‹ Nouveau traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 74 sur 451 · PRET LS · texte numérisé non relu

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Une cornue est un vase de verre, de terre, de porcelaine ou de métal fait en forme d'œuf. A sa partie supérieure et latérale se trouve un tuyau d’abord très large qui va en se rétrécissant vers son extrémité. On distingue dans une cornue, la panse, la vouüte et le col.

C’est dans la panse que reposent les matières à distiller ; elle répond à la cucurbite. La voûte et le col remplissent les mêmes fonctions que le chapiteau de l’alambic.

L'appareil pour la distillation des liquides à la cornue se com-

pose d’une allonge et d’un ballon récipient tubulé, surmonté d’un long tube. Celui-ci a le double avantage de faciliter la condensation des vapeurs, et de porter à une hauteur assez grande dans la cheminée les gaz incoercibles, parfois d’odeur RTE et d'effet délétère.

Les cornues sont chauffées à feu nu, au bain de sable , ou au bain de liquide. Le choix de chaque mode de chauffage n’est pas indifférent. Ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, et ils doivent être appropriés à la nature même des matières qui sont chauffées.

On chauffe une cornue à feu nu en la posant sur un triangle de fer qui en soutient le fond au-dessus d’un fourneau. Une condition importante , c’est que le liquide ( si lon opère sur un liquide) soit assez abondant pour .que les parois du vase qui reçoivent directement l’action du feu soient constamment mouillées par lui; autrement il arrive que le verre prend sur

ées points uhe température beaucoup plus élevée qué celle du liquide, et lorsque par le mouvement de l’ébullition, celui-ci vient à toucher le verre, la différence brusque de température détermine la rupture de la cornue. C’est sur la fin de l’opération, quand on à dû évaporer la plus grande partie du liquide, que les accidents se montrent surtout ; on les évite en ménageant la chaleur de manière à ce que la cornue ne puisse s’échauffer que peu au-dessus de la température du liquide qu’elle contient ; mais alors la distillation languit, parce que la voûte de la cornue quüi est sans cesserefroïdie par le courant d’air auquel elle est exposée, condense une partie des vapeurs qui retombent en liquide et ont besoin d’être distillées de nouveau.

On empêche ce refroidissement de la cornue en l’entourant par le laboratoire et le dôme d’un fourneau à réverbère; mais alors surtout le feu doit être ménagé avec grand soin pour éviter les ruptures ; la température de l’intérieur du fourneau ne doit dépasser que peu celle qui est nécessaire à lébullition du liquide.

"Dans là distillation à feu nu, l’ébullition est rapide, mais inégale, parce qu'il est impossible que le feu ait constamment le même degré d'activité. Il ne faut chauffer que graduellement pour amener le liquide à l’ébullition ; et quand celle-ci se manifeste , retirer un peu de feu pour qu’elle ne devienne pas tumultueuse. Pendant tout le temps que dure l'opération, on ne met dans le fourneau que des charbons incandescents pour entretenir une chaleur constante, et surtout parce que les charbons neufs fournissent de la vapeur d’eau qui peut se condenser et faire casser la cornue en touchant quelques points très échauffés.

La distillation des matières solides à la cornue se fait dans l'appareil précédent ; mais on remplace souvent la cornue en verre par une cornue en grès que, pour plus de précaution , on a enduite d’une couche de lut fait avec de largile et du crottin de cheval.

La distillation au bain desabe s'exécute en enfonçant la cornue dans une couche plus où moins profonde de sable , placée dans une chaudière de fonte ou de tôle : cette disposition a l’avantage de maintenir l'appareil à une température plus uniforme , parce que les variations qui se manifestent nécessairement dans l'activité du feu, n'arrivent à la cornue que par l'intermédiaire d’une

174 DES MÉDICAMENTS PRÉPARES PAR DISTILLATION. couche de sable chaud qui les transmet avec assez de lenteur pour qu’elles deviennent insensibles.

On distille au bain de sable avec des’ cornues de verre. Le sable doit être fin, surtout si la cornue est grande et chargée, car par son poids elle se briserait sur des fragments grossiers. On met au fond du vase une couche de deux à trois pouces de sable, au plus, pour que la chaleur se transmette assez promptement. On a soin de n’enterrer dâns le sable que la partie de la cornue qui contient le liquide, afin que le liquide projeté par l’ébullition ne vienne jamais toucher des parties trop échauffées, et à mesure que la distillation avance, on enlève du sable pour découvrir constamment les parties qui ne sont pas mOuillées par le liquide.

Dans cette distillation au bain de sable, on recouvre la cornue d’une chemise en laine ou en tôle, pour éviter le refroidissement et rendre la distillation plus rapide; lorsque les matières que l’on distille ne sont pas altérables par la chaleur, on peut même envelopper entièrement la cornue de sable pour empêcher la condensation dans la voûte d'aucune portion de vapeurs.

On distille au bain-marie, à la cornue, des matières très. volatiles, qu’il serait diMicile de préserver d’une ébullition tumultueuse par une application directe du feu ; par exemple : les liqueurs alcooliques ou éthérées. La cornue appuyée sur un cercle de corde est fixée solidement aux anses de la chaudière, de manière à ce qu’elle ne puisse venir surnager, ou qu’elle ne puisse être dérangée par le mouvement d’ébullition dans le bain-marie. {ci la température à laquelle le liquide est exposé'est constante, le foyer qui chauffe la cornue ayant une températurésde 100 degrés, lors-

. que l’eau est en ébullition, et ne pouvant la dépasser. On peut

employer tout autre liquide pour obtenir une température constante ; on profite, par exemple, de la propriété que possèdent les sels de retarder le point d’ébullition de l’eau. Ainsi, en saturant l’eau avec l’un des sels suivants, on obtient des températures

CUITE * À Sulfate de soudé. . 15.5: 00 Ne 00" 100,7 Acétate de plomb. .................:.4..... 102 Chlorate de potasse....... PMR TES Mens 104 HN Chlorure de barium. ..….. SANS TR OS 0h %

Carbonate de soude. see eusersopeuereuonves 10% 6

Chlorure de potassium. ......,......,. sososs 1080,3 Chlorure de S0dium, 5... ,.....ssescocomenrs 108 3% Hydrochlorate d’ammoniaque..........,...... 114 2 1 Tartrate neutre de potasse. .........s....... 114,67 Nitrate de potasse. ..........,, PE eu 641159, Chlorure de strontium, .,.....,.,,.. Lies A SNL ET EN Nitrate, de fsoude, ..:..,.... 444 du den na à à PR: 71 Carbonate de potasse, .,..,444... eee se 135 Nitrate de chaux. ................ nn UE 011 Chlorure de calcium. ...... CEE ue © 1190D Nitrate d’ammoniaque..................,,. +. 180

Le mercure peut servir de bain jusqu’à une température de * 150 degrés, et l'acide sulfurique jusqu’à 200 degrés; mais il ne faut pas aller plus loin, bien que ces liquides n’entrent en ébullition qu’à une température plus élevée; parce qu'avant d’être parvenus à cette température, ils répandent dans le laboratoire des vapeurs délétères. Le bain d’huile peut être échauffé jusqu'à 300 degrés; avec l’alliage de d’Arcet, on peut aller jusqu’au rouge. Toutes les fois que l’on se sert d’un liquide qui ne peut être porté à l'ébullition et qui n’a pas un degré constant d’ébullition , tel que les précédents, on plonge dans le bain un thermomètre qui sert de guide pour la conduite du feu. e Quand on veut distiller à une température plus basse que 100 degrés, on se sert d’un#bain d’eau que l’on recouvre d'huile pour empêcher l'évaporation, et lon y tient plongé un thermomètre qui accuse la température et qui sert de guide. ee Dans la distillation à la cornue, la condensation des vapeurs . commence dans le col de la cornue, elle continue dans l’allonge et s'achève dans le récipient. Celui-ci doit être arrosé constamment par un filet d'eau froide; on l'enveloppe d’une toile pour que l’eau s’y répande plus uniformément ; on peut encore tenir le récipient plongé dans une terrine ou un baquet où il est fixé fortement par des ficelles; on remplit le vase d’eau froide que l’on rafraichit continuellement par un filet d’eau froide qui arrive jusqu’au fond. Les portions de liquide échauffées s’écoulent à sa partie supérieure. C’est le mode de refroidissement ordinaire du serpentin ; et lorsque les vapéurs ne sont pas de nature à attaquer l'étain, on peut très bien joindre celui-ci à l'appareil distillatoire à la cornue., Pour quélques liqueurs très volatiles , on entoure le récipient"Œun mélange réfrigérant de glace et de sel marin,

17 DES MÉDICAMÉNTS PREPARES PAR DISTILLATION. M. Liebig a fait connaître un réfrigerant très commode. C'est

une boîte en fer-blane percée de quatre tubulures, comme l'in

dique la figure ci-contre; les deux tubulures latérales donnent EN .… passage à un tube de verre, fixé au moyen de bouchons ; à la tubulure supérieure la plus basse, on adapte un tube à entonnoir qui amène de l'eau froide; l’eau chaude sort par le siphon placé à la quatrième tubulure.

Pour empêcher la déperdition des vapeurs par les points de jonction de la cornue avec l’allonge, et de l’allonge avec le récipient, On y applique un lut, souvent une bande de papier collé suffit ; d’autres fois on met un bouchon de liége, que l’on peut même au besoin recouvrir d’une couche de lut. Ceci est surtout nécessaire quand on doit recueillir. dans la même opération'des liquides et des gaz.

Ces derniers sont reçus à l'extrémité du récipient dans un appa- .

reil convenable. ait

Enfin, quand on distille des acides qui corrodoraient les bou-

chons, on ne met aucun lut et l'on a seulement la précaution des

prendre des vases qui s'adaptent exactement les uns dans les autrés. TT à ë

On veut quelquefois faire plusieurs distillations de suite dans le même appareil sans le démonter. On y parvient aisément quand le résidu de la distillation est resté liquide; car il suffit alors de l'enlever au moyen d’un siphon, ainsi que le liquide qui a été condensé dans le récipient; mais comme il arrive souvent que ces liqueurs seraient dangereuses si elles pénétraient dans la bouche, on se sert du siphon de Bunten, ou plus simplement du moyen suivant : les jointures étant lutées de manière à ne pouvoir laisser passage à l'air, on débouche la tubulure de la cr et l’on ÿ adapte un bouchon qui est traversé par un siphon ; la ranche la

DE LA DISTILLATION:. 177 plus courte doit pénétrer jusqu’au fond de la cornue. Quand le bouchon est bien adapté, on souffle fortement par la tubulure du récipient pour rendre la pression intérieure prédominante sur la pression extérieure. Alors le liquide s’élève dans le siphon et la cornue se vide. On arrive de la même manière à vider le récipient si on plonge le siphon par sa tubulure et si l’on souffle par celle de la cornue.

Quand on se propose de recueillir des gaz, on se sert de l’appareil que nous devons à Woulf, et qui porte son nom. La figure indiquera mieux qu’une description la mu à des parties de cet appareil.

Pour en bien concevoir le jeu, il est nécessaire d’avoir présents à l'esprit les principes suivants :

1° Tous les gaz sont doués d’une certaine élasticité ou tension élastique, en raison de laquelle ils pressent sur 168 Dee des vases dans lesquels ils sont renfermés ;

2 La tension d’un gaz est proportionnelle à Sa tee elle augmente avec la température, et diminue avec le refroidis-

sement ;

3° L'atmosphère pèse sur tous les COrps ; Sa pression est égale au poids d’une colonne d’eau de trente-deux pieds, ou d’une colonne de mercure de vingt-huit pouces ou soixante-seize centimètres ;

4° Les liquides transmettent la pression en tous les sens.

Si l'émission d’un gaz vient à se faire en A, il passera successi-

vement de la cornue dans le premier flacon, du premier flacon

dans le second, et du second dans le troisième.

Au commencement de l’opération, le liquide est de niveau dans tous les tubes. Bientôt cet équilibre est rompu. Quelle en est la cause ? quels sont les phénomènes qui en résultent? C’est ce qu'il nous convient d'examiner.

Une certaine quantité de gaz venant à se dégager en A augmente la tension élastique de l'air qui y est renfermé, et, par suite, une pression plus forte est exercée sur les parois du vase qui lui résistent, et sur les liquides du tube S et du tube e, qui cèdent à cetie pression; de sorte que le liquide s'élève d’une certaine quantité dans la branche la plus haute du premier, et descend d’une quantité égale dans le second, jusqu’à ce que la pression de l’atmosphère de A soit assez puissante pour déprimer toute la co-

lonne du liquide en e. Alors, le gaz traverse la liqueur, s’y dissout, s’il y est soluble, ou, dans le cas contraire, vient augmente

la tension élastique de l'atmosphère en B. Ici, des phénomènes semblables à ceux que nous venons d'examiner se manifestent,

savoir : augmentation de la force élastique, et, par suite, pression à la surface du liquide en B ; élévation de ce aude dans le tube droit S”; et dépression du liquide dans le-tube :, égale à l'élévation dans le tube droit.

Quand le gaz est parvenu en C, il se comporte encore de la même manière ; c’est-à-dire qu'en pesant également sur la surfacem du liquide dans le flacon C, et sur le liquide dans le tube o, il to fait monter dans l’un et descendre dans l’autre. Mais dans le der-. nier flacon D, le liquide ne s'élève pas dans le tube S’”, parce que, ce flacon étant ouvert, le gaz qui y arrive se mêle à l’atmosphère, où son effet devient inappréciable, et la pression de l’air sur/la surface de l’eau dans le flacon est contrebalancée par celle qu’il exerce également par le tube droit. Aussi ce tube est-il inutile, et ne l’a-t-on placé là que pour faciliter l'exposition de la théorie.

Quand le gaz qui se produit en À est parvenu à se dégager en D, si l’on examine le niveau du liquide dans les tubes, on voit qu’il est le même que celui de l’eau dans le flacon D, qu'il est plus élevé dans le flacon C, plus élevé encore dans le facon B, et, enfin, que son élévation en S est égale à la somme des élévations en S’ et S”. Recherchons la cause de ce phénomène.

Le niveau dans le tube S’” est le même que celui de l’eau ; j'ai

| nv DE LA DISTILLATION. 179

déjà dit que cela provient de ce que la pression de l'air s'exerce également, ét par l’intérieur du tube et sur la surface du liquide dans le flacon.

Le liquide est élevé d’une certaine quantité dans le tube S”. C’est que la pression du gaz en C est plus forte que celle de l’atmosphère, qui pèse sur le liquide par le tube S”; car, elle était égale avant que l’opération fût commencée, et s’est augmentée de tout le gaz qui est arrivé et à la sortie duquel s’est opposé le liquide dans le tube o. ic

Le liquide est plus élevé dans le tube S’ qu'en S”. C’est que la tension élastique du gaz en B s’est accrue par la résistance que le liquide de C oppose à sa sortie, résistance augmentée de tout Peffet produit par l'accroissement de la tension élastique du gaz en C. En effet, pour s'échapper de C, le gaz n'a eu à vaincre que le poids de la colonne d’eau contenue dans le tube et celle de l’atmosphère, tandis que pour s’échapper de B, if faut que sa tension soit assez forte pour égaler le poids de la colonne d’eau contenue en t, augmentée de toute la pression de l'atmosphère de C, laquelle, ainsi que nous l'avons vu, est plus forte que celle de Pair.

Enfin si, dans le tube en S, la dépression est égale à la somme des dépressions en S’ et S”, c’est que, pour s'échapper de À, le gaz doit vaincre la somme des deux pressions exercées en B, Cet D. ué

D’après cela, il faut, quand on a une longue série de flacons, se servir d’un tube en S"très grand, sans quoi le gaz se ferait plus facilement passage en soulevant le liquide du tube en S que celui du flacon. Mais comme ces tubes, quand ils sont d’une grande dimension, sont incommodes et fragiles, on les remplit d’un liquide plus dense que celui du flacon, et qui, par conséquent, ne se déprime que d’une quantité moindre pour une pression égale, On se sert assez souvent à cet effet d'agide sulfurique et quelquefois de mercure. * |

Le tube en S sert à introduire dans le premier vase les liquides convenables ; mais il a un autre usage plus important qu'il partage avec les tubes droits , c’est d'empêcher le snélange des produits. Si ces tubes n’existaient pas , quand la tension de l’atmosphère intérieure de la cornue viendrait à diminuer par l’abaissement de la température, la pression dans le premier flacon restant la même, finirait par l'emporter sur celle de lat

Ca

mosphère de la cornue, et, en pressant sur le liquide de B, le ferait passer en A. Par suite, la tension élastique de B diminuerait,

et ne contrebalancerait plus celle de C. Le liquide de C remon- #

terait en B par le tube 1; de là, diminution de l'élasticité de C, et passage du liquide de D en C, déterminé par la pression de l'air extérieur. Mais quand les tubes de sûreté existent, à mesure que la pression diminue en À, l’air refoule de-plus en plus le liquide dans le tube S, le fait monter dans la branche la plus courte et bientôt pénètre lui-même dans l'appareil, et rétablit l'équilibre.

Le même effet est produit dans les autres flacons, par les tubes droits, mais il faut qu’ils plongent peu dans le liquide; autrement, il pourrait arriver que le liquide ait remonté par le tube recourbé avant que l'air ait pu refouler toute la colonne du liquide qui s'oppose à son entrée par le tube droit.

Pour éviter la rentrée dans la cornue du liquide froid contenu en S, et dont on ajntérêt à se défendre, pour ne pas changer la nature du résidu de l’opération, ou parce qu lpourritcca Res la rupture des vases, on a adapté une boule au milieu de la longueur de la deuxième branche du tube en S. Par ce moyen, quand il jy a absorption, le liquide viéht:se réunir dans la boule, et l'air, une fois logé au-dessous de lui, traverse ce liquide en raison de sa moindre pesanteur spécifique, et pénètre seul dans l’appareil.

M. Welter a imaginé des tubes qui servent à la fois de conducteur et destube de süreté. Le liquide étant introduit par l’entonnoir, s’y tient de niveau dans la boule et la grande branche, tant qu'il y a équilibre entre les pressions extérieure et intérieure. Mais si la pression extérieure vient à l'emporter, le liquide est refoulé dans la boule, l'air * «|| le traverse et arrive dans l’appareil.

On modifie l'appareil de Woulf suivant les conditions que l’on veut remplir.

S'agit-il de séparer les produits liquides des gaz, on met un ballon tubulé en contact avec le vase distillatoire, et de sa tubulure on fait partir un tube propre à

recueillir les gaz. Veut-on recueillir les gaz insolubles, on termine

l'appareil par un tube recourbé qui plonge sous des cloches pleines d’eau ou de mercure.

Quand on veut dissoudre des gaz, et qu’on opère très en grand, on supprime le tube en S, et, pour éviter l'absorption, on place, entre le premier flacon et la cornue, un flacon intermédiaire au fond duquel on met une petite couche d’eau. Le tube qui part de la cornue pénètre dans ce flacon, sans arriver jusqu’au liquide. On plonge dans celui-ci un tube droit de sûreté. Il résulte de cette disposition, que le gaz apporté de la cornue passe immédiatement dans les récipients, et que le tube droit intermédiaire laisse entrer l’air quand la tension élastique de l’atmosphère de la cornue vient à diminuer.

l'elles sont les principales dispositions des appareils distillatoires. Il en est encore d’autres fort importantes ; mais, comme elles font partie du domaine des arts industriels plutôt qu’elles n'appartiennent à la chimie pratique de nos laboratoires, leur description, dans cet ouvrage, eût été déplacée.

Dans la distillation des liquides, lorsqu'on l’exerce sur un seul, la théorie est fort simple. Le liquide de la chaudière distillatoire

étant porté à l'ébullition, forme des vapeurs dont la force élastique est égale à celle de l'air, et comme elles sont poussées sans cesse par les nouvelles vapeurs qui se forment, elles ont bientôt expulsé l'air atmosphérique de l'appareil. Alors elles continuent à se former tant que le liquide est entretenu à l’ébullition ; à mesure qu’elles arrivent dans les parties froides de l’appareil, elles S'y condensent, et elles y sont remplacées par de nouvelles vapeurs qui se condensent à leur tour. |

Mais quand il passe en même temps deux liquides à la distil= lation, la théorie cesse d’être aussi simple. On conçoit bien, par exemple, que le plus volatil (Peau, par exemple, dans un mélange d'eau et d’huile essentielle), entre en ébullition à son terme ordinaire et distille; mais le moins volatil distille en même temps, et le mélange des deux vapeurs est en rapport avec la volatilité de chacune d’elles. Ainsi, à la température de 100 degrés, l’essence qui ne bout qu'à 150, forme cependant déjà une quantité assez considérable de vapeur qui se mêle à la vapeur d’eau, de manière que celle-ci en est saturée pour cette température de 100 degrés. Mais, de même que la vapeur d’eau se renouvelle sans Cesse, la vapeur d'essence se reproduit à chaque instant, de

n DES MÉDICAMENTS PRÉPARÉS PR DISTILLATION.

sorte que si l’eau est en assez forte proportion, il arrive que toute l'essence passe à la distillation malgré sa moindre volatilité; que si l’on mêle à l’eau quelque sel qui retarde son point d'ébullition, alors la vapeur d’eau se fait à unettempérature plus élevée; à cette même température l'essence a une tension plus grande, ‘ou, en d’autres termes, forme plus de vapeur dans le même espace, et il arrive.de là que le rapport de l’essence dans le mélange des vapeurs est augmenté, et qu'en même temps il en distille davantage.

Quand deux liquides distillent ensemble, l’affinité qu’il£exer cent l'un sur l’autre peut modifier ces résultats. Ainsi, quand on soumet à la distillation un mélange d’eau et d’alcoo!, s’il obéissait la théorie précédente, l’alcoo! qui passe devrait résulter d’un mélange de vapeurs d’eau et de vapeurs d'alcool en proportions constantes et par conséquent avoir toujouis le même degré. Or l'expérience nous apprend que les premières liqueurs qui distillent sont plus spiritueuses que celles qui les suivent, et que le produit s’affaiblit de plus en plus à mesure que la distillation avance. fl faut bien reconnaître là les effets de affinité entre les deux liquides, d’où résulte qu’à mesure que l’eau perd de l'alcool, elle retient plus fortement celui qui lui reste, et ainsi tant que dure l'opération. Aussi voit-on le point de l’ébullition des liqueurs s'élever constamment, jusqu’à ce qu'il ne reste plus. que de l’eau pure qui bout à 100°.

La distillation de l’acide acétique aqueux nous offre le même phénomène; mais comme l'acide acétique est un peu moins volatil que l'eau, c’est lui dont la proportion augmente sans cesse dans la cornue, et le produit distillé en est toujours plus chargé à me sure que la distillation avance.

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