très volumineuse que la chaleur pénètre difficilement, et que pour cette raison on ne parvient pas à dépouiller complétement de lalcool. La chaux est du reste une substance.active , qui peut, si elle est employée en quantité suffi- Sante, amener par une seule Dre Lalcoo! du commerce à

l'état d'alcool absolu.

Le carbonate de potasse est, He toutes les matières que j'ai essayées, celle qui m’a donné les résultats les plus avantageux. J'emploie par litre d'alcool de commerce à 86° (33° Cartier), 100 grammes de carbonate de potasse séché au feu; je laisse di-

gérer dans le bain-marie d’un alambic , à une douce chaleur, pendant deux jours, en ayant soin d’a giter de temps en temps; puis je distille au bain-marie, Je retire tout l'alcool qui marque 94: (39°,5 Cartier). L’on n’a-pas à redouter dans cette opération l'altération de l'alcool , parce que l’alcali west pas caustique et n’est pas soluble; son abtiôn se borne à s’emparer de l’eau. Il est remarquable que le carbonate de potasse ne peut amener l'alcool au-dessus de 94° à 95°; à ce moment les affinités de l'alcool et du . Selalcalin pour l’eau, 8e contrebalancent. L'alcool est alors bien voisin d’une combinaison de trois proportions, d'alcool et ‘une proportion d'eau, qui constituerait l'alcool à 95°,1 |

L'alcool à 94° suffit aux besoins du laboratoire "1 pharmacien. Veut-on le transformer en alcool absolu, il faut opérer par: lüne des deux méthodes suivantes :

1° L’amener à 97e en le distillant avec 100 grammes par ditre de chlorure de calcium fondu, ou en le laissant digérer sur 450 grammes de chaux vive en pondre par litre; le distiller avec lenteur sur 250 grammes de chaux vive pulvérisée par litre d'alcool, toutefois après que le contact de la chaux et de l'alcool aura été entretenu pendant deux à trois jours dans un lieu chaud.‘

2° Ajouter à Falcoo!l à 94° 500 grammes par litre de chaux'vive pulvérisée ; laisser en contact péndant deux et trois jours à l’étuve et distiller très lentement. On essaie d’ailleurs les ‘produits: à mesure qu'ils coulent, pour s'assurer s'ils sont bien à 100%: . La chaux dans ces opérations n’altère pas la saveur de alcool. Get.effet neise produit qu'autant que lalcool sur lequel onfait agir la chaux n’a pas été déjà rectifié ; il n’est plus à craindre après la première rectification opérée sur le carbonate alcalin. !

On emploie.encore en médecine un alcool faible du commerce qui est connu sous le nom d’eau-de-vie; il marque ‘de 4% à 65°. L'eau -de-vie qui provient de la distillation du vin a une saveur franche et agréable: mais les falsificateurs la font de ioufe pièce en coupant les esprits du commerce avec de l’eau

et les, colorant avec du caramel. Ils cherchent par différents |

.moyens à lui donner’ la saveur propre à l'eau -de- vie vraié!, souvent même ils y ajoutent des matières âcres pour lui’ donner

du montant «et faire croire à la présence d’une forte proportion :

d'esprit. L’évaporation de l'alcool qui laisse à à nu la matière âcre,

“ait aisément reconnaître la fraude ; le est le meilleur

. SOLUTION PAR L'ALCOOL. 4143 moyen de distinguer les autres falsifications. M. Berzélius conseille d'examiner si le résidu de l'évaporation précipite les sels de fer en vert, Ce car actère appar tient à la véritable eau-de-vie qui a dissous le tannin des tonneaux: de chêne où elle a été conservée , et il ne se retrouve pas quand la coloration est due au cars ; mais on conçoit qu'il serait facile de donner ce caractère à de l’eau-de-vie colorée artificiellement (Voir, pour la mesure de ladensité ou du degréalcoométrique, pages 7 et suivantes).

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