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LIVRES DE LIVRES. ONCES. DRACHMES

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DES ALCOOLATS.

On nomme Alcoolat de l'alcool qui aété chargé,”au moyen de la distillation, des parties aromatiques des végétaux. Les alcoolats étaient désignés autrefois sous une foule de dénominations. On les appelait esprits, gouttes, baumes,, eaux, etc. Plus tard on substitua à ces noms le mot alcool que l’on fit suivre du nom de ka plante qui lui fournissait ses principes médicamenteux. Le Codex nomme toutes ces préparations alcoolats. :

Les matières propres à fournir des alcoolats sont celles qui contiennent des parties volatiles qui peuvent passer avec l'alcool à la distillation , et rester en dissolution dans ce véhicule. L'huile essentielle est lé principe immédiat qui s’y trouve le plus fréz quemment. Quand sa proportion est considérable , comme; pat exemple, dans l’eau de Cologne, l'esprit de citrons, l'lcoolat blanchit lors de son mélange avec l'eau par la brécipitation dé l'huile volatile, La liqueur conserve sa transparence si l'huile VOs

latile n’y existe qu’en très POUE quantité, parce qu’alors elle reste en dissolution. |

Là composition des alcooläts a beaucoup d’analogie avec celle des eaux distillées ; c’est encore un liquide qui tient en dissolution les parties d'huile essentielle qui l’ont accompagné à la distillation ; mais , comme l’alcool entre en ébullition à une température moins élevée que l’eau , les alcoolats sont peu chargés; aussi la plupart d’entre eux n’ont guère que les propriétés médicinales qui appartiennent à l'alcool. Il faut en excepter toutefois quelques-uns d’entre eux qui sont plus chargés d'huiles volailes, comme l’alcoolat vulnéraire , l’alcoolat de eochléaria , l’eau de Cologne, le baume de Fioraventi. |

Les alcoolats sont simples ou composés ; simples, quand il n'entre qu’une Seule substance dans leur préparation ; composés, quand on a distillé l'alcool sur plusieurs substances.

On emploie à la préparation des alcoolats, tantôt des matières fraîches, et tantôt des substances sèches. Ces dernières doivent macérér quelque temps dans l'alcool , avant que l’on ne procède à la distillation ; il ést même convenable de ne pas distiller de suite quand on se sert de substances fraiches. La macération facilite la dissolution des matières huileuses dans l'alcool ; elles passent ensuite plus facilement à la distillation.

Les matières qui doivent servir à la préparation des alcoolats ont besoin d’être divisées convenablement pour que l'alcool les pénètre plus aisément et plus complétement. Quelquefois cette division des substances serait nuisible, par exemple , pour les fruits charnus , qui donneraient un produit moins suave.

Comme. l'alcool est très volatil, on fait la distillation au bainmarie ; on évite ainsi de communiquer au produit une odeur empyr ea QRE Il n’a cependant jamais, au moment où il vient d'être distillé, toute la suavité qu'il est susceptible d'acquérir plus tard. Il semble qu'avec le temps l’alcool et les principes aromatiques éprouvent, en quelque sorte, une combinaison plus intime. On peut pr oduire: cet.effet, presque instantanément, en plongeant les alcoolats , pendant quelques heures , dans un baïn de glace.

Dans la préparation des alcoolats , on ne se sert pas toujours d'alcool au même degré. Le Codex dréSbrt, pour tous les alcoolats simples, de prendre de l'alcool à 80° (31 Cartier), et de retirer,

par la distillation , à peu près autant de produit que l’on a employé d'alcool ; en outre, on a l'attention d'ajouter un peu d’eau dans le bain-marie, de manière à ce que, au moment où l’on cesse le feu, les matières soient encore humectées.

Pour la préparation des alcoolats composés, le degré de l'alcoo! varie davantage. On se sert d'alcool à 56° (21 Cartier), pour l'eau vulnéraire ; d'alcool à 80° (31 Cartier), pour l'esprit de cochléaria et le baume de Fioraventi; d’aicool à 88° (34 Cartier), pour-l’eau de Cologne.

Quelquefois on ajoute aux matières à distiller une eau aromatique : c’est l’eau de cannelle, dans l’alcoolat carminatif de Sylvius; c'est l’eau de fleurs d'oranger, dans l’alcoolat pour l’élixir de Garus.

D’autres fois on emploie des plantes fraîches dont l’eau de végétation remplit le même effet qu’une addition d’eau distillée ; par aile pour l'esprit de cochléaria.

Enfin, dans un grand nombre de cas, on ne retire pas, à la distillation, tout l'alcool que l’on a mis dans le vase distillatoire.

C’est ce que l’on fait pour l’alcoolat de Garus, l’eau de mélisse

spiritueuse, l’eau vulnéraire, le baume de Fioraventi. Toutes ces diverses pratiques ont toujours pour effet de ne pas laisser à sec les matières dans la cucurbite, afin d'obtenir des produits plus suaves. RL

En outre, une des conditions les plus importantes à remplir, c’est de se servir d'alcool de bon goût, qui aura été purifié par la rectification. Il ne sera même que mieux de mettre à part les

premiers produits, que l’on réservera pour la préparation des

alcoolats.

Il est des fleurs, telles que le jasmin, la tubéreuse, dont l'odeur fugace ne pourrait être communiquée à l'alcool par le procédé ordinaire. On place ces fleurs, couches par couches, que l’on sépare les unes des autres avec des morceaux d’étoffe de laine

imprégnés d'huile d'olives ou de Ben, et l’on comprime légè-

rement le tout. Toutes les vingt-quatre heures, on renouvelle les fleurs, jusqu’à ce que l’huile fixe soit suffisamment chargée de l’arôme des fleurs; alors on lave Pétoffé de laine dans l'alcool, et l’on procède à à la distillation par les procédés ordinaires.

Après avoir obfenu en dissolution dans un liquide vaporisable les parties solubles d'une substance végétale on animale, si l'on Sousfrait par l’évaporation le liquide dissolvant, il ne reste plus que les matières qu’il tenait en dissolution. Elles constituent ce que l’on nomme uñ extrait. L'opération a donc pour objet d’extraire les parties solubles d’une substance composée ; on conçoit qu'elle serait sans objet si cette matière était complétement s0luble.

Le but général que l’on se propose dans la préparation des extraits, c'est d'obtenir sous un petit volume les principes médi- ‘camenteux des plantes ou des animaux, sans leur faire éprouver aucun changement dans leur nature ; et plus on se rapproche de ce résultat, plus on est près de la perfection.

I! est un certain nombre d'extraits dans lesquels la matière aetive n’a pas éprouvé d’altération, et qui représentent exactement, sous un petit volume, les propriétés du médicament primitif; tels sont la plupart des extraits fournis par les substances qui contiennent des alcalis végétaux ; quant à ceux qui sont formés par ce qu'on appelle la matière extractive, il est presque impossible d'éviter qu'une partie des principes médicamenteux n'éprouve une alfération, pendant que l'opération se fait ; mais, quand les soins convenables y ont été apportés, cette perte est peu de chose et ne saurait détruire l'avantage que le praticien trouve dans l'emploi médical des extraits.

Les extraits sont fournis par les. substances végétales ou animales. Leur consistance varie depuis celle du miel jusqu’à l'état de siccité parfaite. Dans ce dernier cas, On les connaissait fort mal à propos sous la dénomination de sels essentiels.

Quelques extraits ont reçu des noms particuliers. On désigne

sous le nom de Robs, tous les extraits faits avec des sucs de fruits, quoique souvent encore on les nomme simplement extraits. Les anciens appelaient sapa le rob de raisin, et myva le suc du raisii réduit, par évaporation, au tiers de son volume.

La composition des extraits est extrêmement compliquée. Ils peuvent contenir tous les principes solubles que renferme le suc de la plante, tous ceux qui peuvent se former pendant l'évaporation, ou bien qui proviennent de la réaction de certaines matières les unes sur les autres. Enfin, il arrive que certaines substances insolubles par elles-mêmes sont entraînées à la faveur de certaines autres, et qu’elles deviennent parties constituantes des extraits.

Eés matériaux qui constituent les extraits sont principalement ceux qui suivent :

1° La gomme, et le mucilage, qui n’en est qu'une modifi-

cation. Leurs caractères pharmaceutico-chimiques sont d’être in-

cristallisables, très solubles dans l’eau qu'ils épaississent, et d’être insolubles dans l'alcool ;

9 Le sucre, et ses différentes variétés, caractérisées par leur saveur douce, let solubilité dans lalcool et surtout dans l’eau, et la propriété de produire par leur mélange avec le ferment, de l’alcoo! ét de l'acide carhonique ;

3° [Les gommes-résines, qui sont une combinaison ou plutôt un Mélange de résine et d’autres matériaux, au nombre desquels Ja gomme se trouve ordinairement ;

4e Tes matières colorantes, dont la nature est très variée ;

5° Le tannin, qui est presque toujours accompagné par l'acide gallique, et qui se fait reconnaître à sa saveur astringente et à

la propriété de précipiter le fer en noir ou en vert, et la gélatine

en un composé élastique;

6° L’arôme, qui est dû probablement à des huiles volatiles, et

qui cependant résiste souvent à l’action de la chaleur; 7° Les huiles fixes, qui ne se trouvent dans les extraits pré-

parés par l’eau, que parce qu'elles sont entraînées par d’autres |

principes ;

8° La fécule, reconnaissable à son insolubilité dans l’eau froide et l'alcool, à k propriété qu’elle possède de rendre l’eau bouil- 4 |

lante gtlätinéuse. et à la faculté de bleuir par la teinture d’iode ; # |

9 Les sels, et particulièrement les acétates de potasse et de chaux, le nitrate de potasse, etc.;

- DES EXTRAITS. | 911 "+0 L'exfractif dont nous avons déjà parlé comme d’un mélinge de diverses matières, mais qui se retrouve toujours avec certains caractères, savoir : une saveur prononcée, lasolbilité dans l’eau, la solubilité dans l'alcool aqueux, Pinsolubilité dans l'alcool concentré et dans l’éther; la propriété d'être entraîné en combinaison insoluble par l’albumine qui se coagule. Ces propriétés peuvent appartenir à des corps, d’ailleurs, très difrérenis : aussi, l'existence de l’extractif, comme principe immédiat particulier des végétaux, est-elle bien douteuse. Nous emploierons ce mot sans y attacher aucune importance, pour l’explication de certains phénomènes que nous présente la préparation des exfraifs.

Il y a beaucoup d’autres substances que l’on rencontre dans les extraits, à la vérité plus: rarement : il en résulte que cé sont des médicaments très compliqués. On a cherché à les classer d’après leur nature chimique. Rouelle a donné uné division mé: thodique qui a longtemps été adoptée par les pharmacologistes. Il divisait les extraits en extraits gommeux, extraits gommorésineux, extraits résineux : les derniers sont des résines proprement dites. Les premiers sont remarquables ; ils ressemblent à la colle, à la gelée ou à la gomme : ce sont des mucilages, des gelées ou des gélatines animales. Les extraits savonneux sont solukkes dans l’eau et dans Palcool, pourvu qu'il ne soit pas trop concentré ; ils sont presque entièrement formés de ce que l’on à appelé l'extractif. Enfin, les extraits gommo-résineux sont composés de matières extractives ou gommeuses unies à de la résine, que l’on peut en séparér par l’eau. |

Quelques auteurs ont fait des classifications différentes, mais qui sont loin d’être satisfaisantes ; nous connaissons {trop imparfaitement la nature chimique des extraits, et elle ést d’ailleurs {rop complexe, pour qu’il soit possible d'établir une classification basée sur leur nature chimique. Il est préférable de la former d’après le procédé qui sert à leur préparation, ainsi que nous le ferons par la suite.

La préparation des extraits se compose de deux opérations successives : 1° la préparation d’une dissolution qui contienne les principes Solubles des plantes ; 2 l’évaporation ou la soustraction

du liquide. | | Les matières qui doivent constituer l'extrait peuvent être na-

919 DES MÉDICAMENTS PRÉPARÉS PAR L'EVAPORATION. turellement en dissolution (les sucs de plantes), ou elles doivent être dissoutes préalablement par un véhicule approprié; ce sera toujours un liquide volatil : sous le point de vue opératoire il en résulte les séries suivantes :

Extraits préparés avec des sucs :

—— au moyen de l’eau, db —— de lalcoo!, —— —— du vin, ——— ——, du vinaigre, —— —— dé Péther. | |

Quant à l'évaporation, on devra recourir aux moyens qui permettront de l’exécuter dans le plus petit espace de temps et à la température la plus basse.

Mais, avant d'étudier ces divers modes de préparation, nous allons examiner les phénomènes de l’évaporation des extraits, parce qu'ils sont communs à peu près à toutes ces préparations.

Pendant l'évaporation des liqueurs extractives, la matière extractive est altérée. Suivant M. de Saussure, elle absorbe l'oxigène de l’air et il se forme du gaz acide carbonique à ses dépens. Cependant la proportion du carbone augmente dans la matière extractive, par la soustraction d’une partie de son oxigène et de son hydrogène, qui se combinent pour former de l’eau. La quantité de carbone qui est enlevée par l'oxigène de l'air, est proportionnellement moins grande que la soustraction d'oxigène et d'hydrogène transformés en eau.

L’altération de la matière extractive se fait surtout à l’ébullition, et elle s'étend à une plus grande quantité quand les liqueurs restent longtemps sur le feu. IL, y a cependant avantage à ne pas faire l'évaporation à l’ébullition ; car, bien que l'opération exige alors plus de temps, la matière extraclive éprouye cependant moins de changements que par une évaporation plus rapide, mais faite à une température de + 100°.

Cette altération de la matière extractive, lui ôte de sa solubilité, et elle se précipite sous la forme d’un dépôt que l'on a nommé extractif oxigéné, et auquel M. Berzélius a appliqué le nom spécial d’apothème; mais on se tromperait bien si on le croyait toujours de la même nature; dans l’opium, c’est une combinaison de narcotine, de résine, d’huile acide et de matières colorantes ; dans le quinquina, c’est un mélange d’une combinaison de tannin

| DES EXTRAITS. 213 et d’amidon, avec du rouge cinchonique pur et combiné à des alcalis organiques; dans la valériane, dans le gayac, il contient beaucoup de résine: dans la rhubarbe, c’est une sorte de rhabarbarin plus riche en parties résineuses, etc. Pour un grand nombre d'extraits, ces dépôts n’ont pas été étudiés et l’on peut leur conserver le nom général d’apothèmes.

L’évaporation a encore pour effet de dissiper les principes volatils; aussi ce genre de préparation est-il mal appliqué aux plantes ou aux parties des plantes qui doivent leurs propriétés médicales à des matières faciles à volatiliser. Cependant l’élimination de ces principes n’est pas absolue, parce qu’il se trouve souvent dans les plantes d’autres corps qui rendent leur dissipation plus difficile. C’est ainsi que l’on retrouve dans les extraits, de l'huile volatile qui a été retenue dans une sorte de combinaison ; dans la valériane, c’est à la faveur de la résine; dans les racines des ombellifères aromatiques, le même obstacle est opposé par une huile grasse et résineuse. La même circonstance que nous avons vue défavcrable à l'extraction de l’huile essentielle, devient avantageuse dans la préparation de l'extrait. Toutefois, en thèse générale, la forme d'extrait n’est pas avantageuse à la conservation des principes volatils, et toujours il y en a une grande partie de dissipée.

En règle générale, il faut, pour éviter autant que possible l'altération des latins qui dofvenit fournir des extraits, les obtenir dans un grand état de concentration, les évaporer à une basse température, et hâter d’ailleurs l'évaporation par to les moyens possibles.

1° Évaporation dans le vide. On a proposé d’évaporer les extraits sous le récipient de la machine pneumatique en faisant le vide, et en absorbant à mesure la vapeur par un corps avide d’eau , comme l'acide sulfurique, le chlorure de calcium ou la chaux. Ce procédé est fort bon, en ce que l’évaporation a lieu ‘à une basse température et à l'abri du contact de l'air ; mais il n’est pas pralicable en grand, et il est réservé pour rétens des liqueurs destinées à l'analyse.

Le docteur Üre à donné la désertpéion d’un appareil de l'invention de Barry, au moyen duquel on peut évaporer à une chaleur’ plus élevée et à l'abri de l'air. La bassine à évaporer est une capsule hémisphérique, munie d’un couvercle plat fermant her-

914 DES MÉDICAMENTS PRÉPARÉS PAR L'EVAPORATION. métiquement. Du centre de ce couvercle s'élève un tube qui se recourbe et qui vient aboutir dans une sphère de cuivre d'une capacité trois ou quatre fois plus grande que la bassine. Ce tube porte un robinet qui peut à volonté établir ou intercepter la communication entre la chaudière et la sphère. I porte en .outre un autre bout de tube, armé d’un robinet et qui communique avec un générateur de vapeurs.

La liqueur à évaporer est introduite dans la bassine, que l’on ferme hermétiquement et que l’on plonge dans l’eau. On tient aussi fermé le robinet qui la met en communication avec la sphère. On fait arriver par la branche du tube principal un courant de vapeur d’eau, jusqu’à ce que tout l'air de la sphère ait été chassé, ce qui a lieu au bout de quelques minutes, et l'on s'aperçoit, que cet effet est produit, quand la vapeur d’eau s'échappe par le robinet de la sphère sans avoir été condensée. À ce moment, on ferme et le robinet de la sphère et celui qui communique avec la chaudière à vapeur, et l’on fait tomber sur la surface extérieure de la sphère une nappe d’eau froide. Le vide est produit par la condensation de la vapeur d’eau ; on établit alors la communication avec la chaudière; l'air de celle-ci se répand uniformément dans tout l’appareil; et comme la capacité de la sphère est quatre fois aussi grande que celle de la chaudière, celle-ci ne contient plus que 1/; de l'air qu'elle contenait d'abord. On recommence cinq à six fois cette manœuvre et le vide est fait d’une manière suffisante. On échauffe alors le bain-marie dans lequel la chaudière est plongée, jusqu’à ce que le liquide intérieur entre en ébullition, ce qu'on aperçoit par une petite fenêtre pratiquée à l’appareil, et en même temps on refroidit continuellement la sphère. On continue ainsi jusqu'à ce que la liqueur soit épaissie au degré convenable. L’évaporation se fait à une température d’environ 38°, et

‘sous une pression de 4,75 centimètres ou seize fois plus.faible que celle de l'air.

M. Berzélius indique de faire l’évaporation à la chaleur de l'ébullition dans la chaudière d’un alambic; la matière est mise à l'abri de l'air par la vapeur qui remplit constamment l'appareil. Mais ce procédé est peu avantageux, parce que l’ébullition séule altère un grand nombre de liquides; mais surtout, parce qu’une portion de matière peut s’altérer sur les parois latérales des vases exposées à sec à l’action du foyer. ÿ

29 Évaporation au contact de l'air. C’est le système le pius employé. I s'applique de différentes manières. rene

A. On met dans des assiettes une couche mince de liquide et l’on place ces assiettes dans une étuve chauffée ae. 36 à 40 degrés.

Il est important 1° que l’air de l’étuve se Monnier assez promptement; 2 que le courant soit bien établi dans la partie de l’étuve où l’on met les assiettes; 3° que la couche de liquide soit assez mince pour être évaporée dans vingt-quatre à trente-six heures au plus. On a reproché au procédé d’entraîner l’altération des liquides, et aux extraits obtenus de s’altérer promptement. Le premier inconvénient ne se présente qu’autant que les liqueurs sont en couches épaisses et qu’elles exigent un séjour prolongé à l’étuve. Quant au second reproche, l'expérience de plusieurs années m'a prouvé qu'il n’est pas à redouter, pourvu que l’on renferme les extraits dans des vases bien bouchés.

Ce procédé d’évaporation est appliqué surtout à la préparation des sucs de plantes non dépurés, et à celle des extraits secs. Pour les premiers, l’évaporation doit ètre menée presque à siccité ; on sort les assiettes de l’étuve, et bientôt l'extrait a repris à l'air assez de mollesse pour être détaché. Quant aux seconds, après avoir évaporé les liqueurs par les méthodes ordinaires en consistance sirupeuse, on étend la matière en couches minces et uniformes sur des assiettes de faïence, et on achève la dessiccation à l’étuve; puis dans l’étuve même, ou au moins dans un endroit bien sec, on détache l'extrait sous forme d’écailles , au moyen d'un-couteau plat et tranchant à son extrémité, et en frappant à petits coups secs. Les écailles sautent souvent au loin et l'on doit avoir la précaution de placer tout autour de soi du papier où l’on puisse les recueillir. On les enferme dans de petits bocaux | bien secs.

B. On met dans une bassine sur un feu doux le liquide que l'on veut évaporer, et on le remue continuellement avec une spatule de bois. Ce procédé ne demande aucun appareil spécial, mais il exige le plus grand soin dans l'exécution; le feu doit être conduit de manière que la liqueur reste assez éloignée du terme de l’ébullition. La difficulté est de conduire le feu de manière à ce que la liqueur n'arrive pas à l’ébullition , et . que l'extrait ne puisse brüler au fond des vases. On y arrive assez

916 DES MÉDICAMENTS PREPARÉS PAR L'EVAPOPATION.

facilement par un artifice fort simple, qui consiste à se servir d’un fourneau très petit comparativement à la grandeur de la bassine.

C. M. Henry avait fait établir à la Pharmacie centrale des hôpitaux, un appareil composé de plusieurs vases échauffés par la vapeur d’eau; c’est une série de vases communiquant les uns avec les autres au moyen de tuyaux de cuivre.

Le premier vase est une chaudière destinée à fournir de lavapeur d'eau bouillante ; les autres vases sont des portions de sphère en

cuivre qui ont un double fond intérieur en étain, de manière que la vapeur d’eau puisse circuler librement entre les deux fonds , et servir à lévaporation des extraits. A la partie inférieure de chacun de ces vases se trouve un robinet destiné à livrer, de temps en temps, passage à l’eau qui s’est condensée. L'appareil est terminé par un tube qui plonge dans un vase qui contient de l’eau : c’est afin de gêner la libre sortie de la vapeur, et de prolonger son contact avec les vases évaporatoires.

Jai renoncé à cet appareil, parce qu’il exige constamnrent la présence d’une personne qui remue les liqueurs pour renouveler les surfaces et activer l’évaporation.

D. M. Bernard Desrones a

| est préférable. Il consiste en u un plateau de cuivre étamé, à rebords, qui est divisé en plu-

sieurs compartiments incom-

plets par des lames de cuivre

étamé saillantes. Il a un dou-

ble fond dans lequel on fait passer de la vapeur d’eau afin de faciliter l'évaporation. Le liquide est versé sur le coin supé-

pen #1. fait connaître un appareil qui |

rieur, et par suite de la pente légère que l’on a donnée au plateau , il s'écoule jusqu’à l'extrémité opposée en suivant la -route tortueuse que les lames de cuivre lui ont faite ; il reste par conséquént longtemps à la parcourir ; pendant ce temps il est -échaüffé, et présente beaucoup de surface; il est continuellement en mouvement , et si l’on ajoute que l'appareil est placé dans un courant d'air, on verra que les circonstances favorables pour hâter l’évaporation sont réunies; aussi l'opération marchet-elle avec rapidité. Le liquide est mis en mouvement par le seul effet de la pente, et l’on n’a d'autre soin à prendre que d’entretenir le courant de vapeur et de remplir de temps en temps le vase qui contient la liqueur et qui la déverse peu à peu sur le plateau de cuivre. On peut placer ainsi plusieurs plateaux

à la suite les uns des autres ; on continue l’évaporation jusqu'à ce que les liqueurs soient assez concentrées pour ne plus couler que difficilement; alors on achève lévaporation au bain-maric däns une bassine ordinaire et en agitant continuellement.

Les plateaux, dans l'appareil de M. Desrones, sont contenus dans un plateau en bois qui préserve la surface extérieure du refroidissement. La vapeur «st fournie soit par une chaudière à vapeur, soif par le bec du chapiteau de lalambicordinaire.

E. Un excellent procédé à mon avis, est celui qui consiste à agiter continuellement k les liqueurs chauffées au bain-marie; un appareil fort simple se compose d'une bassine en Cuivre, dans laquelle entre exactement une aulre bas-

sine en étain ou en cuivre étamé. La première bassine contient de l’eau; la deuxième reçoit le liquide à évaporer. Elle porte sur le côté une petite ouverture qui livre passage à la vapeur d’eau. On porte l’eau à l’ébullition; la liqueur à évaporer s’échauffe, et l’on remue continuellement l'extrait pour hâter sa concentration.

Ce procédé accélère la concentration des liqueurs, en ménageant toutes les chances d’une bonne conservation; il a contre lui l'ennui que cause à l'opérateur l'obligation d’agiter une liqueur pendant plusieurs heures; je l’ai évité, à la Pharmacie centrale, en faisant tourner dans le liquide des palettes de bois qui le tiennent dans un état d’agitation continuel, et qui empruntent leur mouvement Soit à un manége, soit à une petite machine qu’un ressort fait marcher; c’est de tous les procédés auxquels j'ai eu recours, celui qui a exigé le moins de temps pour l’évaporation des liqueurs.

Le plus mauvais de tous les procédés évaporatoirés est celui qui était autrefois en usage et qui consistait à évaporer les liqueurs à feu nu et à la chaleur de l’ébullition. On obtenait ainsi des extraits altérés qui étaient loin de représenter les liqueurs qui les avaient fournis.

De quelque manière que l’on procède à l’évaporation des liqueurs, on ne peut empêcher qu'il s'y forme un dépôt. Il est souvent, d’ailleurs, le résultat, non d’une altération des liqueurs, mais de la soustraction du liquide ; elle oblige certaines matières à se déposer, parce qu’elles ne trouvent plus assez de liquide pour rester en dissolution, et elle rapproche et augmente la cohésion d’autres principes qui n'étaient en quelque sorte que suspendus. On est dans l’habitude de séparer ces dépôts quand les liqueurs sont concentrées aux ‘/, environ, et l’on achève l’évaporation. Certains de ces dépôts ont cependant une efficacité bien prononcée ; ainsi, le dépôt qui se fait dans l'extrait dé gayac est presque complétement formé de résine, qui seule paraît avoir ‘quelque action médicale. |

On reconnaît qu’un extrait est suffisamment cuit en en faisant refroidir une partie, ou bien lorsqu'il se forme une éspèce d’épiderme à sa surface ; de manière qu’en en prenant une certaine quantité sur la spatule, et frappant avec la main, celle-ci n'y adhère pas ; ou bien encore lorsque, posé sur un papier non collé,

DES EXTRAITS. RIT 249 il ne le traverse pas. Il est cependant quelques extraits que l'on cuit moins, comme l'extrait de genièvre ; d’autres, auxquels on donne la gonsistance pilulaire : l'extrait d’opium. Il en est que l’on dessèche tout à fait.

Quelquefois les extraits contiennent des sels ou des matières résineuses qui leur donnent un aspect grumelé, quoique cependant ils aient été bien préparés. Les sels appartiennent à la nature mème des extraits, et il est bien difficile de les diviser davantage.

‘Pour en diminuer autant que possible la quantité, ou, pour mieux dire, pour ne pas l’augmenter par l'addition de sels étran-. gers, on se sert de préférence d’eau distillée ou de pluie pour préparer les extraits.

Le grumelage peut être le résultat de la séparation des parties résineuses. Parmentier conseille avec raison, pour diminuer cette séparation des résines, d'ajouter quelques cuillerées d’alcool à 56° à l'extrait, quand il est sur le point d'être achevé. Il en devient plus homogène, et il se conserve mieux.

Les extraits attirent, pour la plupart, l'humidité de l’air, soit parce que la matière végétale jouit elle-même de cette propriété, soit parce qu'ils contiennent des sels déliquescents : il faut les conserver dans un endroit parfaitement sec. On les visite souvent pour s'assurer qu’ils ne s’altèrent pas. |

Les extraits divisés par rapport à leur mode de préparation peuvent former sept classes :

1° Les extraits préparés avec les sues de fruits ;

2 Les extraits préparés avec des sucs de plantes;

3 Les extraits dont le véhicule d'extraction est l’eau ;

4 Les extraits préparés avec le vin ;

5° Les extraits préparés avec le vinaigre ;

6° Les extraits préparés avec l'alcool ;

7e Les extraits préparés avéc l’éther ;

8° Les extraïts préparés avec dés matières animales.

Une substance étant donnée, que l’on veuille faire servir

à la préparation d’un extrait, quel est le procédé qu'il faudra préférer? Si c’est une plante, faudra-t-il se servir du suc ou le traiter par l'eau, l'alcool, l’éther, etc. ? Pour toute autre substance quel choix devra-t-on faire également ? Ce choix ne peut être arbitraire, mais il doit être déterminé par la connaissance de la * coïmposition de la matière sur laquelle on agit, et sur les produits

que l’on veut en extraire. C’est en ce sens qu’il nous faut examiner cette question. Ç

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